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Fodio - Page 5

  • Chronique UA

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    Lundi

    Curieux, je suis à la maison, comme en attente de quelque chose qui ne vient pas. Rien d’angoissant toutefois. Peux lire en paix.. La vérité nous vient petit à petit, persévérer est le mot clé. Je prends la décision de faire annuler mon mariage et ma « paternité » ukrainiens. Comme disent les romains : "Pater Incertus, Mater Certissima".

     

    Mardi

    Je prends une pute en stop, sans le savoir. Comme c’est la nuit, le froid, je la ramène chez moi. Elle me sert une histoire de médicaments à payer pour les enfants de sa copine. C’est pas une professionnelle, juste une gamine qui adore dormir. Je lui donne un peu d’argent, à manger et mon lit. Elle s'endort comme une pierre. Le matin venu, elle ne me demande rien (voilà qui est étrange) ; je la conduit à l’autobus, et sur le chemin, elle acquiesce vaguement quand je lui fais promettre de ne pas recommencer. Ai-je manqué de persuasion ? Je n'ai pourtant pas hurlé mon « Va, et ne pèche plus ! ». 

     

    Mercredi

    Insolite, je vois beaucoup de monde ici et là. Les vérités sur Houellebecq que j’ai assénées à L’Institut français la semaine dernière ont provoqué pas mal d'animosité. On me reproche de parler trop fort (je ne parle pas, je rugis) et, surtout, de prétendre dire la vérité. Rumeurs, échos et chuchotements seraient préférables. Me reste qu’à secouer la poussière de mes godasses et reprendre mon chemin… de Damas.

     

    Jeudi

    Historique, dans un magazine, la photo de la tzarinette Romanov, exécutée en 1918 avec toute sa famille. Elle a une dizaine d’année sur la photo et elle est bien mignonne, ma foi. Quel gâchis, une vie cueillie si tôt, et combien d’autres par la faim, la souffrance et la peur qu’ont semées les ancêtres de la tzarinette. Le mot russe Tsar vient de César.

     

    Vendredi

    Je m’attelle à la lecture des œuvres du chancelier Bacon. "Le grand philosophe anglais", comme dit Buchon son traducteur en 1838. Ce Buchon ne m’inspire pas confiance. D’emblée, je bute sur la citation de Pope qu’il place en exergue de sa notice biographique interminable :

    "If parts allure thee, think of how Bacon shined,

    The greatest, wisest, meanest of mankind."

    (wisest brightest meanest semble être la bonne version)

    Qu’on peut traduire par :

    "Si les choses de l’esprit vous séduisent, songez à l’éclat de Bacon,

    Le plus sage, le plus illustre (le plus brillant, etc.) et des hommes le plus con."

    Je plaisante pour la rime et parce que ce « meanest » est ambigü, utilisé pour rendre l'idée de moyenne voire de médiocrité aussi bien que d'abondance. Une allusion, peut-être, à la devise du chancelier "Mediocria Firma" ? Quoi qu'il en soit, ce Pope astique comme un chamois.

    Samedi/dimanche

    RAS, début d'année studieux.

  • Black Humor

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    « A Tous ceux qui ont perdu un être cher dans les violences post électorales, les blessés, tous ceux qui ont perdu des pieds, que Dieu donne à chacun le réconfort et le courage, d’aller de l’avant ».

     

    Sacré Gbagbo, fait de l’humour ! l’est comme Mr Jourdain, fait de l’humour et de la politique sans le savoir. Inquiétant Gbagbo !

    Le lien entre humour, humeur et politique, c’est la femme. Allez, un petit effort.

    Quel est le lien caché entre humour et humeur, à part l’étymologie  (en fait c’est le même mot, mais les anglais avec un wit bien français en ont fait ce qui désigne une légèreté très féminine) ?

    L’humour c’est le moyen de retourner une situation triste en une manifestation de joie (oh ! la barbe avec ta vérité Fodio, fait-nous rire nom d’une pipe !)

     L’humeur fait la même chose, et le contraire aussi . L’humour n’est donc qu’un revers de l’humeur. Son envers, c’est la politique. Ainsi les humoristes chargent la politique, cette lugubre charogne, pour la transformer en bonne blague avec distance morale, incorrection bon enfant et sympathique impertinence qui tire les zygomatique des esclaves qui par leur faute, (avec l’accent de Gbagbo on entend très bien « faute » pour « vote » ) par leurs votes donc, ont amener ces guignols aux commandes de leur vie. Voter ou fauter c’est dire son amour pour un candidat. Un prétendant qui cherche à vous plaire. En politique c’est anonyme, par une sorte de pudeur républicaine ; en art, c’est signé, on rigole ou pas. La farce est jouée. On a payé. Allez une petite pièce ! Quelle bonne blague !

    Ah mais c’est que l’argent, ce liquide à deux faces, métal rond ou rectangle de papier, a un côté pour l’humeur et l’autre pour l’humour, un pour la politique, l’autre pour la femme ! la femme est politique autant que la politique est femme, elle a ses humeurs et elle adore l’humour, quant à l’argent, c’est presque un autre mot pour femme. Une chose pour laquelle on doit investir ! de la croyance en l’avenir. On dépose une graine d’espoir, on décide de donner un rapport durable à une valeur fluctuante par essence et soumise au temps. Un pari sur l’avenir. Le genre de pari qui coûte très cher, ça va sans dire et qu’il faut un jour ou l’autre rembourser, avec tout le lait perdu et Pierrette perdant pied, éplorée par la conjoncture et sa chute inopinée.

    En politique, il n’y a que des obstacles car c’est ainsi que se présente le monde du point de vue féminin. Et le rêve est le seul moyen de les franchir. Une façon plutôt comique de s’imaginer qu’on a des ailes quand on a les pieds pris dans le bêton (gare à la bête on !) : imaginez la noirceur du nègre blanc qui a écrit pour un Gbagbo devenu blanc comme neige un discours de martyr en béton, si c’est pas de l’humour noir !?

  • Conte Merveilleux de Léon Bloy

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    “plus un radis dans la profonde et rien dans le battant" […]  il fallut le décrasser, l'habiller, le loger et le remplir tous les jours.”

     

    Il s’agit du père de la dame. Je ne résiste pas à l’envie de recopier cette histoire plus que désobligeante, dont le thème est l’amour filial (les chiens font pas des chats).

     

     

    Ah ! elle pouvait se vanter d'en avoir de la vertu, Mme Alexandre ! Songez donc ! Depuis trois ans qu'elle le supportait, ce vieux fricoteur, cette vieille ficelle à pot-au-feu qui déshonorait sa maison, vous pensez bien que si ce n'était pas son père, il y avait longtemps qu'elle lui aurait collé son billet de retour pour le poussier des invalos de la Publique !

    Mais quoi ! on est bien forcé de garder les convenances, de subvenir à ses auteurs quand on n'est pas des enfants de chiens et surtout quand on est dans le commerce.

    Oh ! la famille ! Malheur de malheur ! Et il y en a qui disent qu'il y a un bon Dieu ! Il ne crèvera donc pas un de ces quatre matins, le chameau ?

    La fréquence extrême de ce monologue filial en avait malheureusement altéré la fraîcheur. Il ne se passait pas de jour que Mme Alexandre ne se plaignît en ces termes de la coriacité de son destin.

    Quelquefois, pourtant, elle s'attendrissait lorsqu'il lui fallait divulguer son âme à des clients jeunes qui n'eussent qu'imparfaitement saisi la noblesse de ses jérémiades.

    Bon et cher papa, roucoulait-elle, si vous saviez comme nous l'aimons ! Nous n'avons toutes qu'un cœur pour le chérir. Le métier n'y fait rien, voyez-vous ! On a beau être des déclassées, des malheureuses, si vous voulez, le cœur parle toujours. On se souvient de son enfance, des joies pures de la famille, et je me sens bien relevée à mes propres yeux, je vous le jure, quand je vois aller et venir, dans ma maison, ce vénérable vieillard couronné de cheveux blancs qui nous fait penser à la céleste patrie. Etc., etc.

    L'inconscience professionnelle permettait sans doute à la drôlesse de fonctionner, avec une égale bonne foi, dans l'une ou l'autre posture, et l'hôte septuagénaire du grand 12, alternativement habillé de gloire et d'ignominie, croupissait au bord de sa fille, − dans l'inaltérable sérénité du soir de sa vie, − comme une guenille d'hôpital sur la rive du grand collecteur.

     

    ***

     

    L'histoire de ces deux individus n'avait, pour tout dire, aucune des qualités essentielles qu'on doit exiger du poème épique.

    Le bonhomme Ferdinand Bouton, familièrement dénommé papa Ferdinand ou le Vieux, était une ancienne canaille de la rue de Flandre où il exerça naguère trente métiers dont le moins inavouable mit plusieurs fois en danger sa liberté.

    Mlle Léontine Bouton, qui devait être un jour Mme Alexandre et dont la mère disparut peu de temps après sa naissance, avait été élevée par le digne homme dans les principes de la plus rigoureuse improbité.

    Préparée, dès son âge tendre, aux militantes pratiques, elle décrochait, à treize ans, une brillante situation de vierge oblate chez un millionnaire genevois renommé pour sa vertu, qui l'appelait son «ange de lumière» et qui acheva de la putréfier. Deux ans suffirent à la débutante pour crever ce calviniste.

    Après celui-là, combien d'autres ! Recommandée surtout aux messieurs discrets, elle devint quelque chose comme un placement de père de famille et marcha, jusqu'à dix−huit ans, dans une auréole de turpitudes.

    À ce moment, devenue sérieuse elle-même, à force de se frotter à des gens sérieux, elle lâcha son père dont la pocharde frivolité de crapule, désormais oisive, révoltait son cœur.

     

    Et quinze années ensuite s'écoulèrent pendant lesquelles cet abandonné se rassasia d'infortunes.

    Désaccoutumé des affaires, ne retrouvant plus son ancienne astuce, il ressemblait à une vieille mouche qui n'aurait pas la force de voler sur les excréments et dont les araignées elles-mêmes ne voudraient plus.

    Léontine, plus heureuse, prospéra. Sans s'élever aux premières charges de la Galanterie publique dont ses manières de goujate incorrigible ne lui permettaient pas d'ambitionner la dictature, elle sut manœuvrer dans les emplois subalternes avec tant d'art et de si ambidextres complaisances, elle se faufila, s'installa, se tassa si fermement aux bonnes ripailles et, n'oubliant jamais d'emplir son verre avant que la bouteille eût achevé de circuler, fut tellement rosse devant Dieu et devant les hommes, qu'elle en vint à pouvoir défier le malheur.

     

    ***

     

    Le malheur, alors, se présenta sous l'espèce falote et fantomatique de son père.

    Le vieux drôle, au moment de sombrer à tout jamais dans le plus insondable gouffre, avait appris que sa fille, sa Titine, quasi célèbre, maintenant, sous le nom de Mme Alexandre, gouvernait de main magistrale une hôtellerie fameuse où les princes de l'extrême Orient venaient apporter leur or.

    Vermineux et couvert de loques impures, n'ayant «plus un radis dans la profonde et rien dans le battant», il tomba donc chez elle un beau jour et la fortune lui fut à ce point favorable que l'altière pachate, quoique enragée de sa survenue, fut obligée de l'accueillir avec les démonstrations du plus ostensible amour.

    La malchance de celle-ci voulut, en effet, qu'à l'instant même où, forçant toutes les consignes, il se précipitait dans ses bras, elle se trouvât en conférence avec de rigides sénateurs peu capables de badiner sur le quatrième commandement de la loi divine. L'un d'eux même, remué jusqu'au fond de ses entrailles par cet incident pathétique, ne crut pouvoir se dispenser de la bénir en lui prédisant une interminable vie.

    Après un tel coup, papa Ferdinand devenait indélogeable et inextirpable à jamais. Sous peine d'encourir l'indignation des honnêtes gens et de perdre l'estime fructueuse des mandarins, il fallut le décrasser, l'habiller, le loger et le remplir tous les jours.

    L'existence, jusqu'alors douce comme le miel, de Mme Alexandre, fut empoisonnée. Ce père fut le pli de rose de sa couche, le pétrin de son âme, la tablature de ses digestions et, tout au contraire de Calypso, elle ne parvenait pas à se consoler du retour d'Ulysse.

    Il n'était pourtant pas gênant. Dès le premier jour, on l'avait installé dans la mansarde la plus lointaine, la plus incommode et probablement la plus malsaine. C'était à peine si on le voyait. Il observait fidèlement la consigne de ne pas rôder dans la maison à l'heure des clients et surtout de ne jamais mettre les pieds au Salon.

     

    Il ne fallait rien moins pour déroger à cette loi sévère, que la fantaisie d'un amateur étranger qui demandait quelquefois à voir le Vieux, dont toutes ces dames parlaient avec des susurrements de vénération craintive, comme elles auraient parlé du Masque de Fer.

    Pour ces circonstances, il avait un justaucorps écarlate à brandebourgs et une espèce de casquette macédonienne qui lui donnait l'air d'un Hongrois ou d'un Polonais dans le malheur. On l'ornait alors du titre de comte, − le comte Boutonski ! − et il passait pour un débris couvert de gloire, de la plus récente insurrection.

    Cumulativement, il nettoyait les latrines, balayait les escaliers, essuyait les cuvettes et la vaisselle, quelquefois avec le même torchon, disait avec rage Mme Alexandre. Enfin, il faisait les courses des pensionnaires dont il avait la confiance et qui lui donnaient de jolis pourboires.

    Aux heures de loisir, l'heureux vieillard se retirait dans sa chambre et relisait assidûment les œuvres de Paul de Kock ou les élucubrations humanitaires d'Eugène Transpire, ainsi qu'il nommait l'auteur des Mystères de Paris et du Juif Errant, les deux plus beaux livres du monde.

     

    ***

     

    Pendant la guerre, naturellement, la maison périclita. Les clients étaient en province ou sur les remparts et l'état de siège rendait les trottoirs impraticables.

     

    L'exaspération de Mme Alexandre fut à son comble. Du matin au soir, elle ne cessait d'exhaler sa fureur contre le Vieux qui se racornissait de plus en plus et qu’elle vomissait à pleine gueule, sans interruption.                                                                                                                                                                                                                           Elle alla, dans son délire, jusqu'à l'accuser d'avoir allumé le conflit international par ses manigances.

    Quand fut décidée la rançon des cinq milliards, elle se prétendit frustrée, vociférant que c'était autant de fichu pour son commerce et qu'on devrait bien fusiller tous les vieux salauds qui portaient malheur...

    Elle tournait positivement à l'hydrophobie et l'existence devenait impossible.

    Il va sans dire que la Commune fut inapte à revigorer son branlant négoce. La clientèle pourtant ne chômait pas. L'établissement ne désemplissait pas une minute. C'était à se croire dans une église !

    Mais quelle clientèle, Dieu des cieux ! Des ivrognes rouges, des assassins, des voyous infâmes galonnés de la tête aux pieds, qui se faisaient servir le revolver au poing et qui cassaient tout, et qui auraient tout brûlé si on avait eu l'audace de leur résister.

    Cette fois, par exemple, elle ne gueulait plus, la patronne. Elle crevait silencieusement de peur, en attendant le secours d'En Haut.

    Il ne se fit pas longtemps attendre. On apprit tout à coup que les Versaillais venaient d'entrer dans Paris !

    Délivrance ! Mais une guigne vraiment noire s'acharnait sur la pauvre créature.

    Il arriva qu'une barricade fut dressée au bout de la rue. C'était le moment ou jamais de fermer la porte à triple tour et de faire comme si on était des mortes. Papa Ferdinand fut complètement oublié.

