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Fodio - Page 5

  • Поступать и думать, не мечтать !

     

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    Mon pote sibérien, Roman Ivanovitch, manque rarement s’arrêter chez moi en passant par Kiev sur la route d’Odessa. Il n’a que vingt ans mais ça fait sept ans déjà qu’il arpente l’ex empire. Tout en tirant sur sa pipe de kanapla, nous cherchons la vérité : méditer, regarder, écouter et on a toujours pas trouvé le quatrième terme. Et pourtant…on le tenait. Par les couilles de Jupiter que je le tenais. M’a échappé et pas moyen de le retrouver ce salopiaud. Beau chercher… et puis ça vient, поступать : AGIR ! Et penser, c’est agir, faut pas se tromper. Ce n’est pas rêver, faut pas rêver. C’est un peu compliqué de lui expliquer à mon pote, vu qu’en russe le verbe rêver est un peu trop proche du verbe penser. Mais bon passons.

    Marrant que je me rappelle pas cette sibérienne que j’ai croisée il y a vingt ans. La vodka ou le samagon (gnole artisanale) pas moyen de me souvenir, mais le type assis devant moi pourrait bien m’être sorti des testicules. Pas toujours été bien clair dans certaines occasions.

     

    Enfin,  tout ça me repose de mes trois jours d’initiation à la maffia ukrainienne, la pire, celle subventionnée par le contribuable. Les maffias européennes légales, la française républicaine ou la suédoise monarchiste parlementaire que je connais assez bien ne valent guère mieux, soit-dit en écrivant. A tout prendre, s’il faut prendre quelque chose, visons la liberté : свобода (svoboda) et la solidarité солидарность (solidarnost) C’est que des mots me direz-vous, mais il faut bien qu’ils servent à quelque chose. On peut pas toujours se contenter de bruits et d’images indistincts.

     

    « Les hommes pensent que leur raison gouverne leurs paroles ; mais il arrive assez souvent que les paroles ont assez de pouvoir pour réagir sur la raison. »

    F. Bacon


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  • Amour du True

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    En ce dimanche, ma putain de gymnastique littéraire, dans la nécessité où je me suis trouvé  jadis de me créer des relations (disons trop humaines) sans l’aide de mon idiome maternelle, se fera dans la langue de saint Shakespeare alias Francis Bacon, et j’emmerde les universitaires comptables, les ignares identitaires, les logiciels de traduction et tous les puristes des deux langues.

    Ca va mieux comme ça.

    My stupid violence was alas legitimated by reasons based on your wicked desire to catch me in your time black hole ; You coward using legal violence against me. I responded with animal aggressiveness to your search for death; It was just the wrong answer to a wrong question.

    I fucked your ass to make sure I was not going to create any more links, generational or physical, nor sentimental or reasonable. I left my desire to die, my sex appeal, my capital sin, in your shit hole, where it belongs.

    May we be forgiven and no sin no more.

    Love our Lord Jesus. Love Him with no condition and stop knocking down my balls with your chicken shit.

    I’m hereby your enemy for I’m a time fighter and you are on his side. Another love has caught me up, hitched my wagon, for it saw me as a rising star, a true heart of gold. You’ll never be rich enough to get that heart again (you had it though for free) unless you pray for the rest of your miserable life for that poor Jesus who had to die to save your ass. So the question is for you henceforth choosing if you want to live for ever or burn in your own little shit Hell like a rotten carrion for another hundred years of solitude.

    Let the dead burry the dead, as our Lord said, no religion, no faith, no reason, only charity!

    Be true and you’ll be forgiven. Have your brain a servant to your heart and you’ll find the truth. Don’t you neglect the fact that it maybe the devil or it maybe the Lord, keep your eyes open and read carefully the Good Book.

    I'll pray to see you in the stars above, nowhere else in this life i'm afraid.

    I really do pray.  But with enough faith not to be damned ; no more! For God knows I owe him the whole gear, True Love of the Truth that is!

    Not Trou love, suicide desire for falling vertigo, believing a jail is secure place to be, a vagina somewhere to stay for ever, in wich the rules only gives you freedom to urinate, as you would say.

    Seek the Truth and you’ll come out of the junkhole you fell in by accident, though so predictable. You’ve been there too long, your clothe smell corpse, your voice talks sharp, and your heart is heavy as the bells of glory witch are ringing for those who have ears and for those who have eyes, not for gorillas leopards nor all sorts of furies. 

     

     « When i lay in the ingle of Circe

    I heard a song of that kind.

    Fat panther lay by me

    Girls talked there of fucking,

    Beasts talked there of eating,

    All heavy with sleep, fucked girls and fat leopards… »


    E.Pound

     

    « Vautré dans l’antre de Circée, j’ai entendu  une chanson de ce genre : une panthère grasse gisait près de moi, des gonzesses y parlaient de cul, des chacals de bouffe, tous abrutis de sommeil, les putes comme  les gras léopards... »

    trad Fodio

  • Au marché de Kyiv* la roublarde

     

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    Les flics ukrainiens sont de vraies gonzesses. Comme leur chef, le président, cherchent qu’une chose, faire du pognon pour se payer un meilleur frigo, une meilleure télé, une meilleure bagnole, etc., la liste est longue de tout ce qu’une gonzesse a besoin pour se sentir heureuse. En fait cette liste s’allonge avec le temps parce qu’il y a quand même une justice, l’insatisfaction augmente avec la satisfaction. Pas pour rien que le mieux est l’ennemi du bien, ou qu’un chrétien cherche l’excellence. Or l’excellence matérielle, c’est tout bêtement son absence. Pour l’Esprit, l’excellence consiste d’abord à être vrai. 

    Pour en revenir à nos moutons, on peut pas dire que les flics d’Europe et de Navarre soient bien différents. En France, ils suivent la loi qui les oppresse, celle qui leur donne un sentiment de sécurité, ils la font respecter. Pour leurs collègues ukrainiens la loi est avant tout la règle d’un jeu qu’ils adorent parce qu’ils adorent tricher. Pas plus anarchistes que ces flics là. A ce propos je note que tout le monde est anarchiste de nos jours, même Jésus. En vérité, Lui seul l’est. Je dis pas qu’il a pas été imité par certains cœurs purs, avant ou après lui, disons Shakespeare et Homère pour prendre deux exemples exemplaires, mais enfin il est le premier dont la doctrine colle encore à la peau d’un homme après deux mille ans. N’a jamais menacé ni tué personne notre seigneur, et pourtant c’est pas les raisons qui lui auraient manqué.

    En tout cas je sais pas si c’est être anar, mais les flics, si j’en avais le pouvoir, ils n’y en aurait tout simplement pas. Comme si on avait pas assez des femmes pour nous les casser. Je dis ça pour ceux qui en ont bien entendu. Pas pour ceux qui les déposent douillettement au fond d’un trou plein de mauvaises pudeurs. Ça exclut les flics vu qu’on sait depuis Brassens, un anar notoire, que par bonheur, ils n’en possèdent pas. 

     

    *Kiev, les  institutions ukrainiennes sous l’impulsion d’une présidence sans complexe ont décidé de réformer l’orthographe du Français. Le plus drôle est que c’est vendu comme étant une marque d’indépendance. D’ici que le président russe en prenne de la graine on risque de se réveiller un matin à Moskva la diva ou sur le boulevard Sévastopol à Parige, vous dis-je. 

  • Lecture dévoilée

     

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    Image trouvée sur le blog de Frédéric Roux. Un écrivain qui résiste à l'appel du trou semble-t-il. Sont pas si nombreux, faut bien le dire!

  • bande Mémoire

    L’ayant vu s’allumer une clope, je lui en demande une. Il me répond que c’est la dernière.

    On peut la partager qu’il me fait.

    Du coup je le regarde un peu mieux. Et tout par un coup, parole de repasseur, c’est comme si je l’avais jamais vu, je le reconnais soudain. Un compère de la guerre des bac-à-sables de la rue Winston Churchill. Et me voilà tout madeleinisé. Je me sens proustien, tiens, même que je vois un petit garçon lancer un énorme couteau à 10 mètres contre une porte de service. La lame est venue se planter dans le bois avec un bruit sourd et sec, en tout cas dans la reconstitution cinématoc que j’en fais. Ma madeleine , celle d’un handicapé du flair, mais les oreilles travaillent aussi à partir d’une fonction applicable à la mémoire. Mémoire sensuelle, du corps, et qui empêche la vision libératrice. C’est comme ça que je ne vois pas le petit garçon que j’étais ni l’homme qu’est devenu le compère de mes dix douze ans. Mémoire inutile, narcissique, qui en essayant d’échapper au temps nous précipite vers la mort. C’est le côté morbide de la mémoire. Sa soumission au temps. Trouvé, perdu, chercher, manquer, passer, etc. ainsi le fleuve Hélicon qui fait le lit aux eaux de la sagesse des anciens disparait parfois pour rejaillir en d’autres terres. Mon pote semble tout sec et tout mouillé. Je viens de lui poser la question qui tue, ça m’a échappé.

    Ouais qu’il me répond, depuis le début. 

    J’en suis tombé sur le cul ! Spendius, c’était lui !

    Le coup du couteau ça m’étonne pas de toi (mon père était boucher) mais je vois que tu as un arc à présent. Serait-ce que l’amour t’a fait souffrir mon vieux Fodio?

    Pouvoir agir à distance et donner la mort c’est la force qui ordonne entre eux les atomes, autrement dit l’amour de dieu. Ha ha ! (suis bien content de ma réplique qui m’a coûté un peu de temps, mais entre vieux potes on se laisse le temps)

    Bien vu mon petit Fodio ! (m’a toujours énervé avec ses quelques centimètres et son année de plus).

    Je crois qu’ensuite il a compris le ridicule de me donner un cours magistral. Il a tenu à m’expliquer le pourquoi de sa disparition du ouaibe. J’ai trouvé ça très charitable de sa part. surtout de la part d’un type que j’ai manqué tuer de peu. Je me demande s’il sait vraiment que je ne l’ai pas visé, ni au propre ni au figuré. J’avais lancé ce couteau de Rahan, que j’avais mis des mois à me payer, avec une telle adresse et une telle force qu’il  se serait fiché dans son corps comme dans les meilleurs films américains, une image spectaculaire qui aurait fait de moi un monstre sanguinaire, un prédateur dangereux etc. j’ose pas imaginer.

    Le fait est qu’aujourd’hui mon arc ne me sert qu’à chasser les corbeaux, et encore, par sa seule apparition, même pas besoin de sacrifier une flèche. Idem pour les voleurs, c’est une arme de dissuasion valable. La force d’attraction peut être stoppée nette  voir transformée en répulsion par la force de bandaison. Qu’on y songe…

    Une question me brûle les lèvres, pourquoi qu’il pige pas à Au Trou !? .

    Mais je me garde bien de lui poser. Un zeste de charité, en mémoire…

  • Fable sportive

    C’est l’histoire d’un type qui avait un pactole. L’en était devenu tellement marteau qu’il pouvait pas le garder chez lui de peur de le dépenser. Il en était arrivé au point qu’il croyait se voler lui-même en tapant dedans. Je décidai illico de l’aider. Mon ami, lui dis-je sincèrement, ton argent n’existe que parce que tu peux le dépenser. A quoi te sert de le garder pour le moment où tu ne pourras plus en jouir ? Le mal que tu as eu à le gagner, la peine que tu va prendre à le garder lui ont déjà enlevé la moitié de sa valeur, celle que tu croyais nécessaire. Mais finalement il se décide pour l'enfouissement du magot. Alors bien sûr j’ai refusé de l’aider, je connais un peu les fables de La Fontaine. Du coup il est allé l'enterrer seul, son trésor, et je l’ai plus jamais revu.

    Comme quoi la culture est parfois un obstacle à l’amitié. L’argent n’est qu’un prétexte. La vraie richesse est ailleurs. Dans la course d’obstacle, peut-être.

  • Canards Laquais

    Du droit encore du droit, on cause que de ça partout. Découvert l’existence d’un nouveau parti politique suédois, des pirates comme ils se sont nommés. Ce qu’ils veulent : réformer la loi sur les droits d'auteur ; abolir les brevets sur les logiciels et le vivant; améliorer la protection de la vie privée. Ils ont même obtenu un siège au parlement européen suite à leurs trente et quelques mille d’adhérents. L’homme égoïste est très en bagnole sur ses droits, c’est même à ça qu’on le reconnait. Le cheval a toujours été un signe extérieur d’égoïsme. On ne peut guère y monter qu’à deux. Après y a les voitures à cheval, et les chars romains mais l’utilisation optimale de cet animal reste la monte individuelle. Idem pour la bagnole, rien de plus chiant que de conduire avec une femme apeurée à ses côté, sur le cheval elle est derrière et contrainte d’admirer le paysage ou de pratiquer des attouchement sur l’une des deux bêtes qu’elles enchâssent de ses adducteurs puissants, ce qui constitue, et là il serait temps d’ouvrir une parenthèse avant que cette phrase ne vous étouffe ( Les amazones ont montré à quel point ces muscles intérieurs des cuisses était utile à autre chose qu’à retenir le mâle au moment du coït).

    Les droits de l’homme égoïste, cet homme très à cheval, sont en vérité d’une hypocrisie rarement égalée. Plus ou moins en cheville avec WikiLeaks, cet organe d’information qui fait trembler le pentagone et dont le but avoué est de devenir l’organe de presse le plus puissant du monde ( ils doivent ajouter « libre » mais c’est de la propagande, suis pas un journaliste intelligent qui répète les mensonges), ce groupe de pirates suédois défient les socialistes puritains et les chrétiens démocrates en places. Les tempéraments à cheval donnent souvent dans la politique ou le journalisme qu’on peut résumer par le terme de publiciste comme le fait remarquer Lapinos. L’anecdote intéressante malgré son caractère libidineux c’est le fait que Dick Augustsson, alias Rick Falkvinge a été traumatisé par la discrimination due à son prénom de baptême ; Dick = bite en anglais d’Oxford. Le voilà donc parti à changer de nom et créer un parti politique. Son nouveau nom signifie « aile de faucon » Rick étant l’abréviation de Richard, car de son propre aveu le pirate rêve de devenir aussi riche que Bill Gates, son auguste père spirituel. Toujours le même concourt de bite!

    Des idées plus tordues les unes que les autres et pour cette raison qui plaisent à de nombreux tordus, disons le genre de paumés que nous sommes tous plus ou moins dans le merdier des idées. Le type se dit ultra capitaliste et communiste numérique, le grand écart que j’explique comme étant le syndrome disons napoléonien : je suis le seul (nous sommes une poignée en fait) à être assez puissant pour vous offrir la liberté, je dois être le plus libre de tous. Dans les faits il suffit de remplacer liberté par richesse.

