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Chute de morale


Vous connaissez pas  la fable du chat et de la pie ? Voyons !

Tous les jours, depuis une semaine, mon chat, que j'ai appelé Barthélemy parce qu'il m'a débarrassé en une nuit d'une flopée de souris qui prenait ma maison pour un repère de protestants, et que j'appelle Gaston en souvenir d'un autre chat noir, une autre histoire, une autre femme, voire Pirate comme l'a baptisé d'une façon très orthodoxe un pote, se prend de bec dès l'aurore avec une pie que je suppose être la même (Comme on a tôt fait de s'abuser !).  Mais qu'importe, lui, c'est toujours le même Bartox. Le voilà s'allant percher sur le noyer, qui est en fait trois noyers en bouquet, voyez, un noyer isocèle, si vous voulez. Je dis pas ça pour faire un mauvais jeu de mot du genre le chat prend la tangente quant la Pi le cerne, non, je dis ça parce que si vous pouviez le voir cet arbre, c'est ce qui le caractérise. D'ailleurs il mériterait de figurer dans la fable. Alors bien entendu, si je dis la fable du chat, de la pie et des trois noyers qui n'en font qu'un, ça devient un peu confus... et un peu long.

Bref, Raminagrobis, sur une branche tapi, à bonne hauteur du sol, guignait en lorgnant cette pie. C'était le genre qu'on a illico envie d'appeler madame, allez savoir pourquoi. Elle lui tourne autour, et de le narguer, l'impression qu'elle donne. Et que ça criasse, et que ça jacasse, et que ça claque du bec, que ça sautille, que ça nous lasse !  Elle va même parfois jusqu'à le frôler le pervers animal. Lui, ne bronche pas, mais gageons qu'il  doit penser, sans beaucoup philosopher, au parfait petit déjeuner et au calme qu'elle lui inspire.

Dame pie, c'est courant chez cette engeance, brille plutôt par la prudence et demeure à défiante distance. Notre matois greffier, son corps de Baguera ramassé, semble avoir la tête posée sur pivot comme pour l'apostropher.

Et que ça discute le bout de gras sur le noyer à trois troncs. (Quoi que ce soit peut-être sur le pommier qui lui fait pendant, à bonne distance pour y mettre mon hamac, et qui lui aussi, mais plus décidément, a un tronc qui se sépare en trois branches maîtresses, mais à un mètre du sol. Ce qui fait qu'on peut supposer en ce qui le concerne qu'il ne s'agit que d'un seul individu. On dit ça, je crois,  pour un arbre, individu, indivisible ? Faudra que je songe à plonger dans la trinité de l'indivis. Vous savez, celui qu'on est, celui qu'on croit être et celui qu'on voudrait être, ce genre de fariboles qui rend les shampooineuses humides et les assistantes sociales.)

Mais c'est surtout elle qui fait les frais de la conversation. Lui la laisse jacter.

Ce qu'elle lui dit ? Sûrement qu'elle lui dispute le territoire, les animaux ça s'entend bien sur ce genre de chose.

Je l'admire mon Gaston pour son stoïcisme à la fin. A sa place j'aurais foutu le camp depuis longtemps. Quand même j'aurais eu l'espoir de croquer la belle.

La vie est souvent une histoire de patience. Tous ceux dont on voudrait venger les offenses ne finissent-ils pas par vieillir, souffrir et mourir ? Patience et longueur de temps, disait Lafontaine, il avait pas tort. Gaston a fini par disparaitre dans la nature mais ce jour-là c'est la pie qui a lâché l'affaire. Et tous les jours d'après. Bon débarras.

La morale ? ça tombe sous le sens : c'est la chute ! l'éternel féminin c'est long... surtout à la fin.


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