    La barricade était prise à deux heures de l'après-midi et les fédérés en fuite abandonnaient le quartier.

    Bientôt, il ne resta plus qu'un seul être, un mince vieillard dont les pas sonnaient dans le grand silence.

    Impossible de ne pas le reconnaître. C'était le gâteux sorti le matin par curiosité et qui, bêtement, fuyait comme un criminel devant les pantalons rouges.

    Ceux-ci, pleins de défiance, ne le suivaient pas encore, hésitant à tirer sur un homme d'un si grand âge.

    Ils accoururent en le voyant s'arrêter à la porte du grand 12.

    Avance à l'ordre et fais voir tes pattes !

    Le vieillard, pantelant d'effroi, se précipita sur la sonnette et se mit à carillonner.

    Titine, ma Titine, c'est moi ! Ouvre à ton vieux père.

    La fenêtre close du mauvais lieu s'ouvrit alors spontanément et Mme Alexandre, ivre de joie, désignant son père aux soldats, leur cria :

    Mais fusillez-le donc, tonnerre de Dieu ! Il était tout à l'heure avec les autres. C'est un sale communard, c'est un pétroleur qui a essayé de foutre le feu au quartier.

    On n'en demandait pas davantage en ces gracieux jours et papa Ferdinand, criblé de balles, tomba sur le seuil...

    Aujourd'hui, Mme Alexandre est retirée des affaires et n'habite plus le quartier de la Bourse dont elle fut, si longtemps, la gloire. Elle a trente mille francs de rentes, pèse quatre cents kilos et lit avec émotion les romans de Paul Bourget*.

     

     

    *Léon Bloy l’avait surnommé « l’eunuque des dames » et le méprisait cordialement (« Heureux garçon, tu fus reçu dans d’aristocratiques salons que tes ancêtres auraient pu frotter »)

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  • Antique Scud à corne en plein champ de patate!

     

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    Verba ista sunt senum otiosorum, le blabla des vieillard séniles qui s’ennuient.

     Une image vive du genre de philosophie dont je vais vous dévoiler la source dans un instant est la fable de Scylla qui, au rapport des poètes, présentait par le haut le visage et la poitrine d’une fille jeune et belle mais qui dans les parties inférieures du corps était : Candida succinciam latrantibus inguina monstris . Cernées de monstres hurlants autour des parties générationnelles. Rien de bien avenant pour  le marin de passage au point qu'on se demande bien ce que Ulysse avait besoin de se faire attacher au mat de son navire pour résister, mais passons.

    Je lisais donc librement instalé à la proue de mon rafiot digital le blog  de Gigiouchka, qui se pose tant de questions capitales dont entre autres  si elle est ma chatte parce qu’elle porte le même nom qu’icelle et de me faire savoir qu’elle est morte pour moi mais là non plus c’est pas une question,  quand soudain  je découvre un aphorisme antique qui nous sied comme pied à pompe ou gant à doigt, ce fameux dilemme du maintien teuton (quant à eux), que les Romains ont honteusement pompé sous cette forme latine quand même plus acceptable que le boche moderne: per contatorem fugito nam garrulus idem est

     

    C’est nous qui sommes antiques, pas les grecs, Gigi, eux sont la jeunesse du monde. Sommes apocalyptiquement antiques, nous, des vieux de la vieille! N’avons plus que des questions stupides qui ne demandent aucune réponse, sénilité, visions, rêves, imagination débordante de soi, un esprit excroissance de l’âme, une âme gonflée à l’hélium 135 prête à partir au pays des merveilles. Miroir, crache ta vérité, ne suis-je pas la plus belle humanité possible!?

     

    Au diable l’inconstance féminine :Tant qu’une chose n’est pas faite, elle s’étonne si on lui dit  qu’elle est possible. Dès que cette chose est faite, elle s’attriste qu’elle ne l’ait pas été plus tôt.

    Ainsi sont les peuples, les nations, les groupements, les ligues, les clans, les tribus, les rassemblements les plus divers que pour un tel inventaire il faudrait un magasinier du genre Prévert.

    Il en va de même pour l’inconstance de la femme de la révélation chrétienne, qui n’est pas la sainte mère de dieu comme on fait semblant aujourd’hui de le croire en haut lieu européen.

    Ces élites ne sont pas stupides et arracher ce mensonge à la putain de la révélation, la vraie, l’église romaine, est un acte d’une haute intelligence. Diabolique hélas. Car cher payé ! tout homme vivant sous cette bannière odieuse et mensongère ne peut espérer aucun secours de la vérité. Car tout homme adorant son péché est un homme déjà mort. On croit tuer le temps, belle Gigi, et c’est lui qui nous assassine froidement un soir d’hiver au coin du feu, par hasard.

     

    Nous ne sommes pas aussi peu de choses que tu le crois ; même si, comparé à celui de nos rêves, le temps de nos œuvres est court. La vérité est une chose qu’on découvre toujours trop tard sans quoi nous n’aurions jamais pris le risque de la rêver.  On s’imagine tout petit avec autant de zèle qu’on se voudrait immense. Mais on se connait faible sans le secours de la science et des arts, on préfère la confortable servitude de pleurer sur la ville comme il pleure dans nos cœurs. Puis on idolâtre les mots, qu’on charge de valeurs, et de propriété, de foi, de fiduce, on spécule, les mots auraient-ils un pouvoir magique ? celui-là même de l’argent, trente denier, pour une parole donnée. Les mots donnés par dieu à Moïse sont des commandements pas des dénonciations. Voilà pourquoi les tables se brisent, la colère de dieu contre les dissidents, les réfractaires, les pas d’accord avec les lois divines, les tricheurs, qui se servent de leur propre crédulité et leur faiblesse pour harasser le ciel de leurs méfaits.

     

    Je ne suis qu’un apprenti saint, j’ai su trop tard que l’intelligence n’est pas en nous comme la beauté. Les beautés du ciel ne sont pas données à tous bien qu’elles soient offertes à chacun. Ainsi grâce à vous je m’explique enfin la préférence de dieu pour le frère de Caïn. La contemplation des cieux passe avant le travail de la terre.

    Et les femmes désirent d’abord des pommes de terre. Ainsi dieu a-t-il  pris la peine de nous montrer le chemin opposé à celui de l’esclavage.

    Pour ma part je vois très bien qu’on est, en ces temps très antiques, facilement l'esclave de l’idée qu’on se fait des bêtes à cornes.

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  • INSTAURATIO MAGNA

     

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    “He was so great a man that I have forgot his vices.”

     

     Certain que l’entendement humain se suscitait à lui-même des difficultés, qu’il ne savait pas user avec assez de modération et de dextérité des ressources très réelles que la nature a mise à sa portée, convaincu que de cette source dérivent l’ignorance d’un tas de chose et les turpitudes sans nom qu’elle traine à sa suite, F. de V. , après s’être rendu compte à lui-même de ses méditations, a pensé qu’il était capital pour les générations présentes et à venir, de proclamer la nécessité d’engager tous ses efforts à restaurer entièrement, si c’était possible, ou du moins améliorer, ce commerce que la science établit entre l’esprit et les choses, commerce auquel il n’est presque rien de comparable sur la terre, ou du moins dans les choses terrestres.

     

    Or, à espérer qu’en abandonnant l’esprit à lui-même, les erreurs qui ont déjà pris pied ou qui pourront s’établir dans toute la suite des temps, puissent se corriger naturellement et par la force propre de l’entendement humain, ou par les secours et les adminicules de la dialectique, un tel espoir serait sans fondement ; d’autant plus que ces premières notions que l’esprit reçoit, qu’il serre, qu’il entasse, pour ainsi dire, avec tant de négligence et de facilité, et d’où naissent tous les autres inconvénients, que ces notions sont vicieuses, confuses, extraites des choses sans une méthode fixe, et que, soit dans les secondes notions, soit dans les suivantes, il ne règne pas moins de caprice que d’inconstance.

     

    Ainsi tout cet appareil scientifique dont la raison fait usage dans l’étude de la nature n’est qu’un amas de matériaux mal choisis et mal assemblés, et ne forme qu’une sorte de monument pompeux et magnifique, mais sans fondements ; car, tandis qu’on admire et qu’on vante les forces imaginaires de l’esprit humain, on néglige, on perd ses forces réelles, du moins celles qu’il pourrait avoir si on lui procurait des secours convenables, et qu’il sût lui-même se rendre docile et obéissant aux choses, au lieu de les insulter comme il le fait dans son audacieuse faiblesse.

     

    Restait donc à recommencer tout le travail, en recourant à des moyens plus réels, à entreprendre une totale restauration des sciences, des arts, en un mot de toutes les connaissances humaines ; enfin, à reprendre l’édifice par les fondements et à le faire reposer sur une base plus solide.

     

    Or, quoiqu’une telle entreprise au premier coup d’œil semble infinie et paraisse excéder la mesure des forces humaines, qu’on ose essayer néanmoins et l’on y trouvera plus d’avantages réels et de stabilité que dans tout ce qu’on a fait jusqu’à présent.

     

    Car du moins ce que nous nous proposons ici a une fin, au lieu que cette démarche qu’on suit d’habitude dans les sciences n’est qu’une sorte de tournoiement perpétuel, d’agitation sans fin et sans terme.

    Il n’ignore pas non plus dans quelle solitude se trouve celui qui entame une telle entreprise, combien ce qu’il a à dire est difficile à persuader et semble incroyable.

    Malgré tout, il n’a pas cru devoir se laisser aller, ni renoncer à son but avant d’avoir tenté et parcouru la seule route qui soit ouverte à l’entendement humain.

     

    Après tout, ne vaut-il pas mieux tenter une entreprise qui peut avoir une fin que s’embarrasser avec des efforts et une ardeur inutile dans une voie sans issue ?

    Car les deux voies de la contemplation, semblables aux deux voies de l’action sont pour l’une  d’abord escarpée et difficile mais qui débouche en pays découvert, alors que l’autre présente au premier coup d’œil un terrain dégagé et une pente douce mais aboutit à des lieux inaccessibles et à des précipices. (on peut entendre ici la prophétie apocalyptique).

    Or, comme rien ne lui parait plus incertain que le temps vienne où de telles idées tombent dans l’esprit d’un autre, justement par le fait qu’il n’a trouvé personne jusqu’à présent qui ait appliqué son attention à de telles pensées, il s’est décidé à publier, le plus tôt possible, ce qu’en ce genre il lui a été permis d’achever.

     

    Et ce n’est pas l’ambition qui le fait se hâter ainsi, c’est la seule inquiétude que s’il lui arrive une de ces tuiles auquel tout mortel est sujet, il reste du moins quelques indications de l’entreprise qu’il a embrassée dans sa pensée, et qu’il subsiste quelque monument de ses louables intentions et de son zèle pour les vrais intérêts du genre humain. Il a jugé, sans contredit, tout autre objet d’ambition très en dessous de celui qu’il a eu en main ; car, ou ce dont il s’agit n’est rien, ou c’est quelque chose de si grand que, sans y chercher d’autres fruits, on doit se contenter du mérite même de l’avoir entrepris.

  • UA Diarrhée

     

     

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    Lundi

    Je lis sur internet que les régionales ukrainiennes ont été truquées fort habilement, et que tout le monde est content parmi les non-signataires du consensus de Washington (les banques prêteuses qui aiment les victoires électorales fortes, gage de remboursement et qui ne signent pas les consensus, ça va de soi) ; seuls les petits patrons s'offusquent de la réforme fiscale à laquelle le président a annoncé qu’il opposerait son véto.

     

    Mardi

    Distribution d'"Au Trou !?" aux quelques francophones que je croise. Comme dit, citant Allais à propos, le colonel que je croise à l’Institut français : "On reconnait un bon cru à une bonne cuite !" ; ça tombe bien, le champagne soviétique est encore à un prix abordable. Un pote ukrainien me reproche le papier sur Lénine, qu’il juge aussi coupable que Staline d’assassinats commandités. La statue de Lénine est toujours là, contrairement à celle de Staline qui n’est plus nulle part, bien que son fantôme rôde encore, et ça castagne souvent à la Rada (le parlement). Faut dire aussi que la boxe est le sport national ukrainien ; deux frères sont triples champions du monde ; l’habitude de faire péter le poing sur la table ? Paraît que le maire de Kiev, Léonid Cosmos (surnom dû à ses ambitions infinies), s’est brisé le poignet une fois, je le tiens d’une de ses secrétaires.

     

    Mercredi

    Pénible journée. Les femmes d’ici ont toutes ou presque une guêpe au plafond. C’était de notoriété publique dans tout l’empire soviétique, et je peux témoigner que ça n’a pas beaucoup changé. Je suis content d’avoir passé l’âge de la bagatelle. Celle qui m’a entraîné ici ne déroge pas à la règle. Sa folie m’avait semblée plus supportable que celle des femmes de l'Ouest. Aucune folie n’est supportable finalement, la nôtre moins que celle des autres. Je crois que sa folie me distrayait de la mienne.

     

    Jeudi

    Je reste au village. Je sors à peine pour nourrir la basse-cour, un tour ou deux à la cabane au fond du jardin ; surveille aussi Roméo et Juliette, mes deux chèvres.

     

    Vendredi

    Suis pas rentré. Me suis fait bêtement arrêter par les flics et... j’avais bu une bière. Comme c’est "tolérance zéro" (les Ukrainiens comme les Suédois ne savent pas boire), ils m’ont pris la bagnole après un alcotest à 0,33 g. Z’ont passé une heure à remplir de la paperasse pour justifier la somme d'argent qu’ils vont me voler. Le résultat, c’est que j’ai pas pu rentrer au bercail, mes poules et mes canards restés dehors. Les chiens ont bouffé la plus jolie poule, la blanche que j’aimais tant, avec son collier de perles noires. Saloperies de flics ! Saloperies de chiens ! Saloperies de voleurs ! (j’ai des chiens pour prévenir les voleurs), Et saloperie de basse-cour !

     

    Samedi

    Parti de bonne heure pour tenter de récupérer ma bagnole. C’est pas gagné. Levé à 5 heures pour prendre le bus à 6 pour prendre le train à 7 pour être au bureau de police à 9. Finalement, l’affaire m’aura coûté 800 us-dollars, une petite fortune que j’avais accumulée patiemment pour raccommoder la voiture, justement.

    Dans l’antre du chef de la police, au milieu des kalachnikovs en plastique pleines de vodka, il y avait un portrait de Tchevtchenko, le poète ukrainien ; alcoolique aux dires de la police (prorusse), propagande russe selon mon pote Oleg (courageux, en l'occurrence).

     

    Dimanche

    Je prie pour tous ces pauvres policiers égarés par les puissances infernales. Roman Romanovitch,  un pote sibérien de passage, me traite gentiment de Cвятой  Подмастерье (apprenti saint).

  • Léonissime Imposture

     

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    En hommage à Léon Bloy, ma complaisante gratitude pour cette toujours désobligeante histoire.

     

    Il était un de ces rares adeptes qui nient la mort, se persuadant que l'auto survie est un acte simple de la volonté, et qu'il est incomparablement plus facile de s'éterniser que de finir.

    Selon lui, la mort dont parlent tant les imbéciles n'est qu'une imposture, une insoutenable imposture inventée par les fabricants de couronnes, les marbriers et les crémateurs de tous feux.

    Il a même écrit, pour son usage personnel, une fantaisie (hégélienne, hélas !), sur cet objet, en vue d'établir qu'êtres et choses ne peuvent avoir d'autre maintien devant l'Infini que celui qu'il plaît à notre conscience de leur accorder.

