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Po(lyph)ème

Que la vérité est bien cachée sous le tapis de nos petits arrangement avec nous-même. Que le plaisir nous inspire de mensonges et d'interprétations erronées de nos sentiments et de nos soi-disant pensées. Qu'il est malin celui qui nous caresse l'âme et le corps dans le sens du poil de la paresse spirituelle, qui nous passe au crible en se servant de nos passions et de notre raison pour les justifier, afin de nous tenir éloigné de la vérité.

Que celui pris dans son tamis entende ce que dit l'esprit de Molière et de Shakespeare : ne croyez pas vos sens qui vous entraînent et vous brisent sur les saillants de votre orgueil et déchirent votre esprit en mille morceaux. Que l'amour vous libère de toutes les immondices que vos parents et leurs ancêtres ont pieusement déposées, contre les avertissements du Ciel, dans les creux de votre âme, là où stagnent les eaux pourries des traditions humaines éclatées en millions de trous, comme autant de petits miroirs qui vous renvoient, grâce à l’ingéniosité des mécaniciens modernes, ces Dédale de pacotille, une image séduisante et inodore de vous même sur l'écran de votre vanité. La science ne se réduit pas à l'invention du GPS et de l'ordinateur!

Et oui, Satan n'est pas un si mauvais bougre puisqu'il redonne confiance dans le monde comme un marchand de rêve.  Mais Narcisse se noie dans le trou humide et froid qui lui renvoie sa sale beauté…  et vous voilà dégoûté de vous-même, de moi, de tous, de la vie, de la mort ! Dormir et ne plus jamais se revoir en peinture ou en photo, épinglé au mur des lamentations, sur le petit matin d'un sommeil houleux, devenu la pute de soi-même. Ha que la vérité nous fuit quand nous portons sur nous les insignes de Dédale, ces minuscules labyrinthes de silicone où galopent les ondes et les particules de l’héroïne technologique. Petits mots doux en musique sur fond d'images sublimes, voilà après quoi courent les six ou sept milliards d'êtres humains, fournissant à leurs dealers autant de dollars pour s'offrir ce que précisément contiennent ces images sublimes, un rêve de paradis, un mensonge de bonheur, un ersatz de plaisir. L'immense majorité de l'humanité au service d'une minorité aussi veule qu'elle, soumise aux sens, à la chair, et précipitant son troupeau de dupes dans l'étang de feu où se consument toutes les vanités.

La satiété des plaisirs de la raison c'est la folie.

La satiété des plaisirs de la passion c'est le dégoût. 

Le chemin de la vérité, entre raison et passion, peut paraître bien étroit et remplis de dangers, mais il est le seul qui ait un véritable but : la mort vaincue ! L'amour vainqueur !

Allez, qu'on envoie l'Apocalypse et qu'on renvoie Polyphème, le cyclope, dans les ténèbres !

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