    Je pompe un peu wiki pour vous donner une idée du genre de torderies dont je parlais plus haut :

    « Le Parti pirate souhaite établir un équilibre juste entre les intérêts des consommateurs et des éditeurs. Selon le parti, le peer-to-peer devrait être encouragé et non criminalisé et l'usage non commercial des œuvres devrait être libre. Le parti souhaite aussi la disparition des DRM.

    Extrait du site officiel du Parti pirate (traduction non officielle) :

    « Le but officiel du système de droits d'auteur a toujours été de trouver un équilibre entre les intérêts des éditeurs et des consommateurs, afin de promouvoir la création et la diffusion de la culture. (en gros les droits de l’auteur à se soumettre aux caprices de la publicité) Aujourd'hui cet équilibre a été complètement perdu, à un point où les lois sur le droit d'auteur limitent considérablement la chose même qu'ils sont censés favoriser. (l’enrichissement fiduciaire des éditeurs et culturel des consommateurs, chacun dans son petit coffre fort « chiffré »)  Le Parti pirate veut reconstituer l'équilibre dans la législation sur le droit d'auteur. Tous les usages et copies non commerciales devraient être complètement libres. Le partage de fichiers et les réseaux P2P devraient être encouragés plutôt que criminalisés. La culture et la connaissance sont de bonnes choses, plus elles sont partagées plus leur valeur augmente. »

    ça a au moins le mérite de montrer que lorsque la culture devient un bien de consommation, les théories de l’information fusionnent avec celle de l’économie puisqu’elles ne sont pas différentes de nature et le résultat en est la désintégration de l’esprit. Accumuler et diffuser des connaissances sous la forme d’informations, tel que le fait Wikipédia est une entreprise commerciale, d’ailleurs la tronche de cake de son fondateur qui fait la manche sur son site ressemble à n’importe quel tronche de directeur commercial américain. Que cette entreprise essaye de passer pour autre chose et la réalité la rejoint, voyez plutôt : (je laisse les liens pour les curieux)

    « Le Parti pirate souhaite limiter les droits d'auteur à cinq ans. Cinq ans après la publication originale, tout travail publié serait dans le domaine public. Selon Richard Stallman, le fondateur du projet GNU, cette intention est contraire aux intérêts des logiciels libres. Ceux-ci se retrouveraient discriminés par rapport aux logiciels commerciaux car ces derniers n'auraient, en l'état actuel des intentions du Parti pirate, aucune obligation de publier leurs codes sources. Les sociétés commerciales pourraient ainsi, passé ce délai de cinq ans, incorporer du code libre dans leurs projets alors que les programmeurs du monde libre ne pourraient pas incorporer le code non divulgué des projets commerciaux. »

    Le diable se mort la queue en somme car dans cette affaire on ne pense pas on compte. La pensée est reléguée au stade de l’information. Ça date pas d’hier. C’est la philosophie question pour un champion.

    Ça vaut pas la «philosophie » de La Fontaine dans Les poissons et le Cormoran. Ce dernier se voyant acculer par l’âge, il crée un canard (une fausse information) dont la nécessité, docteur en stratagème lui fournit l’idée. Il fait courir le bruit d’un grand malheur à venir (la pêche des hommes, à comparer avec la recherche de clients, cette pêche au pigeon du capitaliste) qui finit par convaincre le peuple des poissons, ces pigeons, de venir se protéger dans son garde manger à lui. Pour l’instant notre Rich potential Dick Augustsson Aile de faucon ne demande lui que 1500 euros par mois pour  mener à bien cette mission, mais le besoin qu’il a d’être le plus riche va le pousser à canarder grave dans un avenir proche. 

    Je laisse la parole au divin La Fontaine.

    …Là Cormoran le bon apôtre,
    Les ayant mis en un endroit (les poissons/pigeons)
    Transparent, peu creux, fort étroit, (un petit écran connecté)
    Vous les prenait sans peine, un jour l'un, un jour l'autre.
    Il leur apprit à leurs dépens
    Que l'on ne doit jamais avoir de confiance
    En ceux qui sont mangeurs de gens.
    Ils y perdirent peu, puisque l'humaine engeance
    En aurait aussi bien croqué sa bonne part ;

    Qu'importe qui vous mange ? homme ou loup ; toute panse
    Me paraît une à  cet égard ;
    Un jour plus tôt, un jour plus tard,
    Ce n'est pas grande différence.

     

     

  • Putain, l'horreur!

    J’ai des ex-femmes à plus savoir qu’en f…aire. Pathétique ! Il y a celle qui m’a totalement effacé de sa mémoire vive, l’autre qui attend que sa mère disparaisse pour faire mon bonheur, celle qui attend que je sois dans l’indigence pour me promulguer des soins de fin de vie, une autre qui prévoit d’apprendre ma mort pour se réjouir, une qui l’espère pour me faire enterrer selon mes volontés, celle …stop !

    Dire que je n’ai pas souffert des femmes serait un mensonge, mais il est vrai que je m’en suis bien remis. Que s’est-il donc passé ? J’ai dû voir quelque chose, étant donné que j’ai rien entendu. Si j’avais plus d’imagination je vous décrirais ça, mais comment dire, c’est pas vraiment une image. Comme en plus j’ai pas assez de mémoire pour raconter ça dans le détail…

    L’horreur c’est quand je me suis découvert la manie du creative title, fuck ! Alors qu’un titre créatif est en soi une idée débile de publicitaire. Tout comme les ex-femmes, les enfants, et la sainte famille républicaine !

    A aucun moment le Christ ne fait l’éloge de la famille, c’est l’Ancien Testament qui  appuie un peu trop sur les filiations. Le christ, lui, est venu trancher le lien entre le père et le fils, la mère et la fille etc, le lien de la génération. C’est déjà trop tard de son temps pour espérer autre chose qu’une rédemption individuelle et au compte goutte si on peut dire, c’est une image, pour illustrer son « peu d’élus » alors que nombreux sont conviés à la fête de la vie… et dont la récompense est la mort. Songez-y, c’est le hasard ou dieu et si c’est le hasard, comment ne pas le rendre divin ne serait-ce que pour éviter d’être ridicule éternellement. Ce pari là que font bon nombre de chrétiens sans trop le savoir, c’est celui de Pascal et celui de tous les athées plus ou moins famés. Comme si ce genre de pari pouvait échapper à dieu en dernière instance ! L’Histoire est une prophétie, celle de la corruption généralisée jusqu’à la mutation/perversion/corruption et la descente aux enfers de la folie humaine. L’humanité n’est peut-être qu’au stade embryonnaire où elle ne sait pas encore qu’elle est issue d’une mère et d’un père trop occupés à gérer leur carrière pour s’encombrer d’un enfant. Son existence même se jouerait sur le hasard d’une décision d’avortement. Si un de ces pédés de chefs d’états et leurs pédés de militaires se mettait martel en tête pour satisfaire sa maman patrie, on pourrait bien passé à l’as comme on dit. Reste que c’est peut-être au stade d’un spermatozoïde que se trouve l’humanité aujourd’hui, auquel cas, avec la capote Nestor, t’es pas né t’es pas mort !

    Peut-être que la parousie c’est d’abord éviter l’écueil contraceptif. On est pas rendu putain de moines ! 

  • Appel manqué?!

    Mon pote m’avoue qu’il ne peut pas résister à l’appel du trou. Comme ça dit crument, ça jette un peu un froid. Quoiqu’il en soit, le sexe est inévitablement lié à la mort et c’est même un moyen, pas le seul, qu’elle a de se faire oublier. Non seulement à travers la génération qui confère une pseudo immortalité ou encore d’une façon qu’avait repéré Schopenhauer quand il fit remarquer que les effets de l’angoisse sont les mêmes que ceux de l’orgasme. Encore un peu et il aurait noté que les conséquences sont aussi les mêmes.

    Oublier la mort conduit inexorablement à s’y précipiter. Quand on ouvre enfin les yeux il est l’heure de mourir! Que cette génération d’hypocrites rêveurs/baiseurs s’imagine pouvoir s’en sortir en s’endormant déjà mort ou le contraire, la belle affaire!

     

    J’ai conseillé à mon pote une semaine de recueillement dans la prière avant de s’engager. Je devrais pouvoir m’assurer de la corde à nœud pour qu’il puisse ressortir. La bonne nouvelle au bon moment. Mais c’est la dernière fois, faut vraiment qu’il s’amende, et d’ailleurs j’ai moi-même un appel en attente. Va falloir que je rappelle mon pote. Quel capharnaüm.

    Je vous rappelle donc :

    D’un côté l’appel du ciel à lever les yeux vers les étoiles ou se déroule le combat de la bête, de l’autre l’appel du trou, le vertige de la mort et des idées géniales, les branlettes de l’esprit, les violons des sanglots, la plainte des frimas, la fuite dans l’avenir, la chute finale dans les oubliettes du temps. Ça ou l’envol vers l’absence de temps au ciel de l’Apocalypse. Il n’y a pas d’autre alternative qui tienne. Chacun connait très bien son propre génie, qui est en somme ce qui tue l’art.

     

    Comme aurait pu dire Newton, un autre abruti, pour se faire mousser, la pomme éprouve moins de difficultés à tomber qu’à s’élever. Un homme n’a d’autre ressource que de répondre au sacrifice de dieu à travers la charité. Et la charité pour soi-même consiste à lever le nez au ciel, pas d’aller voir dans la tombe si j’y suis.

    Faut voir que le réflexe inévitable devant un type qui se penche ce serait plutôt de le pousser plutôt que de le redresser, ça déjà c’est un signe.  Et y a tellement de racailles qui tourne autour que ça donne pas envie de s’éterniser. On n’approche pas impunément les rives du Styx.

    J’ai envie d’envoyer un texto à dieu : « Mathilde revenue, envoyer charbon machine en détresse » pour aller aux putes, il comprendra. L’argent n’est rien d’autre que du sexe et de la mort, un nombre d’homme, les armes du diable, le prix du sang, celui du sperme et le sourire de la crémière c’est celui de ta mère. Pour un peu je me mettrais au rap comme les suckers afro-yankis du show bizz.

    Non, je préfère lire les turpitudes d’Anna Stepanovna Politkovskaïa, ça me râpe un peu le cœur, juste avant qu’on la pousse dans le trou pour avoir dit la vérité de ce qu’elle prenait pour la folie des hommes et qui n’est que la conséquence de la folie des femmes. En l’occurrence, un nommé Poutine, mais la liste des démocrates avec des meurtres sur la conscience et une mère exemplaire est longue. Je dis pas que si on m’avait garanti l’impunité sur la terre je n’eusse pas, par le passé, dessoudé une ou deux péronnelles un peu méchantes, mais jamais je n’aurais pu transgresser la loi du ciel, le « tu ne tueras point », est-ce ma faute à moi ? Mon devoir au contraire me pousse à pardonner et dieu me l’accorde, ainsi soit-il. Ça se passe de religion, de foi et de raison, c’est l’amour de la liberté, cette libération par le pardon donnée aux saints, leur patience, etc. d’ailleurs c’est arrivé à mon pote  le grand pardon quand il avait 33 ans, ça s’invente pas !

  • Mutant va la cruche à l’eau…

    La société est en pleine MUTATION, c’est pas moi qui le dit, c’est le code pénal qui l’accompagne. Preuve que la société c’est de la merde et le culte romain de la famille du droit et de la terre aussi. Envie d’être un mutant ?  c’est pourtant ça. Qu’on se trompe pas, je sais qu’entre nous c’est pas moi qui ait l’air de savoir, moi je ne sais que croire. En conséquence je cherche encore et bon, quand on cherche vraiment on trouve, comme disait Picasso, la vérité n’est finalement pas si loin. C’est juste, comment dire, qu’elle est là où ça fait mal, dans la paresse, la luxure, la gourmandise et parfois l’orgueil et l’envie. Je ne suis pas le premier à qui la supériorité du message du Christ est apparue mais comme peu j’ai retenu son insistance sur le caractère urgent de la charité. Au moment où la prophétie est sur le point de s’accomplir historiquement, l’avertissement du Messie (peu d’élus) a bien sûr à voir avec le nombre d’appelés sans cesse grandissant, nombre qui pousse à la mutation « nécessaire », nombre qui symbolise la puissance, le droit naturel, la religion de l’homme, qui hurle paganisme et nécessité: le retour ! paganisation forcée du droit pour transformer l’homme en un insecte tellement corvéable et rendu par la peur à sa seule survie qu’il accepte n’importe quoi pour nourrir sa famille, qu’on le laisse seulement pas tout seul, y compris quand cette famille est limitée à un seul enfant. Culte de l’avenir de mes testicules, mode d’emploi, made in Germany. Putains de Romains, même mutés en Ricains ou Boches, continuent à faire chier le Grec, beaucoup moins pédéraste qu’eux malgré les préjugés des lecteurs de Nitche. Comment un mathématicien, un juriste, un photographe, donc un assassin en PUISSANCE, peut-il remettre en question un système qui lui fournit cette même puissance, d’essence satanique, je le prouverai tout-à-l’heure ? Tout simplement rendu impossible par la propagande qu’il génère. C’est une sorte de pommade sur les blessures de son âme, l’offre de Satan à Jésus crevant de faim et de soif dans le désert. Le matheux cherche à abolir le temps en le transformant en espace, paresse de l’âme, soumission au temps, pour la loi c’est la peur ou l’orgueil de puissance, pour le photographe, voir Baudelaire et tout le mal des fleurs. Satan ne connait pas la pitié, c’est un nombre d’homme, et ce nombre est six cent soixante six, que ceux qui ont des oreilles…vous connaissez la suite.  Le temps est assassin non parce qu’il entraine avec lui les rires des enfants comme dit le poète pour faire pleurer sa mère, mais parce que la crainte qu’il inspire conduit justement au culte du rire des enfants, culte de l’avenir joyeux dans le passé, religion de mort dont le diable est le grand prêtre, absent comme de…bien entendu.  Culte du temps, du destin, de la mort, de la génération, du rêve, de l’avenir, des images, des nombres, culte de soi, culte de n’importe quoi, tout sauf la liberté.

    Un esclavage relatif, c’est à vomir comme le fait remarquer dieu lui-même.

     

    Attentat contre la réalité; scène du crime; un mutant matheux pour la balistique, la logistique, la statistique, l’économie, un juriste pour le blanchiment moral de l'argent et un mutant  cinéaste/photographe/musicien/collectionneur/sociologue/antrhopologue/schizophrène pour la reconstitution philo-psychologique, mutants nitchéens évidement tous les trois! Or si ce n’est pas dieu qui commandite un tel attentat (dieu nihiliste, ça se saurait), qui ou quoi d’autre ? de quelle sorte de puissance s’agit-il précisément capable de muter un homme en larve ?