     

    (Et si la conscience fait de nous des lâches, ainsi que le souligne Shakespeare, la tenue, le rigide maintien de cet homme, semble un acte de courage plutôt charitable comparé aux courbettes existentialistes hypocrites et égoïstes de ses carreurs de cercles comptant pour rien et qui grouillent comme la vermine, les publicistes, politiques, scientifiques, citoyens enrôlés écolo-libéraux, infâmes Sganarelle à réclamer des gages à longueur de temps.)

     

    Le trouble, relativement inconnu, de son esprit n'est au fond que le trouble de sa pauvre âme et c'est, comme ça, bien assez tragique.

     

    Très peu le comprennent, et ceux-là, que peuvent-ils pour un si grandiose malheureux ? Dieu Lui-même, le Dieu Moloch ne voulant plus d'aristocratie, l'holocauste s’impose-t-il oui ou non !?

     

    [ L’image de Moloch dans la Bible explique que, dans la démonologie chrétienne, il soit devenu le démon qui tire sa joie des pleurs des mères à qui il vole leurs enfants. Prince de l'Enfer, son pouvoir serait, d’après les démonologues du 16éme  siècle, à son apogée en décembre. Dans la tradition kabbalistique, Moloch et Satan sont les premiers des deux sephiroth mauvais. Moloch représente l'aspect négatif du premier sephiroth, le Kether, la couronne de connaissance, la plus cachée des choses cachées, la compassion absolue.]

     

    Le génie littéraire lui a été donné par surcroît, mais c’est la broutille de son supplice.

     

    Qu'ils avaient été beaux les commencements ! On avait vingt ans, on éblouissait les hommes et les femmes, toutes les fanfares éclataient sur tous les seuils, on apportait au monde quelque chose de nouveau, de tout à fait inouï que le monde allait sans doute adorer, puisque c'était le reflet, l'intaille fidèle des primitives Idoles.

     

    Qu'importait qu'on fût très pauvre ? N'était-ce pas une grandeur de plus ? On avait, d'ailleurs, une besace pleine de fruits qui ressemblaient à des étoiles, ramassés à pleines mains dans la forêt lumineuse, et on ne doutait pas de l'Espèce humaine.

    Mais on s'aperçut un jour que les hommes, dégoûtés du pain, réclamaient à grands cris des villas de maitre, qu'ils voulaient qu'on leur frottât la plante des pieds avec le gras des petits boyaux des Princes de la Lumière, et ce fut le commencement de l'agonie qui dure encore.

     

    Elle a ici trop de témoins pour qu'il soit nécessaire de la raconter. Le courage, d'ailleurs, me manque. Me réserve que la dernière et suprême phase très ignorée, celle-là, très profondément ignorée, pouvez m’en croire, et dont je veux être le divulgateur implacable.

    Nous verrons alors la couleur du front de certains !

    Dieu reconnaitra les chiens…


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    Toujours l'air d'un Samson faisant éclater les cordes ou les entraves dont les philistins naïfs auraient la prétention de le fagoter pendant son sommeil!

  • Corpse Reviver d'Après Allais

     

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    La question des ours blancs

    DEVANT LE CAPTAIN CAP


    Il faudrait le crayon de Lapinos, doublé de la plume de Porteur, pour donner une faible idée de l’émotion qui nous étreignit tous deux, le Captain Cap et moi, en nous retrouvant, après ces trois longs mois de séparation.

    Nos mains s’abattirent l’une dans l’autre, mutuel étau, et demeurèrent enserrées longtemps. Nous avions peine à contenir nos larmes.

    Cap rompit le silence, et sa première phrase fut pour me plaindre de revenir en cette bureaucrateuse et méphitique Europe, surtout dans cette burlesque France où, selon la forte parole du Captain, il est interdit d’être soi-même.

    Cap parlait, parlait autant pour cacher sa très réelle émotion que pour exprimer, en verbes définitifs, ses légitimes revendications.

     

    C’est ainsi que nous arrivâmes tout doucement devant l’Australian Wine Store, de l’avenue d’Eylau ; là, où il y a une petite patronne qui ressemble à un gros et frais baby anglais.

    Notre émotion devait avoir laissé des traces visibles sur notre physionomie, car le garçon du bar nous prépara, sans qu’il fût besoin de lui en intimer l’ordre, deux Corpse revivers, breuvage qui s’indiqua de lui-même en ces circonstances.

    Un gentleman se trouvait déjà installé au bar devant une copieuse rasade d’irish wiskey, arrosé d’un tout petit peu d’eau. (L’irish wiskey avec trop d’eau n’a presque plus de goût.)

    Cap connaissait ce gentleman : il me le présenta :

    – Monsieur le baron Labitte de Montripier.

    J’adore les différentes relations de Cap. Presque toujours, avec elles, j’éprouve une sensation de pittoresque, rarement trouvée ailleurs.

    Je dois à Cap la connaissance du chef de musique du Goubet, de l’aumônier de la Tour Eiffel, d’un fabricant de trombones à coulisse en osier, etc.

    Le baron Labitte de Montripier est digne à tous points de vue de figurer dans une collection aussi flatteuse.

    Le baron vient, paraît-il, de prendre un brevet sur lequel il compte édifier une fortune princière.

    Grâce à des procédés tenus secrets jusqu’à présent, le baron a réussi à enlever au caoutchouc cette élasticité qui le fait impropre à tant d’usages. Au besoin, il le rend fragile comme du verre. Où l’industrie moderne s’arrêtera-t-elle, mon Dieu ? Où s’arrêtera-t-elle ?

    Quand nous eûmes épuisé la question du caoutchouc cassant, la conversation roula sur le tapis de l’hygiène.

    Le baron contempla notre corpse reviver et fit cette réflexion, qui projeta Cap dans une soudaine et sombre ire :

    – Vous savez, Captain, c’est très mauvais pour l’estomac, de boire tant de glace que ça.

    – Mauvais pour l’estomac, la glace ? Mais vous êtes ivre-mort, baron, ou dénué de tout sens moral, pour avancer une telle absurdité, aussi blasphématoire qu’irrationnelle !

    – Mais...

    – Mais... rien du tout ! Connaissez-vous dans la nature un animal aussi vigoureux et aussi bien portant que l’ours blanc des régions polaires ?

    – ? ? ?

    – Non, n’est-ce pas, vous n’en connaissez pas ? Eh bien, croyez-vous que l’ours blanc s’abreuve trois fois par jour de thé bouillant ?... Du thé bouillant sur les banquises ? Mais vous êtes fou, mon cher baron !

    – Pardon, Captain, je n’ai jamais dit...

    – Et vous avez bien fait, car vous seriez la risée de tous les gens de bon sens. Les ours blancs des régions polaires ne boivent que de l’eau frappée et il s’en trouvent admirablement, puisque leur robustesse est passée à l’état de légende. Ne dit-on point : Fort comme un ours blanc ?

    –      Évidemment.

    – Et, puisque nous en sommes sur cette question des ours blancs, voulez-vous me permettre, mon cher Fodio, et vous aussi, mon cher Labitte de Montripier, de vous révéler un fait d’autant moins connu des naturalistes que je n’en ai encore fait part à personne ?

    – C’est une bonne fortune pour nous, Captain, et un honneur.

    – Savez-vous pourquoi les ours blancs sont blancs ?

    – Dam !

    – Les ours blancs sont blancs parce que ce sont de vieux ours.

    – Mais, pourtant, les jeunes ?

    – Il n’y a pas de jeunes ours blancs ! Tous les ours blancs sont de vieux ours, comme les hommes qui ont les cheveux blancs sont de vieux hommes.

    – Êtes-vous bien sûr, Captain ?

    – Je l’ai expérimenté moi-même. L’ours, en général, est un plantigrade extrêmement avisé et fort entendu pour tout ce qui concerne l’hygiène et la santé. Dès qu’un ours quelconque, brun, noir, gris, se sent vieillir, dès qu’il aperçoit dans sa fourrure les premiers poils blancs, oh ! alors, il ne fait ni une, ni deux : il file dans la direction du Nord, sachant parfaitement qu’il n’y a qu’un procédé pour allonger ses jours, c’est l’eau frappée. Vous entendez bien, Montripier, l’eau frappée !

    – C’est très curieux ce que vous nous contez là, Captain !

    – Et cela est si vrai, qu’on ne rencontre jamais de vieux ours, ou des squelettes d’ours dans aucun pays du monde. Vous êtes-vous parfois promené dans les Pyrénées ?

    – Assez souvent.

    – Eh bien ! la main sur la conscience, avez-vous jamais rencontré un vieux ours ou un cadavre d’ours sur votre chemin ?

    – Jamais.

    – Ah ! vous voyez bien. Tous les ours viennent vieillir et mourir doucement dans les régions arctiques.

    – De sorte qu’on aurait droit d’appeler ce pays l’arctique de la mort.

    – Montripier, vous êtes très bête !... On pourrait élever une objection à ma théorie de l’ours blanc : c’est la forme de ces animaux, différente de celle des autres ours.

    – Ah ! oui.

    – Cette objection n’en est pas une. L’ours blanc ne prend cette forme allongée que grâce à son régime exclusivement ichtyophagique.

    À ce moment, Cap affecta une attitude si triomphale, que nous tînmes pour parole d’Évangile cette dernière assertion, d’une logique pourtant peu aveuglante.

    –        Et nous reprîmes un autre corpse reviver, avec énormément de glace dedans, pour nous assurer une vieillesse vigoureuse.

     

     

     

     

  • Petit café dans la godasse!

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    Extrait augmenté de la chronique d’un exilé en Ukraine que je tiens pour « Au Trou !?», le fanzine qui ne fait pas rêver. Augmenté de choses plus personnelles sans intérêt pour les lecteurs sérieux de ce noble fanzine.

    En hommage au petit Jésus, cette minicropuscule contribution.

     

    Lundi, curieux, suis à la maison, comme en attente de quelque chose qui ne vient pas. Rien d’angoissant toutefois. Pu lire en paix le n°7 de Au Trou !? (le dernier et le meilleur !). La vérité nous vient petit à petit, persévérer est le mot clé. Pris la décision de faire annuler  mon mariage et ma « paternité » ukrainiens. Comme disaient les romains, Pater Incertus, Mater Certissima. Ce qui ne venait pas et n’est jamais venu, je l’ai su le lendemain, fut un sms d’annulation justement. Le hasard s’efface devant la vérité.

     

    Mardi, étrange, pris une pute en stop, sans le savoir. Comme c’était la nuit, le froid, je l’ai ramenée à la maison. M’a servit une histoire de médicaments à payer pour les enfants de sa copine. C’est pas une professionnelle, juste une gamine qui adore dormir. Lui ai donné un peu d’argent, à manger et mon lit. S’est endormie comme une pierre. Symbole. Au matin elle ne m’a rien demandé (voilà ce qui est étrange) j’avais promis de la ramener à l’autobus. Sur le chemin, elle a timidement acquiescé à une vague promesse de ne plus recommencer. Aurais-je manqué de persuasion ? je l’ai pourtant pas hurlé mon « va et ne pèche plus ». 

     

    Mercredi, insolite, vu beaucoup de monde ici et là. La vérité sur Houellebecq que j’ai eu la charité de dispenser à L’IFU la semaine dernière a engendré pas mal de ressentiments sur place. On me reproche de parler trop fort (je parle pas, je rugis) et surtout de prétendre dire la vérité. Mensonges et chuchotements ! Me reste qu’à secouer la poussière de mes godasses et reprendre mon chemin… de Damas.

    Revu la petite Olga sur la route au même endroit. M’a reconnu, s’est détournée pudiquement, me suis pas arrêté. Cette réaction de gêne corps et âme envers un homme qui ne l’a pas touché me parait plutôt de bonne composition. Le plus grand des péchés est d’aimer son péché. Les changements de direction dépendent parfois d’un minuscule scrupule, la graine du bien ou celle du mal, mieux vaut attendre pour le savoir, c’est ici aussi la patience des saints. La situation de ses petits protégés empire peut-être et il faut davantage d’argent. Au risque de passer pour un niais j’avoue que cette version me plait parce qu’elle me parait vraie. Mais pour savoir la vérité faudrait que je m’investisse beaucoup plus et je manque de moyens. 

     

    Jeudi, historique, vu une photo dans un magazine d’histoire de la tzarinette Romanov, celle qui est morte en 1918 dans l’attentat qui a décimé sa famille. Elle a une dizaine d’année sur la photo et elle est bien mignonne ma foi. Quel gâchis, une vie cueillie si tôt ! et combien d’autres par la faim, la souffrance et la peur qu’ont semées sa race. En russe, le mot Tzar vient de César, le mot roi se dit Karol, vient probable de Charles, Carolus Dickus.

    A 10 ans je faisais des rêves de cheval blanc cause d’un film « Crin Blanc » je crois, si je confonds pas avec Croc blanc (une histoire de chevaux camarguais en noir et blanc avant l’arrivée de la télévision au foyer, un éléphant dans le magasin de porcelaine de mon imagination !). Du coup, j’enlevais la petite Marie-Luce Andrée, mon premier amour de fille. Une brune mystérieuse et belle. La tzarine est blonde et pure comme le cristal. L’une, Marie-Luce, si tu m’entends, l’autre est dans les limbes, ravie à l’aurore de ses jours. Me déplairait pas de les voir ou revoir l’une et l’autre au ciel. Marie-Luce était très pieuse. Aux dernières nouvelles, qui ont bien quinze ans, elle était médecin en Afrique, mariée et enceinte, cumul de sinécure en somme. A l’heure qu’il est, je la vois bien mère d’une tribu de sept ou huit enfants et toujours dévouée à la souffrance des pauvres. Dans le cas contraire, elle aura mieux fait de me contacter sans délai et de me laisser faire quelque chose pour elle. Je lui dois d’avoir compris pas mal de choses sur l’essentiel, le temps d’apprendre à vivre.

     

    Vendredi, passionnant, m’attelle à la lecture des œuvres du Chancelier Bacon. Le grand philosophe anglais comme dit Buchon son traducteur en 1838. Ce Buchon ne m’inspire pas confiance. D’entrée, je bute sur la citation de Pope qu’il place en exergue de sa notice biographique interminable, comme quoi :

    If parts allure thee, think of how Bacon shined,

    The greatest, wisest, meanest of mankind.

    (wisest brightest meanest semble être la bonne version)

    Qu’on pourrait traduire par

    Si les choses de l’esprit vous séduisent, songez à l’éclat de Bacon,

    Le plus sage, le plus illustre (le plus brillant etc.) et des hommes le plus con.

    Je plaisante pour la rime et je rime pour plaisanter mais ce « mean » me pose problème. Rarement Traduit par faible, comme je l’ai lu, c’est un mot multiple : moyen, médiocre, mesquin, méchant, avare, hostile, implacable, et même formidable dans un sens à contrario moderne (genre terrible ! L’ironie du temps enterre les âmes viles). La vie de Bacon est d’une telle richesse qu’on peut bien le supposer faible ou méchant. L’aphorisme de Pope est d’une exemplaire hypocrisie que n’aurait pas manqué de relever l’intéressé de son vivant. Le chaud et le froid, ça sent l’envie du tiède tout ça. Comme pour les accusations de pédérastie qu’a souffert le baron ! Pour prendre un exemple que je connais bien, moi, dois pas être le seul, j’ai quelques jeunes amis, des enfants et pas plus d’attirance sexuelle à leur endroit qu’à leur envers. Pour autant, eux-mêmes ( !), tout comme les adultes qui nous regardent de loin, s’encombrent facilement d’idées salaces qu’ils prennent la peine de colporter ici et là… les braves gens (et les mômes de ne même pas s’en étonner).

