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  • Les Sirènes ou la volupté

    La fable des Sirènes grecques* convient fort bien aux pernicieux attraits de la volupté, mais, dans l'application qu'on en a faite jusqu'ici, et qui est assez juste quant au fond, on a saisi que ce qui se présentait à première vue. Cette sagesse des Anciens peut être comparée à des raisins mal foulés, et dont on a exprimé quelques sucs en y laissant ce qu'il y avait de meilleur.

    Les sirènes étaient les filles d'Achéloos, le fleuve et de Terpsichore, une des neuf muses. (...)

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  • Satire Enfin

    Les policiers thérapeutes et les moralistes policés soutiennent volontiers que l’art de la satire tient à son iniquité. Mensonge absurde car du point de vue de la satire c’est la vie et les hommes qui sont iniques. Molière et Balzac sont deux exemples de satiristes dont l’excellence n’a d’égale que la perspicacité. On peut même affirmer sans craindre de se tromper que Balzac, dont le crétin Zola écrivit en 1881 que «Shakespeare seul a enfanté une humanité aussi large et aussi vivante.», que Balzac, donc, s’appuie sur Molière et que ce n’est pas par hasard s’il a choisi, pour nommer son œuvre, ce qui sert de cadre à celle de Molière : la Comédie. Pour Molière on est médecin malgré soi, ce qui fait qu’il se garde bien d’être moraliste et qu’il fait même tout pour l’éviter. Sans doute la force de Balzac vient de ce qu’il est le dernier artiste chrétien français non moraliste d’envergure si on veut bien excepter Léon Bloy, Georges Bernanos et Louis-Ferdinand Céline au vingtième siècle. Le médecin Céline un artiste chrétien ? J’ose dire que oui pour plusieurs raisons qui n’ont pas échappées à G. Bernanos lorsqu’il fit la critique du Voyage au bout de la nuit pour le Figaro en 1932 :

    « M. Céline scandalise. A ceci rien à dire, puisque Dieu l’a visiblement fait pour ça. Car il y a scandale et scandale. Le plus redoutable de tous, celui qui coûte encore le plus de sang et de larmes à notre espèce, c’est de lui masquer sa misère. Jamais cette misère n’a été plus pressante, plus efficace, plus savamment homicide, avec un tel caractère de diabolique nécessité, mais jamais aussi elle ne fut à ce point méconnue. Le grand seigneur d’autrefois pouvait vivre dans une opulence que l’abaissement de nos mœurs nous permet à peine d’imaginer. Il restait, par sa seigneurie, trop près de la terre, du peuple de la terre, de son peuple, pour risquer de montrer l’ignorance imbécile, béate, d’ailleurs repue d’enquêtes et de statistiques, de nos modernes bien-pensants. Nous disons qu’un palatin ou un boyard qui mangeait dans l’or, mais rendait lui-même la justice, et à l’occasion servait les pauvres et touchait les lépreux, en savait infiniment plus long sur la misère qu’un petit bourgeois de notre pays. Nous disons que des millions et des millions d’hommes meurent aujourd’hui sans avoir vu une fois, une seule fois le vrai visage de la Misère, la trogne horrible, le visage sacré de la Misère. En quoi les espèces de contremaîtres qu’une police vigilante filtre à la porte des usines nous renseignent-ils sur le prolétariat ? que diable les pauvres filles terrorisées de Pigalle peuvent-elles nous apprendre ? A lire les tirades ridicules de certains défenseurs de l’ordre, on comprend très bien que leur expérience de la Misère vaut celle qu’une demoiselle de magasin s’imagine avoir du grand monde. Quelle idée peuvent bien se faire de la Révolution ces gens-là ? Demain comme hier elle les trouvera occupés à astiquer soigneusement les buffleteries du gendarme, dans le ferme espoir que nulle révolution ne prévaudra contre un gendarme bien astiqué.