  • Misocratie à part,

    le sage n’avait pas tort. L’art est une chose qu’on ne devrait pas laisser entre les mains de n’importe qui. L’histoire chrétienne, la notre, reliée à la sagesse grecque, depuis Homère et Aristote jusqu’à Shakespeare et Bacon, l’a bien montré. N’étant ni peintre ni auteur, j’en suis pas moins curieux et je ne vois pas qu’un photographe ou cinéaste ait ouvert des portes sur une quelconque vérité. Il me semble au contraire que dans leur incompréhension parfois totale de l’histoire, ils ne fassent que clore des ouvertures pourtant si péniblement entrebâillées. Il serait difficile, mais pas impossible, de te montrer, ma chère limace, en quoi la photo, et donc le cinéma, sont des techniques qui, tout au rebours de certains arts, ne font qu’embellir le monde en excluant l’imphotografiable vérité. Tout ce qui ne tient pas sur la photo et qui est justement ce avec quoi se coltine le peintre ou le sculpteur. Ce qu’on a appelé le saint esprit et que tu seras tentée d’appeler, toi, le sain esprit. Mais l’insanité n’est pas là où on regarde. Me souviens de cette photo d’un môme qu’on aurait dit souriant et heureux alors qu’au dehors du cadre on apprenait qu’il venait de se prendre une balle dans le dos.

    Baudelaire est sans doute celui qui a parlé le mieux de la photographie, instrument du diable et prophétisée dans l’Apocalypse et même bien plus tôt dans l’Ancien Testament. L’art contemporain, les happening, expo, performances et autres gesticulations, des danses de saint gui, tout ça exprime une sorte de paganisme hystérique incohérent et bénin où tout est très cool, très chouette, très joli, et après, après ? rien ! C’est aussi bête que la photo d’un mort ; et ça se veut de l’avenir. Ceci même est loin d’être un hasard. On trouve, autant chez Homère que chez Shakespeare, de l’aversion pour cette religion, et qui cultive le culte de l’avenir dort chaque nuit dans son tombeau, comme dit Hamlet.

    Si donc l’art contemporain doit te faire vivre, rien ne t’empêche pour autant de chercher la bonne porte à cogner, comme on dit en Amérique, qu’au moins l’art ne te fasse pas que manger et que tu ne deviennes pas, comme ces très chers irresponsables coupables comptant pour rien, une physiocrate à ton tour.

  • Attention, Au Trou!?

    Auteurs modernes qui encensent le rêve, les femmes, l’avenir, l’enfance, la soi-disant petite étincelle de joie qui brille dans le cœur de chacun, hallucinés qui verraient encore de l’espoir en enfer pour la bonne raison qu’ils sont, et qu’ils le savent très bien, dedans jusqu’aux sourcils, auteurs psychopompes accompagnant des milliers d’âmes en peine et n’ayant pas souvent le bon goût, comme un certain Céline, d’être apocalyptique, musiciens, cinéastes, poètes à ronronner dans le vacarme des eaux du Styx que tout va bien, l’harmonie universelle est pour bientôt, laissez-vous bercer par le tempo, évadez-vous le temps d’un film d’une chanson ou d’un roman, suivez-nous jusqu’au bout en confiance.

    Au trou, oui !

    Les emmerdements et les séductions du temps ont rendu artistes et savants bien infructueux tandis que pour le public, lui, c’est la joie sans consistance qui l’expose à la stérilité. Quant à ceux qui ne comprennent pas, peut-être les plus nombreux, c’est sur le bord du chemin qu’ils périssent. La bonne terre est devenue rare, on comprend qu’elle se fasse discrète.

    Et y a pas plus discret qu’un trou pour faire pousser un grain qui en donne cent, un autre soixante, un autre trente. Alors, au trou ?

  • Les abeilles!

    Baudelaire avait compris qu’un artiste ne sort jamais de lui-même. Tous ces pédés hypocrites qui s’autoproclament artistes et n’aspirent qu’à mettre ou se faire maitre, avec pieux et maitresses, ces enculeurs affabulateurs enculés affabulisés à la recherche du con de leur mère, l’éternel retour à la matrice, sont bien plus possédés encore que B. qui n’ignore pas, lui, la nature de son adversaire. Ils cherchent naturellement à sortir d’eux-mêmes. Les voir s’éjaculer dessus me fait penser au type qui pisse contre le vent et qui voudrait croire que son urine va sécher avant de l’atteindre. Foutre, c’est aspirer à sortir de soi pour rentrer dans un autre précise Baudelaire.

    Pour donner un exemple du genre d’artiste qu’on se coltine aujourd’hui, l’écrivain péripatéticienne qui nous a lu un passage de son œuvre à l’IF l’autre soir. Ça commençait par une histoire de jardin incompréhensible et stupide et ça se terminait par cette phrase qui vaut son pesant de sperme : une mère n’a pas d’organes sexuels !  

    Me suis retenu de hurler. MAIS C’EST QUE CA, UNE MERE!

    Longue vie aux utérus, autruches et autres baudruches de la ruche éternelle, chez Gallimard le bourdon !

  • Froid d'Enfer

     "Toute sa vie elle a été discriminée et même morte cela continue", a affirmé sa fille, qui regrette que "les gens hors normes n'aient pas droit à un enterrement décent".

     

    Tout ça parce que la vieille femme était obèse et ne passait pas entre les portes de l’incinérateur, ça s’invente pas. Car elle avait souhaité être crémée*, cette hors-norme. Paix à son âme.

    Depuis quand c’est décent de se faire griller ? Parait que c’était sa terreur d’être inhumée.

     

    Comment est-ce qu’on en est arrivé là ? sans doute que le curé Nitche y est pour beaucoup mais connaissant un peu le bourgeois, il a pas pu changer de terreur comme ça. C’est un truc qui a dû prendre à partir des années 80 vu que dans mon enfance on ne parlait pas de ça, ni en famille ni à l’école ni à la télé (une seconde, me renseigne). C’est bien ça, on voit un boum dans les stats :  En 1980, cette technique n'était utilisée que pour 0,9% des obsèques, en 1994 pour 10,5% et en 2004 pour 24,95% selon les crématistes. Bon ça s’est concrètement passé un peu plus tard que je croyais. Mais quelle soudaineté. On sent comme une urgence. La part économique semble jouer un large rôle. On note que ça coûte 20 ou 30 % moins cher que l’inhumation et on connait l’avarice des héritiers dépourvus de patrimoine. Eux-mêmes le souhaitent de leur vivant (51% des personnes interrogés en France) par souci écolo-nomique (écologique et économique). Le grec Oïkos d’où vient le préfixe éco veut dire maison. La science d’une maitresse de maison tient à l’économie. Gérer, compter, calculer, analyser, prévoir, prédire, faire prospérer, etc. les femmes adorent ça. Et comme elles se foutent du bon dieu et de la vérité comme de leur première calculatrice à pile, leur spiritualité évolue en proportions inverses de leur investissement dans les chiffres. Il ressort de mon enquête que c’est le plus souvent par souci d’écologie chez le défunt ET par souci d’économie chez les héritiers. Il y a là un accord presque parfait entre les deux. Les vivants sont de plus en plus en harmonie avec les morts. 

     

    Petit bémol, la crémation est en fin de compte très peu écologique, voire plus « dangereuse » pour l’environnement (fumées toxiques, mercure des plombages dentaires, et produits hyper toxiques pour embaumer le cadavre) que l’inhumation classique. Les suédois, qui sont à pointe dans le domaine de la mort glacée, vu comme on s’y emmerde en se les gelant dans ce pays modèle, ont inventé un truc très prometteur, la promession (azote liquide, gros coup de froid, friabilité totale, poudre, boite en carton biodégradable et mise en terre). Comme disait le païen romain Cécilius, si les morts n’ont plus de sentiments, la solution la plus expéditive est la meilleure.

    L’Eglise n’ayant jamais eu assez de moyens que pour ses pauvres cardinaux a bien dû accepter ici et là. La loi s’en est mêlée dernièrement, le dieu Etat interdit désormais le lâcher de cendres dans les rivières et surtout la possession d’urne funéraire. Ça dérange pas trop les héritiers.  De plus, des soucis de traçabilité apparaissent, (peut-être la confusion avec l’incinération des vaches folles !) font exiger  une autorisation de dispersion à la mairie de naissance du défunt.

     

    J’ai trouvé quand même une prise de position très ferme à défaut d’être pertinente du métropolite Cyrill quand il n'était pas encore patriarche: "la crémation se trouve hors de la tradition orthodoxe. Nous croyons qu'à la fin de l'histoire les morts ressusciteront comme a ressuscité notre Sauveur Jésus Christ, c'est-à-dire non seulement dans leur âme, mais aussi dans leur corps. Si nous acceptons la crémation, par cela même nous refusons symboliquement cette foi. Bien entendu il n'est pas question ici simplement de symboles, car le corps humain mis en terre se transforme aussi en cendre, mais Dieu, par Sa puissance' rétablira le corps de chacun à partir de la cendre et de la poussière" La crémation, c'est-à-dire l'anéantissement volontaire du corps de défunt, montre un refus de la foi en la Résurrection universelle".   

    Mais dans les faits la crémation est plus répandue encore chez les Russes qu’en France.

     

    Si les Suédois, qui sont le peuple le plus social que je connaisse juste après les chimpanzés, optent pour le très froid, ça sera pas par hasard, outre leur situation géographique. Le corps social tend vers l’immobilité profonde (ce que confirme d’ailleurs le désir des zombis d’aujourd’hui à vouloir absolument que ça bouge). L’homme social devient tellement froid qu’il s’effrite lui-même après avoir réduit en poudre toutes ces relations humaines. Je soupçonne les nordiques de vouloir faire disparaitre l’humanité en la stupéfiant par le froid. 

     

     

    * c’est bien le bon verbe académique, le terme d’argot cramer lui doit certes beaucoup. Le mot Incinérer est à proscrire étant réservé aux déchets (défense de rire !).

  • Catch 2012

    Pourquoi je sers le mot enculé à toutes les sauces? la flemme des noms d’oiseaux. Et puis enculé ça résume bien. Le type qui se comprend enculé, il le sait pour deux, il sait même exactement son degré d’enculement, sauf à nous prendre pour des enfants de cœur. Et d’ailleurs bien des mômes comprennent ces choses avant leurs parents, mais si c’est possible, parce que pour eux tout est lié dès le premier baiser. Je me souviens comme avant ma première communion j’avais fixé sur ce mot d’enculé. Ça m’intriguait pas mal cette histoire de trous, qu’on pouvait se servir des deux, tout ça, bref, de la libidinerie de gamin. Un enculé qu’il le soit ou pas, en vrai, il devrait l’être. Dans enculé y a l’insulte et la punition, pas dans le mot salaud, note. Difficile pour un enculé d’admettre qu’il est pas un homme malgré tous ses transports de sensualité envers les femmes. L’histoire aurait fait de nous des fiottes et on devrait dire amen sous prétexte qu’un abruti boche est parvenu à nous convaincre de la culpabilité de l’autre, la notre passant curieusement après. Tss tss, coupables en petits morceaux identiques, identitaire. Tous coupables = tous innocents.

    Moi mes amis sont pas venus des nuages. Jamais vu d’anges ni entendu de voix. Quand j’ai connu la vérité, j’ai su que c’était pas un pote, quand je l’ai comprise et sentie plus rien ne pouvait plus m’en dégoûter. Le seul bien qui me reste au monde, c’est pas d’avoir pleuré, c’est d’avoir compris à temps. Et dieu sait que le temps est proche.

    Pas embarqués, comme disent les cinéastes de bac à sable, mais possédés, mes proches bien sûr, qui s’emploient à oublier cette vérité. Et pourtant elle est éternelle et ceux qui se sont passés d’elle, ici bas ont tout ignoré. Dieu parle, il faut qu’on lui réponde, et qu’est-ce qu’il reste donc au monde ? la seule chose qui vaille c’est l’Apocalypse, demain ? après demain ? combien de temps ? nos enfants perdus dans leurs visions et nos vieillards dans leurs rêves ! Dormez tranquilles, braves gens, rien ne vous menace, c’est rien qu’un fou qui vous écrit qu’il faut bien se réveiller un jour, et que le plus tôt est quand même le mieux, quand on est ni loirs ni faignasses. Debout les éveillés, comptez-vous ! Dans les couloirs souterrains des grandes cités métro-policés, les endormis, les  noyés, les possédés, la bande son du film dans les oreilles, les visions intérieures célestes en écran panoramique pour les plus vieux. On meurt au cinéma jusqu’au fond de la mine, les commentateurs sportifs accompagnent des paquebots entiers sur le Styx sur fond de harpes électroniques. Tous les jours que dieu fait ça se répète et les capacités d’accueil des abysses infernales semblent infinies. Mais le temps est proche, les justes seront relevés, et les enculés leur serviront de paillasson. Amen !

    En fait, je dis enculé persiste et signe parce que ça m’évite la fréquentation des hypocrites, les vrais enculés qui se reconnaissent sous ce pitoyable vocable. Mais un enculé c’est d’abord un obsédé du cul, et les femmes ne sont pas pour rien dans cette obsession. Les pauvres tapettes hétéros con-vaincus du con-traire sont indubitablement des enculés. La femme ne s’emmerde pas tant que ça en baisant, elle marque des points. Et c’est dans la théorie des cordes, symbole, qu’elle finit pas acculer l’homme. Acculer, encore une histoire de cul. Misère !

    Un enculé c’est un type qui se sert de son âme comme d’un airbag, comme une femme se sert de ses nichons. Après ça on craint plus vraiment le choc frontal avec la vérité. L’âme devient l’inconscient, et les rêves une réalité.

    This train dont pull no hypocrites and mother fuckers, no liars and false pretenders

    No one to ride it but the pure and Holly

    This train goes on to Glory !

    Rien ne sert de mourir, il faut partir à temps.

  • UA Sucker

     

    UA c’est l’Ukraine en langage international (sur le cul des bagnoles et la queue des avions)

    Dans ce pays comme dans tous les autres, on peut toujours trouver plus enculé que soi, ça va sans dire. Suis tombé, pas par hasard, sur un  de first class, king size, nec plus ultra-top du top. Un petit ingénieur de formation devenu l’une des cent personnalités les plus puissantes de l’art moderne d’après un magazine londonien. On peut rigoler, le type est un abruti fini, sincère comme pas deux menteurs, et con comme un panier. Mais un panier de provisions qui a su faire ses courses et pèse quelques milliards de dollars. Ceci explique cela ? écoutons-le "L'art moderne est l'une des forces révolutionnaires les plus puissantes. Notre devoir est montrer ce qu'il y a de plus neuf et de plus controversé" Et il montre des trucs de clowns des trois plus grands crétins de l’humanité que je prendrais même pas la peine de nommer si leurs noms n’étaient pas déjà comique en soi et le copier/coller si facile : le Britannique Damien Hirst, l'Américain Jeef Koons et le Japonais Takashi Murakami. Mais notre Victor Levovitch Pintchouk, Surnommé le "magnat de l'acier", possède aussi son petit empire médiatique: cinq télévisions et trois journaux nationaux. Tu m’en diras tant. "Ma génération a la grande chance de participer à la construction d'un nouveau pays. C'est sexy, c'est cool, qu’il a sorti l’autre soir chez la Baronne.