    Vais sauter la notice interminable de ce Bucheron et me mettre au travail, petit à petit, sans méthode, le regard excellent et les oreilles taillées en pointe.

     

    Samedi/dimanche, RAS, Do Not Disturb… Surprenant !? ha oui ! C’est Noël. Et bien ! Que mon étude consacrée au plus grand chrétien de tous les temps soit un hommage rendu à Jésus plutôt qu’à saint Nicolas de mes deux!

     

     

    PS :  le n° 8 d’ « Au Trou !? » est sorti et, à l’instar du n° précédant, est bien meilleur. Cette semaine-ci de ma chronique est un cadeau (de Noël !?) peut-être empoisonné, avant le passage sous les instruments implacables du rédac chef, le mean  Bardamor, pour le rendre un peu plus digeste.

    S’il se passe vraiment quelque chose demain et après demain je vous tiendrai au courant, si ça se peut. Ce soir je réveillonnerai seul au champ soviétique. Comme je resterai connecté on viendra peut-être me souhaiter un joyeux Noël sur la messagerie instantanée dont je donne l’adresse à bon entendeur (fodi01@hotmail.com)

     La messe de minuit de la cathédrale Alexandra se fera en russe de toute façon et je communie aussi mal devant une icône orthodoxe que dans un temple corrompu édifié avec l’argent du péché. L’apprentissage de la sainteté commence par y aller mollo sur la religiosité. Parait que Saint Louis ne communiait qu’une fois par an. Je remercie d’avance à ces vœux pieux, simplement faites-moi la charité de pas prendre vos rêves pour ma réalité.

     

     

    PPS : A mes frère et père qui me croient à tort fâché alors que je brûle de leur prouver ma reconnaissance pour le hold up réussi de la rue de France, pas d’inquiétude le butin a trouvé une destination charitable. Dieu vous protège et vous pardonne de me prêter de mauvaises pensées et de les colporter sans prendre la peine de m’en demander compte. Votre toujours dévoué frère et reconnaissant fils.

     

    A ma chère fille enlisée dans les boues du chariot aux lourdes roues, ceux-là aussi sont mes enfants que la chair n’a pas souillés.

     

    A tous les hommes et femmes de bonne volonté sur la terre comme au ciel, réjouissez-vous, vous n’êtes plus seuls, puisque je suis à vous, disons, inconditionnellement !?

     

    (Me connaissais pas ce goût pour le solennel)  (tiens, un alexandrin, vite une rime !)

    C’est bien cause que c’est la veille du jour de Noël.

    и просто!

     

  • Поступать и думать, не мечтать !

     

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    Mon pote sibérien, Roman Ivanovitch, manque rarement s’arrêter chez moi en passant par Kiev sur la route d’Odessa. Il n’a que vingt ans mais ça fait sept ans déjà qu’il arpente l’ex empire. Tout en tirant sur sa pipe de kanapla, nous cherchons la vérité : méditer, regarder, écouter et on a toujours pas trouvé le quatrième terme. Et pourtant…on le tenait. Par les couilles de Jupiter que je le tenais. M’a échappé et pas moyen de le retrouver ce salopiaud. Beau chercher… et puis ça vient, поступать : AGIR ! Et penser, c’est agir, faut pas se tromper. Ce n’est pas rêver, faut pas rêver. C’est un peu compliqué de lui expliquer à mon pote, vu qu’en russe le verbe rêver est un peu trop proche du verbe penser. Mais bon passons.

    Marrant que je me rappelle pas cette sibérienne que j’ai croisée il y a vingt ans. La vodka ou le samagon (gnole artisanale) pas moyen de me souvenir, mais le type assis devant moi pourrait bien m’être sorti des testicules. Pas toujours été bien clair dans certaines occasions.

     

    Enfin,  tout ça me repose de mes trois jours d’initiation à la maffia ukrainienne, la pire, celle subventionnée par le contribuable. Les maffias européennes légales, la française républicaine ou la suédoise monarchiste parlementaire que je connais assez bien ne valent guère mieux, soit-dit en écrivant. A tout prendre, s’il faut prendre quelque chose, visons la liberté : свобода (svoboda) et la solidarité солидарность (solidarnost) C’est que des mots me direz-vous, mais il faut bien qu’ils servent à quelque chose. On peut pas toujours se contenter de bruits et d’images indistincts.

     

    « Les hommes pensent que leur raison gouverne leurs paroles ; mais il arrive assez souvent que les paroles ont assez de pouvoir pour réagir sur la raison. »

    F. Bacon


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  • Amour du True

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    En ce dimanche, ma putain de gymnastique littéraire, dans la nécessité où je me suis trouvé  jadis de me créer des relations (disons trop humaines) sans l’aide de mon idiome maternelle, se fera dans la langue de saint Shakespeare alias Francis Bacon, et j’emmerde les universitaires comptables, les ignares identitaires, les logiciels de traduction et tous les puristes des deux langues.

    Ca va mieux comme ça.

    My stupid violence was alas legitimated by reasons based on your wicked desire to catch me in your time black hole ; You coward using legal violence against me. I responded with animal aggressiveness to your search for death; It was just the wrong answer to a wrong question.

    I fucked your ass to make sure I was not going to create any more links, generational or physical, nor sentimental or reasonable. I left my desire to die, my sex appeal, my capital sin, in your shit hole, where it belongs.

    May we be forgiven and no sin no more.

    Love our Lord Jesus. Love Him with no condition and stop knocking down my balls with your chicken shit.

    I’m hereby your enemy for I’m a time fighter and you are on his side. Another love has caught me up, hitched my wagon, for it saw me as a rising star, a true heart of gold. You’ll never be rich enough to get that heart again (you had it though for free) unless you pray for the rest of your miserable life for that poor Jesus who had to die to save your ass. So the question is for you henceforth choosing if you want to live for ever or burn in your own little shit Hell like a rotten carrion for another hundred years of solitude.

    Let the dead burry the dead, as our Lord said, no religion, no faith, no reason, only charity!

    Be true and you’ll be forgiven. Have your brain a servant to your heart and you’ll find the truth. Don’t you neglect the fact that it maybe the devil or it maybe the Lord, keep your eyes open and read carefully the Good Book.

    I'll pray to see you in the stars above, nowhere else in this life i'm afraid.

    I really do pray.  But with enough faith not to be damned ; no more! For God knows I owe him the whole gear, True Love of the Truth that is!

    Not Trou love, suicide desire for falling vertigo, believing a jail is secure place to be, a vagina somewhere to stay for ever, in wich the rules only gives you freedom to urinate, as you would say.

    Seek the Truth and you’ll come out of the junkhole you fell in by accident, though so predictable. You’ve been there too long, your clothe smell corpse, your voice talks sharp, and your heart is heavy as the bells of glory witch are ringing for those who have ears and for those who have eyes, not for gorillas leopards nor all sorts of furies. 

     

     « When i lay in the ingle of Circe

    I heard a song of that kind.

    Fat panther lay by me

    Girls talked there of fucking,

    Beasts talked there of eating,

    All heavy with sleep, fucked girls and fat leopards… »


    E.Pound

     

    « Vautré dans l’antre de Circée, j’ai entendu  une chanson de ce genre : une panthère grasse gisait près de moi, des gonzesses y parlaient de cul, des chacals de bouffe, tous abrutis de sommeil, les putes comme  les gras léopards... »

    trad Fodio

  • Au marché de Kyiv* la roublarde

     

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    Les flics ukrainiens sont de vraies gonzesses. Comme leur chef, le président, cherchent qu’une chose, faire du pognon pour se payer un meilleur frigo, une meilleure télé, une meilleure bagnole, etc., la liste est longue de tout ce qu’une gonzesse a besoin pour se sentir heureuse. En fait cette liste s’allonge avec le temps parce qu’il y a quand même une justice, l’insatisfaction augmente avec la satisfaction. Pas pour rien que le mieux est l’ennemi du bien, ou qu’un chrétien cherche l’excellence. Or l’excellence matérielle, c’est tout bêtement son absence. Pour l’Esprit, l’excellence consiste d’abord à être vrai. 

    Pour en revenir à nos moutons, on peut pas dire que les flics d’Europe et de Navarre soient bien différents. En France, ils suivent la loi qui les oppresse, celle qui leur donne un sentiment de sécurité, ils la font respecter. Pour leurs collègues ukrainiens la loi est avant tout la règle d’un jeu qu’ils adorent parce qu’ils adorent tricher. Pas plus anarchistes que ces flics là. A ce propos je note que tout le monde est anarchiste de nos jours, même Jésus. En vérité, Lui seul l’est. Je dis pas qu’il a pas été imité par certains cœurs purs, avant ou après lui, disons Shakespeare et Homère pour prendre deux exemples exemplaires, mais enfin il est le premier dont la doctrine colle encore à la peau d’un homme après deux mille ans. N’a jamais menacé ni tué personne notre seigneur, et pourtant c’est pas les raisons qui lui auraient manqué.

    En tout cas je sais pas si c’est être anar, mais les flics, si j’en avais le pouvoir, ils n’y en aurait tout simplement pas. Comme si on avait pas assez des femmes pour nous les casser. Je dis ça pour ceux qui en ont bien entendu. Pas pour ceux qui les déposent douillettement au fond d’un trou plein de mauvaises pudeurs. Ça exclut les flics vu qu’on sait depuis Brassens, un anar notoire, que par bonheur, ils n’en possèdent pas. 

     

    *Kiev, les  institutions ukrainiennes sous l’impulsion d’une présidence sans complexe ont décidé de réformer l’orthographe du Français. Le plus drôle est que c’est vendu comme étant une marque d’indépendance. D’ici que le président russe en prenne de la graine on risque de se réveiller un matin à Moskva la diva ou sur le boulevard Sévastopol à Parige, vous dis-je. 

  • Lecture dévoilée

     

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    Image trouvée sur le blog de Frédéric Roux. Un écrivain qui résiste à l'appel du trou semble-t-il. Sont pas si nombreux, faut bien le dire!

  • bande Mémoire

    L’ayant vu s’allumer une clope, je lui en demande une. Il me répond que c’est la dernière.

    On peut la partager qu’il me fait.

    Du coup je le regarde un peu mieux. Et tout par un coup, parole de repasseur, c’est comme si je l’avais jamais vu, je le reconnais soudain. Un compère de la guerre des bac-à-sables de la rue Winston Churchill. Et me voilà tout madeleinisé. Je me sens proustien, tiens, même que je vois un petit garçon lancer un énorme couteau à 10 mètres contre une porte de service. La lame est venue se planter dans le bois avec un bruit sourd et sec, en tout cas dans la reconstitution cinématoc que j’en fais. Ma madeleine , celle d’un handicapé du flair, mais les oreilles travaillent aussi à partir d’une fonction applicable à la mémoire. Mémoire sensuelle, du corps, et qui empêche la vision libératrice. C’est comme ça que je ne vois pas le petit garçon que j’étais ni l’homme qu’est devenu le compère de mes dix douze ans. Mémoire inutile, narcissique, qui en essayant d’échapper au temps nous précipite vers la mort. C’est le côté morbide de la mémoire. Sa soumission au temps. Trouvé, perdu, chercher, manquer, passer, etc. ainsi le fleuve Hélicon qui fait le lit aux eaux de la sagesse des anciens disparait parfois pour rejaillir en d’autres terres. Mon pote semble tout sec et tout mouillé. Je viens de lui poser la question qui tue, ça m’a échappé.

    Ouais qu’il me répond, depuis le début. 

    J’en suis tombé sur le cul ! Spendius, c’était lui !

    Le coup du couteau ça m’étonne pas de toi (mon père était boucher) mais je vois que tu as un arc à présent. Serait-ce que l’amour t’a fait souffrir mon vieux Fodio?

    Pouvoir agir à distance et donner la mort c’est la force qui ordonne entre eux les atomes, autrement dit l’amour de dieu. Ha ha ! (suis bien content de ma réplique qui m’a coûté un peu de temps, mais entre vieux potes on se laisse le temps)

    Bien vu mon petit Fodio ! (m’a toujours énervé avec ses quelques centimètres et son année de plus).

    Je crois qu’ensuite il a compris le ridicule de me donner un cours magistral. Il a tenu à m’expliquer le pourquoi de sa disparition du ouaibe. J’ai trouvé ça très charitable de sa part. surtout de la part d’un type que j’ai manqué tuer de peu. Je me demande s’il sait vraiment que je ne l’ai pas visé, ni au propre ni au figuré. J’avais lancé ce couteau de Rahan, que j’avais mis des mois à me payer, avec une telle adresse et une telle force qu’il  se serait fiché dans son corps comme dans les meilleurs films américains, une image spectaculaire qui aurait fait de moi un monstre sanguinaire, un prédateur dangereux etc. j’ose pas imaginer.

    Le fait est qu’aujourd’hui mon arc ne me sert qu’à chasser les corbeaux, et encore, par sa seule apparition, même pas besoin de sacrifier une flèche. Idem pour les voleurs, c’est une arme de dissuasion valable. La force d’attraction peut être stoppée nette  voir transformée en répulsion par la force de bandaison. Qu’on y songe…

    Une question me brûle les lèvres, pourquoi qu’il pige pas à Au Trou !? .

    Mais je me garde bien de lui poser. Un zeste de charité, en mémoire…

  • Fable sportive

    C’est l’histoire d’un type qui avait un pactole. L’en était devenu tellement marteau qu’il pouvait pas le garder chez lui de peur de le dépenser. Il en était arrivé au point qu’il croyait se voler lui-même en tapant dedans. Je décidai illico de l’aider. Mon ami, lui dis-je sincèrement, ton argent n’existe que parce que tu peux le dépenser. A quoi te sert de le garder pour le moment où tu ne pourras plus en jouir ? Le mal que tu as eu à le gagner, la peine que tu va prendre à le garder lui ont déjà enlevé la moitié de sa valeur, celle que tu croyais nécessaire. Mais finalement il se décide pour l'enfouissement du magot. Alors bien sûr j’ai refusé de l’aider, je connais un peu les fables de La Fontaine. Du coup il est allé l'enterrer seul, son trésor, et je l’ai plus jamais revu.

    Comme quoi la culture est parfois un obstacle à l’amitié. L’argent n’est qu’un prétexte. La vraie richesse est ailleurs. Dans la course d’obstacle, peut-être.

  • Canards Laquais

    Du droit encore du droit, on cause que de ça partout. Découvert l’existence d’un nouveau parti politique suédois, des pirates comme ils se sont nommés. Ce qu’ils veulent : réformer la loi sur les droits d'auteur ; abolir les brevets sur les logiciels et le vivant; améliorer la protection de la vie privée. Ils ont même obtenu un siège au parlement européen suite à leurs trente et quelques mille d’adhérents. L’homme égoïste est très en bagnole sur ses droits, c’est même à ça qu’on le reconnait. Le cheval a toujours été un signe extérieur d’égoïsme. On ne peut guère y monter qu’à deux. Après y a les voitures à cheval, et les chars romains mais l’utilisation optimale de cet animal reste la monte individuelle. Idem pour la bagnole, rien de plus chiant que de conduire avec une femme apeurée à ses côté, sur le cheval elle est derrière et contrainte d’admirer le paysage ou de pratiquer des attouchement sur l’une des deux bêtes qu’elles enchâssent de ses adducteurs puissants, ce qui constitue, et là il serait temps d’ouvrir une parenthèse avant que cette phrase ne vous étouffe ( Les amazones ont montré à quel point ces muscles intérieurs des cuisses était utile à autre chose qu’à retenir le mâle au moment du coït).

