mon compteur

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Fodio - Page 3

  • Satire Enfin

    Les policiers thérapeutes et les moralistes policés soutiennent volontiers que l’art de la satire tient à son iniquité. Mensonge absurde car du point de vue de la satire c’est la vie et les hommes qui sont iniques. Molière et Balzac sont deux exemples de satiristes dont l’excellence n’a d’égale que la perspicacité. On peut même affirmer sans craindre de se tromper que Balzac, dont le crétin Zola écrivit en 1881 que «Shakespeare seul a enfanté une humanité aussi large et aussi vivante.», que Balzac, donc, s’appuie sur Molière et que ce n’est pas par hasard s’il a choisi, pour nommer son œuvre, ce qui sert de cadre à celle de Molière : la Comédie. Pour Molière on est médecin malgré soi, ce qui fait qu’il se garde bien d’être moraliste et qu’il fait même tout pour l’éviter. Sans doute la force de Balzac vient de ce qu’il est le dernier artiste chrétien français non moraliste d’envergure si on veut bien excepter Léon Bloy, Georges Bernanos et Louis-Ferdinand Céline au vingtième siècle. Le médecin Céline un artiste chrétien ? J’ose dire que oui pour plusieurs raisons qui n’ont pas échappées à G. Bernanos lorsqu’il fit la critique du Voyage au bout de la nuit pour le Figaro en 1932 :

    « M. Céline scandalise. A ceci rien à dire, puisque Dieu l’a visiblement fait pour ça. Car il y a scandale et scandale. Le plus redoutable de tous, celui qui coûte encore le plus de sang et de larmes à notre espèce, c’est de lui masquer sa misère. Jamais cette misère n’a été plus pressante, plus efficace, plus savamment homicide, avec un tel caractère de diabolique nécessité, mais jamais aussi elle ne fut à ce point méconnue. Le grand seigneur d’autrefois pouvait vivre dans une opulence que l’abaissement de nos mœurs nous permet à peine d’imaginer. Il restait, par sa seigneurie, trop près de la terre, du peuple de la terre, de son peuple, pour risquer de montrer l’ignorance imbécile, béate, d’ailleurs repue d’enquêtes et de statistiques, de nos modernes bien-pensants. Nous disons qu’un palatin ou un boyard qui mangeait dans l’or, mais rendait lui-même la justice, et à l’occasion servait les pauvres et touchait les lépreux, en savait infiniment plus long sur la misère qu’un petit bourgeois de notre pays. Nous disons que des millions et des millions d’hommes meurent aujourd’hui sans avoir vu une fois, une seule fois le vrai visage de la Misère, la trogne horrible, le visage sacré de la Misère. En quoi les espèces de contremaîtres qu’une police vigilante filtre à la porte des usines nous renseignent-ils sur le prolétariat ? que diable les pauvres filles terrorisées de Pigalle peuvent-elles nous apprendre ? A lire les tirades ridicules de certains défenseurs de l’ordre, on comprend très bien que leur expérience de la Misère vaut celle qu’une demoiselle de magasin s’imagine avoir du grand monde. Quelle idée peuvent bien se faire de la Révolution ces gens-là ? Demain comme hier elle les trouvera occupés à astiquer soigneusement les buffleteries du gendarme, dans le ferme espoir que nulle révolution ne prévaudra contre un gendarme bien astiqué.

    Pour nous la question n’est pas de savoir si la peinture de M. Céline est atroce, nous demandons si elle est vraie. Elle l’est. Et plus vraie encore que la peinture ce langage inouï, comble du naturel et de l’artifice, inventé, créé de toutes pièces à l’exemple de celui de la tragédie, aussi loin que possible d’une reproduction servile du langage des misérables, mais justement pour exprimer ce que le langage des misérables ne saura jamais exprimer, leur âme puérile et sombre, la sombre enfance des misérables. Oui, telle est la part maudite, la part honteuse, la part réprouvée de notre peuple. Et certes, nous conviendrons volontiers qu’il est des images plus rassurantes de la société moderne, et par exemple l’image militaire : à droite les Bons Pauvres, gratifiés d’un galon de premier soldat, de l’autre côté les Mauvais, qu’on fourre au bloc… Seulement n’importe quel vieux prêtre de la Zone, auquel il arrive de confesser parfois les héros de M. Céline, vous dira que M. Céline a raison. […]