    Sa pute Olena, la fille du président Koutchma, ancien d’avant le putch européen dirige une fondation anti-sida qui a organisé sur la place centrale de Kiev des concerts de bienfaisance gratuits avec Elton John en 2007 et Paul McCartney en 2008, assez normal pour une pute (des goût de chiottes en R&B).

    C’est grâce à ces activités que not’ Pintchouk a fini par se faire une certaine réputation en Occident, premier Ukrainien à figurer en tant que particulier et pas homme politique sur la liste des cent personnes les plus influentes du monde établie par le magazine américain Time, ce repaire de hyènes bien placé pour juger de la valeur d’un chacal.

    Un moment tout à fait opportun pour relancer sa carrière politique, car notre Pintchouk a été député de 1998 à 2006, sans se faire particulièrement remarquer, mais il ne veut pas en entendre parler.

    "Les politiques ont besoin du pouvoir. Moi j'ai besoin de liberté".

    Comme De Gaulle en somme. Tout ces types feraient pitié, mais pas oublié que De Gaulle a fait assassiner froidement un Capitaine, sous les yeux de la république qui regardaient ailleurs, fonctionnaires médiatiques en tête, juges et personnel politique, sans parler de sa responsabilité dans les meurtres qui ont suivit sa politique d’abandon de l’Algérie  dont il fut le bras vengeur volontaire, mais passons sur ce passé sous silence. Pauvre type que ce De Gaulle du haut de ces deux mètres. Mais au moins n’était-il pas ridicule au point de trouver ça sexy ou cool ! se faire fusiller par une vieille baderne lâche et imbue d’elle-même, c’est une chose difficile certes, mais la passion que déploierait certainement un Pintchouk pourrait bien surpasser à mon avis celle des romains déjà pas très imaginatifs envers le Christ. La torture que de passer entre les mains de ce nazi polytechnicien ! Enfermé pendant une journée avec les œuvres des trois gougnafiers sus-nommés, là, j’avoue que c’est imparable. Un honnête homme aurait besoin de beaucoup de courage pour pas implorer l’achèvement par une balle dans la nuque.  

    L'art moderne, une des forces révolutionnaires les plus puissantes, c’est lui-même qui le dit, et je sais pas, mais j’ai envie de le croire, sur parole.

    Ce gamin de cinquante ans a certainement entendu je sais plus quel gourou poète existentialiste lui dire que la révolution, il fallait commencer par la faire en soi. Et comme tous les simples d’esprit il a entendu « Pour soi » et on peut pas lui donner tort puisque c’est EXACTEMENT ce que ça voulait dire. La révolution des droits de l’homme égoïste en somme, pour reprendre Marx.

    Ouais c’est cool ! Sexy même. Bougre d’Enculé à froid!

    Ce genre de type qu’on me le laisse une semaine et j’en fait un agneau du Christ. Juste réveiller son intelligence endormie ; je pense même pas que le knut serait nécessaire ou alors le petit. Non sérieux, même Pilate je me serais fait fort de le retourner mais ce pauvre Jésus dans l’état qu’il l’avait mis, qu’est-ce tu voulais qu’il fasse. Et puis c’était dans la prophétie, mais c’est fait maintenant et plus à faire alors que les Pilates et autres Caïphes se le tiennent pour dit.  Pas cool, pas sexy, autrement dit, et même pas fun ! Au trou les enculés !

    Et qu’on donne leurs privilèges et leur pognon aux pauvres. Après pour les politiques et les autres publicistes, qu’ils se recyclent dans la distribution des gratuits dans le métro, ça pourrait être plus utile au monde que leurs attouchements de tapettes en bourses épilés de New York à Londres ou Tokyo.

    A Paris, le bras de fer de  Sarcosette et les burnes socialistes tourne à la partouze comme toujours. Et le bon peuple mondial de suivre les ébats, les débats, les blablas de tout ce petit monde lesbien et gays comme des corneilles. Tous ces enculés qui n’ont même pas la décence de le faire en privé, comme De Gaulle et sa Charlotte, aux pommes !

    Qu’il publie donc cette ode à not’ bon maitre, le seigneur de la presse ukrainienne et après j’irais lui parler de l’art avec un petit L, le lard qui se fait pas sur la vérité. Et tiens puisqu’il a mon âge le gazier, je suis prêt à parier une bouteille de Latricière Chambertin que ce physiocrate est loin d’atteindre ma ligne de minceur éternelle. Suis le saint le plus mince de ma génération. Pas parmi les cent premiers!

    T’en veux de l’art, en vla !  

  • Orthodoxie Littéraire

    Les écrivains de talents se bousculent pas sur le Net. C’est dommage parce qu’ils y toucheraient du doigt une réalité publique plus importante : la réalité des hommes qui ont quelque chose à dire. Ces hommes-là, ne parlent guère et n’ont pas vraiment besoin de livres pour penser ce qu’ils pensent. En général, ils lisent pas, ni Marx ni Shakespeare et encore moins Balzac. Ce qui les rebute, c’est que l’écriture reste irrémédiablement une activité féminine. Mais qu’ils tombent sur un écrivain comme Céline qui les ensorcelle en les saoulant de ce qu’ils savent d’apprendre, expression un peu niaise pour dire que la vérité qu’ils ont acceptée les propage au devant de ce qu’ils lisent, ils reconnaissent plus qu’ils n’apprennent ce qu’ils savaient déjà par principe. L’hypothèse de Dieu n’a rien à voir avec les hypothèses de l’homme.

     

    Le cas du Céline d’après le Voyage est une exploration de cette vérité par petites touches. Des touches, c’est d’ailleurs son nom de famille à Céline, Destouches. Et à force de toucher, d’attoucher, d’énerver, de titiller la bête, quand il ferre, il attrape le poisson ! c’est une science halieutique ou herméneutique si on veut mais surtout apocalyptique. Bon vais pas vous le prouver, disons que je suis De Gaulle et vous me suivez les yeux fermés, mon immense silhouette vous cache la vue de toute façon. Le coup du « discours aux asticots », voilà ce qui sauve Céline aux yeux d’un homme et bon nombre de femme sont sensible à cette parole pas si impie qu’il y parait. Elles ne pensent d’ailleurs qu’à ça, les asticots, la pourriture qui guette leur beauté, réelle ou imaginaire, et elles ont naturellement une imagination très nourrie en horreur de ces petites bestioles rampantes et dévorantes à l’intérieur du cadavre, beurk ! La cathédrale de leur sexe fait écho aux paroles les plus folles et reflète les images les plus abominables ! Or cette imagination les protège de la peur qui ne peut pas se voir car fondée sur ce qui ne se voit pas : l’Esprit. Et pas d’image de cet esprit-là. Tu vois ou tu vois pas ce que je dis ? la parole est souillée, cassez-vous pas la tête. Céline le dit mais comme il le fait par la parole, c’est délicat et les bottes ferrées ou à talons hauts marchent à côté quand c’est pas carrément dessus, les grosses pompes sentimentales des adorateurs d’arabesques et de petite musiques.

     

    Aujourd’hui un type qui n’a vraiment que la parole pour être charitable, alors c’est sur le Nête, du latin neste le nid - et pas le filet ni la toile - qu’il doit écrire. C’est pas innocent, le Céline de Gallimard dit toute l’ordure du bonhomme éditeur, le roi du monde littéraire français, alors, je signe, moi Fodio avec Marc Edouard Nabe, la mort du roi de l’édition papier et vive le roi de l’édition du nid (forcément gratuite, l’art se vend pas comme une pute ou un savon, juste nourrir la bête et encore, pas trop richement), le nid royal où se doit de couver la vérité pour un jour éclore au grand jour et reprendre son envol vers la prophétie. Et que toute cette histoire ait un putain de sens, nom de dieu. Bonne Mère on dirait de Gaulle tout craché. Est-ce que c’est être politique que de vouloir se libérer de ses chaines par le biais de son art ? Responsable de ses paroles à partir d’où ? de l’imprimerie ? de la diffusion sur le ouaibe ? La manie juridique ne doit pas entacher la vérité, et le prophète dit la vérité, l’écrivain historique ne peut pas composer avec quelque pouvoir que ce soit, s’il ne le voit pas il est condamné à enfoncer des portes ouvertes pour l’éternité dans la fosse commune du temps, à finir comme Judas la corde de la parole autour du cou. 

     

    Un écrivain russe l’autre jour, j’ose pas trop le citer parce que c’est le pote du pote de mon pote mais comme c’est une star et qu’on le compare à Tolstoï, donc à la conf de presse à la bibliothèque du parlement( !) où m’a amené mon pote, le type explique qu’il a choisit de parler de la Russie actuelle par le biais d’une transposition historique sous la période du Tsar-je-sais-plus-lequel-mais-c’est-important, (après vérif, Yvan le Terrible) parce que personne aujourd’hui en Russie ne peut le faire selon lui. Qu’il veuille pas quitter son pays, c’est déjà un signe, pourtant la France est un pays très recherché, au top de je sais plus quel classement pour bobo, depuis cinq années consécutives même, la pure vérité. Sorokine, il publie ses traductions françaises chez Gallimard, mais bon, y avait aussi cet ukrainien (pas chez Gallimard mais tout comme) qui l’avait invité, le vrai pote de fac de mon pote, que j’ai lu ses romans, Kourkov, le pote de mon pote, une star locale aussi…bon on va y arriver. Bref, on dirait que je me suis levé et que j’ai demandé goguenard (ma tenue civile), vous savez que vous pouvez dire merde à votre gorille du kgb (son éditeur une sorte de King Kong avec des petits yeux de crocodile à sa droite) qui vous force à faire cette ridicule parade de capitaliste pour se remplir les poches sur votre bête. Si vous voulez $être libre$ (entre dollars ! je l’ai fait avec les mains comme on fait des parenthèses, je sais pas, ça m’a pris comme ça ! oulala, je me faisais un peu peur à moi-même pour dire vrai, mais j’ai continué sur ma lancée avec mon pote Sergueï qui traduisait en simultané au micro vu que moi j’ai plus besoin de micro depuis longtemps avec ma voix du tonnerre de dieu, donc pris dans le feu de la parole et mon idée à la con, où j’en étais ? oui, donc),  vous libérer de l’oppresseur politique Vladimir Vladimirovitch Poutine et faire une vraie révolution, commencez donc par lui demander des comptes sur le travail de Karl Marx qu’il a cyniquement rejeté après en avoir hérité le cadavre idéologique. La perspicacité du bonhomme Marx ainsi passée à la trappe, on peut se servir de lui comme un repoussoir. Mais repousser la vérité Monsieur Sorokine, ça ne peut pas être le travail d’un artiste peintre raté. (nous avait fait cet aveu un peu avant, tout penaudement, en omettant « raté » évidement) je me serais pas dégonflé, au contraire comme la grenouille je me serais embaudruché, allez donc faire un tour sur le ouaibe, au club Misogyn Paris et vous verrez ce que peut dire de la vérité un autre peintre raté. Vous dira qu’un peintre qui réussit, dans le ciné ou la littérature, du diable s’il est perdu pour la vérité.  Après je me rappelle plus trop, j’ai sorti mon tel en faisant semblant d’apprendre une terrible nouvelle et je suis parti en laissant mon pote traduire la dernière phrase : Pour un écrivain sérieux aujourd’hui être peintre est un atout majeur, voyez-vous ? là que j’ai sorti mon tel en écoutant bien mon pote qui allait dire « voyez-vous », que j’ai répété avec force gesticulation en montrant mes yeux et mon regard qui se promenait sur les personnes qui me regardait, gouailleurs pour les techniciens et sidérés pour le reste, j’ai une petite expérience de la scène alors j’improvise et bon je lâche enfin la bombe : l’écrivain, Mr Sorokine, doit-il choisir entre l’apocalypse et la mort ou se cacher dans les poubelles de l’histoire au risque de se vendre au dragon qu’il prétends combattre ? Et le temps que Sergueï Anatolievich traduise les derniers mots, j’étais à la porte d’où j’ai lancé d’une voix de stentor, Serge, prends des notes sur la réponse, ça m’intéresse, puis j’ai tiré ma révérence sous les huées ou les bravos, ou le silence, je sais plus. Le sketch ! Suis parti en grande conversation avec moi-même au tel, je faisais semblant que ma mère venait de mourir, et en plus c’était la parfaite vérité.

     

    Bon, ça s’est pas passé comme ça du tout parce j’ai eu les jetons de ma mère devant le fantastique éditeur simiesque qui causait plus fort et plus souvent que les deux écrivains apeurés à côté de lui. J’ai eu pitié, faut bien dire. Quant à Kourkhov, pas prétentieux, il m’a avoué le coup de l’actor studio, il était lui-même devenu le Président, son personnage, comme Flaubert et sa Bovary que je lui avais suggéré. Bon s’est rattrapé en me lâchant que son dernier roman prenait de la distance avec le personnage. C’est déjà ça, mais j’ai peur que ça devienne psychologique en diable son affaire. J’ai rien dit vu qu’on était pas seuls, un couillon venait chercher son autographe, business et fétichisme d’abord, ok ciao.

    On est allé boire des bières, dans un café littéraire de la rue Pouchkine, pour la nostalgie, avec mon pote, et la bière nous a réchauffé l’amitié. Un type qui se dit perdu pour tout avec une telle candeur on lui pardonne bien des lâchetés. Il aurait pourtant pas fallu beaucoup me pousser sur ce coup-là mais je veux croire que c’est la main de  dieu qui m’a retenu, un peu comme celle du diable a poussé celle de Maradona. 

    Allez qu’on envoie l’Apocalypse et qu’on en termine avec ces jérémiades ! Poutine et Ianoukovitch sont deux enculés de première et c’est un scoop pour personne. Si ces mecs-là devaient faire tirer une balle à tous ceux qui le disent, ça se saurait. Un peu plus enculés sont les peuples qui les ont élus. Mais eux ont-ils vraiment le choix ? ça reste à déterminer au coup par coup, sans méthode et petit à petit, comme l’oiseau qui fait son nid.

    L’Apocalypse ou la mort ! Sergueï, que j’ai fait à mon pote, t’es plus perdu pour tout le monde maintenant, je suis là, moi. Il a rigolé puis il a plongé dans le trou noir immense de l’escalier du métro avant d’aller se réfugier dans celui plus froid encore, sinon plus grand, de sa moitié. Tel un Lucky Luke hilare, j’ai enfourché mon canasson qui n’a pas manqué de me faire remarquer qu’il était temps de lui refaire une couleur. Et pourquoi pas en blanc ? que je lui ai fait. Il en a henni de plaisir malgré son cœur défaillant que j’attends toujours l’argent pour le faire opérer comme dans le bouquin de Kourkov, Le Dernier Amour du Président, etc.