    Les droits de l’homme égoïste, cet homme très à cheval, sont en vérité d’une hypocrisie rarement égalée. Plus ou moins en cheville avec WikiLeaks, cet organe d’information qui fait trembler le pentagone et dont le but avoué est de devenir l’organe de presse le plus puissant du monde ( ils doivent ajouter « libre » mais c’est de la propagande, suis pas un journaliste intelligent qui répète les mensonges), ce groupe de pirates suédois défient les socialistes puritains et les chrétiens démocrates en places. Les tempéraments à cheval donnent souvent dans la politique ou le journalisme qu’on peut résumer par le terme de publiciste comme le fait remarquer Lapinos. L’anecdote intéressante malgré son caractère libidineux c’est le fait que Dick Augustsson, alias Rick Falkvinge a été traumatisé par la discrimination due à son prénom de baptême ; Dick = bite en anglais d’Oxford. Le voilà donc parti à changer de nom et créer un parti politique. Son nouveau nom signifie « aile de faucon » Rick étant l’abréviation de Richard, car de son propre aveu le pirate rêve de devenir aussi riche que Bill Gates, son auguste père spirituel. Toujours le même concourt de bite!

    Des idées plus tordues les unes que les autres et pour cette raison qui plaisent à de nombreux tordus, disons le genre de paumés que nous sommes tous plus ou moins dans le merdier des idées. Le type se dit ultra capitaliste et communiste numérique, le grand écart que j’explique comme étant le syndrome disons napoléonien : je suis le seul (nous sommes une poignée en fait) à être assez puissant pour vous offrir la liberté, je dois être le plus libre de tous. Dans les faits il suffit de remplacer liberté par richesse.

    Je pompe un peu wiki pour vous donner une idée du genre de torderies dont je parlais plus haut :

    « Le Parti pirate souhaite établir un équilibre juste entre les intérêts des consommateurs et des éditeurs. Selon le parti, le peer-to-peer devrait être encouragé et non criminalisé et l'usage non commercial des œuvres devrait être libre. Le parti souhaite aussi la disparition des DRM.

    Extrait du site officiel du Parti pirate (traduction non officielle) :

    « Le but officiel du système de droits d'auteur a toujours été de trouver un équilibre entre les intérêts des éditeurs et des consommateurs, afin de promouvoir la création et la diffusion de la culture. (en gros les droits de l’auteur à se soumettre aux caprices de la publicité) Aujourd'hui cet équilibre a été complètement perdu, à un point où les lois sur le droit d'auteur limitent considérablement la chose même qu'ils sont censés favoriser. (l’enrichissement fiduciaire des éditeurs et culturel des consommateurs, chacun dans son petit coffre fort « chiffré »)  Le Parti pirate veut reconstituer l'équilibre dans la législation sur le droit d'auteur. Tous les usages et copies non commerciales devraient être complètement libres. Le partage de fichiers et les réseaux P2P devraient être encouragés plutôt que criminalisés. La culture et la connaissance sont de bonnes choses, plus elles sont partagées plus leur valeur augmente. »

    ça a au moins le mérite de montrer que lorsque la culture devient un bien de consommation, les théories de l’information fusionnent avec celle de l’économie puisqu’elles ne sont pas différentes de nature et le résultat en est la désintégration de l’esprit. Accumuler et diffuser des connaissances sous la forme d’informations, tel que le fait Wikipédia est une entreprise commerciale, d’ailleurs la tronche de cake de son fondateur qui fait la manche sur son site ressemble à n’importe quel tronche de directeur commercial américain. Que cette entreprise essaye de passer pour autre chose et la réalité la rejoint, voyez plutôt : (je laisse les liens pour les curieux)

    « Le Parti pirate souhaite limiter les droits d'auteur à cinq ans. Cinq ans après la publication originale, tout travail publié serait dans le domaine public. Selon Richard Stallman, le fondateur du projet GNU, cette intention est contraire aux intérêts des logiciels libres. Ceux-ci se retrouveraient discriminés par rapport aux logiciels commerciaux car ces derniers n'auraient, en l'état actuel des intentions du Parti pirate, aucune obligation de publier leurs codes sources. Les sociétés commerciales pourraient ainsi, passé ce délai de cinq ans, incorporer du code libre dans leurs projets alors que les programmeurs du monde libre ne pourraient pas incorporer le code non divulgué des projets commerciaux. »

    Le diable se mort la queue en somme car dans cette affaire on ne pense pas on compte. La pensée est reléguée au stade de l’information. Ça date pas d’hier. C’est la philosophie question pour un champion.

    Ça vaut pas la «philosophie » de La Fontaine dans Les poissons et le Cormoran. Ce dernier se voyant acculer par l’âge, il crée un canard (une fausse information) dont la nécessité, docteur en stratagème lui fournit l’idée. Il fait courir le bruit d’un grand malheur à venir (la pêche des hommes, à comparer avec la recherche de clients, cette pêche au pigeon du capitaliste) qui finit par convaincre le peuple des poissons, ces pigeons, de venir se protéger dans son garde manger à lui. Pour l’instant notre Rich potential Dick Augustsson Aile de faucon ne demande lui que 1500 euros par mois pour  mener à bien cette mission, mais le besoin qu’il a d’être le plus riche va le pousser à canarder grave dans un avenir proche. 

    Je laisse la parole au divin La Fontaine.

    …Là Cormoran le bon apôtre,
    Les ayant mis en un endroit (les poissons/pigeons)
    Transparent, peu creux, fort étroit, (un petit écran connecté)
    Vous les prenait sans peine, un jour l'un, un jour l'autre.
    Il leur apprit à leurs dépens
    Que l'on ne doit jamais avoir de confiance
    En ceux qui sont mangeurs de gens.
    Ils y perdirent peu, puisque l'humaine engeance
    En aurait aussi bien croqué sa bonne part ;

    Qu'importe qui vous mange ? homme ou loup ; toute panse
    Me paraît une à  cet égard ;
    Un jour plus tôt, un jour plus tard,
    Ce n'est pas grande différence.

     

     

  • Putain, l'horreur!

    J’ai des ex-femmes à plus savoir qu’en f…aire. Pathétique ! Il y a celle qui m’a totalement effacé de sa mémoire vive, l’autre qui attend que sa mère disparaisse pour faire mon bonheur, celle qui attend que je sois dans l’indigence pour me promulguer des soins de fin de vie, une autre qui prévoit d’apprendre ma mort pour se réjouir, une qui l’espère pour me faire enterrer selon mes volontés, celle …stop !

    Dire que je n’ai pas souffert des femmes serait un mensonge, mais il est vrai que je m’en suis bien remis. Que s’est-il donc passé ? J’ai dû voir quelque chose, étant donné que j’ai rien entendu. Si j’avais plus d’imagination je vous décrirais ça, mais comment dire, c’est pas vraiment une image. Comme en plus j’ai pas assez de mémoire pour raconter ça dans le détail…

    L’horreur c’est quand je me suis découvert la manie du creative title, fuck ! Alors qu’un titre créatif est en soi une idée débile de publicitaire. Tout comme les ex-femmes, les enfants, et la sainte famille républicaine !

    A aucun moment le Christ ne fait l’éloge de la famille, c’est l’Ancien Testament qui  appuie un peu trop sur les filiations. Le christ, lui, est venu trancher le lien entre le père et le fils, la mère et la fille etc, le lien de la génération. C’est déjà trop tard de son temps pour espérer autre chose qu’une rédemption individuelle et au compte goutte si on peut dire, c’est une image, pour illustrer son « peu d’élus » alors que nombreux sont conviés à la fête de la vie… et dont la récompense est la mort. Songez-y, c’est le hasard ou dieu et si c’est le hasard, comment ne pas le rendre divin ne serait-ce que pour éviter d’être ridicule éternellement. Ce pari là que font bon nombre de chrétiens sans trop le savoir, c’est celui de Pascal et celui de tous les athées plus ou moins famés. Comme si ce genre de pari pouvait échapper à dieu en dernière instance ! L’Histoire est une prophétie, celle de la corruption généralisée jusqu’à la mutation/perversion/corruption et la descente aux enfers de la folie humaine. L’humanité n’est peut-être qu’au stade embryonnaire où elle ne sait pas encore qu’elle est issue d’une mère et d’un père trop occupés à gérer leur carrière pour s’encombrer d’un enfant. Son existence même se jouerait sur le hasard d’une décision d’avortement. Si un de ces pédés de chefs d’états et leurs pédés de militaires se mettait martel en tête pour satisfaire sa maman patrie, on pourrait bien passé à l’as comme on dit. Reste que c’est peut-être au stade d’un spermatozoïde que se trouve l’humanité aujourd’hui, auquel cas, avec la capote Nestor, t’es pas né t’es pas mort !

    Peut-être que la parousie c’est d’abord éviter l’écueil contraceptif. On est pas rendu putain de moines ! 

  • Appel manqué?!

    Mon pote m’avoue qu’il ne peut pas résister à l’appel du trou. Comme ça dit crument, ça jette un peu un froid. Quoiqu’il en soit, le sexe est inévitablement lié à la mort et c’est même un moyen, pas le seul, qu’elle a de se faire oublier. Non seulement à travers la génération qui confère une pseudo immortalité ou encore d’une façon qu’avait repéré Schopenhauer quand il fit remarquer que les effets de l’angoisse sont les mêmes que ceux de l’orgasme. Encore un peu et il aurait noté que les conséquences sont aussi les mêmes.

    Oublier la mort conduit inexorablement à s’y précipiter. Quand on ouvre enfin les yeux il est l’heure de mourir! Que cette génération d’hypocrites rêveurs/baiseurs s’imagine pouvoir s’en sortir en s’endormant déjà mort ou le contraire, la belle affaire!

     

    J’ai conseillé à mon pote une semaine de recueillement dans la prière avant de s’engager. Je devrais pouvoir m’assurer de la corde à nœud pour qu’il puisse ressortir. La bonne nouvelle au bon moment. Mais c’est la dernière fois, faut vraiment qu’il s’amende, et d’ailleurs j’ai moi-même un appel en attente. Va falloir que je rappelle mon pote. Quel capharnaüm.

    Je vous rappelle donc :

    D’un côté l’appel du ciel à lever les yeux vers les étoiles ou se déroule le combat de la bête, de l’autre l’appel du trou, le vertige de la mort et des idées géniales, les branlettes de l’esprit, les violons des sanglots, la plainte des frimas, la fuite dans l’avenir, la chute finale dans les oubliettes du temps. Ça ou l’envol vers l’absence de temps au ciel de l’Apocalypse. Il n’y a pas d’autre alternative qui tienne. Chacun connait très bien son propre génie, qui est en somme ce qui tue l’art.

     

    Comme aurait pu dire Newton, un autre abruti, pour se faire mousser, la pomme éprouve moins de difficultés à tomber qu’à s’élever. Un homme n’a d’autre ressource que de répondre au sacrifice de dieu à travers la charité. Et la charité pour soi-même consiste à lever le nez au ciel, pas d’aller voir dans la tombe si j’y suis.

    Faut voir que le réflexe inévitable devant un type qui se penche ce serait plutôt de le pousser plutôt que de le redresser, ça déjà c’est un signe.  Et y a tellement de racailles qui tourne autour que ça donne pas envie de s’éterniser. On n’approche pas impunément les rives du Styx.

    J’ai envie d’envoyer un texto à dieu : « Mathilde revenue, envoyer charbon machine en détresse » pour aller aux putes, il comprendra. L’argent n’est rien d’autre que du sexe et de la mort, un nombre d’homme, les armes du diable, le prix du sang, celui du sperme et le sourire de la crémière c’est celui de ta mère. Pour un peu je me mettrais au rap comme les suckers afro-yankis du show bizz.

    Non, je préfère lire les turpitudes d’Anna Stepanovna Politkovskaïa, ça me râpe un peu le cœur, juste avant qu’on la pousse dans le trou pour avoir dit la vérité de ce qu’elle prenait pour la folie des hommes et qui n’est que la conséquence de la folie des femmes. En l’occurrence, un nommé Poutine, mais la liste des démocrates avec des meurtres sur la conscience et une mère exemplaire est longue. Je dis pas que si on m’avait garanti l’impunité sur la terre je n’eusse pas, par le passé, dessoudé une ou deux péronnelles un peu méchantes, mais jamais je n’aurais pu transgresser la loi du ciel, le « tu ne tueras point », est-ce ma faute à moi ? Mon devoir au contraire me pousse à pardonner et dieu me l’accorde, ainsi soit-il. Ça se passe de religion, de foi et de raison, c’est l’amour de la liberté, cette libération par le pardon donnée aux saints, leur patience, etc. d’ailleurs c’est arrivé à mon pote  le grand pardon quand il avait 33 ans, ça s’invente pas !

  • Mutant va la cruche à l’eau…

    La société est en pleine MUTATION, c’est pas moi qui le dit, c’est le code pénal qui l’accompagne. Preuve que la société c’est de la merde et le culte romain de la famille du droit et de la terre aussi. Envie d’être un mutant ?  c’est pourtant ça. Qu’on se trompe pas, je sais qu’entre nous c’est pas moi qui ait l’air de savoir, moi je ne sais que croire. En conséquence je cherche encore et bon, quand on cherche vraiment on trouve, comme disait Picasso, la vérité n’est finalement pas si loin. C’est juste, comment dire, qu’elle est là où ça fait mal, dans la paresse, la luxure, la gourmandise et parfois l’orgueil et l’envie. Je ne suis pas le premier à qui la supériorité du message du Christ est apparue mais comme peu j’ai retenu son insistance sur le caractère urgent de la charité. Au moment où la prophétie est sur le point de s’accomplir historiquement, l’avertissement du Messie (peu d’élus) a bien sûr à voir avec le nombre d’appelés sans cesse grandissant, nombre qui pousse à la mutation « nécessaire », nombre qui symbolise la puissance, le droit naturel, la religion de l’homme, qui hurle paganisme et nécessité: le retour ! paganisation forcée du droit pour transformer l’homme en un insecte tellement corvéable et rendu par la peur à sa seule survie qu’il accepte n’importe quoi pour nourrir sa famille, qu’on le laisse seulement pas tout seul, y compris quand cette famille est limitée à un seul enfant. Culte de l’avenir de mes testicules, mode d’emploi, made in Germany. Putains de Romains, même mutés en Ricains ou Boches, continuent à faire chier le Grec, beaucoup moins pédéraste qu’eux malgré les préjugés des lecteurs de Nitche. Comment un mathématicien, un juriste, un photographe, donc un assassin en PUISSANCE, peut-il remettre en question un système qui lui fournit cette même puissance, d’essence satanique, je le prouverai tout-à-l’heure ? Tout simplement rendu impossible par la propagande qu’il génère. C’est une sorte de pommade sur les blessures de son âme, l’offre de Satan à Jésus crevant de faim et de soif dans le désert. Le matheux cherche à abolir le temps en le transformant en espace, paresse de l’âme, soumission au temps, pour la loi c’est la peur ou l’orgueil de puissance, pour le photographe, voir Baudelaire et tout le mal des fleurs. Satan ne connait pas la pitié, c’est un nombre d’homme, et ce nombre est six cent soixante six, que ceux qui ont des oreilles…vous connaissez la suite.  Le temps est assassin non parce qu’il entraine avec lui les rires des enfants comme dit le poète pour faire pleurer sa mère, mais parce que la crainte qu’il inspire conduit justement au culte du rire des enfants, culte de l’avenir joyeux dans le passé, religion de mort dont le diable est le grand prêtre, absent comme de…bien entendu.  Culte du temps, du destin, de la mort, de la génération, du rêve, de l’avenir, des images, des nombres, culte de soi, culte de n’importe quoi, tout sauf la liberté.