    Pour nous la question n’est pas de savoir si la peinture de M. Céline est atroce, nous demandons si elle est vraie. Elle l’est. Et plus vraie encore que la peinture ce langage inouï, comble du naturel et de l’artifice, inventé, créé de toutes pièces à l’exemple de celui de la tragédie, aussi loin que possible d’une reproduction servile du langage des misérables, mais justement pour exprimer ce que le langage des misérables ne saura jamais exprimer, leur âme puérile et sombre, la sombre enfance des misérables. Oui, telle est la part maudite, la part honteuse, la part réprouvée de notre peuple. Et certes, nous conviendrons volontiers qu’il est des images plus rassurantes de la société moderne, et par exemple l’image militaire : à droite les Bons Pauvres, gratifiés d’un galon de premier soldat, de l’autre côté les Mauvais, qu’on fourre au bloc… Seulement n’importe quel vieux prêtre de la Zone, auquel il arrive de confesser parfois les héros de M. Céline, vous dira que M. Céline a raison. […]

    En sorte que ce voyage au bout de la nuit n’est pas près de finir – mais on en verra sûrement le bout. Le bout de la nuit, c’est la douce pitié de Dieu […] c’est-à-dire la profonde, la profonde, la profonde Eternité. »

     

    Sans doute convient-il distinguer les moralistes du côté de la société et qui peuvent parfois apparaitre comme des anti-moralistes et ceux du côté des Ecritures qui s’érigent de fait contre la société puisqu’il n’est pas de royaume de dieu sur la terre.

    L’exemple type de l’artiste doublé d’un scientifique et qui n’est sans doute pas étranger à la puissance de Molière, c’est Shakespeare alias F. Bacon, grand théologien devant l’Eternel pour qui le plan social est régressif : il ne faut espérer aucun progrès moral ou politique. Rien ne dit qu'il n'y a pas eu, au moins dans le domaine des sciences naturelles et de leur usage, des civilisations plus avancées que la nôtre. Bacon/Shakespeare est d’ailleurs raccord avec un savant qui intéresse de près Balzac, Emanuel Swedenborg. Ce dernier comme Bacon/Shakespeare ne sépare pas le corps de l'âme, ayant compris que cette dissociation est une vue de l'esprit morale ou politique ; par conséquent on ne peut pas tirer de la Genèse, qui explique comment l'homme est devenu mortel, une leçon de morale, comme font beaucoup de juifs ou de chrétiens aujourd'hui. La morale n'est qu'un effet de notre condition de vifs-mortels. D'ailleurs nous ne choisissons pas telle ou telle morale, nous nous y soumettons ; elle nous est plus ou moins imposée par notre forme physique et par l'époque. Bacon et Swedenborg voient bien que le purgatoire, importé du paganisme romain, est une perspective juridique des plus hasardeuses. Il n'y a donc pas de morale chrétienne possible. Swedenborg disqualifie les interprétations morales de l'apocalypse ; la vision de Jean ne décrit pas la lutte du bien contre le mal, mais du mensonge contre la vérité, et ce n'est pas la même chose puisque la vérité n'a pas de caractère moral. La société requiert l'éthique ou la vertu, un point d’équilibre auquel elle ne parvient jamais à rester. "Le règne d'Auguste, avant d'être bénéfique aux citoyens de son Empire, commença par une période de répression cruelle, de sorte qu'Auguste n'aurait jamais dû régner, ou bien régner indéfiniment." dit Bacon pour signifier le mouvement absurde selon la vertu, de montagnes russes à l'infini. L'éthique est la bête de la terre.

    La mort n’est qu’un idéal social ou politique au sens où c'est une abstraction, un point de perspective, dont aucune institution morale ou politique ne peut se passer. Alors même qu'elle se renforce de la peur de la mort, la société ne mène personne nulle part ailleurs qu'à la mort : c'est le sens de la fameuse tirade de Hamlet, qui souligne ainsi l'absurdité de l'idéal social.

    Shakespeare comprend au XVIIe siècle que l'accroissement de la puissance des institutions politiques implique sur le plan collectif une résignation à la mort d'autant plus grande qu'il faut assurer la cohésion d'institutions plus vastes.

    Il comprend que la voie du salut et de la vie éternelle chrétienne va être obstruée par une science anthropologique, autrement dit une "éthique" qui, bien que née au sein de l'Eglise, renverse le cours de la spiritualité chrétienne, dont on peut dire qu'elle est un défi à la mort, celle-ci étant la rançon collective du péché.

     

    "Qui veut gagner sa vie la perdra !" affirme Jésus, ce qui revient bien à indiquer à la vie spirituelle un sens opposé à l'idéal social.

    Bien évidemment, la mort en tant que ressort social essentiel doit rester masquée, comme le tain du miroir est recouvert d'une pellicule brillante : ode à la joie, hymne à la vie, bonheur, avenir, sont autant de bannières mystiques destinées à cacher que la société est un plan incliné vers la mort. Des slogans plus mystérieux aujourd'hui qu'ils ne furent sans doute jamais. La quête désordonnée du plaisir ou du bonheur est un signe de détraquement politique.