    En sorte que ce voyage au bout de la nuit n’est pas près de finir – mais on en verra sûrement le bout. Le bout de la nuit, c’est la douce pitié de Dieu […] c’est-à-dire la profonde, la profonde, la profonde Eternité. »

     

    Sans doute convient-il distinguer les moralistes du côté de la société et qui peuvent parfois apparaitre comme des anti-moralistes et ceux du côté des Ecritures qui s’érigent de fait contre la société puisqu’il n’est pas de royaume de dieu sur la terre.

    L’exemple type de l’artiste doublé d’un scientifique et qui n’est sans doute pas étranger à la puissance de Molière, c’est Shakespeare alias F. Bacon, grand théologien devant l’Eternel pour qui le plan social est régressif : il ne faut espérer aucun progrès moral ou politique. Rien ne dit qu'il n'y a pas eu, au moins dans le domaine des sciences naturelles et de leur usage, des civilisations plus avancées que la nôtre. Bacon/Shakespeare est d’ailleurs raccord avec un savant qui intéresse de près Balzac, Emanuel Swedenborg. Ce dernier comme Bacon/Shakespeare ne sépare pas le corps de l'âme, ayant compris que cette dissociation est une vue de l'esprit morale ou politique ; par conséquent on ne peut pas tirer de la Genèse, qui explique comment l'homme est devenu mortel, une leçon de morale, comme font beaucoup de juifs ou de chrétiens aujourd'hui. La morale n'est qu'un effet de notre condition de vifs-mortels. D'ailleurs nous ne choisissons pas telle ou telle morale, nous nous y soumettons ; elle nous est plus ou moins imposée par notre forme physique et par l'époque. Bacon et Swedenborg voient bien que le purgatoire, importé du paganisme romain, est une perspective juridique des plus hasardeuses. Il n'y a donc pas de morale chrétienne possible. Swedenborg disqualifie les interprétations morales de l'apocalypse ; la vision de Jean ne décrit pas la lutte du bien contre le mal, mais du mensonge contre la vérité, et ce n'est pas la même chose puisque la vérité n'a pas de caractère moral. La société requiert l'éthique ou la vertu, un point d’équilibre auquel elle ne parvient jamais à rester. "Le règne d'Auguste, avant d'être bénéfique aux citoyens de son Empire, commença par une période de répression cruelle, de sorte qu'Auguste n'aurait jamais dû régner, ou bien régner indéfiniment." dit Bacon pour signifier le mouvement absurde selon la vertu, de montagnes russes à l'infini. L'éthique est la bête de la terre.

    La mort n’est qu’un idéal social ou politique au sens où c'est une abstraction, un point de perspective, dont aucune institution morale ou politique ne peut se passer. Alors même qu'elle se renforce de la peur de la mort, la société ne mène personne nulle part ailleurs qu'à la mort : c'est le sens de la fameuse tirade de Hamlet, qui souligne ainsi l'absurdité de l'idéal social.

    Shakespeare comprend au XVIIe siècle que l'accroissement de la puissance des institutions politiques implique sur le plan collectif une résignation à la mort d'autant plus grande qu'il faut assurer la cohésion d'institutions plus vastes.

    Il comprend que la voie du salut et de la vie éternelle chrétienne va être obstruée par une science anthropologique, autrement dit une "éthique" qui, bien que née au sein de l'Eglise, renverse le cours de la spiritualité chrétienne, dont on peut dire qu'elle est un défi à la mort, celle-ci étant la rançon collective du péché.

     

    "Qui veut gagner sa vie la perdra !" affirme Jésus, ce qui revient bien à indiquer à la vie spirituelle un sens opposé à l'idéal social.