    Un esclavage relatif, c’est à vomir comme le fait remarquer dieu lui-même.

     

    Attentat contre la réalité; scène du crime; un mutant matheux pour la balistique, la logistique, la statistique, l’économie, un juriste pour le blanchiment moral de l'argent et un mutant  cinéaste/photographe/musicien/collectionneur/sociologue/antrhopologue/schizophrène pour la reconstitution philo-psychologique, mutants nitchéens évidement tous les trois! Or si ce n’est pas dieu qui commandite un tel attentat (dieu nihiliste, ça se saurait), qui ou quoi d’autre ? de quelle sorte de puissance s’agit-il précisément capable de muter un homme en larve ?

  • Misocratie à part,

    le sage n’avait pas tort. L’art est une chose qu’on ne devrait pas laisser entre les mains de n’importe qui. L’histoire chrétienne, la notre, reliée à la sagesse grecque, depuis Homère et Aristote jusqu’à Shakespeare et Bacon, l’a bien montré. N’étant ni peintre ni auteur, j’en suis pas moins curieux et je ne vois pas qu’un photographe ou cinéaste ait ouvert des portes sur une quelconque vérité. Il me semble au contraire que dans leur incompréhension parfois totale de l’histoire, ils ne fassent que clore des ouvertures pourtant si péniblement entrebâillées. Il serait difficile, mais pas impossible, de te montrer, ma chère limace, en quoi la photo, et donc le cinéma, sont des techniques qui, tout au rebours de certains arts, ne font qu’embellir le monde en excluant l’imphotografiable vérité. Tout ce qui ne tient pas sur la photo et qui est justement ce avec quoi se coltine le peintre ou le sculpteur. Ce qu’on a appelé le saint esprit et que tu seras tentée d’appeler, toi, le sain esprit. Mais l’insanité n’est pas là où on regarde. Me souviens de cette photo d’un môme qu’on aurait dit souriant et heureux alors qu’au dehors du cadre on apprenait qu’il venait de se prendre une balle dans le dos.

    Baudelaire est sans doute celui qui a parlé le mieux de la photographie, instrument du diable et prophétisée dans l’Apocalypse et même bien plus tôt dans l’Ancien Testament. L’art contemporain, les happening, expo, performances et autres gesticulations, des danses de saint gui, tout ça exprime une sorte de paganisme hystérique incohérent et bénin où tout est très cool, très chouette, très joli, et après, après ? rien ! C’est aussi bête que la photo d’un mort ; et ça se veut de l’avenir. Ceci même est loin d’être un hasard. On trouve, autant chez Homère que chez Shakespeare, de l’aversion pour cette religion, et qui cultive le culte de l’avenir dort chaque nuit dans son tombeau, comme dit Hamlet.

    Si donc l’art contemporain doit te faire vivre, rien ne t’empêche pour autant de chercher la bonne porte à cogner, comme on dit en Amérique, qu’au moins l’art ne te fasse pas que manger et que tu ne deviennes pas, comme ces très chers irresponsables coupables comptant pour rien, une physiocrate à ton tour.

  • Attention, Au Trou!?

    Auteurs modernes qui encensent le rêve, les femmes, l’avenir, l’enfance, la soi-disant petite étincelle de joie qui brille dans le cœur de chacun, hallucinés qui verraient encore de l’espoir en enfer pour la bonne raison qu’ils sont, et qu’ils le savent très bien, dedans jusqu’aux sourcils, auteurs psychopompes accompagnant des milliers d’âmes en peine et n’ayant pas souvent le bon goût, comme un certain Céline, d’être apocalyptique, musiciens, cinéastes, poètes à ronronner dans le vacarme des eaux du Styx que tout va bien, l’harmonie universelle est pour bientôt, laissez-vous bercer par le tempo, évadez-vous le temps d’un film d’une chanson ou d’un roman, suivez-nous jusqu’au bout en confiance.

    Au trou, oui !

    Les emmerdements et les séductions du temps ont rendu artistes et savants bien infructueux tandis que pour le public, lui, c’est la joie sans consistance qui l’expose à la stérilité. Quant à ceux qui ne comprennent pas, peut-être les plus nombreux, c’est sur le bord du chemin qu’ils périssent. La bonne terre est devenue rare, on comprend qu’elle se fasse discrète.

    Et y a pas plus discret qu’un trou pour faire pousser un grain qui en donne cent, un autre soixante, un autre trente. Alors, au trou ?

  • Les abeilles!

    Baudelaire avait compris qu’un artiste ne sort jamais de lui-même. Tous ces pédés hypocrites qui s’autoproclament artistes et n’aspirent qu’à mettre ou se faire maitre, avec pieux et maitresses, ces enculeurs affabulateurs enculés affabulisés à la recherche du con de leur mère, l’éternel retour à la matrice, sont bien plus possédés encore que B. qui n’ignore pas, lui, la nature de son adversaire. Ils cherchent naturellement à sortir d’eux-mêmes. Les voir s’éjaculer dessus me fait penser au type qui pisse contre le vent et qui voudrait croire que son urine va sécher avant de l’atteindre. Foutre, c’est aspirer à sortir de soi pour rentrer dans un autre précise Baudelaire.

    Pour donner un exemple du genre d’artiste qu’on se coltine aujourd’hui, l’écrivain péripatéticienne qui nous a lu un passage de son œuvre à l’IF l’autre soir. Ça commençait par une histoire de jardin incompréhensible et stupide et ça se terminait par cette phrase qui vaut son pesant de sperme : une mère n’a pas d’organes sexuels !  

    Me suis retenu de hurler. MAIS C’EST QUE CA, UNE MERE!

    Longue vie aux utérus, autruches et autres baudruches de la ruche éternelle, chez Gallimard le bourdon !

  • Froid d'Enfer

     "Toute sa vie elle a été discriminée et même morte cela continue", a affirmé sa fille, qui regrette que "les gens hors normes n'aient pas droit à un enterrement décent".

     

    Tout ça parce que la vieille femme était obèse et ne passait pas entre les portes de l’incinérateur, ça s’invente pas. Car elle avait souhaité être crémée*, cette hors-norme. Paix à son âme.

    Depuis quand c’est décent de se faire griller ? Parait que c’était sa terreur d’être inhumée.

     

    Comment est-ce qu’on en est arrivé là ? sans doute que le curé Nitche y est pour beaucoup mais connaissant un peu le bourgeois, il a pas pu changer de terreur comme ça. C’est un truc qui a dû prendre à partir des années 80 vu que dans mon enfance on ne parlait pas de ça, ni en famille ni à l’école ni à la télé (une seconde, me renseigne). C’est bien ça, on voit un boum dans les stats :  En 1980, cette technique n'était utilisée que pour 0,9% des obsèques, en 1994 pour 10,5% et en 2004 pour 24,95% selon les crématistes. Bon ça s’est concrètement passé un peu plus tard que je croyais. Mais quelle soudaineté. On sent comme une urgence. La part économique semble jouer un large rôle. On note que ça coûte 20 ou 30 % moins cher que l’inhumation et on connait l’avarice des héritiers dépourvus de patrimoine. Eux-mêmes le souhaitent de leur vivant (51% des personnes interrogés en France) par souci écolo-nomique (écologique et économique). Le grec Oïkos d’où vient le préfixe éco veut dire maison. La science d’une maitresse de maison tient à l’économie. Gérer, compter, calculer, analyser, prévoir, prédire, faire prospérer, etc. les femmes adorent ça. Et comme elles se foutent du bon dieu et de la vérité comme de leur première calculatrice à pile, leur spiritualité évolue en proportions inverses de leur investissement dans les chiffres. Il ressort de mon enquête que c’est le plus souvent par souci d’écologie chez le défunt ET par souci d’économie chez les héritiers. Il y a là un accord presque parfait entre les deux. Les vivants sont de plus en plus en harmonie avec les morts. 

     

    Petit bémol, la crémation est en fin de compte très peu écologique, voire plus « dangereuse » pour l’environnement (fumées toxiques, mercure des plombages dentaires, et produits hyper toxiques pour embaumer le cadavre) que l’inhumation classique. Les suédois, qui sont à pointe dans le domaine de la mort glacée, vu comme on s’y emmerde en se les gelant dans ce pays modèle, ont inventé un truc très prometteur, la promession (azote liquide, gros coup de froid, friabilité totale, poudre, boite en carton biodégradable et mise en terre). Comme disait le païen romain Cécilius, si les morts n’ont plus de sentiments, la solution la plus expéditive est la meilleure.

    L’Eglise n’ayant jamais eu assez de moyens que pour ses pauvres cardinaux a bien dû accepter ici et là. La loi s’en est mêlée dernièrement, le dieu Etat interdit désormais le lâcher de cendres dans les rivières et surtout la possession d’urne funéraire. Ça dérange pas trop les héritiers.  De plus, des soucis de traçabilité apparaissent, (peut-être la confusion avec l’incinération des vaches folles !) font exiger  une autorisation de dispersion à la mairie de naissance du défunt.

     

    J’ai trouvé quand même une prise de position très ferme à défaut d’être pertinente du métropolite Cyrill quand il n'était pas encore patriarche: "la crémation se trouve hors de la tradition orthodoxe. Nous croyons qu'à la fin de l'histoire les morts ressusciteront comme a ressuscité notre Sauveur Jésus Christ, c'est-à-dire non seulement dans leur âme, mais aussi dans leur corps. Si nous acceptons la crémation, par cela même nous refusons symboliquement cette foi. Bien entendu il n'est pas question ici simplement de symboles, car le corps humain mis en terre se transforme aussi en cendre, mais Dieu, par Sa puissance' rétablira le corps de chacun à partir de la cendre et de la poussière" La crémation, c'est-à-dire l'anéantissement volontaire du corps de défunt, montre un refus de la foi en la Résurrection universelle".   

    Mais dans les faits la crémation est plus répandue encore chez les Russes qu’en France.

     

    Si les Suédois, qui sont le peuple le plus social que je connaisse juste après les chimpanzés, optent pour le très froid, ça sera pas par hasard, outre leur situation géographique. Le corps social tend vers l’immobilité profonde (ce que confirme d’ailleurs le désir des zombis d’aujourd’hui à vouloir absolument que ça bouge). L’homme social devient tellement froid qu’il s’effrite lui-même après avoir réduit en poudre toutes ces relations humaines. Je soupçonne les nordiques de vouloir faire disparaitre l’humanité en la stupéfiant par le froid. 

     

     

    * c’est bien le bon verbe académique, le terme d’argot cramer lui doit certes beaucoup. Le mot Incinérer est à proscrire étant réservé aux déchets (défense de rire !).

  • Catch 2012

    Pourquoi je sers le mot enculé à toutes les sauces? la flemme des noms d’oiseaux. Et puis enculé ça résume bien. Le type qui se comprend enculé, il le sait pour deux, il sait même exactement son degré d’enculement, sauf à nous prendre pour des enfants de cœur. Et d’ailleurs bien des mômes comprennent ces choses avant leurs parents, mais si c’est possible, parce que pour eux tout est lié dès le premier baiser. Je me souviens comme avant ma première communion j’avais fixé sur ce mot d’enculé. Ça m’intriguait pas mal cette histoire de trous, qu’on pouvait se servir des deux, tout ça, bref, de la libidinerie de gamin. Un enculé qu’il le soit ou pas, en vrai, il devrait l’être. Dans enculé y a l’insulte et la punition, pas dans le mot salaud, note. Difficile pour un enculé d’admettre qu’il est pas un homme malgré tous ses transports de sensualité envers les femmes. L’histoire aurait fait de nous des fiottes et on devrait dire amen sous prétexte qu’un abruti boche est parvenu à nous convaincre de la culpabilité de l’autre, la notre passant curieusement après. Tss tss, coupables en petits morceaux identiques, identitaire. Tous coupables = tous innocents.

    Moi mes amis sont pas venus des nuages. Jamais vu d’anges ni entendu de voix. Quand j’ai connu la vérité, j’ai su que c’était pas un pote, quand je l’ai comprise et sentie plus rien ne pouvait plus m’en dégoûter. Le seul bien qui me reste au monde, c’est pas d’avoir pleuré, c’est d’avoir compris à temps. Et dieu sait que le temps est proche.

    Pas embarqués, comme disent les cinéastes de bac à sable, mais possédés, mes proches bien sûr, qui s’emploient à oublier cette vérité. Et pourtant elle est éternelle et ceux qui se sont passés d’elle, ici bas ont tout ignoré. Dieu parle, il faut qu’on lui réponde, et qu’est-ce qu’il reste donc au monde ? la seule chose qui vaille c’est l’Apocalypse, demain ? après demain ? combien de temps ? nos enfants perdus dans leurs visions et nos vieillards dans leurs rêves ! Dormez tranquilles, braves gens, rien ne vous menace, c’est rien qu’un fou qui vous écrit qu’il faut bien se réveiller un jour, et que le plus tôt est quand même le mieux, quand on est ni loirs ni faignasses. Debout les éveillés, comptez-vous ! Dans les couloirs souterrains des grandes cités métro-policés, les endormis, les  noyés, les possédés, la bande son du film dans les oreilles, les visions intérieures célestes en écran panoramique pour les plus vieux. On meurt au cinéma jusqu’au fond de la mine, les commentateurs sportifs accompagnent des paquebots entiers sur le Styx sur fond de harpes électroniques. Tous les jours que dieu fait ça se répète et les capacités d’accueil des abysses infernales semblent infinies. Mais le temps est proche, les justes seront relevés, et les enculés leur serviront de paillasson. Amen !

    En fait, je dis enculé persiste et signe parce que ça m’évite la fréquentation des hypocrites, les vrais enculés qui se reconnaissent sous ce pitoyable vocable. Mais un enculé c’est d’abord un obsédé du cul, et les femmes ne sont pas pour rien dans cette obsession. Les pauvres tapettes hétéros con-vaincus du con-traire sont indubitablement des enculés. La femme ne s’emmerde pas tant que ça en baisant, elle marque des points. Et c’est dans la théorie des cordes, symbole, qu’elle finit pas acculer l’homme. Acculer, encore une histoire de cul. Misère !

    Un enculé c’est un type qui se sert de son âme comme d’un airbag, comme une femme se sert de ses nichons. Après ça on craint plus vraiment le choc frontal avec la vérité. L’âme devient l’inconscient, et les rêves une réalité.

    This train dont pull no hypocrites and mother fuckers, no liars and false pretenders

    No one to ride it but the pure and Holly

    This train goes on to Glory !

    Rien ne sert de mourir, il faut partir à temps.