     

    Bacon souligne dans un aphorisme le caractère idéologique de la mort, c'est-à-dire quasiment de "personne morale". En montrant qu'elle a moins de réalité physique que la douleur, que les gens du peuple ou les esclaves, qui y sont confrontés tout au long de leur vie, craignent plus que la mort elle-même, qui peut à la limite apparaître comme une douce détente. L'homme ne meurt pas, il s'use petit à petit. De même le corps social n'éclate pas brutalement, mais il se décompose petit à petit. La mort est quasiment une conception juridique faussée d'une réalité physique dans laquelle la subjectivité n'a pas de place. Elle est une conception du processus de vie et de mort épurée de la douleur.

    Lorsqu'il qualifie l'art abstrait de "refuge des lâches", L.-F. Céline est bien dans la suite de Shakespeare, qui a compris avant Karl Marx que la science juridique est un confort intellectuel. La règle est bel et bien un garde-fou macabre.

     

     Le cadavre ou la mort est une amélioration dans le sens où elle peut être prise comme une représentation abstraite plus esthétique du processus de vie et de mort, plus polie. L'art funéraire est ainsi conçu, comme une poétique de la mort. "Poésie" vient du grec "produire", production. La mort est le produit humain le plus raffiné. Si l'on considère la civilisation de manière réaliste comme un vernis ou un brillant, celui-ci est entièrement fait d'une esthétisation de la mort (la pyramide des Egyptiens est sans doute la plus belle formule de ce genre). "Sépulcres blanchis", "Laissez les morts enterrer les morts." : là encore on retrouve de la part de Jésus un dégoût de la mort égal à son dégoût du péché. 

     

    Aristote et Bacon sont tous deux matérialistes, c'est-à-dire qu’ils ne conçoivent les idées ou les concepts humains que comme des produits dérivés des formes ou phénomènes naturels. Le rapport avec la photographie, ou le reflet dans un miroir équivalent, c'est qu'il coïncide avec cette conscience superficielle des choses, au niveau du vernis ou du maquillage (de la mort), imprimée par l'inconscient collectif à tout un chacun, dès lors qu'il s'abstient d'esprit critique.

    Aux yeux d'Aristote, l'art commence avec l'esprit critique, quand il n'y a, au niveau de la production d'objets imités de la nature (qui atteint le niveau de l'abstraction dans la musique), qu'une bête répétition au service de la religion. La mort est une perception subjective, plus abstraite que la douleur. Le miroir est l'outil qui permet le rendu le plus subjectif de la nature ou des phénomènes naturels. Aristote constate en quelque sorte l'adéquation parfaite de la mort et de cet outil de mesure qu'est la réflexion. Tout est virtuel là-dedans, mais n'en est pas moins séduisant.

    Pour les besoins de la justification sociale, l'éthique et l'esthétique étouffent la critique, passant par des arts spéculatifs dont la vocation est de présenter la mort sous un jour favorable.

    Aristote tient les insectes pour les animaux les plus vils, dans l'ordre animal, parce qu'ils sont les plus virtuels ou éphémères. Démocrite dans le même sens prend la ruche et les abeilles pour symbole de la bêtise ou de la folie politique : ça fonctionne très bien, c'est très efficace, mais ça ne mène nulle part, et c'est la bêtise même de chaque élément qui rend l'ensemble efficace.

    C’est à la lumière de la poétique matérialiste d'Aristote et sa reconnaissance très ancienne que la charogne, sur le plan politique ou moral, peut avoir du charme, qu’on peut comprendre pourquoi ni Molière ni Balzac ni Céline et encore moins Shakespeare, et Marx à sa suite, ne sont des moralistes, mais d’authentiques hérauts chrétiens, forcément apocalyptiques. Seule la vérité les concerne et elle ne peut être qu’une et indivisible. L’apocalypse ou la mort, tel est le choix ultime, tout le reste n’est que de la branlette d’ectoplasme.  

