mon compteur

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Tombe la neige!

 

tombe russe.jpg


 

Comme je causais avec J* sur MSN, je me suis cru le 22 septembre ! « Au diable vous partîtes », mais aujourd'hui, à peu de choses près, la date susdite n'est pas la bonne.

Pour dire, je suis un peu autiste, j'ai un compteur de fois de chansons que je chante dans la tête. Le 22 Septembre, de Brassens, je l'ai chanté 3241 fois. C'est un petit chef d'œuvre de bon goût qu'on aimerait pouvoir réciter à toutes les belles passantes qu'on n'a pas su retenir, n'est-ce-pas !

Comme je dois à J* ce souvenir (je devais me plaindre de n'avoir pas d'idée pour mon billet du jour), je retranscris en partie notre conversation.

 

J* : ça me donne envie d'écrire

Vous savez qu'il y a des gens qui s'appellent vraiment Cosette ? C'est pas inspirant ca ?!

c'est sur quoi le billet de dimanche ?

 

Fodio: le pire c'est qu'en plus ce sont de vraies cosettes!

expirant!

 

J*  : ça on sait pas

 

F : on imagine !

dimanche ?

le jour des roses blanches!

la messe?

le cimetière de mon village!

sous la neige

un dimanche de janvier

cette année

de la neige comme au Canada

moi, seul,

avec les défunts

leur photo sur le marbre noir

des dates

en chiffres romains

non attendez, en chiffres arabes et en lettres cyrilliques aussi, je sais plus

je déchiffrais

les noms aussi

 

J* : glauque

 

F : non pourquoi?

plutôt sereine l'ambiance

 

J*  : Ah

 

F : ils sont représentés grandeur nature

c'est un art spécial, photo sur marbre, à ce que m'a dit Z*

 

pire que ressemblant

on les dirait vivants

pas souriants, neutres

bienveillants même

 

J* : ah

 

F: ma chapka en blaireau authentique sur la tête

je me promenais de tombe en tombe au hasard de la mort

quand soudain...

un truc a commencé à remuer devant la stèle de Marina Anatolievna, juste à l'endroit de sa tombe

je me souviens encore de ses dates

1914 morte en 43

jeune et belle qu'elle était

la photo ne ment pas

quelque chose de vous

bref, j'ai cru un moment qu'elle allait venir me draguer

revenir

 

J*  : pas peur vous

 

F: non

je crois en la résurrection vous savez

un peu moins d'ailleurs lorsque j'ai vu apparaitre un museau avec un os en travers du nez

genre cannibale

en fait c'était une illusion d'optique

l'os était dans la gueule de la taupe

une grosse taupe

 

J*: mdr

 

F : elle m'a regardé droit dans l'œil droit, une taupe !

et elle a craché littéralement l'os

elle m'a encore toisé après ça

et comme j'étais stupéfié, elle a, m'a-t-il semblé, haussé les épaules et regagné son trou

non sans laisser un monticule de terre qui faisait tache sur la neige

 

J* : saleté de bête

 

F : j'ai dû ouvrir la porte de la grille basse qui entoure la tombe et je me suis penché sur le nonos en question

un os humain?

 

J*: je pense pas quand même

 

Fodio dit : le prendrais-je, ne le prendrais-je pas pour analyse?

 

J*: beuh

 

F: je l'ai photographié de tête

vous n'avez jamais joué aux osselets?

après quoi je l'ai bêtement enfoncé dans la neige et je suis allé chercher une pierre pour boucher le trou de la taupe

Dieu merci il n'y avait personne

j'aurais eu l'air de quoi

à boucher un trou  sur la tombe d'une jolie femme

 

J*: en effet

 

F: en partant il m'a semblé qu'elle me jetait un regard reconnaissant, Masha

 

J*: possible

 

F: depuis je retourne la voir chaque dimanche

je demanderai à ce qu'on m'enterre à côté d'elle, et qu'on y plante entre nos tombes un bâton avec une bouteille en plastique à l'envers au bout, ça éloigne les taupes ici

mais que nos os se mélangent pour l'éternité ce serait beau non

 

J*:elle est peut être déjà mélangée à un autre homme

 

 

 

F : ...

 

 

 

J* est une femme qui ne manque ni de mémoire ni d'esprit de synthèse. Ou comme le fait dire Charles Dickens au méchant dans Oliver Twist, usant de son synthétique language: women are good in sayin' things with the fewest words (avec un accent à entendre du suisse allemand)

Et le diable sait comme autant ce serait triste que de n'être plus triste... sans elles ?

 

 

 

 

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