    Bien évidemment, la mort en tant que ressort social essentiel doit rester masquée, comme le tain du miroir est recouvert d'une pellicule brillante : ode à la joie, hymne à la vie, bonheur, avenir, sont autant de bannières mystiques destinées à cacher que la société est un plan incliné vers la mort. Des slogans plus mystérieux aujourd'hui qu'ils ne furent sans doute jamais. La quête désordonnée du plaisir ou du bonheur est un signe de détraquement politique.

     

    Bacon souligne dans un aphorisme le caractère idéologique de la mort, c'est-à-dire quasiment de "personne morale". En montrant qu'elle a moins de réalité physique que la douleur, que les gens du peuple ou les esclaves, qui y sont confrontés tout au long de leur vie, craignent plus que la mort elle-même, qui peut à la limite apparaître comme une douce détente. L'homme ne meurt pas, il s'use petit à petit. De même le corps social n'éclate pas brutalement, mais il se décompose petit à petit. La mort est quasiment une conception juridique faussée d'une réalité physique dans laquelle la subjectivité n'a pas de place. Elle est une conception du processus de vie et de mort épurée de la douleur.

    Lorsqu'il qualifie l'art abstrait de "refuge des lâches", L.-F. Céline est bien dans la suite de Shakespeare, qui a compris avant Karl Marx que la science juridique est un confort intellectuel. La règle est bel et bien un garde-fou macabre.

     

     Le cadavre ou la mort est une amélioration dans le sens où elle peut être prise comme une représentation abstraite plus esthétique du processus de vie et de mort, plus polie. L'art funéraire est ainsi conçu, comme une poétique de la mort. "Poésie" vient du grec "produire", production. La mort est le produit humain le plus raffiné. Si l'on considère la civilisation de manière réaliste comme un vernis ou un brillant, celui-ci est entièrement fait d'une esthétisation de la mort (la pyramide des Egyptiens est sans doute la plus belle formule de ce genre). "Sépulcres blanchis", "Laissez les morts enterrer les morts." : là encore on retrouve de la part de Jésus un dégoût de la mort égal à son dégoût du péché. 

     

    Aristote et Bacon sont tous deux matérialistes, c'est-à-dire qu’ils ne conçoivent les idées ou les concepts humains que comme des produits dérivés des formes ou phénomènes naturels. Le rapport avec la photographie, ou le reflet dans un miroir équivalent, c'est qu'il coïncide avec cette conscience superficielle des choses, au niveau du vernis ou du maquillage (de la mort), imprimée par l'inconscient collectif à tout un chacun, dès lors qu'il s'abstient d'esprit critique.

    Aux yeux d'Aristote, l'art commence avec l'esprit critique, quand il n'y a, au niveau de la production d'objets imités de la nature (qui atteint le niveau de l'abstraction dans la musique), qu'une bête répétition au service de la religion. La mort est une perception subjective, plus abstraite que la douleur. Le miroir est l'outil qui permet le rendu le plus subjectif de la nature ou des phénomènes naturels. Aristote constate en quelque sorte l'adéquation parfaite de la mort et de cet outil de mesure qu'est la réflexion. Tout est virtuel là-dedans, mais n'en est pas moins séduisant.

    Pour les besoins de la justification sociale, l'éthique et l'esthétique étouffent la critique, passant par des arts spéculatifs dont la vocation est de présenter la mort sous un jour favorable.

    Aristote tient les insectes pour les animaux les plus vils, dans l'ordre animal, parce qu'ils sont les plus virtuels ou éphémères. Démocrite dans le même sens prend la ruche et les abeilles pour symbole de la bêtise ou de la folie politique : ça fonctionne très bien, c'est très efficace, mais ça ne mène nulle part, et c'est la bêtise même de chaque élément qui rend l'ensemble efficace.

    C’est à la lumière de la poétique matérialiste d'Aristote et sa reconnaissance très ancienne que la charogne, sur le plan politique ou moral, peut avoir du charme, qu’on peut comprendre pourquoi ni Molière ni Balzac ni Céline et encore moins Shakespeare, et Marx à sa suite, ne sont des moralistes, mais d’authentiques hérauts chrétiens, forcément apocalyptiques. Seule la vérité les concerne et elle ne peut être qu’une et indivisible. L’apocalypse ou la mort, tel est le choix ultime, tout le reste n’est que de la branlette d’ectoplasme.  