  • Божественный мудрость*

    L’homme serait l’œuvre de Prométhée, façonné avec de la terre et des parties de divers animaux. Voulant accroitre le genre humain, ce titan dérobe le feu au char du Soleil à l’aide d’un faisceau de férules qu’il enflamme. Las ! au lieu de lui témoigner de la gratitude, les hommes dénoncent le forfait de Prométhée à Zeus, mais celui-ci s’en réjouit. Il décide en accord avec les autres dieux de faire présent aux hommes de la jeunesse éternelle ; mais ces derniers placent naïvement le précieux cadeau sur le dos d’un âne. Et voilà que l’animal assoiffé tombe sur un serpent près d’une source. Il négocie l’accès à l’eau et c’est ainsi que la faculté de se régénérer est passé bêtement de l’homme aux mains du reptile, si on peut dire.

    Sur ce, Prométhée pas très content décide de ruser avec Zeus en lui offrant un taureau farci d’ossements au lieu de bonne graisse. Comme en outre il essaye de violer Athéna, Zeus décide de lui tendre un piège. Il commande au fameux sculpteur Héphaïstos de fabriquer une femme, Pandora, dotée par chacun des dieux d’un don, le tout placé dans une cruche, le fameux vase de Pandore. Cette dernière a pour mission d’offrir le vase à Prométhée, mais le madré Titan refuse l’offrande et c’est son frère jumeau, le benêt Epiméthée, qui l’accepte. Aussitôt il ouvre le vase laissant s’échapper tous les malheurs et catastrophes enfermés dedans ne parvenant à y conserver que l’espérance placée tout au fond.

    Là-dessus, Zeus condamne Prométhée à être entravé à une colonne sur le mont Caucase. Là, un aigle vient lui dévorer le foie pendant le jour tandis que l’organe repousse pendant la nuit.

    Seul Héraclès parviendra à délivrer Prométhée de cette fâcheuse posture, transperçant l’aigle de ses flèches.    

    « Heureux qui a pu connaitre les causes des choses, foulé à ses pieds toute crainte, le destin inexorable, et le tumulte de l’Achéron avide. » 

     

    La fable de Prométhée est des plus importantes car elle fournit une explication au problème de l’origine de l’homme et de sa condition d’être mortel. Cette fable grecque présente de nombreuses analogies avec celle d’Adam et Eve. Prométhée signifie providence ; le titan agit en effet en démiurge pourvoyant aux besoins de l’homme.

    Non seulement l’homme trouve dans sa prudence un mobile suffisant pour vivre et s’organiser, mais de plus l’homme parait être le centre du monde qui de chaque chose trouve l’usage et récolte les fruits de la nature ; Les révolutions des astres servent à établir les calendriers ; les vents servent à la navigation, les animaux à la nourriture, etc. L’homme paraissant le but de la nature reflète donc Prométhée qui l’a créé. Le mélange de terre et de parties d’animaux rappelle que l’homme est de toutes les espèces de créatures vivantes sur la terre la plus composite et la plus complexe. Aussi l’homme fut-il nommé microcosme dans l’antiquité. Malgré cette place cruciale dans la nature, l’homme n’en serait pas moins démuni et privé de défenses sans le feu. Or le feu est justement « le secours des secours » que le titan Prométhée procure à sa créature par le moyen d’une férule, c’est-à-dire d’une baguette creuse. Cette image traduit l’idée de captation discrète de l’énergie du soleil par le corps humain, en même temps que la force percutante du feu. La dénonciation de Prométhée par les hommes est surprenante. Mais les hommes insatisfaits de leur condition, qui accusent la nature, sont les plus inventifs et artistes en réaction. Cette réaction plait d’ailleurs aux dieux qui de surcroît accordent à l’homme la jeunesse éternelle.

    L’épisode de l’âne indique que les anciens croyait le gain de la jeunesse éternelle possible, bien que difficile car la sagesse expérimentale progresse lentement, comme un âne. Par manque de persévérance elle peut divaguer. L’Art est long et la vie est brève se plaint ainsi Hippocrate.

    La fable énumère aussi les obstacles qui peuvent entraver le progrès et qui tiennent à la condition humaine. La religion est souvent hypocrite qui propose comme la ruse de Prométhée une offrande factice. Épiméthée représente le type d’homme qui cède à la volupté incarnée par Pandore œuvre du forgeron Héphaïstos.  Ce type d’homme parvient mieux à jouir mais son imprévoyance et son ignorance l’exposent à de cruelles désillusions. La volupté est toujours à l’origine des guerres, des bains de sang, de la tyrannie et des divers fléaux humains. Les disciples de Prométhée au contraire sont plus prudents écartant ainsi beaucoup de maux. Cependant ils ressentent plus cruellement les affres de la condition humaine ou du destin, qui les ronge intérieurement. Rares sont les hommes qui réunissent prudence et tranquillité d’esprit. Une telle vertu n’est pas innée chez Prométhée. Le plus grand crime de Prométhée qui lui vaut la lacération des entrailles est l’attentat à la pudeur d’Athéna.