     

    Bon, maintenant je peux attendre tranquillement la balle qui m’enverra au Paradis. Je serais sans doute responsable, mais pas coupable de ma mort, comme les chrétiens des premiers temps romains, au contraire des chrétiens assassins chefs d’Etats ou de gouvernements sus-cités, et tous les autres quels qu’ils soient, vivants ou mort, et tous les publicistes qui les soutiennent, journalistes, avocats, écrivains compris, sur le Nête ou pas et qui osent, toute honte bue, se dire responsable-mais-pas-coupable. Pas toujours responsables, soit, savent pas vraiment ce qu’ils font, mais indéniablement coupables, ces suppôts, à se prendre pour dieu, témoins les signes du temps, effacés sur leurs visages poudrés pour la caméra, et qui se voient toujours sans délai aux yeux du prophète.

     

    22:15 Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge!

    22:17 (…) Et que celui qui a soif vienne; que celui qui veut, prenne de l'eau de la vie, gratuitement.

     Apocalypse de saint Jean.

  • Hela Sanningen om…*

     

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    Mère  Svea de la Patrie

     

    Cette année la Suède prend la toute première place dans le classement débile des pays respectant le mieux la liberté de la presse. Traduire, dans ce pays, soit la presse s’auto censure, soit elle gouverne le pays ; Parions sur les deux. Pour y avoir vécu quelques années de ma jeunesse - jeune et con, je me croyais un homme je préférais les blondes, etc. -  j’avoue sans honte n’avoir jamais pris le moindre intérêt à lire les journaux suédois. Premier constat donc, la presse suédoise n’est lue que par les vieux cons. Mais comme devenu vieux con je ne la lis toujours pas, deuxième constat : elle est illisible.

     

    La liberté de la presse est une mauvaise blague. D’abord le journaliste n’existe pas, c’est un robot au service d’une entreprise laquelle se dirige comme un paquebot. Dire qu’elle n’aime pas les remous, les vagues. Que la mer en elle-même soit pourrie ne change rien à sa navigation mais que le pouvoir en place, n’importe lequel, s’agite un peu trop et c’est le naufrage. Licenciements, plan de redressement, faillite, reprise, refonte, etc. Dans ces conditions, les journalistes sur le ouaibe qui publient cette info pourraient au moins essayer de sortir de l’ornière , mais non, peuvent pas. Pour bien des raisons dont pas une ne rattrape l’autre. Sont collés à un mot : liberté. Savent même pas ce que c’est, la liberté, pour eux c’est juste un mot magique qui leur déclenche un rêve érotique et qu’ils expriment en statistiques (à chaque fois que je lis des stats, j’ai l’impression d’assister une éjaculation). 

    Les mots ne tuent pas, ils font bien pire.

    Ce sont les décrets qui tuent, les procurations, les condamnations, les actes légaux, les ordres d’attaques. Le problème des investigations quasi policières auxquels se livrent les journaux américains, par exemple, montre qu’en luttant sur le terrain de la loi, celle du marché en dernière instance, de l’offre et de la demande comme ultime loi du libéralisme socialiste ou républicain, tout le bazar juridique caché derrière n’étant que les fondations de ce mécanisme implacable qui équilibre l’humanité désormais entièrement/totalement/globalement et finalement soumise au droit du plus fort, en luttant sur ce terreau là on est sûr de s’embourber. Le droit ! comme ce mot pue l’hypocrisie humaine. Comme il aurait mieux valu l’appeler le gauche, le maladroit, le branque, l’erreur, la faute… le péché.

    Nous voici donc prisonniers d’une poignée d’abrutis qui s’imagine que la vie se réduit au bonheur qu’elle assimile au plaisir légal. Le pire est que cette bande de crétin ne fait que représenter le rêve de malade des citoyens du monde.

    Il n’est plus question de faire du journalisme ou de prendre les armes, il est question de dire la vérité. Que ceux qui ont des oreilles entendent, que les autres aillent se faire sodomiser ou sucer par leurs maitres.

    La suède est le pire pays libre et libéral qui soit en matière de liberté justement. Huit ou neuf millions de blondinets lobotomisés propres sur eux, tièdes à faire dégueuler le bon dieu, s’imaginent en cœur pouvoir donner des leçons de savoir-vivre au reste du monde et le pire, c’est que le reste du monde l’écoute. L’air de rien parce que ça reste un petit pays minable, mais avec gross respect tellement l’auto discipline qui émane de ce pays bien rangé l’inspire. Tout le respect qu’on aurait eu pour le national socialisme du Reichstag s’il avait eu l’heur de l’emporter militairement, celui qu’on a eu pour Staline ou Napoléon. La loi du plus fort est toujours la meilleure, même quand il arrive à ce plus fort de se planter, car elle lui survit et un autre plus fort vient faire sa loi. Qu’est-ce que ce genre de vérité, pourtant pas si nouvelle que ça pour les Français qui connaissent quand même un peu mieux Lafontaine que les Kirghizes ? 

    Le Suédois, c’est la force du Viking alliée à la bêtise du protestant, celui qui ne sait que compter. Et quand on sait compter, on sait aussi construire des immeubles fonctionnels, des infrastructures efficaces, nettoyer et laver son linge sale en famille, faire les courses à wall Street, torcher le cul des mômes élevés au rang d’idoles et payer les factures d’électricité des artistes gentiment subversifs. Pour assurer tout ce travail de bonne ménagère, un pays a besoin d’hommes forts, la pression est en effet énorme. Pas un hasard si les mafias américaines se constituent autour des entreprises de nettoyage. Le droit est une manie de femme ou de gangster, c’est sans doute pourquoi Balzac en homme de dieu a choisi l’art plutôt qu’une étude ou le barreau. 

    Tous les peuples sont femmes, disait je sais plus qui ; c’est pas tout à fait faux. C’est la manière dont ils se laissent gouverner qui révèle la femme en eux. Un homme digne de ce nom ne reconnait que la charité comme loi. Les invertis et les femmes n’ont qu’une peur, c’est de descendre seuls en enfer, raison pour laquelle ils aimeraient bien convaincre le monde entier que leur angoisse de liberté se résume à cafarder les magouilles de leurs homologues politiciens, encore plus couards qu’eux. Les politiciens, vous savez, ces couilles ramollies qui signent les décrets et pour lesquels vos fils iront un jour se faire couper les leurs en fines tranches ou dorer à point dans les antichambres de l’enfer que sont les déserts et leurs champs de pétrole. A moins qu’ils ne se fassent journalistes ! comme on se faisait curé, pour ne pas être soldat, quoiqu’en ait écrit la pédale Stendhal.

    D’ailleurs que le rouge et le noir flotte sur la Société Générale, rien de plus logique. Banquiers, politiciens, journalistes, archevêques, scientifiques, artistes, sont tous des anarchistes de foire d’exposition. L’argent n’est pas seulement le nerf de la guerre, il est surtout le liquide amniotique qui baigne et nourrit le fœtus de la bête humaine. L’épée de Christ en tranchant le lien générationnel vient transformer l’hémorragie sanglante et périodique féminine en liberté virile. La pitié de Jésus pour ses bourreaux, c’est ce qui s’appelle en avoir. L’anarchie du christ n’a rien de comparable avec celle des puissants à la tête du monde. Sa doctrine fondée sur la pitié et la charité ne conduit pas au libéralisme mais à la liberté, celle de connaitre la joie de vivre dans la vérité et l’absence de temps. Tous les compromis séculaires sont voués aux ténèbres, et plus ils sont hypocrites plus ils font la lumière sur leurs bassesse, leurs lâcheté, pour les cacher. Lumière aveuglante de Versailles et de son roi soleil pour faire oublier la cathédrale sombre et glacial de l’Etat où se les gèlent ses sujets, futurs citoyens du monde, entités légales d’aujourd’hui regroupés en petites chapelles identitaires pour se les réchauffer un poil. Dans les ténèbres pleines de la lumière artificielle d’écrans plus ou moins plats, plus ou moins géants ;  derrière l’œil de la caméra celui de la mort, toujours recommencée. Le temps d’exposition est relatif, comme l’espérance de vie.

     

    Allez, qu’on envoie l’Apocalypse et qu’on nous les brise plus avec la soi-disant liberté des petits rapporteurs. Quand le Figaro me publiera in extenso, quitte à ne pas citer la source, on en reparlera. En attendant, tous au trou ! les journalistes, pas leurs lecteurs, eux le sont déjà.

     

    Un cliché jaunis me reste du suédois, homme ou femme lisant son Dagens Nyheter ou son Svenska Dagbladet (rouge ou noir) glissé scrupuleusement chaque jour à l’aurore par la fente postale de la porte de son logis, bouffant des corn flakes ou du müsli avec des tartines de caviar en tubes métaphysiques sur du pain noir comme ses idées, prenant sa dose quotidienne de mots bienfaisants dans un silence de mort comme un shoot d’héro avant d’aller pointer au boulot. Le sourire que lui soutire la publicité est celui de la camarde. Pour l’avoir vu de mes yeux vus, et entendu de mes oreilles, le modèle scandinave c’est soupe à la grimace sur fond de chapelet de plaintes. Nous les suédois sommes le peuple plus ennuyeux de tous. Putain de moines, mère Svea, j’avais pas remarqué!

    Try harder**, c'est la devise de ces sous-yankees. ça foutrait presque un peu les jetons d'être constipé à ce point.

     

     

    * toute la vérité sur ...

    ** pousse plus fort!

  • Con Séquence

    Le goût des pédés nitchéens pour le récurage tous azimut s’illustre assez bien dans cette réflexion d’un directeur d’un institut culturel qui se faisait mousser devant un parterre de jeunes filles en fleur en déblatérant sur SA rentrée littéraire avec force soutien de la critique (critique dithyrambique par-ci, exécrable par là). J’ai fait remarquer que, comme l’avait souligné une écrivain qu’il avait invitée la semaine précédente, la critique est indigente. A quoi cet abruti a répondu l’air méprisant (parmi les deux ou trois airs qu’il prenait celui-ci revenait toujours entre deux airs illuminés) ha mais ça n’engage qu’elle (l’écrivain en question, alors qu’à l’occasion il s’était mis les yeux en trou de pine et la bouche en cœur pour lui demander où comment pourquoi et dans quelle position elle trouvait son inspiration !)

     C’est ça, ponce toujours mon Pilate que j’ai pensé, nettoie ta petite tache responsable-mais-pas-coupable de merde, nazillon cultureux. J’ai fermé ma gueule parce que l’institut en question héberge la Comédie de Balzac, enfin en partie seulement, hélas…

    J’ai noté d’autres perles de cet abruti prétentieux :

    -Le bouquin de Nothomb n’est pas bon mais c’est normal quand on sort un roman par an ça peut pas être un chef d’œuvre à chaque fois !

    -roman (un autre) à la sexualité indécise, pour être élégant !(et en effet, l’était tout endimanché le pingouin, ce que je trouvais un peu con en l’occurrence, mais j’ai compris pourquoi à la fin et c’était encore pire que ce que je croyais)

    - roman qui se lit vite… en une nuit !

    -on a parlé de déflagration littéraire pour ce roman, euh… (pause regard-au-plafond-cherche-la-vérité) j’irais pas jusque là !

    -roman qui mobilise un vocabulaire ceci-cela (ça revenait sans cesse cette métaphore guerrière)

    -ce roman est magnifique et peut donner envie de… pleurer, enfin je crois… (pas facile de garder son sérieux quand on entend ça hein !)

    -dans ce roman, pas de mièvreries, et je l’en remercie, y a rien de pire !

    -encore une fois (il l’a dit dix fois), c’est MA rentrée littéraire ! (air de fausse modestie exemplaire)

     

    ha oui ! Pour son déguisement, ça s’est passé comme ça qu’il causait de la nullité philosophique de B. Werber ou de M. Lévy, je sais plus, quand son portable à fait l’abeille, oui oui, qu’il a fait en tirant sur ses boutons de manchette, j’arrive tout de suite. L’a pris un sourire macabre pour dire qu’il allait être en retard à son rdv avec Sophie Marceau et Christofer Lambert, sourire ou la vanité brillait de toutes ses petites dents bien blanches de suce-nichon.

    Bon comme ça discutaillait encore et que je le voyais frétiller d’impatience, par charité et parce que je sais pas la fermer complètement, j’ai laissé tombé goguenard « Ha ça ! ça vaut pas Sophie Marceau ! » ça a fait rigoler tout le monde, sauf bien sûr Petit Pédé qui s’est enfui illico pour se réfugier dans sa limousine de ministre sans chauffeur, en rêvant sans doute aux nichons de l’actrice. C’est que les cons s’attirent en conséquence (sans jeux de mots).

     

    Ha j’allais oublier, j’ai mentionné Céline comme le plus grand écrivain du Xxème siècle quand on a commencé à poser le ténia Sartre sur le tapis, faut comprendre que j’allais pas laisser ces pauvres gamines se faire intoxiquer sans réagir, et le con de prendre sa petite revanche de vagin puant en lâchant : oui mais Céline a dit du mal des juifs, alors…! de l’air de dire : ça explique tout ! manque de bol, pour les ukrainiens ça explique rien du tout ; c’est pas qu’ils sont antisémites, ils sont simplement pas philosémites, nuance appréciable en l’occurrence.

  • Extrait d'Amertume

    Se penchant vers la petite paumée qui mate comme lui depuis quelques temps la même vitrine insane, il lui fait : ce serait possible de vous embrasser,  si c’était une question de vie ou de mort ?

    Elle, matant son profil redevenu attentif au vide, se donnant pas une ni deux secondes de réflexion répond : d’accord.

    Grosse pelle s’ensuit, passionnée apparemment puisque que de petits gloussements de douleur obscènes lui échappent, à lui, et oui ! ça te surprend ?

    Redevenus spectateurs l’un et l’autre, elle lâche après une mimique de satisfaction comme dans la pub Banania : c’est chouette.

    C’est chouette ?! qu’il interroge en exclamant. On dit plus ça depuis longtemps.

    Habon qu’elle demande et qu’est-ce qu’on dit alors ?

    C’est cool c’est bien c’est de la bombe de la balle, c’est choupinet, à la rigueur !

    Et les voilà repartis à se bouffer le museau sur fond de soupirs écœurant.