  • Божественный мудрость*

    L’homme serait l’œuvre de Prométhée, façonné avec de la terre et des parties de divers animaux. Voulant accroitre le genre humain, ce titan dérobe le feu au char du Soleil à l’aide d’un faisceau de férules qu’il enflamme. Las ! au lieu de lui témoigner de la gratitude, les hommes dénoncent le forfait de Prométhée à Zeus, mais celui-ci s’en réjouit. Il décide en accord avec les autres dieux de faire présent aux hommes de la jeunesse éternelle ; mais ces derniers placent naïvement le précieux cadeau sur le dos d’un âne. Et voilà que l’animal assoiffé tombe sur un serpent près d’une source. Il négocie l’accès à l’eau et c’est ainsi que la faculté de se régénérer est passé bêtement de l’homme aux mains du reptile, si on peut dire.

    Sur ce, Prométhée pas très content décide de ruser avec Zeus en lui offrant un taureau farci d’ossements au lieu de bonne graisse. Comme en outre il essaye de violer Athéna, Zeus décide de lui tendre un piège. Il commande au fameux sculpteur Héphaïstos de fabriquer une femme, Pandora, dotée par chacun des dieux d’un don, le tout placé dans une cruche, le fameux vase de Pandore. Cette dernière a pour mission d’offrir le vase à Prométhée, mais le madré Titan refuse l’offrande et c’est son frère jumeau, le benêt Epiméthée, qui l’accepte. Aussitôt il ouvre le vase laissant s’échapper tous les malheurs et catastrophes enfermés dedans ne parvenant à y conserver que l’espérance placée tout au fond.

    Là-dessus, Zeus condamne Prométhée à être entravé à une colonne sur le mont Caucase. Là, un aigle vient lui dévorer le foie pendant le jour tandis que l’organe repousse pendant la nuit.

    Seul Héraclès parviendra à délivrer Prométhée de cette fâcheuse posture, transperçant l’aigle de ses flèches.    

    « Heureux qui a pu connaitre les causes des choses, foulé à ses pieds toute crainte, le destin inexorable, et le tumulte de l’Achéron avide. » 

     

    La fable de Prométhée est des plus importantes car elle fournit une explication au problème de l’origine de l’homme et de sa condition d’être mortel. Cette fable grecque présente de nombreuses analogies avec celle d’Adam et Eve. Prométhée signifie providence ; le titan agit en effet en démiurge pourvoyant aux besoins de l’homme.

    Non seulement l’homme trouve dans sa prudence un mobile suffisant pour vivre et s’organiser, mais de plus l’homme parait être le centre du monde qui de chaque chose trouve l’usage et récolte les fruits de la nature ; Les révolutions des astres servent à établir les calendriers ; les vents servent à la navigation, les animaux à la nourriture, etc. L’homme paraissant le but de la nature reflète donc Prométhée qui l’a créé. Le mélange de terre et de parties d’animaux rappelle que l’homme est de toutes les espèces de créatures vivantes sur la terre la plus composite et la plus complexe. Aussi l’homme fut-il nommé microcosme dans l’antiquité. Malgré cette place cruciale dans la nature, l’homme n’en serait pas moins démuni et privé de défenses sans le feu. Or le feu est justement « le secours des secours » que le titan Prométhée procure à sa créature par le moyen d’une férule, c’est-à-dire d’une baguette creuse. Cette image traduit l’idée de captation discrète de l’énergie du soleil par le corps humain, en même temps que la force percutante du feu. La dénonciation de Prométhée par les hommes est surprenante. Mais les hommes insatisfaits de leur condition, qui accusent la nature, sont les plus inventifs et artistes en réaction. Cette réaction plait d’ailleurs aux dieux qui de surcroît accordent à l’homme la jeunesse éternelle.