    Souvent les hommes imbus de leurs sciences ou de leurs arts tentent d’assujettir la sagesse divine aux sens ou à la raison humaine.

     

    D’après F. Bacon, Illustré par Zombi ici

     

    * Divine Sagesse

  • Nippons-la-joie

    Privatiser les bénéfices et nationaliser les pertes, c’est ce que fait Tepco, l’entreprise japonaise désormais mondialement connue depuis la catastrophe de Fukushima. Que les japonais ne pendent pas les actionnaires par les couilles, c’est ce que j’arrive pas à piger. Ce peuple mérite-t-il peut-être de disparaitre, après tout. Cinq pays européens ont quand même décidé de sortir du nucléaire, après ça : Allemagne, Italie, suède, Suisse et Belgique. En France, malgré une réaction antinucléaire importante, le totalitarisme républicain a réussi à désamorcer la bombe. Té ! c’est que c’est le plus gros gâteau nucléaire du monde. Pourtant certaines voix politiques françaises s’élèvent pour demander une sortie en dix ans, génératrice par surcroît de milliers d’emplois, aussi bien pour démonter tout ce fatras que pour en reconstruire un autre un peu moins dangereux (énergies renouvelables).

    Peux pas m’empêcher de penser à Dédale, cet ingénieur de l’antiquité, foutu à la porte de son pays mais qui ne pouvait se retenir de fournir aux autres des solutions toujours plus foireuses aux problèmes issus des machines dont il était le génial inventeur. Ainsi lui doit-on le labyrinthe et le fil d’Ariane pour ne pas s’y perdre. Comme disait le savant Bacon il y a seulement quatre siècles, en parlant des hommes que représente ce Dédale, la science, l’intelligence et l’industrie des mécaniciens, des artistes ou des artisans, mais appliqué à de criminels usages, le mal qu’ils font parfois balance tellement le bien qu’ils peuvent faire que leur utilité semble se réduire à rien.

    Quand on nous aura collés partout des éoliennes, des panneaux solaires, des barrages, des pompes géothermiques et je ne sais quels systèmes « propres », serais pas surpris qu’on découvre que l’électricité est cancérigène.    

  • Fleur de talent


    Narcisse, suivant les potes, devint célèbre par ses grâces et sa beauté ; mais l'éclat de ses avantages extérieurs était terni par de continuels dédains et par un orgueil insupportable. Ainsi, n'aimant que lui-même, il menait une vie solitaire, parcourant les forêts et ne s'adonnant qu'à la chasse avec un fort petit nombre de compagnons auxquels il tenait lieu de tout. La nymphe Echo le suivait aussi en tous lieux. Un jour, las de la chasse et poussé par sa destinée, il vint se reposer vers le milieu du jour près d'une fontaine dont les eaux étaient claires et limpides ; y ayant aperçu sa propre image, il ne se lassait point de la considérer, et il en devint tellement amoureux que, forcé de tenir ses regards fixés sur cet objet si cher, il s'affaiblit peu à peu et tomba dans un mortel engourdissement. Après sa mort les dieux le métamorphosèrent en cette fleur qui porte son nom, qui parait s'épanouir au commencement du printemps et qui est consacrée aux dieux infernaux, tels que Pluton, Proserpine et les Euménides.