     

    Y a qu’au cinéma qu’on voit des conneries pareilles ? Allez, ça doit bien arriver sans arrêt ce genre de scènes lesbiennes et dans toutes les Babylone du monde où y a des cinémas. La vie n’est pas un songe mon pauvre Calderon, c’est des visions pour les jeunes cons et des rêves pour les vieux cons !  Le temps ne fait rien à l’affaire comme dit tonton, puisque c’est dans l’Ancien Testament. Les images qui parlent en revanche, ça, c’est dans le Nouveau. Dans l’Apocalypse de Jean pour être précis, il y est dit que tous ceux qui n’adorent pas ces icônes bavardes de la bête sont tués. Comme je suis toujours vivant, c’est louche. Que je me surveille un peu mieux peut-être !

     

    Allez, qu’on envoie l’Apocalypse après le petit café… et l’addition ! (sur le compte de qui vous savez, il ne se tire pas par la queue ces temps-ci)

  • bloggy birthday!

     

    satan fodio.GIF

    Sans mon pote qui m’a mis, va savoir pourquoi, un message sur mon premier billet, j’aurais pas percuté. Un an de gymnastique littéraire à la noix, ça s’arrose à la voditchka, tu crois ? pas trop mon truc les anniversaires, cela dit j’ai relu ce premier billet et je trouve rien à en dire. On se secoue allez, et qu’on envoie l’Apocalypse, pas s'emmerder pas avec les commémorations de mes deux.

     

  • Prière d'Insérer

    Comme je voudrais savoir écrire comme je parle à dieu, parfois !

     Seigneur, vous m’avez tout donné et je ne vous rends grâce de rien ; ou si peu. Pardonnez-moi! Que sais-je de ce qu’aurait été ma réaction à la douleur si je l’avais connu comme Jésus et tant d’autres avant et après lui ? ce que je sais,  m’avez donné un corps capable de lutter contre la douleur. Comment déjà ? oui, les antalgiques. Notre cerveau, ses récepteurs ou la dopamine qu’il fabrique lui-même, sommes sacrément équipés. Et souvenez-vous quand les frénétiques (voyez Jacky !) coliques néphrétiques de l’année dernière qui m’avaient surpris les méconnaissant m’ont fait croire à mon dernier supplice. D’aucuns parlent de douleurs supérieures à celles de l’accouchement, vous seul mon dieu savez el différenssia, el distingo.

     

     Mais il m’est apparu qu’il s’agissait surtout d’un combat de l’esprit, c'est-à-dire du mien. Accepter de vous remettre cet esprit comme l’a fait votre fils en dernière instance. Mais je l’ignorais Seigneur (savez bien où j’ai trouvé trois fois hélas ce savoir !) et pourtant c’est ce que j’ai fait.  Oui, m’en suis remis à vous, rappelez-vous, et j’ai accepté la joie au cœur, je crois, de vous rejoindre. Je crois me souvenir que la douleur s’est atténuée mais je crois aussi qu’elle a redoublé d’intensité sur le chemin de l’hôpital où m’attendait sagement une ampoule de morphine. Quatre heures douloureuses et qui pourtant me laissent un doux souvenir, celui d’avoir été près de vous.

     

     Mais pourquoi m’avoir fait si faible, est-ce que j’ai besoin de cette saloperie d’antidouleur opiacé ! Et me foutez pas les flics au cul Seigneur, j’ai déjà assez de soucis matériels comme ça. Car la vraie douleur par où vous pourriez me punir est là. Est-ce que j’ai besoin de tout ça mon dieu, de ce lit, cette bibliothèque, ce bureau, ces fenêtres, toutes ces briques, ce toit, ce jardin, ce pain, ce vin, ce fromage, cette bière, ces clopes et ces milliers de choses et d’animaux plus ou moins pensants qui m’entourent à chaque instant de ma vie ? non bien sûr ! un trou ! c’est tout ! c’est ça, voilà ! Un trou à rat ! … ou encore les étoiles, un désert, un palmier, douceur, calme, volupté… c’est tout vu, n’est-ce pas, voyez Satan, les fleurs du mal, le prince Charles en personne,  pour tout ça. Oui, je comprends, tout est là.

     

    Alors va pour le trou ! Pas trop humide si je puits me permettre et pour le froid, ayez pitié ! Mes larmes de reconnaissance se mêlent à ma prière. Et quel salaud j’ai été de vous avoir ignoré ! Enfin c’est du passé, j’aurais à vous en répondre, ça me va. L’essentiel est : je vous ai retrouvé.

     

    Une dernière chose, quand vous aurez pardonné à tous ceux dont je vous donne régulièrement les noms au cours de mes quotidiennes ablutions spirituelles, ces crétins qui ne savent pas le mal qu’ils me font, dans votre infinie miséricorde, ne serait-il pas arrogant de vous demander de pardonner aussi à ceux qui m’ont tant donné, si peu nombreux soient-ils, soyons juste, parce que je le valais bien. Ils se reconnaitront mais, si je devais inscrire leurs noms ici-même, sur ce blog où se pratique cette étrange gymnastique plus ou moins publique dont je suis AUSSI l’esprit, je ne doute pas que vous saurez me le faire savoir, d’une manière ou d’une autre, dans un passé futur, plus ou moins proche. Foi et raison Seigneur contre votre vérité.

     Voyez ce que je veux dire ou pas ?

    Mercy infiniment.

     

     

  • Très Honoré

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    L’homme s’épuise par deux actes instinctivement accomplis qui tarissent les sources de son existence. Deux verbes expriment toutes les formes que prennent ces deux causes de mort : VOULOIR et POUVOIR. Entre ces deux termes de l’action humaine il est une autre formule dont s’emparent les sages, et je lui dois le bonheur et ma longévité. VOULOIR nous brûle et POUVOIR nous détruit ; mais SAVOIR laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme. Ainsi le désir ou le vouloir est mort en moi, tué par la pensée ; le mouvement ou le pouvoir s’est résolu par le jeu naturel de mes organes. En deux mots, j’ai placé ma vie, non dans le cœur qui se brise, ou dans les sens qui s’émoussent ; mais dans le cerveau qui ne s’use pas et qui survit à tout. Rien d’excessif n’a froissé ni mon âme ni mon corps.

     Cependant j’ai vu le monde entier : mes pieds ont foulé les plus hautes montagnes de l’Asie et de l’Amérique, j’ai appris tous les langages humains, et j’ai vécu sous tous les régimes : j’ai prêté mon argent à un Chinois en prenant pour gage le corps de son père, j’ai dormi sous la tente de l’Arabe sur la foi de sa parole, j’ai signé des contrats dans toutes les capitales européennes, et j’ai laissé sans crainte mon or dans le wigham des sauvages, enfin j’ai tout obtenu parce que j’ai tout su dédaigner. Ma seule ambition a été de voir. Voir n’est-ce pas savoir ? Oh ! savoir, jeune homme, n’est-ce pas jouir intuitivement ? n’est-ce pas découvrir la substance même du fait et s’en emparer essentiellement ? Que reste-t-il d’une possession matérielle ? une idée.

     Jugez alors combien doit être belle la vie d’un homme qui, pouvant empreindre toutes les réalités dans sa pensée, transporte en son âme les sources du bonheur, en extrait mille voluptés idéales dépouillées des souillures terrestres. La pensée est la clef de tous les trésors, elle procure les joies de l’avare sans donner ses soucis. Aussi ai-je plané sur le monde, où mes plaisirs ont toujours été des jouissances intellectuelles. Mes débauches étaient la contemplation des mers, des peuples, des forêts, des montagnes !

     J’ai tout vu, mais tranquillement, sans fatigue ; je n’ai jamais rien désiré, j’ai tout attendu ; je me suis promené dans l’univers comme dans le jardin d’une habitation qui m’appartenait. Ce que les hommes appellent chagrins, amours, ambitions, revers, tristesse, sont pour moi des idées que je change en rêveries ; au lieu de les sentir, je les exprime, je les traduis ; au lieu de leur laisser dévorer ma vie, je les dramatise, je les développe, je m’en amuse comme de romans que je lirais par une vision intérieure. N’ayant jamais lassé mes organes, je jouis encore d’une santé robuste ; mon âme ayant hérité de toute la force dont je n’abusais pas, cette tête est encore mieux meublée que ne le sont mes magasins.

     Là, dit-il en se frappant le front, là sont les vrais millions. Je passe des journées délicieuses en jetant un regard intelligent dans le passé, j’évoque des pays entiers, des sites, des vues de l’Océan, des figures historiquement belles ! J’ai un sérail imaginaire où je possède toutes les femmes que je n’ai pas eues. Je revois souvent vos guerres, vos révolutions, et je les juge. Oh ! comment préférer de fébriles, de légères admirations pour quelques chairs plus ou moins colorées, pour des formes plus ou moins rondes ! comment préférer tous les désastres de vos volontés trompées à la faculté sublime de faire comparaître en soi l’univers, au plaisir immense de se mouvoir sans être garrotté par les liens du temps ni par les entraves de l’espace, au plaisir de tout embrasser, de tout voir, de se pencher sur le bord du monde pour interroger les autres sphères, pour écouter Dieu !

     Ceci, dit-il d’une voix éclatante en montrant la Peau de chagrin, est le pouvoir et le vouloir réunis. Là sont vos idées sociales, vos désirs excessifs, vos intempérances, vos joies qui tuent, vos douleurs qui font trop vivre ; car le mal n’est peut-être qu’un violent plaisir. Qui pourrait déterminer le point où la volupté devient un mal et celui où le mal est encore la volupté ? Les plus vives lumières du monde idéal ne caressent-elles pas la vue, tandis que les plus douces ténèbres du monde physique la blessent toujours ; le mot de Sagesse ne vient-il pas de savoir ? et qu’est-ce que la folie, sinon l’excès d’un vouloir ou d’un pouvoir ?

    —    Eh ! bien, oui, je veux vivre avec excès, dit l’inconnu en saisissant la Peau de chagrin.

  • Compromis, chose due!

     

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    La soirée du mois, et même de l’année qui sait, s’est enfin terminée. Le temps de mettre un pull et je vous raconte. C’est qu’on se les caille un peu at home depuis la privatisation du gaz (mon gaz à moi a quintuplé). Faut dire qu’ en plus de son caractère emprunté qu’il tient du Russe, l’Ukrainien est aussi enthousiaste, son côté slave, on boit jusqu’à se rompre mais les verres n’ont pas le dernier mot. Boire jusqu’à plus de verre à casser, voilà, c’est ça ! Bref, la soirée avec une romancière française s’est plutôt bien passée. Tiens, je m’aperçois que je ne sais rien de ces romans au fait… ha ! je sais, je pige,  tout ce bavardage du début sur l’auto fiction, je réalise là. Bon j’ai pris des notes vu que j’ai pas de miroir. De mémoire, pardon, même pas fait exprès, comme quoi le lapsus calami existe. Je vous ferai un topo plus fourni peut-être. En tous cas avec mes potes sur le trottoir en sortant on a bien rigolé. Siroje, un pote à Kourkov, le type dont j’ai parlé, la star littéraire du coin, me parlait de Lemonov, que Zakhar me tanne avec mais que pas trouvé de traduction pourtant le titre d’un de ces trucs est prometteur, c’est Serguei qui nous l’a balancé « Les Poètes Russes aiment les Gros Nègres » ça c’est du titre, pas comme l’autre péripatéticienne de mes deux (là je donne pas ses titres à elle parce que ça vous ferait marrer et puis que bon-ben-voilà-quoi !)

    Là j’aurais une putain d’anecdote, dans le film, comme elle dit (elle cadrait avec ses petites mains d’écrivain à plume) dans le sketch de notre rencontre que je dis, elle a été claire dès mon premier engagement (me souviens plus que quoi caisse) comme quoi on allait pas discuter que tous les deux, vu que…ben, bon, on était pas seul. Faites moi penser à vous parler de la fin, bref. Le plus fort c’est que Serge connaissait pas le double sens de nègre en français. Enfin si, mais il y avait pas pensé,  le con, enfin ça m’a paru comme ça,  alors je lui explique, bon il comprend qu’il a l’air con et du coup je continue, le GROS nègre Serge, celui qui t’encule tous les matins, que je fais en lui montrant le bras de mon braquemard. Ha ha ! Zack riait petit.  tous des pédés les poètes russes, comme les autres d'ailleurs, peut-être qu'il aura pigé ça le Lemonov, Brefle, sur ce on a dérivé et on s’est bien rattrapé sur Freud, d'un pédé l'autre. Là  j’ai fait un peu l’acteur en pleine impro, je lui ai servi tout frais sorti de l'usine à mon new pote Serge: Freud ! Ha mais c’est d’abord un païen, j’ai insisté trois fois, puis doucement j’ai repris un ton en dessous, juif , puis un ton plus grave au dessus : bochallemand (ça se dit mieux que ça s’écrit) et dans la foulée, je l’ai bien bien bien regardé dans les yeux, le Sirgé, et je lui ai fait en hurlant ET  UN PUTAIN DE BOURGEOIS DE SA RACE! Alors là, j’ai vu toute la charité de Serge en une seconde. Il m’a regardé et l'oeil et la voix humide m’a confié « tu sais, je reçois le rouge !

    Moi : ???

    lui : Besancenot !  le postier qu’il a dit en rigolant! haaaaaaaa ! je l’aurais pris dans mes bras. Sur ce, on s’est promis une virée chez Kourkouv le capitaliste pour le faire cracher sa vodka. Serge m’a même  proposé un rouge georgien que je connais, il sait mes origines. Pour Kourkov, je lui ai pas dit à Serge qui gazette à droite à gauche et dont l’écrivain favori français est Céline (te le jure sur la tête de  dieu, ça m’a fait chaud au cœur) Kourkov donc, ce pingouin, j’y reviendrai. Tu sais l’amour de dieu est incomparable à celui des hommes.

    Je m’aperçois que j’ai zappé l’anecdote de la pute. La péripatéticienne. C’est partis d’une question de l’assemblée (une trentaine de personne, majorité gonzesse pas chouette et vieux renards),  me souviens plus de la question, un truc sur l’auto communication un truc comme ça, ha oui, un truc sur la marche, l’inspiration comme quoi Nitche, bla bla, et moi, Nitche, tu sais où je me le mets, n'est-il pas, alors j’écoute pas trop et soudain je cling badaboum et je coupe tout ce bla bla en glissant l’air angélique et le fond aussi : une péripatéticienne en somme ! Ha ce con de Fodio ! rien que ça !  et là, notre vagin se crispe un peu, déjà que j’arrête pas de lâcher des bombes depuis un moment, bref, elle croit que je la traite de pute ! je te le jure sur ta tête ! et bon la voilà qui rumine à grands coup de maxillaires, elle prend un air mi offusqué mi happy (elle fait bien dans l’anglais de basse cour elle aussi) et me lâche d’un air définitivement sous contrôle, euh...j’irais pas jusque là… (les yeux qui papillonait, le sourire en biais, on aurait dit un mec) ha ha ! moi charitable comme pas deux, tu me connais, le cœur sur la main, tout de suite j’ai rétabli, en finesse, pas laisser le malentendu évoluer jusqu'à la phase finale, en rigolant à fond de l’intérieur, mais ça devait pas se voir normalement : oui, bon, enfin, je voulais plutôt parler des grecs, vous savez , la méthode, le chemin, tout ça, et me voilà à lui faire mon œil d’ange en faisant marcher mes petits doigts sur la tranche des bédés que je matais vaguement dans les temps morts (mon pote Zack qui a pu se faire trois albums du chat de Geluck à la fin m’a dit : c’est la plus écrivain ennuyeuse que j’ai jamais rencontré). Non mais sans dec, tu vois ça.? J’ai raconté à Yassin en sortant ; mais lui connaissait les péripatéticiens grecs ! en revanche il savait pas qu’on affuble les putes de chez nous de cet étrange vocable (qui veut dire marcher et donc suivre une méthode, Socrate, platon & co, ces tarés qui croient que la randonnée ouvre l’esprit. Si Aristote est un mec qui sort du lot comme je le crois il a bien dû en rigoler de cette affaire, tu me diras.)

