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La Bourse et la Vie

Aussi jeté un œil sur une comédie romantique (!). Molière, ça s’appelle en plus, en toute simplicité. Un truc de pédé où on veut nous faire croire que Jean Baptiste Poquelin, élevé chez les Jésuites, était un fétichiste du théâtre et des mots. Crasse hypocrisie ! Essayer de faire du plus grand théologien français un génie de la république bourgeoise, ça mérite le pal. Le cinéaste tartufe croit aux valeurs de la putain républicaine, mais l’égalité a besoin de génies, la fraternité d’avares et la liberté d’esclaves. Un génie, quelques avares et des millions d’esclaves, après ça on se vante d’être progressiste. La duchesse à l’esprit caustique est une méchante et ce pauvre monsieur Jourdain un héros sentimental dans lequel le spectateur saura se reconnaitre. Tout finit bien puisque Molière sera finalement ce grand homme dont la France s’enorgueillit sans trop savoir pourquoi si ce n’est qu’on y parle sa langue. Alors que Personne ne parle plus comme lui depuis des lustres, mais voilà, le Tartufe demeure, lui, même s’il s’ignore la plupart du temps, il lui reste une chance de se découvrir… dans une autre langue certes mais qu’importe le flacon !
De l’aveu prétentieux du pédoréalisateur : « ne pas faire une comédie, j’dirais, contemporaine ; faire un film qui ne ressemble pas aux autres. » 

Cachez donc cette caméra que je ne saurais voir, que je dis, moi !

Quant à Lucchini en bourgeois gentilhomme, faut bien sûr qu’il fasse semblant de n’être pas dans son rôle, ce tartufe professionnel, cacher cette aise qu’il ne saurait avoir, pensez, un artiste. 

Enfin deux choses qu’il faut relever : le plus important, dit-on à Molière, est de pouvoir vivre de votre art, chose dont Molière se foutait éperdument, la preuve est qu’il en est mort et criblé de dette en plus. La deuxième, dite par le Molière de cette mauvaise farce, c’est un métier (le théâtre) du sentir et non du paraitre. Or c’est le paraitre que Molière stigmatise et dont il se sert, et non pas en sentant, mais en observant. Ni feeling ni sentiments ni émotion chez le vrai Molière, mais une charité bien ordonnée et un immense appétit pour la vérité. Tous ces artistes précieux et ridicules, ces pseudos misanthropes contemporains, ces cancéreux imaginaires, ces dom Juan républicains, ces Sganarelle subventionnés, qu’ils aillent se faire pendre par la peau des couilles dont par bonheur ils sont dépourvus.

Molière d’un côté Shakespeare de l’autre, les nations, comme les femmes, ont l’instinct de la vérité, elles savent la reconnaitre au passage. De là à l’aimer, il y a un immense pas qu’elles ne sont pas toujours d’humeur à faire, il y a tant de choses plus importantes.

Commentaires

  • Baudelaire a flétri Molière, préférant louer "Le prêtre, le poète et le soldat".
    Quand on pense que Louis XIV a laissé jouer "Don Juan", malgré l'hostilité du parti janséniste qui se sentait justement visé, mais que "Les Fleurs du Mal" ont été censurées par l'impératrice Eugénie, malgré la supplique de Baudelaire pour les laisser paraître...

  • Savoir si Louis XIV ne l'a pas fait pour s'exciter sur la Maintenon, encore que je sais pas s'il la baisait déjà à ce moment-là. Affligeant Baudelaire en effet, certes au fait de son mal mais bel et bien possédé, un dandy, que veux-tu, tout juste SDF à peine désaffecté. L'aurait été mieux inspiré de se faire curé.

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