    Cette fable parait  avoir pour objet le tour d'esprit de ces individus qui, infatués de leur beauté ou de quelque autre avantage qu'ils doivent à la seule nature et non à leur propre industrie, s'aiment excessivement et sont pour ainsi dire amoureux d'eux-mêmes. Assez ordinairement les hommes de ce caractère n'aiment point à paraitre en public et ont de l'éloignement pour les affaires ; car dans la société et dans une vie plus active, ils auraient à essuyer ou des affronts, ou des négligences, toute disgrâce qui pourrait les troubler ou les décourager. Aussi mènent-ils presque toujours une vie retirée, timide et solitaire, content d'une petite société toute composée de personnes qui les cajolent, qui défèrent toujours à leur sentiment, applaudissent à tous leur discours et sont comme leurs échos. Mais, enflés de ces continuels applaudissements, gâtés par ces cajoleries et rendus presque immobiles cette admiration qu'ils ont pour eux-mêmes, ils deviennent excessivement paresseux et tombent dans une sorte de torpeur qui les rend incapables de toute entreprise dont l'exécution demande un peu de vigueur et d'activité. C'est avec autant de jugement que d'élégance que les potes ont choisi une fleur printanière pour image des individus dont nous parlons. En effet, les hommes de ce caractère ont une certaine fleur de talent et acquièrent un peu de célébrité durant leur jeunesse ; mais dans l'âge mûr ils trompent l'attente de leurs admirateurs et ces grandes espérances qu'on avait conçues d'eux. C'est dans le même esprit que les potes ont feint que cette fleur est consacrée aux dieux infernaux, les hommes atteints de cette maladie n'étant propres à rien. Or, tout ce qui de soi-même ne donne aucun fruit, mais passe et s'efface à l'instant comme la trace du vaisseau qui sillonne les ondes, était consacré par les anciens aux ombres et aux dieux infernaux.


    Francis Bacon (1561-1626) dans La Sagesse des Anciens.


  • Des yeux au bacon (Bacon's eyes)


    As the conditions of my private life include using the language of Shakespeare, I shall start the education of my successors in that noble tongue. May those who have ears and those who have eyes hear and see what I thereby am achieving.

    (A translation in French is under attempt.)



    The fable of Orpheus.


    Orpheus having his beloved wife snatched from him by sudden death, resolved upon descending to the infernal regions, to try if, by the power of his harp, he could re-obtain her. And in effect, he so appeased and soothed the infernal powers by the melody and sweetness of his harp and voice, that they indulged him the liberty of taking her back; on condition that she should follow him behind, and he not turn to look upon her, till they came into open day: but he, through the impatience of his care and affection, and thinking himself almost past danger, at length looked behind him; whereby the condition was violated, and she again precipitated to Pluto's regions. From this time Orpheus grew pensive and sad, a hater of the sex, and went into solitude; where, by the same sweetness of his harp and voice, he first drew the wild beasts of all sorts about him; so that, forgetting their natures, they were neither actuated by revenge, cruelty, lust, hunger, or the desire of prey; but stood gazing about him, in a tame and gentle manner; listening attentively to his music.  Nay, so great was the power and efficacy of his harmony, that it even caused the trees and stones to remove, and place themselves, in a regular manner, about him. When he had for a time, and with great admiration, continued to do this, at length the Thracian women, raised by the instigation of Bacchus, first blew a deep and hoarse sounding horn, in such an outrageous manner, that it quite drowned the music of Orpheus. And thus the power, which as the link of their society, held all things in order, being dissolved, disturbance reigned anew; each creature returned to its own nature; and pursued and preyed upon its fellow, as before. The rocks and woods also started back to their former places; and even Orpheus himself was at last torn to pieces by these female furies, and his limbs scattered all over the desert. But, in sorrow and revenge for his death, the river Helicon, sacred to the muses, hid its water under the ground, and rose again in other places.



    The fable receives this explanation. The music of Orpheus is of two kinds; one that appeases the infernal powers, and the other that draws together the wild beasts and trees. The former properly relates to natural, and the latest to moral philosophy, or civil society. The reinstatement and restoration of corruptible things, is the noblest work of natural philosophy; and, in a less degree, the preservation of bodies in their own state, or a prevention of their dissolution and corruption. And if this be possible, it can certainly be affected no other way than by proper and exquisite attemperations of nature; as it were by the harmony and fine touching of the harp. But as this thing of exceeding great difficulty, the end is seldom obtained; and that, probably, for no reason more than a curious and unseasonable impatience and solicitude.

    And therefore philosophy being almost unequal to the task, has cause to grow sad; and hence betakes itself to human affairs, insinuating into men's minds the love of virtue, equity, and peace, by means of eloquence and persuasions; thus forming men into societies; bringing them under laws and regulations; and making them forget their unbridled passions and affections, so long as they hearken to precepts, and submit to discipline. And thus they soon after build themselves habitations, form cities, cultivate lands, plant orchards, garden, aso. So that they may not improperly be said to remove and call the trees and stones together.

    And this regard to civil affairs, is justly and regularly placed after diligent trial made for restoring the mortal body; the attempt being frustrated in the end; because the unavoidable necessity of death, thus evidently laid before mankind, animates them to seek a kind of eternity by works of perpetuity, character, and fame.