    La roulette ukrainienne, finalement c’était bien vu (la photo le dit plus vite que moi)!  Mais le barillet de chez Chanel a fait plaisir à Zack, ha ha, n’empêche que comme il m’a dit : je te lis pas, je risque le licenciement abusif.!

    Il arrête pas de me le dire Zack, chez les Russes on fait n’importe quoi, m’a raconté comment Lemonov a fait trois ans de tôle chez Poutine, s’il y est pas encore. Ha! non ,il fait de la politique maintenant. Mais faire de la politique contre Poutine, dediou ça veut dire quelque chose. C’est avec les Kazaques qu’il s’est fait niqué le Lemonov, les armes de ses potes. Ha ça, qui veut vaincre par le glaive… soit je le lirai après Shakespeare.

     

    Bon ça se réchauffe dans la baraque. En passant je vais essayer de me faire sponsoriser la note de gaz par … par qui d’ailleurs ? c’est pas Gallimard qui me filerait du pognon pour écrire mes conneries, comme à Babette.

    M’en fout j’ai mes canards et j’emmerde les oies blanches.

    Ha ! Comment je me suis sauvé quand je l’ai vu qui me cherchait la Babette à la fin! Juste avant, un vieux renard est venu me trouver en me disant dans un français impeccable : j’ai bien aimé votre humour ou un truc comme ça. J’ai attendu un peu qu’il décompresse et je lui ai lâché, en rigolant, que pas du tout, j’ai aucun humour, j’étais très sérieux. Et prenant soudain un air de conspirateur bolchevik, je lui ai dit, vous savez d’où vient le mot humour ?  bon, toi tu le sais mais je préfère quand même demander, honnêtement. Et il a reconnu honnêtement que non. Quand je lui ai dit, il a… attends ! non ! il a fini par le trouver tout seul ! oui ! sacré Sergueï ! on est devenu de plus en plus pote sur ce coup-là. Me souviens aussi d’un regard méchant d’une femme en sortant, comme s’elle savait que je pige au Club Miso, mais ça m’étonnerait, j’étais justement entrain de dire un truc, mais quoi merde j’ai oublié. Dommage parce que je m’en suis ressouvenu sur le chemin du retour, d’ailleurs un peu arrosé comme tu dois l’avoir compris depuis un moment. Je bloque. Pas moyen ! ça devait pas être si important que ça.

    Ha ! oui, me rappelle qu’il m’a dit un truc sur la publication Sergueï. Connaissent pas Nabe ici. Moi non plus je publie pas, Gallimard ou sa descendance, je l’encule à distance, tu vois, je prends pas de gant pour se faire, on pourra pas me soupçonner d’avoir du tact, je prends pas le pognon du maquereau et les conneries que j’écris je les destine à dieu alors Gallimard tu m’as compris, serge ! Là je l’ai senti un peu dépassé Siroje, mais Zack, qui me connait mieux, s’est fendu d’un sourire entendu qui m’a fait chaud au cœur (Z est un chrétien du tonnerre). Té ! la propriété intellectuelle c’est le vol, suis un peu marxiste que je lui ai bourré un peu les côtes. Et j’ai hurlé dans les rues de Kiev un CAMARADE TOVARITCH qui nous a tous pliés en quatre. Le pouvoir en place a fait comme s’il avait rien entendu, pour dire. Et maintenant je pense à Balzac, parait que la route jusqu’au château est défoncée, tu parles d’un scoop, toutes les routes d‘Ukraine à part celle de l’aéroport de Kiev sont comme les couilles de Staline à l’heure d’aujourd’hui. Mais Balzac attendra... pour d’autres raisons. 

    Ha j’ai quand même réussi à lui demander si elle avait lu l’Apocalypse. Sur la tête de dieu !

    Al a fait la nana qui l’avait lu mais qu’elle allait pas m’en citer des passages. Toujours aussi modeste et charitable, j’ai pas insisté.

    Ha me revient encore la question d’une petite pas trop laide : bla bla bla  que serez-vous dans vingt ans ?

    La question qui tue !

    L’écrivaine : ha ! mais pardon, serais-je encore en vie (ha ha ! non mais quel esprit s’esclaffe l’assemblée) je résume vu les circonvolutions de fiasse, « mais je serais toujours aussi passionnée… »  Là je t’avoue franchement j’ai hésité dix bonnes secondes. Et puis comme j’avais déjà été mesquinement accroché par le pédé d’animateur, le crétin qui voit du freudisme dans le Lys dans la Vallée, comme il se doit pour un abruti nitchéen…ha merde je me rends compte que je l’ai raté celle-là, j’y reviendrai, bref j’ai eu la putain d’envie de lui demander si sa passion avait un rien, oh trois fois rien que j’aurais peut-être même rajouté pour la mettre à l’aise, à voir avec celle du Christ. Et puis je l’ai pas fait et j’ai bien fait, quoique… je crois que j’ai bien fait, vid närmare tänkande, comme on dit en sweedish, elle avait sa dose à ce moment-là et ça n’aurait rien apporté.

    Ha j’ai balancé les blinis aussi. C’était  la même questionneuse : Si vous pourrait plus écrire qu’est-ce que vous ferait, niveau français intermediate selon Oxford. Et la questionnée :  ha mais je serais morte peut-être ou un truc comme ça non en fait c’est parti d’une autre question d’un vieux renard qui lui demandait si c’était dangereux d’écrire, la tauromachie, tout ça, le jeu, j’ai un peu repris le truc sur la dangerosité en disant qu’on mourrait pas d’écrire ça se saurait genre et là on m’a fait les gros yeux quoi comment ha mais pardon ! tu parles de mes couilles là!  J’ai voulu parler de Céline, que certains écrivains étaient parfois embêté mais elle l’avait déjà fait disparaitre dans un chapeau, avec Shakespeare, qu’elle a pas su dire s’il était freudien ou pas , au contraire de Balzac, que son animateur couillon, qui doit être je crois le directeur de l’institut qu’il faudrait peut-être pas que je le massacre trop cette fiotte qu’il est foutu de m’interdire l’accès , bref lui , qui m’a sorti que Balzac était freudien, et que donc ou j’en étais-je ?  oui j’ai fait le mec cool , nooon, allons  sérieux c’est pas très dangereux d’écrire. Tu penses que j’avais bien envie d’en rajouter du genre « surtout ce que vous écrivez » mais même pas ! tout était dans le ton de ma voix en fait, je m’en rends compte maintenant que j’en cause. Enfin je lui ai surpris un regard vers le milieu qui n’était pas tout à fait contrôlé et qui me visait. Ha oui c’est quand je lui ai fait a propos de son christianisme qu’elle discutait qu’ayant eu une mère orthodoxe et un père catholique et un mari protestant ha ha ha… et j’ai fait ha ben il vous manque plus qu’un… j’ai cherché un peu, tout le monde attendait-il ?  un… en fait je cherchais vraiment un lien de parenté parce que pour la religion j’avais déjà trouvé et donc un oncle juif… ha ben justement qu’elle a fait, mon fiancé ! je te jure qu’elle a dit ça, mon fiancé, oui parce que j’ai divorcé, enfin ce serait trop long et c’est pas vraiment nian nian nian ! nan mais tu te rends compte ! un petit brouhaha s’est élevé du coup ma réplique est tombé à l’eau (voulais aussi parler d’un fils mahométan adoptif (pas oublié la troisième religion du Livre comme disent les bredins de la Fac de philo, mais bon, j’ai pas d’humour alors qui sait, on m’aurait pris au mot. En tout cas j’ai regretté parce que les deux potes qui bossent à l’IF sont marocains et algériens, un petit hommage en passant que ça m’aurait semblé mais j’ai même pas eu le temps de leur dire à la sortie, ça sera pour une autre fois (j’en rajoute un pneu vu que je soupçonne  Yassin de me lire en douce).

     

    Ha ! Cornegidouille ! je regrette pas d’avoir mis ma chemise capitaliste que m’a offert la fille de severe communists (moi aussi je truffe d’anglais, sale manie ça, mais il se trouve que la descendance des staliniens parle plus souvent l’anglais que le français, c’est un fait). Pour nous évidement ça fait pas une grosse différence. Sauf que pour Pascal je vois pas qui en dehors des français pourrait connaitre ? D’ailleurs les Français eux-mêmes ne savent strictement rien de ce branleur, et y a plus ni pari ni billet de cinq cent balles de francs. Pas plus mal même si pour le pari, bien entendu, rien n’a changé, bien au contraire! Bon en fait je dis ça rapport à la version que j’ai faite en anglais d’un texte qui parle de Pascal, mais bon, passons)

    Allez qu’on envoie l’Apoc et qu’on nous emmerde plus avec les philosophes, c’est bon, là, j’ai eu ma dose pour l’année.

    Goooooorkoooooooooo

    (dès que j’ai vraiment pigé le sens de ce mot j’vous raconte)

     Sur ce je devrais aller m’infuser du monde autour de moi, comme dit Babette (en vrai je bois ni thé ni tisane ni flotte, celle du puits à la rigueur, me surveille un peu, pas envie de devenir alcoolique comme mon beau-frère qu’a même plus droit au coq au vin ! du coq au vin, tiens en voilà une idée à la con (me rappelle Zack que je te l’ai scotché en lui disant que j’avais ni humour ni mémoire ni idées, mais ça, lui, il  sait que je pratique la gymnastique divine, littéraire, c’est pour dire… ha merde vla que je me rappelle un truc sur la littérature, ha non c’était a propos de Normale Sup, son école à la dame, et après languezo ! là j’ai fait un signe à Zack mais il était plongé dans Geluck , ceci dit je mets dix mille dollars que pas un de la bande a pigé et même pas l’autre singe que je peux pas nommer, enfin tu sais. Bref, Langues Orientales, d’où les séjours en Inde pour rechercher la roue du temps, la célèbre svastika, si chère à ce pauvre Adolphe, que  je dis pauvre vu que ça lui a pas porté chance au final sa solution. Mais Babette est tellement au dessus de tout ça, un peu comme Nitche et Spinoza, t’vois le genre, au-delà comme le journaliste ukrainien* à qui on a coupé la tête, mais ça, c’est le journalisme qui manque pas de couille et Babette est résolument une écrivain, rien à voir avec la politique ( elle a bien parlé de journalisme mais je serais pas étonné qu’elle en ait honte). C’est cul mais fallait le démontrer. Non sérieux je vais pas la balancer, donner son vrai nom, déjà qu’elle a évoqué la critique indigente française (sauf le Monde des livres, son totem apparemment) et moi qui ne suis ni indigent ni dieu en personne je me garderais bien de la critiquer, de toute façon elle s’en fout elle a dit, elle lâchera pas son sillon quoi qu’on en dise. Elle écrirait même sans lecteurs, c’est dire. Donc je donne pas de nom. Mais si elle veut en changer pour prendre le mien je suis prêt à revoir mon texte. Nan je déconne, je vois pas bien ce qu’une bovarisée vache sacrée pourrait trouver chez un blaireau dans mon genre.

     

    Ha ! oui, à un moment elle a dit textuellement ceci, en substance, « je signais, l’autre jour… » et là je me fais attentif, tiens je me dis, on va voir pour qui elle travaille vraiment, j’avais le pacte en tête tu penses bien ; donc elle signait quoi ?  ses livres ! dans une librairie parisienne en plus (alors qu’elle avait pris la peine de faire un laïus dès l’intro sur le PETIT milieu de l’édition parisienne (air entendu mille fois) qu’elle avait quitté pour garder son indépendance. Typique des gonzesse ça, se sauvent en courant avec pourtant, miracle féminin, un vache d’air dédaigneux). Voilà, c’est tout, elle a signé avec Gallimard, pauvre petite âme fragile, un pacte avec le diable. M’étonnerais pas d’un truc de cul dans cette affaire finalement (la belle avait 23 berges pour son premier roman à succès) Bah ! j’ai jamais été dupe non plus, note, dès le début je t’ai annoncé la couleur. Mais bon, vois-tu, ça me fait plutôt de la peine pour elle. En plus qu’elle s’est trouvée un feuj pour remplacer son protestant de mari, homme de sa vie comme il est encore dit dans le Monde. Bouh ! pas beau Fodio, quoi ? je dis la vérité, merde ! Le problème de ce genre de femme c’est que les marxistes shakespeariens dans notre genre, c’est en rêve et uniquement, quand elles en croisent un pour de vrai, elles croient pas leur yeux ni leurs oreilles. Pourtant c’est bien les seuls organes qui ne mentent pas chez elles.

     

    Dis-voir, c’est un peu long comme aphorisme tout ça, non ? Soit, on va en rester là..

     

     

     * à quoi on reconnait un journaliste qu’a des couilles en Ukraine ? à ses empruntes génitales !

  • Barillet Russe ou Roulette Ukrainienne

     

     

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    J’ai envie de m’amuser de mon droit de liberté, celui d’aller demander à un écrivain pourquoi il écrit pas des livres de recettes au lieu de s’inspirer de Nitche, de Breton ou de Bataille qui n’ont jamais eu rien d’autre à dire que des niaiseries pour étudiants attardés. Et puis elle est arrivée dans ma vie. Babette, une pute bobo qui écrit des romans sulfureux, parait-il. J’aurais pas le temps de les lire avant sa venue. Ce que j’en ai compris après ce petit topo des suce nichons du Monde : elle écrit sur elle-même, ses sentiments, son corps, ses élans, ses émotions ainsi que sur l'inspiration, la création, la solitude et le silence. L'écriture lui est une irrépressible nécessité pour voir clair en elle, et peut-être nous aider à voir clair en nous, alors tu vois clair en moi, si je lis sa prose, aurai-je diantre encore l’ombre du souffle d’un soupçon de la moindre envie de la rencontrer… une deuxième fois ? Bon, calme-toi, c’est public.