  • UA Sucker

     

    UA c’est l’Ukraine en langage international (sur le cul des bagnoles et la queue des avions)

    Dans ce pays comme dans tous les autres, on peut toujours trouver plus enculé que soi, ça va sans dire. Suis tombé, pas par hasard, sur un  de first class, king size, nec plus ultra-top du top. Un petit ingénieur de formation devenu l’une des cent personnalités les plus puissantes de l’art moderne d’après un magazine londonien. On peut rigoler, le type est un abruti fini, sincère comme pas deux menteurs, et con comme un panier. Mais un panier de provisions qui a su faire ses courses et pèse quelques milliards de dollars. Ceci explique cela ? écoutons-le "L'art moderne est l'une des forces révolutionnaires les plus puissantes. Notre devoir est montrer ce qu'il y a de plus neuf et de plus controversé" Et il montre des trucs de clowns des trois plus grands crétins de l’humanité que je prendrais même pas la peine de nommer si leurs noms n’étaient pas déjà comique en soi et le copier/coller si facile : le Britannique Damien Hirst, l'Américain Jeef Koons et le Japonais Takashi Murakami. Mais notre Victor Levovitch Pintchouk, Surnommé le "magnat de l'acier", possède aussi son petit empire médiatique: cinq télévisions et trois journaux nationaux. Tu m’en diras tant. "Ma génération a la grande chance de participer à la construction d'un nouveau pays. C'est sexy, c'est cool, qu’il a sorti l’autre soir chez la Baronne.

    Sa pute Olena, la fille du président Koutchma, ancien d’avant le putch européen dirige une fondation anti-sida qui a organisé sur la place centrale de Kiev des concerts de bienfaisance gratuits avec Elton John en 2007 et Paul McCartney en 2008, assez normal pour une pute (des goût de chiottes en R&B).

    C’est grâce à ces activités que not’ Pintchouk a fini par se faire une certaine réputation en Occident, premier Ukrainien à figurer en tant que particulier et pas homme politique sur la liste des cent personnes les plus influentes du monde établie par le magazine américain Time, ce repaire de hyènes bien placé pour juger de la valeur d’un chacal.

    Un moment tout à fait opportun pour relancer sa carrière politique, car notre Pintchouk a été député de 1998 à 2006, sans se faire particulièrement remarquer, mais il ne veut pas en entendre parler.

    "Les politiques ont besoin du pouvoir. Moi j'ai besoin de liberté".

    Comme De Gaulle en somme. Tout ces types feraient pitié, mais pas oublié que De Gaulle a fait assassiner froidement un Capitaine, sous les yeux de la république qui regardaient ailleurs, fonctionnaires médiatiques en tête, juges et personnel politique, sans parler de sa responsabilité dans les meurtres qui ont suivit sa politique d’abandon de l’Algérie  dont il fut le bras vengeur volontaire, mais passons sur ce passé sous silence. Pauvre type que ce De Gaulle du haut de ces deux mètres. Mais au moins n’était-il pas ridicule au point de trouver ça sexy ou cool ! se faire fusiller par une vieille baderne lâche et imbue d’elle-même, c’est une chose difficile certes, mais la passion que déploierait certainement un Pintchouk pourrait bien surpasser à mon avis celle des romains déjà pas très imaginatifs envers le Christ. La torture que de passer entre les mains de ce nazi polytechnicien ! Enfermé pendant une journée avec les œuvres des trois gougnafiers sus-nommés, là, j’avoue que c’est imparable. Un honnête homme aurait besoin de beaucoup de courage pour pas implorer l’achèvement par une balle dans la nuque.  

    L'art moderne, une des forces révolutionnaires les plus puissantes, c’est lui-même qui le dit, et je sais pas, mais j’ai envie de le croire, sur parole.

    Ce gamin de cinquante ans a certainement entendu je sais plus quel gourou poète existentialiste lui dire que la révolution, il fallait commencer par la faire en soi. Et comme tous les simples d’esprit il a entendu « Pour soi » et on peut pas lui donner tort puisque c’est EXACTEMENT ce que ça voulait dire. La révolution des droits de l’homme égoïste en somme, pour reprendre Marx.

    Ouais c’est cool ! Sexy même. Bougre d’Enculé à froid!

    Ce genre de type qu’on me le laisse une semaine et j’en fait un agneau du Christ. Juste réveiller son intelligence endormie ; je pense même pas que le knut serait nécessaire ou alors le petit. Non sérieux, même Pilate je me serais fait fort de le retourner mais ce pauvre Jésus dans l’état qu’il l’avait mis, qu’est-ce tu voulais qu’il fasse. Et puis c’était dans la prophétie, mais c’est fait maintenant et plus à faire alors que les Pilates et autres Caïphes se le tiennent pour dit.  Pas cool, pas sexy, autrement dit, et même pas fun ! Au trou les enculés !

    Et qu’on donne leurs privilèges et leur pognon aux pauvres. Après pour les politiques et les autres publicistes, qu’ils se recyclent dans la distribution des gratuits dans le métro, ça pourrait être plus utile au monde que leurs attouchements de tapettes en bourses épilés de New York à Londres ou Tokyo.

    A Paris, le bras de fer de  Sarcosette et les burnes socialistes tourne à la partouze comme toujours. Et le bon peuple mondial de suivre les ébats, les débats, les blablas de tout ce petit monde lesbien et gays comme des corneilles. Tous ces enculés qui n’ont même pas la décence de le faire en privé, comme De Gaulle et sa Charlotte, aux pommes !

    Qu’il publie donc cette ode à not’ bon maitre, le seigneur de la presse ukrainienne et après j’irais lui parler de l’art avec un petit L, le lard qui se fait pas sur la vérité. Et tiens puisqu’il a mon âge le gazier, je suis prêt à parier une bouteille de Latricière Chambertin que ce physiocrate est loin d’atteindre ma ligne de minceur éternelle. Suis le saint le plus mince de ma génération. Pas parmi les cent premiers!

    T’en veux de l’art, en vla !  

  • Orthodoxie Littéraire

    Les écrivains de talents se bousculent pas sur le Net. C’est dommage parce qu’ils y toucheraient du doigt une réalité publique plus importante : la réalité des hommes qui ont quelque chose à dire. Ces hommes-là, ne parlent guère et n’ont pas vraiment besoin de livres pour penser ce qu’ils pensent. En général, ils lisent pas, ni Marx ni Shakespeare et encore moins Balzac. Ce qui les rebute, c’est que l’écriture reste irrémédiablement une activité féminine. Mais qu’ils tombent sur un écrivain comme Céline qui les ensorcelle en les saoulant de ce qu’ils savent d’apprendre, expression un peu niaise pour dire que la vérité qu’ils ont acceptée les propage au devant de ce qu’ils lisent, ils reconnaissent plus qu’ils n’apprennent ce qu’ils savaient déjà par principe. L’hypothèse de Dieu n’a rien à voir avec les hypothèses de l’homme.

     

    Le cas du Céline d’après le Voyage est une exploration de cette vérité par petites touches. Des touches, c’est d’ailleurs son nom de famille à Céline, Destouches. Et à force de toucher, d’attoucher, d’énerver, de titiller la bête, quand il ferre, il attrape le poisson ! c’est une science halieutique ou herméneutique si on veut mais surtout apocalyptique. Bon vais pas vous le prouver, disons que je suis De Gaulle et vous me suivez les yeux fermés, mon immense silhouette vous cache la vue de toute façon. Le coup du « discours aux asticots », voilà ce qui sauve Céline aux yeux d’un homme et bon nombre de femme sont sensible à cette parole pas si impie qu’il y parait. Elles ne pensent d’ailleurs qu’à ça, les asticots, la pourriture qui guette leur beauté, réelle ou imaginaire, et elles ont naturellement une imagination très nourrie en horreur de ces petites bestioles rampantes et dévorantes à l’intérieur du cadavre, beurk ! La cathédrale de leur sexe fait écho aux paroles les plus folles et reflète les images les plus abominables ! Or cette imagination les protège de la peur qui ne peut pas se voir car fondée sur ce qui ne se voit pas : l’Esprit. Et pas d’image de cet esprit-là. Tu vois ou tu vois pas ce que je dis ? la parole est souillée, cassez-vous pas la tête. Céline le dit mais comme il le fait par la parole, c’est délicat et les bottes ferrées ou à talons hauts marchent à côté quand c’est pas carrément dessus, les grosses pompes sentimentales des adorateurs d’arabesques et de petite musiques.

     

    Aujourd’hui un type qui n’a vraiment que la parole pour être charitable, alors c’est sur le Nête, du latin neste le nid - et pas le filet ni la toile - qu’il doit écrire. C’est pas innocent, le Céline de Gallimard dit toute l’ordure du bonhomme éditeur, le roi du monde littéraire français, alors, je signe, moi Fodio avec Marc Edouard Nabe, la mort du roi de l’édition papier et vive le roi de l’édition du nid (forcément gratuite, l’art se vend pas comme une pute ou un savon, juste nourrir la bête et encore, pas trop richement), le nid royal où se doit de couver la vérité pour un jour éclore au grand jour et reprendre son envol vers la prophétie. Et que toute cette histoire ait un putain de sens, nom de dieu. Bonne Mère on dirait de Gaulle tout craché. Est-ce que c’est être politique que de vouloir se libérer de ses chaines par le biais de son art ? Responsable de ses paroles à partir d’où ? de l’imprimerie ? de la diffusion sur le ouaibe ? La manie juridique ne doit pas entacher la vérité, et le prophète dit la vérité, l’écrivain historique ne peut pas composer avec quelque pouvoir que ce soit, s’il ne le voit pas il est condamné à enfoncer des portes ouvertes pour l’éternité dans la fosse commune du temps, à finir comme Judas la corde de la parole autour du cou. 

     

    Un écrivain russe l’autre jour, j’ose pas trop le citer parce que c’est le pote du pote de mon pote mais comme c’est une star et qu’on le compare à Tolstoï, donc à la conf de presse à la bibliothèque du parlement( !) où m’a amené mon pote, le type explique qu’il a choisit de parler de la Russie actuelle par le biais d’une transposition historique sous la période du Tsar-je-sais-plus-lequel-mais-c’est-important, (après vérif, Yvan le Terrible) parce que personne aujourd’hui en Russie ne peut le faire selon lui. Qu’il veuille pas quitter son pays, c’est déjà un signe, pourtant la France est un pays très recherché, au top de je sais plus quel classement pour bobo, depuis cinq années consécutives même, la pure vérité. Sorokine, il publie ses traductions françaises chez Gallimard, mais bon, y avait aussi cet ukrainien (pas chez Gallimard mais tout comme) qui l’avait invité, le vrai pote de fac de mon pote, que j’ai lu ses romans, Kourkov, le pote de mon pote, une star locale aussi…bon on va y arriver. Bref, on dirait que je me suis levé et que j’ai demandé goguenard (ma tenue civile), vous savez que vous pouvez dire merde à votre gorille du kgb (son éditeur une sorte de King Kong avec des petits yeux de crocodile à sa droite) qui vous force à faire cette ridicule parade de capitaliste pour se remplir les poches sur votre bête. Si vous voulez $être libre$ (entre dollars ! je l’ai fait avec les mains comme on fait des parenthèses, je sais pas, ça m’a pris comme ça ! oulala, je me faisais un peu peur à moi-même pour dire vrai, mais j’ai continué sur ma lancée avec mon pote Sergueï qui traduisait en simultané au micro vu que moi j’ai plus besoin de micro depuis longtemps avec ma voix du tonnerre de dieu, donc pris dans le feu de la parole et mon idée à la con, où j’en étais ? oui, donc),  vous libérer de l’oppresseur politique Vladimir Vladimirovitch Poutine et faire une vraie révolution, commencez donc par lui demander des comptes sur le travail de Karl Marx qu’il a cyniquement rejeté après en avoir hérité le cadavre idéologique. La perspicacité du bonhomme Marx ainsi passée à la trappe, on peut se servir de lui comme un repoussoir. Mais repousser la vérité Monsieur Sorokine, ça ne peut pas être le travail d’un artiste peintre raté. (nous avait fait cet aveu un peu avant, tout penaudement, en omettant « raté » évidement) je me serais pas dégonflé, au contraire comme la grenouille je me serais embaudruché, allez donc faire un tour sur le ouaibe, au club Misogyn Paris et vous verrez ce que peut dire de la vérité un autre peintre raté. Vous dira qu’un peintre qui réussit, dans le ciné ou la littérature, du diable s’il est perdu pour la vérité.  Après je me rappelle plus trop, j’ai sorti mon tel en faisant semblant d’apprendre une terrible nouvelle et je suis parti en laissant mon pote traduire la dernière phrase : Pour un écrivain sérieux aujourd’hui être peintre est un atout majeur, voyez-vous ? là que j’ai sorti mon tel en écoutant bien mon pote qui allait dire « voyez-vous », que j’ai répété avec force gesticulation en montrant mes yeux et mon regard qui se promenait sur les personnes qui me regardait, gouailleurs pour les techniciens et sidérés pour le reste, j’ai une petite expérience de la scène alors j’improvise et bon je lâche enfin la bombe : l’écrivain, Mr Sorokine, doit-il choisir entre l’apocalypse et la mort ou se cacher dans les poubelles de l’histoire au risque de se vendre au dragon qu’il prétends combattre ? Et le temps que Sergueï Anatolievich traduise les derniers mots, j’étais à la porte d’où j’ai lancé d’une voix de stentor, Serge, prends des notes sur la réponse, ça m’intéresse, puis j’ai tiré ma révérence sous les huées ou les bravos, ou le silence, je sais plus. Le sketch ! Suis parti en grande conversation avec moi-même au tel, je faisais semblant que ma mère venait de mourir, et en plus c’était la parfaite vérité.

     

    Bon, ça s’est pas passé comme ça du tout parce j’ai eu les jetons de ma mère devant le fantastique éditeur simiesque qui causait plus fort et plus souvent que les deux écrivains apeurés à côté de lui. J’ai eu pitié, faut bien dire. Quant à Kourkhov, pas prétentieux, il m’a avoué le coup de l’actor studio, il était lui-même devenu le Président, son personnage, comme Flaubert et sa Bovary que je lui avais suggéré. Bon s’est rattrapé en me lâchant que son dernier roman prenait de la distance avec le personnage. C’est déjà ça, mais j’ai peur que ça devienne psychologique en diable son affaire. J’ai rien dit vu qu’on était pas seuls, un couillon venait chercher son autographe, business et fétichisme d’abord, ok ciao.

    On est allé boire des bières, dans un café littéraire de la rue Pouchkine, pour la nostalgie, avec mon pote, et la bière nous a réchauffé l’amitié. Un type qui se dit perdu pour tout avec une telle candeur on lui pardonne bien des lâchetés. Il aurait pourtant pas fallu beaucoup me pousser sur ce coup-là mais je veux croire que c’est la main de  dieu qui m’a retenu, un peu comme celle du diable a poussé celle de Maradona. 

    Allez qu’on envoie l’Apocalypse et qu’on en termine avec ces jérémiades ! Poutine et Ianoukovitch sont deux enculés de première et c’est un scoop pour personne. Si ces mecs-là devaient faire tirer une balle à tous ceux qui le disent, ça se saurait. Un peu plus enculés sont les peuples qui les ont élus. Mais eux ont-ils vraiment le choix ? ça reste à déterminer au coup par coup, sans méthode et petit à petit, comme l’oiseau qui fait son nid.

    L’Apocalypse ou la mort ! Sergueï, que j’ai fait à mon pote, t’es plus perdu pour tout le monde maintenant, je suis là, moi. Il a rigolé puis il a plongé dans le trou noir immense de l’escalier du métro avant d’aller se réfugier dans celui plus froid encore, sinon plus grand, de sa moitié. Tel un Lucky Luke hilare, j’ai enfourché mon canasson qui n’a pas manqué de me faire remarquer qu’il était temps de lui refaire une couleur. Et pourquoi pas en blanc ? que je lui ai fait. Il en a henni de plaisir malgré son cœur défaillant que j’attends toujours l’argent pour le faire opérer comme dans le bouquin de Kourkov, Le Dernier Amour du Président, etc.