    L’épisode de l’âne indique que les anciens croyait le gain de la jeunesse éternelle possible, bien que difficile car la sagesse expérimentale progresse lentement, comme un âne. Par manque de persévérance elle peut divaguer. L’Art est long et la vie est brève se plaint ainsi Hippocrate.

    La fable énumère aussi les obstacles qui peuvent entraver le progrès et qui tiennent à la condition humaine. La religion est souvent hypocrite qui propose comme la ruse de Prométhée une offrande factice. Épiméthée représente le type d’homme qui cède à la volupté incarnée par Pandore œuvre du forgeron Héphaïstos.  Ce type d’homme parvient mieux à jouir mais son imprévoyance et son ignorance l’exposent à de cruelles désillusions. La volupté est toujours à l’origine des guerres, des bains de sang, de la tyrannie et des divers fléaux humains. Les disciples de Prométhée au contraire sont plus prudents écartant ainsi beaucoup de maux. Cependant ils ressentent plus cruellement les affres de la condition humaine ou du destin, qui les ronge intérieurement. Rares sont les hommes qui réunissent prudence et tranquillité d’esprit. Une telle vertu n’est pas innée chez Prométhée. Le plus grand crime de Prométhée qui lui vaut la lacération des entrailles est l’attentat à la pudeur d’Athéna.

    Souvent les hommes imbus de leurs sciences ou de leurs arts tentent d’assujettir la sagesse divine aux sens ou à la raison humaine.

     

    D’après F. Bacon, Illustré par Zombi ici

     

    * Divine Sagesse

  • Vérité et Honoré

    « Les Bureaux sont la grande fabrique des médiocrités nécessaires aux gouvernements pour maintenir la féodalité de l'argent sur laquelle s'appuie le contrat social actuel. »

     

    « … les boursiers, tous gens qui réservent leur foi pour croire qu'un chiffon de papier, nommé une inscription, vaut un domaine. Le Grand−livre est leur Bible. »

    Balzac

  • Boniment qui mal y pense

    Miroir dis-moi que tu m’aimes même si tu mens !

    C’est évidemment le mensonge qui nous enchaine, fait de nous des esclaves, mensonge sur nous-mêmes, illusions rassurantes qui nous font nous prendre pour mieux ou pire que nous sommes. C’est pourquoi la recherche de la vérité est un acte libérateur. Le mensonge est au fond une chose qu’enfant nous rencontrons très tôt. Personnellement j’ai été confronté il y a longtemps à une enfant d’un an qui  m’a menti effrontément. Après m’avoir frappé plus ou moins involontairement puis voyant qu’elle m’avait fait mal, elle fit semblant, et ce d’une manière trop naïve pour me tromper, de s’être fait mal à la main. On en sourirait. On ment pour sauver sa peau, par instinct de conservation. C’est beaucoup plus tard qu’on peut être amené à comprendre que la peau ne vaut rien en dehors de la vérité. Un exemple me vient à l’instant à l’oreille. Ma Pénélope me raconte qu’un collègue lui a fait une confidence comme quoi elle serait sa motivation, que si il avait eu une femme comme elle, il aurait pu beaucoup. Moi : et alors tu lui as répondu quoi ? elle : que si il attendait après une femme pour pouvoir quoi que ce soit il en serait pour ses frais sa vie durant et pour l’éternité. Moi : c’est assez vrai quoique si c’est le pouvoir qu’il veut, il a pas tort ; mais s’il veut connaitre la vérité et avoir la force de l’affronter alors en effet il ferait bien d’arrêter de rêver. La puissance est du côté du mensonge, du rêve, elle est illusoire, puissance d’argent ou musculaire, politique ou sexuelle. La véritable force est dans la vérité. Il faut retourner le miroir ; ouvrir les yeux de ces femmes, enfants et hommes trop faibles pour résister à leur miroir existentiel. Ces femmes et ces pédérastes qui vont baillant après l’amour comme des carpes après l’eau sur le gazon comme dirait l’efféminé Flaubert, et qui, cherchant en vain à être adorés comme des petits dieux par leur copain/copine sur fond d’électriques synthétiseurs rocheux en guise de violons romantiques, quand ce ne sont pas des gueuloirs artificiels emplis de fausses paroles et de faux serments, sont des êtres aliénés à leur image tel ces narcisses de banlieue qui photographient chaque instant de leur misérable vie d’esclaves comme si l’illusion de pouvoir arrêter le temps était la limite de leur imagination.