     Elle aurait un père angevin et une mère russe, la parigote de naissance, d’où son petit show chez les cosaques, elle doit avoir de la famille dans le coin. J’y vais avec des potes, à quatre on est pas encore une bande de cons mais on peut peut-être lui annoncer une bonne nouvelle comme les apôtres écrivains. Faut pas rêver, je la crois pas accessible au christianisme, d’ailleurs parait qu’elle va beaucoup en Inde, ça t’étonne ? Bon tout ça va tourner à la farce vu que j’ai lu qu’elle a publié des livres sur les parfums et sur les blinis de son grand-père russe. Ma question livre de recettes  risque de tomber à plat.

    Ha ! je sais, je vais lui demander si elle a lu Shakespeare. Pas si elle connait, pas con, tout le monde connait Shakespeare. Elisabeth B. , diriez-vous que Shakespeare est romantique ou baroque ou les deux et qu’avez-vous pensé de son œuvre ? Est-ce que Nitche a les couilles la charitable virilité chrétienne de Shakespeare ou est-ce que c’est comme Breton ou Bataille un  petit pédé existentialiste élevé sous la double paire de mamelles affection de sa femme et de sa sœur, famille ésotérique, très en dessous de la ceinture et au genoux de la morale à s’imaginer par-delà (la morale)?

    Un peu looonnnng comme question. Laisse tomber, vais juste lui demander si elle donne des cours particuliers pour les blinis. Faut commencer par s’infiltrer en douceur avant de s’introduire pour lâcher la bonne nouvelle.

    Un truc marrant ce serait de mettre une question qui tue avec cinq autres dans ma chapka et de lui proposer une petite roulette russe. Pas oublier de mélanger les papiers, le hasard est le dieu des imbéciles, (Nitche Breton Bataille & co).

    la suite demain inch alla

     

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  • Sorry Suckers!

     

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    Ha! mais pardon, c’est tout à fait ça, cette impression de passer ma vie à pardonner aux gens. Vais pas m’en plaindre, c’est moins tuant que de leur en vouloir. A la longue la charité rend la vie plus supportable. Ca dégage du temps pour s’activer, modestement et honnêtement, rendre grâce. Pour ma part je contemple beaucoup trop et suis trop près des saisons, rapport à la fermette qui me nourrit, mais c’est l’occasion d’un silence non pas intérieur mais bienvenu. Personne pour me courber la ligne de pensées. Les chiens s’amusent sans un cri quand je travaille aux foins et les chats quand je tape sur ma boite en plastique à l’intérieur. Le chat, pris dans le prisme de sa nature, goûte particulièrement le bruit d’une plume courant sur un papier. Ça lui rappelle la souris. C’est ce qui a conduit certains poètes par le passé à le voir comme une idée, ce petit félin, l’ami de l’écrivain, le mystère de l’esprit etc. Baudelaire, Prince des poètes libéraux, le moins romantique de cette engeance, lui, le savait bien que les chats sont pas comme les idées, ils SONT les idées. A la rigueur, ce sont les idées qui sont comme les chats. Chats comme chiens, te vous les savate plus souvent que les flatte, le temps qu’ils aient bien tout compris (faut parfois longtemps !). Les chats ont la sale manie de venir sur mes genoux chercher des caresses quand je tape sur ce foutu clavier, quand ils marchent pas crénom dessus (fautes de frappe mon minou). Et là, les idées se catapultent et le chat fait un bond de deux mètres. Dediou ! Vois franchement pas le rapport entre un clavier en plastique et une plume d’oie. Et puis j’ai envie de lui dire (me retiens à temps te rassure) Est-ce que Balzac a eu besoin d’idées pour écrire sa comédie, hein charogne !

    Par le tout puissant, pas envie que mon greffier me prenne pour un fou. Mon banquier passe encore, c’est un porc ! D’ailleurs pour lui, ça va être très douloureux de me pardonner. Mais est-ce qu’on nait banquier, non n’est-ce pas, on le devient. On peut devenir chrétien aussi, qui sait… la révélation. Qu’il lise donc l’Apocalypse comme je lui ai suggéré (mon banquier, pas mon chat) et je lui pardonne, comme aux autres. Vont bientôt devoir faire la queue pour me soutirer des indulgences, steux bande d’enculés !

     

  • Зима польза здесь

     

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    Dewpoint annoncé : 23°Fahrenheit , ce qui nous met le point de rosée à moins quatre degrés Celsuis de chez nous. Juste eu le temps de couvrir les courges que j’ai eu la flemme de rentrer avec le battage de maïs que j’ai eu la flemme de brûler. Comme quoi faut pas se précipiter. En attendant, suis au  chaud, merci Seigneur. Vu les dernières augmentions de tarif du gaz russe, je garantis pas que je vais passer l’hiver comme un bourgeois. Pour l’instant je rentre de la paille mais du bois serait plus judicieux. Le grand-père cosaque avait prévu le coup, l’a fait mettre une cheminé, au petit poil le truc. Comme c’est de la brique et que c’est construit au milieu de la maison ça court dans tous  les murs de tous les côtés, très astucieux. Mais vu le prix du bois, faut le voler dans la forêt et là on risque gros et j’ai abandonné ma tronçonneuse à un portugais, en plus, le con ! ( autant lui que moi d’ailleurs). Serait pas assez sec pour brûler de toute façons. Bref, moi qui prévoyais un hiver doux, on peut dire que je me suis mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Me faisait pas trop d’illuses non plus, c’était plutôt un vœux pieux. En revanche un petit miracle m’a mis en présence d’un cavalier ayant le même canasson que moi et parlant une langue que je maitrise. Du coup, se pourrait que je puisse atténuer les souffrances de mon dada pour l’hiver, ça serait pas du luxe. Un problème cardiaque, une membrane sensible au froid, le gars connait des chirurgiens. Hélas je peux pas le rentrer au chaud la bête. Alors je rentre de la paille.

    C’est l’hiver qui frappe à notre porte, mes amis ce soir oublions-le.

    Moui jodila na bered Katioucha na wikhod ti mana nad rekoï

    Bon, sais pas écrire en russe mais c’est a peu près ça. Si vraiment la musique vous tient à cœur chercher le Kazatchoc ou Katioucha en russe. Deux textes complètement différents sur le même air russe.

    Et maintenant, Gorko !

  • $ociali$m $uck$

     

     

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     "Bonjour, je m’appelle Adolphe Hitler. Dans les années trente et quarante nous avons niqué des millions de gens et rempli un nombre incalculable de cimetières. Tout ça n’est rien ! Laissez-moi vous parler d’un formidable moyen d’occuper les cimetières !

     (Trad. Fodio)

     

    From Mad Magazine. March, 1969

  • Lieutenant du Christ

    Il s’appelait Arsène De Crevoisier Goui de Bellocq Feuquières, on l’appelait Lieutenant Bellocq. Il avait un œil brillant et l’autre terne, comme le poison et la potion. Si on avait pu le tenir, on lui aurait massacré la gueule : mais quand on l’a finalement eu en face de nous, on voulait tous l’embrasser. Certains avaient les larmes aux yeux, d’autres le regardaient avec un air ébahis.

    Il avait été tout à fait exceptionnel durant l’attaque. Nous, ses hommes, on voyait bien qu’il prenait beaucoup trop de risques, mais ça payait alors on ne disait rien. On se racontait quand même ses exploits dans les moments calmes. Ce qui nous semblait le plus fort c’est qu’il ne tirait jamais, il semblait se contenter d’éviter les balles. Mais il nous conduisait exactement où il fallait pour surprendre l’ennemi et l’obliger à se rendre. Une rumeur circulait, invérifiable, qu’il n’avait pas de balles dans son chargeur.

    Quand on s’est retrouvé prisonniers, il a totalement changé d’attitude. Il est comme passé à l’ennemi. Il nous vidait des dizaines de chargeur au-dessus de la tête pour rigoler avec les officiers ennemis. Du coup il était bien traité et relativement libre. C’est à ce moment-là qu’on l’a détesté, on lui en voulait et on le jalousait, et certains n’ont pas manqué de l’insulter au passage. Il restait imperturbable. Comme ses geôliers n’étaient pas des enfants de cœur, ils ne l’acceptaient à leur table qu’en qualité de goûteur.

    Mais voilà, ça, on l’a su bien après, il avait réussi à mettre la main sur les capsules d’arsenic de certains des officiers de notre camp. Il s’est donné deux semaines pour s’accoutumer au poison, puis il a fait ce qu’il fallait pour que tous les officiers ennemis en mangent autant que lui. La dose devait être suffisante pour les rendre bien malades mais sans éveiller leur attention trop tôt. C’est ce qui s’est passé. Ils sont tous allés se coucher et c’est là qu’il nous a rejoint en nous disant d’être prêts à l’attaque. Vers une heure du matin quand du bruit a commencé de se faire entendre du côté des quartiers des officiers, nous avons lancé l’attaque. Il est reparti en première ligne et même si ça n’a pas été une partie de rigolade, en une heure on a repris le camp sans tirer un seul coup de feu. Privés de leurs chefs les soldats n’ont pas insisté trop longtemps.

    Comme j’étais caporal, je me suis approché de lui discrètement et je lui ai demandé comment il avait fait pour tromper tout le monde avec un tel brio.

    Caporal ; qu’il m’a demandé, vous êtes chrétien ?

    J’ai fait une moue dénuée d’ambigüité bien qu’exprimant le doute.

    Si vous étiez chrétien qu’il a poursuivi, et l’éclat de son œil sain m’a semblé redoubler d’intensité, vous sauriez que la mort n’est pas fatale puisque Jésus a ressuscité. La patience est le moyen de la vaincre. Préparez-vous à être désormais empoisonné par la paix. Et il s’est éloigné après m’avoir serré la main. Et soudain il s’est retourné et il a crié  patience  en levant les yeux au ciel. 

     

    Je n’ai jamais compris ses paroles mais je ne les ai jamais oubliées. Chaque fois que je rencontre un survivant de cette histoire, je lui demande comment il va. Tous jusqu’à présent m’ont fait la même réponse : l’ennui ronge leur vie. Et à chaque fois, je me surprends à dire, comme un poison ? Et tous d’acquiescer en silence.  

    C’est de là que j’ai décidé de lire la bible.

  • Think you’re in Heaven

     

     

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    De toutes les mauvaises raisons qui peuvent pousser un homme à se marier, c’est dans la bible qu’on trouve la meilleure :  pas être continuellement tenté. C’est par charité pour  lui-même qu’un chrétien pense à se marier, l’acceptation de son insuffisance à pouvoir échapper à la nature, et qu’en se mariant il se contient aux limites naturelles d’une seule femme. Laquelle il est supposé aimer (charité bien ordonnée) autant que son propre corps (aimer pas adorer, précision devenue indispensable en ces temps de paganisme lumineux). Le corps comme tout ce qui appartient à la nature est facilement enclin à devenir un objet de culte.

     

    On sait d’où vient ce désir de se soumettre au suicide par le vide en le prenant pour du plein. Un dieu tout puissant du plaisir comme Dyonisos ne promet que le tourbillon centrifuge ou centripète, explosif ou implosif, dans le vide sidéral ou trounoirdesque ! Le sens importe peu c’est l’accélération qui compte.

    Or, dans la ligne droite le sentiment de la vitesse disparait, le temps aussi donc (on peut comprendre l’’importance de l’accélération dans l’infiniment grand mais dans le tout petit on se pose de sérieuses questions, soyons honnêtes, sur un accélérateur de particules).

    Il s’agit d’essayer de faire le joint entre la relativité mathématique des extrêmes (de quoi !). Essayer de démontrer par une formule, qu’une autre formule est valide. Si on peut arrêter le temps, le temps de voir la trace d’une hésitation d’un soupçon de manque d’unité alors on a la preuve que c’est le temps qui fait tout. Pigez pas ? Normal ! On peut pas la dire avec des mots toute cette affaire parce qu’on entend tout de suite à quel point c’est foireux. Le temps d’arrêter le temps et t’as rien vu du tout, pendant ce temps. Einstein l’admet lui-même, peut pas en parler de sa formule, ce qu’il en dit ne correspond pas à ce que c’est en réalité. Dire espace-temps, relier l’espace au temps, exactement ce que je disais plus haut (le temps fait tout = le temps fait l’espace) c’est le postulat de base. Tous les animaux savent ça !  C’est la vitesse qui le leur dit ! vitesse permet de relier le temps à l’espace. Laissons les intelligences supérieures se concentrer sur la confusion entre espace/masse et vitesse/temps. Pas très clair ? lumineux pourtant. La vitesse de la lumière. Ça y est, vous voyez ? on pige parfois trop vite. Il est vrai que si nos neurones fonctionnaient autrement… l’électricité comme moyen de propulsion c’est écolo peut-être mais ça va pas vite. La lumière, voilà ce qui bouge le plus vite, comprenez ? mais c’est aussi ce qui voyage le plus mal, voyez ce que je veux dire ? Pas encore bien au point tout ça, ça reste même bien relatif.

     

    Pas au point ?  Parlons-en ! Le point est un cercle, si vous regardez bien vous finirez par le voir. Les particules élémentaires sont rondes, même si on les compare à des briques. Des briques rondes, ça fait rigolez. Alors donc le point le plus petit sera toujours un cercle, on est d’accord.

    C’est quoi ce petit décalage qui permet de voir la ligne droite dans l’allongement du point? La quadrature du cercle ? C’est comme si on était dans la ligne. On voit la tranche assez facilement, la sphère n’en parlons pas, mais la ligne droite, vraiment pas facile de la voir. Sûrement pour ça qu’il est si difficile de la décrire (et qu’on la courbe en équation mathématique). On a quand même l’intuition que l’infiniment petit ressemble à l’infiniment grand. Et ça c’est une sale blague parce que ça fait vraiment le trait le plus court d’un point à un autre. Sorte de ligne droite métaphorique ? un trait de l’Esprit ? peut-être. C’est quand même pas un hasard. Dieu ne joue pas aux dés, voyez le truc. Alors les mecs, des grecques ont l’esprit de trouver que des atomes tournent les uns autour des autres et de pauvres abrutis 2 ou 3 mille ans plus tard inventent un instrument pour le voir de leur yeux à eux, alors qu’il suffit de regarder les étoiles et le ciel pour comprendre. Mais bon les mathématiciens ne brillent guère par l’esprit. En plus ils ont tout le temps besoin d’être rassurés. Démontrer à tout prix. Même au prix de la vérité, là, c’est trop. Et la vérité c’est que l’esprit est beaucoup plus rapide que la lumière. Après, pas sûr que ce soit clair pour tout le monde.

    Comprendre trop tard, ha quel d’enfer !

     Quand il dit « peu d’élus » je me demande si c’est pas une litote de la part de Jésus.