    It is also prudently added, that Orpheus was afterwards averse to women and wedlock, because the indulgence of a married state, and the natural affections witch men have for their children, often prevent them from entering upon any grand, noble, or meritorious enterprise for the public good; as thinking it sufficient to obtain immortality by their descendants, without endeavoring at great actions.

    And even the works of knowledge, though the most excellent among human things, have their periods; for after kingdoms and commonwealths, have flourished for a time, disturbances, seditions, and wars, often arise: in the din whereof, first the laws are silent, and not heard; and then men return to their own depraved natures; whence cultivated lands and cities become desolated and waste. And if this disorder continues, learning and philosophy is infallibly torn to pieces; so that only scattered fragments thereof can afterwards be found up and down, in a few places, like plants after a shipwreck. And barbarous times succeeding, the river Helicon dips under ground; that is, letters are buried, till things having undergone their due course of changes, learning rises again, and shews its head; though seldom in the same place, but in some other nation.


    Thus we see that Orpheus denotes learning; Eurydice, things, or the subject of learning; Bacchus, and the Thracian women, men's ungoverned passions and appetites, &c. And in the same manner, these fables might be familiarly illustrated, and brought down to the capacities of children, who usually learn them in an unscientifical manner at school.


  • Action time


    "Les fantômes de race ont leur source dans la nature même de l'homme ; c'est un mal inhérent à la race humaine, un vrai mal de famille, car rien n'est plus dénué de fondement que ce principe* : « Le sens humain est la mesure de toutes les choses. » Il faut dire au contraire que toutes les perceptions, soit des sens, soit de l'esprit, ne sont que des relations à l'homme, et non des relations à l'univers. L'entendement humain, semblable à un miroir faux, fléchissant les rayons qui jaillissent des objets, et mêlant sa propre nature à celle des choses, gâte, tord, pour ainsi dire, et défigure toutes les images qu'il réfléchit."

    Francis Bacon

    *C'était la maxime de Protagoras.


    Comme je disais à Mike B, j'ai dû creuser, pas croire. J'en profite pour dire aussi que ça crève les yeux : je me fais pas que des amis chez les blogueurs! Heureusement que le Lapin est là pour raviver de ses couleurs naturellement pimpantes, l'action; face aux pâleurs de la pensée.


    La terreur de quelque chose après la mort, the dread of something after death, comme dit Hamlet, ce que Lapinos appelle avec pas mal d'esprit le mauvais sens le plus commun. La trouille de cette undiscovered country, from whose bourn no traveller returns, puzzles the will, and make us rather bear those ills we have than fly to others that we know not of ! Thus conscience does make cowards of us all. En d'autres termes, la terreur de ce pays inconnu dont nul voyageur n'est jamais revenu, qui trouble notre volonté, nous faisant préférer les maux que nous avons à d'autres plus obscurs! C'est ainsi que la conscience fait de nous des lâches. La conscience, et sa réflexion: l'inconscient, si on veut marquer, par là, comment Shakespeare/Bacon anticipe la psychanalyse. Si cet abruti de Freud avait su lire, ce béer fop de Lacan aurait été poète et ma putain de sa race judéo chrétienne de sainte famille démocrate moins dévote en freudaines.


    Cette peur de la mort  on la connait, bien sûr, aux enterrements. Aujourd'hui elle s'évapore, cette peur, dans les cendres des défunts, largués aux dieux païens, du vent, de la terre et de l'eau. L'idée de purgatoire qu'évoque Shakespeare dans ce fameux monologue To be or not to be, que la conscience serait le refuge des lâches, ça fait pas de Hamlet une tapette hétéro comme qui dirait. Pas un pédé à femmes le gazier.

    Je dis ça parce que ce qu'il lui lâche à l'Ophélie par la suite, c'est gratiné, et je vois pas un gugusse d'aujourd'hui sortir ça à une Jessica de Genève. En gros il lui dit que si elle est vertueuse et belle, elle gagnerait à tenir sa vertu à l'écart de sa beauté, que sa vertu ne devrait admettre aucun discours de sa beauté, bref, qu'elle n'écoute que sa vertu. Notez encore une fois que vertu vient de vir: homme en latin, la force et enfin la force de la morale. Mais voyons ce qu'il ajoute, car elle répond l'effrontée. Quoi, qu'est-ce à dire, plaît-il ! comment ça! et pourquoi que la beauté ne s'entendrait pas parfaitement avec la vertu, hein ? et Hamlet de répondre : le pouvoir de la beauté aura fait de la vertu une pute bien avant que la force de la vertu ne façonne à sa ressemblance la beauté ! et il achève en disant :  C'était encore une question mais ça ne l'est plus. Le temps a parlé. Je vous ai aimée, je vous l'ai fait croire, vous n'auriez pas dû me croire. Car la MORALE ne se greffe jamais sur nos vieilles souches  au point d'en chasser l'ancienne sève... I loved you NOT. Get thee to a nunnery !