     

    Bon, maintenant je peux attendre tranquillement la balle qui m’enverra au Paradis. Je serais sans doute responsable, mais pas coupable de ma mort, comme les chrétiens des premiers temps romains, au contraire des chrétiens assassins chefs d’Etats ou de gouvernements sus-cités, et tous les autres quels qu’ils soient, vivants ou mort, et tous les publicistes qui les soutiennent, journalistes, avocats, écrivains compris, sur le Nête ou pas et qui osent, toute honte bue, se dire responsable-mais-pas-coupable. Pas toujours responsables, soit, savent pas vraiment ce qu’ils font, mais indéniablement coupables, ces suppôts, à se prendre pour dieu, témoins les signes du temps, effacés sur leurs visages poudrés pour la caméra, et qui se voient toujours sans délai aux yeux du prophète.

     

    22:15 Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge!

    22:17 (…) Et que celui qui a soif vienne; que celui qui veut, prenne de l'eau de la vie, gratuitement.

     Apocalypse de saint Jean.

  • Hela Sanningen om…*

     

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    Mère  Svea de la Patrie

     

    Cette année la Suède prend la toute première place dans le classement débile des pays respectant le mieux la liberté de la presse. Traduire, dans ce pays, soit la presse s’auto censure, soit elle gouverne le pays ; Parions sur les deux. Pour y avoir vécu quelques années de ma jeunesse - jeune et con, je me croyais un homme je préférais les blondes, etc. -  j’avoue sans honte n’avoir jamais pris le moindre intérêt à lire les journaux suédois. Premier constat donc, la presse suédoise n’est lue que par les vieux cons. Mais comme devenu vieux con je ne la lis toujours pas, deuxième constat : elle est illisible.

     

    La liberté de la presse est une mauvaise blague. D’abord le journaliste n’existe pas, c’est un robot au service d’une entreprise laquelle se dirige comme un paquebot. Dire qu’elle n’aime pas les remous, les vagues. Que la mer en elle-même soit pourrie ne change rien à sa navigation mais que le pouvoir en place, n’importe lequel, s’agite un peu trop et c’est le naufrage. Licenciements, plan de redressement, faillite, reprise, refonte, etc. Dans ces conditions, les journalistes sur le ouaibe qui publient cette info pourraient au moins essayer de sortir de l’ornière , mais non, peuvent pas. Pour bien des raisons dont pas une ne rattrape l’autre. Sont collés à un mot : liberté. Savent même pas ce que c’est, la liberté, pour eux c’est juste un mot magique qui leur déclenche un rêve érotique et qu’ils expriment en statistiques (à chaque fois que je lis des stats, j’ai l’impression d’assister une éjaculation). 

    Les mots ne tuent pas, ils font bien pire.

    Ce sont les décrets qui tuent, les procurations, les condamnations, les actes légaux, les ordres d’attaques. Le problème des investigations quasi policières auxquels se livrent les journaux américains, par exemple, montre qu’en luttant sur le terrain de la loi, celle du marché en dernière instance, de l’offre et de la demande comme ultime loi du libéralisme socialiste ou républicain, tout le bazar juridique caché derrière n’étant que les fondations de ce mécanisme implacable qui équilibre l’humanité désormais entièrement/totalement/globalement et finalement soumise au droit du plus fort, en luttant sur ce terreau là on est sûr de s’embourber. Le droit ! comme ce mot pue l’hypocrisie humaine. Comme il aurait mieux valu l’appeler le gauche, le maladroit, le branque, l’erreur, la faute… le péché.

    Nous voici donc prisonniers d’une poignée d’abrutis qui s’imagine que la vie se réduit au bonheur qu’elle assimile au plaisir légal. Le pire est que cette bande de crétin ne fait que représenter le rêve de malade des citoyens du monde.

    Il n’est plus question de faire du journalisme ou de prendre les armes, il est question de dire la vérité. Que ceux qui ont des oreilles entendent, que les autres aillent se faire sodomiser ou sucer par leurs maitres.

    La suède est le pire pays libre et libéral qui soit en matière de liberté justement. Huit ou neuf millions de blondinets lobotomisés propres sur eux, tièdes à faire dégueuler le bon dieu, s’imaginent en cœur pouvoir donner des leçons de savoir-vivre au reste du monde et le pire, c’est que le reste du monde l’écoute. L’air de rien parce que ça reste un petit pays minable, mais avec gross respect tellement l’auto discipline qui émane de ce pays bien rangé l’inspire. Tout le respect qu’on aurait eu pour le national socialisme du Reichstag s’il avait eu l’heur de l’emporter militairement, celui qu’on a eu pour Staline ou Napoléon. La loi du plus fort est toujours la meilleure, même quand il arrive à ce plus fort de se planter, car elle lui survit et un autre plus fort vient faire sa loi. Qu’est-ce que ce genre de vérité, pourtant pas si nouvelle que ça pour les Français qui connaissent quand même un peu mieux Lafontaine que les Kirghizes ? 

    Le Suédois, c’est la force du Viking alliée à la bêtise du protestant, celui qui ne sait que compter. Et quand on sait compter, on sait aussi construire des immeubles fonctionnels, des infrastructures efficaces, nettoyer et laver son linge sale en famille, faire les courses à wall Street, torcher le cul des mômes élevés au rang d’idoles et payer les factures d’électricité des artistes gentiment subversifs. Pour assurer tout ce travail de bonne ménagère, un pays a besoin d’hommes forts, la pression est en effet énorme. Pas un hasard si les mafias américaines se constituent autour des entreprises de nettoyage. Le droit est une manie de femme ou de gangster, c’est sans doute pourquoi Balzac en homme de dieu a choisi l’art plutôt qu’une étude ou le barreau. 

    Tous les peuples sont femmes, disait je sais plus qui ; c’est pas tout à fait faux. C’est la manière dont ils se laissent gouverner qui révèle la femme en eux. Un homme digne de ce nom ne reconnait que la charité comme loi. Les invertis et les femmes n’ont qu’une peur, c’est de descendre seuls en enfer, raison pour laquelle ils aimeraient bien convaincre le monde entier que leur angoisse de liberté se résume à cafarder les magouilles de leurs homologues politiciens, encore plus couards qu’eux. Les politiciens, vous savez, ces couilles ramollies qui signent les décrets et pour lesquels vos fils iront un jour se faire couper les leurs en fines tranches ou dorer à point dans les antichambres de l’enfer que sont les déserts et leurs champs de pétrole. A moins qu’ils ne se fassent journalistes ! comme on se faisait curé, pour ne pas être soldat, quoiqu’en ait écrit la pédale Stendhal.

    D’ailleurs que le rouge et le noir flotte sur la Société Générale, rien de plus logique. Banquiers, politiciens, journalistes, archevêques, scientifiques, artistes, sont tous des anarchistes de foire d’exposition. L’argent n’est pas seulement le nerf de la guerre, il est surtout le liquide amniotique qui baigne et nourrit le fœtus de la bête humaine. L’épée de Christ en tranchant le lien générationnel vient transformer l’hémorragie sanglante et périodique féminine en liberté virile. La pitié de Jésus pour ses bourreaux, c’est ce qui s’appelle en avoir. L’anarchie du christ n’a rien de comparable avec celle des puissants à la tête du monde. Sa doctrine fondée sur la pitié et la charité ne conduit pas au libéralisme mais à la liberté, celle de connaitre la joie de vivre dans la vérité et l’absence de temps. Tous les compromis séculaires sont voués aux ténèbres, et plus ils sont hypocrites plus ils font la lumière sur leurs bassesse, leurs lâcheté, pour les cacher. Lumière aveuglante de Versailles et de son roi soleil pour faire oublier la cathédrale sombre et glacial de l’Etat où se les gèlent ses sujets, futurs citoyens du monde, entités légales d’aujourd’hui regroupés en petites chapelles identitaires pour se les réchauffer un poil. Dans les ténèbres pleines de la lumière artificielle d’écrans plus ou moins plats, plus ou moins géants ;  derrière l’œil de la caméra celui de la mort, toujours recommencée. Le temps d’exposition est relatif, comme l’espérance de vie.

     

    Allez, qu’on envoie l’Apocalypse et qu’on nous les brise plus avec la soi-disant liberté des petits rapporteurs. Quand le Figaro me publiera in extenso, quitte à ne pas citer la source, on en reparlera. En attendant, tous au trou ! les journalistes, pas leurs lecteurs, eux le sont déjà.

     

    Un cliché jaunis me reste du suédois, homme ou femme lisant son Dagens Nyheter ou son Svenska Dagbladet (rouge ou noir) glissé scrupuleusement chaque jour à l’aurore par la fente postale de la porte de son logis, bouffant des corn flakes ou du müsli avec des tartines de caviar en tubes métaphysiques sur du pain noir comme ses idées, prenant sa dose quotidienne de mots bienfaisants dans un silence de mort comme un shoot d’héro avant d’aller pointer au boulot. Le sourire que lui soutire la publicité est celui de la camarde. Pour l’avoir vu de mes yeux vus, et entendu de mes oreilles, le modèle scandinave c’est soupe à la grimace sur fond de chapelet de plaintes. Nous les suédois sommes le peuple plus ennuyeux de tous. Putain de moines, mère Svea, j’avais pas remarqué!

    Try harder**, c'est la devise de ces sous-yankees. ça foutrait presque un peu les jetons d'être constipé à ce point.

     

     

    * toute la vérité sur ...

    ** pousse plus fort!

  • Con Séquence

    Le goût des pédés nitchéens pour le récurage tous azimut s’illustre assez bien dans cette réflexion d’un directeur d’un institut culturel qui se faisait mousser devant un parterre de jeunes filles en fleur en déblatérant sur SA rentrée littéraire avec force soutien de la critique (critique dithyrambique par-ci, exécrable par là). J’ai fait remarquer que, comme l’avait souligné une écrivain qu’il avait invitée la semaine précédente, la critique est indigente. A quoi cet abruti a répondu l’air méprisant (parmi les deux ou trois airs qu’il prenait celui-ci revenait toujours entre deux airs illuminés) ha mais ça n’engage qu’elle (l’écrivain en question, alors qu’à l’occasion il s’était mis les yeux en trou de pine et la bouche en cœur pour lui demander où comment pourquoi et dans quelle position elle trouvait son inspiration !)

     C’est ça, ponce toujours mon Pilate que j’ai pensé, nettoie ta petite tache responsable-mais-pas-coupable de merde, nazillon cultureux. J’ai fermé ma gueule parce que l’institut en question héberge la Comédie de Balzac, enfin en partie seulement, hélas…

    J’ai noté d’autres perles de cet abruti prétentieux :

    -Le bouquin de Nothomb n’est pas bon mais c’est normal quand on sort un roman par an ça peut pas être un chef d’œuvre à chaque fois !

    -roman (un autre) à la sexualité indécise, pour être élégant !(et en effet, l’était tout endimanché le pingouin, ce que je trouvais un peu con en l’occurrence, mais j’ai compris pourquoi à la fin et c’était encore pire que ce que je croyais)

    - roman qui se lit vite… en une nuit !

    -on a parlé de déflagration littéraire pour ce roman, euh… (pause regard-au-plafond-cherche-la-vérité) j’irais pas jusque là !

    -roman qui mobilise un vocabulaire ceci-cela (ça revenait sans cesse cette métaphore guerrière)

    -ce roman est magnifique et peut donner envie de… pleurer, enfin je crois… (pas facile de garder son sérieux quand on entend ça hein !)

    -dans ce roman, pas de mièvreries, et je l’en remercie, y a rien de pire !

    -encore une fois (il l’a dit dix fois), c’est MA rentrée littéraire ! (air de fausse modestie exemplaire)

     

    ha oui ! Pour son déguisement, ça s’est passé comme ça qu’il causait de la nullité philosophique de B. Werber ou de M. Lévy, je sais plus, quand son portable à fait l’abeille, oui oui, qu’il a fait en tirant sur ses boutons de manchette, j’arrive tout de suite. L’a pris un sourire macabre pour dire qu’il allait être en retard à son rdv avec Sophie Marceau et Christofer Lambert, sourire ou la vanité brillait de toutes ses petites dents bien blanches de suce-nichon.

    Bon comme ça discutaillait encore et que je le voyais frétiller d’impatience, par charité et parce que je sais pas la fermer complètement, j’ai laissé tombé goguenard « Ha ça ! ça vaut pas Sophie Marceau ! » ça a fait rigoler tout le monde, sauf bien sûr Petit Pédé qui s’est enfui illico pour se réfugier dans sa limousine de ministre sans chauffeur, en rêvant sans doute aux nichons de l’actrice. C’est que les cons s’attirent en conséquence (sans jeux de mots).

     

    Ha j’allais oublier, j’ai mentionné Céline comme le plus grand écrivain du Xxème siècle quand on a commencé à poser le ténia Sartre sur le tapis, faut comprendre que j’allais pas laisser ces pauvres gamines se faire intoxiquer sans réagir, et le con de prendre sa petite revanche de vagin puant en lâchant : oui mais Céline a dit du mal des juifs, alors…! de l’air de dire : ça explique tout ! manque de bol, pour les ukrainiens ça explique rien du tout ; c’est pas qu’ils sont antisémites, ils sont simplement pas philosémites, nuance appréciable en l’occurrence.

  • Extrait d'Amertume

    Se penchant vers la petite paumée qui mate comme lui depuis quelques temps la même vitrine insane, il lui fait : ce serait possible de vous embrasser,  si c’était une question de vie ou de mort ?

    Elle, matant son profil redevenu attentif au vide, se donnant pas une ni deux secondes de réflexion répond : d’accord.

    Grosse pelle s’ensuit, passionnée apparemment puisque que de petits gloussements de douleur obscènes lui échappent, à lui, et oui ! ça te surprend ?

    Redevenus spectateurs l’un et l’autre, elle lâche après une mimique de satisfaction comme dans la pub Banania : c’est chouette.

    C’est chouette ?! qu’il interroge en exclamant. On dit plus ça depuis longtemps.

    Habon qu’elle demande et qu’est-ce qu’on dit alors ?

    C’est cool c’est bien c’est de la bombe de la balle, c’est choupinet, à la rigueur !

    Et les voilà repartis à se bouffer le museau sur fond de soupirs écœurant.

     

    Y a qu’au cinéma qu’on voit des conneries pareilles ? Allez, ça doit bien arriver sans arrêt ce genre de scènes lesbiennes et dans toutes les Babylone du monde où y a des cinémas. La vie n’est pas un songe mon pauvre Calderon, c’est des visions pour les jeunes cons et des rêves pour les vieux cons !  Le temps ne fait rien à l’affaire comme dit tonton, puisque c’est dans l’Ancien Testament. Les images qui parlent en revanche, ça, c’est dans le Nouveau. Dans l’Apocalypse de Jean pour être précis, il y est dit que tous ceux qui n’adorent pas ces icônes bavardes de la bête sont tués. Comme je suis toujours vivant, c’est louche. Que je me surveille un peu mieux peut-être !

     

    Allez, qu’on envoie l’Apocalypse après le petit café… et l’addition ! (sur le compte de qui vous savez, il ne se tire pas par la queue ces temps-ci)

  • bloggy birthday!

     

    satan fodio.GIF

    Sans mon pote qui m’a mis, va savoir pourquoi, un message sur mon premier billet, j’aurais pas percuté. Un an de gymnastique littéraire à la noix, ça s’arrose à la voditchka, tu crois ? pas trop mon truc les anniversaires, cela dit j’ai relu ce premier billet et je trouve rien à en dire. On se secoue allez, et qu’on envoie l’Apocalypse, pas s'emmerder pas avec les commémorations de mes deux.