    Voilà un mec qui sait parler aux femmes ! au couvent et que ça saute !

    Mais écoutez Bacon et vous comprendrez que la morale, chez Shakespeare, c'est le style, et la preuve que Shakespeare n'en a pas, c'est que je peux m'en servir moi qui n'en aie guère. Shakespeare n'est baroque que pour les imbéciles châtrés et romantiques, pour les cadres bancaires anglo-ouzbeks.

    Non, en vrai, guère plus de style chez Shakespeare que chez Saint-Jean.

    Etre ou ne pas être, la morale ou le style, l'Apocalypse ou la mort !



  • Des visions aux rêves


    "Vos jeunes verront des visions et vos vieillards rêveront des rêves."


    Cette citation tirée de la bible (le livre de Joël) par le plus grand scientifique de tous les temps, Lord Francis Bacon, (1561-1626), baron de Verulam, vicomte de St Albans (duquel la Baronne doit son nom et son esprit) mérite de servir la cause des défenseurs de l'Apocalypse en ça qu'elle vise bien ce diable de divertissement capitaliste, ce dernier n'étant pas né d'hier, non plus.

    De la télé, du cinéma et de la musique pour les jeunes, de  la psychologie pour les vieux. C'est exactement à ça qu'on peut « réduire » la bête! Et si ça n'est plus que ça, alors la parousie (Retour du Christ en gloire à la fin des temps, au moment du Jugement dernier.) est proche. L'Apocalypse est un remède à la mort, dit le Lapin. « apocalypse » qui veut dire « révélation » en grec. Avec une majuscule, c'est le livre de l'apôtre qui révèle le secret de la mort, ni plus ni moins.


    Oui l'Apocalypse peut aider à vaincre la peur de la mort, c'est un parfait, un médicament, oui Pépère, n'ai pas peur d'en user, mais sans en abuser, ce serait idiot d'en claquer. Je ne plaisante pas, c'est à double tranchant, potion/poison, le tout caché derrière les visions cinématruc trompeuses de la réalité et l'interprétation cotonneuse des rêves d'un vieux bourgeois de boche, mauvais juif, bien boche, bon bourgeois et bien trop sexuel pour être honnête, encore moins pour être vrai. Du cinéma de tapette tout ça, de la religion qui s'ignore? ou se connait trop bien! Freud/Tartuffe, cachez ce rêve que je ne saurais interpréter. Mais ce n'est rien de réel, rien, pas même la théorie de l'acte manqué qui n'est en elle-même que le jugement instantané de l'instinct animal humain, naturel, et qui adore les signes.


    La religion de ces gens-là, c'est l'adoration du hasard, ce dieu des imbéciles. Et le hasard en psychologie, c'est comme les chiffres en politique, on lui fait dire ce qu'on veut, et donc pour le bourgeois ce qui rapporte le plus. Le bourgeois a le sens utile, le sens du profit, net d'impôts si possible. J'ai cru longtemps à l'honnêteté de Freud, mais le Lapin l'a bien cerné. En effet, son interprétation d'Œdipe est totalement erronée. Il suffit de lire Bacon ou Shakespeare pour s'en convaincre. Œdipe est un tyran boiteux, pas une victime du tout, du tout.


    Exit donc la psychologie issue de la philosophie spéculatrice platonicienne, faussement humaniste, vaguement humanitaire, colonne statique d'une architecture branlante et onaniste (pléonasme), et qui supporte les temples de verre dressés à la gloire de Satan. Longue vie à la science matérialiste humaniste, d'Aristote à Marx en passant par Bacon et qui mène à un constat autrement plus capital : que l'Histoire est une prophétie. Si ça c'est pas une révélation...


    1:3 Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites! Car le temps est proche.


    Pour mieux cerner quelques faits essentiels je vous invite à lire ceci chez Lapinos