    Je crois que plus on est intelligent moins on est patient. Je dis ça parce qu’il m’a fallu longtemps pour lever un peu du voile mensonger dont j’ai été recouvert dès mon plus jeune âge et que je fais preuve en conséquence d’une grande patience envers mon entourage. Face à la vérité l’intelligence n’est d’aucun secours, il y faut la volonté et surtout la patience, celles de retourner ou briser le fatal miroir. Si quelqu'un a des oreilles, qu'il entende! Si quelqu'un mène en captivité, il ira en captivité; si quelqu'un tue par l'épée, il faut qu'il soit tué par l'épée. C'est ici la patience et la foi des saints. Apocalypse 13-10.

  • Vive la mariée!

    Vive la mariée!

    Si le génie demande beaucoup de patience, cette vertu de petit rentier, le mariage en exige des trésors.*

    Dans sa Physiologie du mariage, Balzac énonce trois principes qui doivent selon lui être l’âme de la conduite d’un mari. Le premier est de ne jamais croire à ce que dit sa femme ; le second est de ne jamais s’arrêter à la lettre mais de toujours chercher l’esprit de ses actions ; le troisième, ne pas oublier qu’une femme n’est jamais aussi bavarde que quand elle se tait, et n’agit jamais avec plus d’énergie que quand elle se repose. A partir de là, dit-il malicieusement, vous êtes comme un cavalier sur un cheval sournois que vous devez toujours regarder entre les deux oreilles sous peine d’être désarçonner. Il ajoute charitablement que la connaissance des ces principes n’est rien sans l’art de savoir les appliquer.

    Balzac ne manque pas de répéter dans cet ouvrage qu’il faut quand même être pas mal heurté pour se marier. Lui-même ne s’est d’ailleurs marié qu’à cinquante ans et comme il est mort dans l’année, on peut lui faire un peu crédit. En gros il ressort qu’on peut guère échapper à la minotaurisation féminine (totalitarisme, tyrannisme, etc.) sauf à devenir soi-même aussi sournois et hypocrite qu’une femme. D’ailleurs il n’hésite pas à déclarer que celui qui sait gouverner une femme peut gouverner une nation. A bien y regarder, il est vrai qu’il y a guère que les politiciens à bien savoir tenir leur femme mais c’est en vérité parce que c’est elle qui les tient.

    En passant, tout ce qu’il dit vaut pour les concubins d’aujourd’hui, le fait de vivre maritalement, de partager la couche et le frigo vaut bien un serment foireux devant un officier civil ou religieux. Comme l’a si bien dit Brassens, laissons le chant libre à l’oiseau. Le préférable semble encore laisser ouverte la porte de la cage tant la femme aime la liberté à proportion de la terreur qu’elle lui inspire.

    Pour l’Anglais, toujours sarcastique, un optimiste est celui qui croit que le mariage est un pari. Les Américains, cocus de naissance, pensent que là où il y mariage sans amour il y aura amour sans mariage.

    Les Marocains auraient un proverbe affirmant que deux choses ne peuvent être évitées, le mariage et la mort. Les Marocains ne sont pas chrétiens sinon ils sauraient que c’est précisément l’inverse.

    Les Russes, plus fins mais toujours trop fatalistes, disent que le mariage n'est pas une course, on arrive toujours à temps. Ça aura échappé à Balzac que sa femme ukrainienne a proprement crevé sous elle. Sans doute aura-t-il oublié avec l’âge que dans sa jeunesse il se moquait des maris, ces prédestinés.

    C’est à un français qu’on doit qu’au mariage et à la mort le diable fait tous ses efforts.

    Le savant suédois Swedenborg, qu’évoque si souvent Balzac dans sa Comédie Humaine, fait remarquer que Jésus fit son premier miracle aux noces de Cana. Le vrai mariage selon lui a lieu au Ciel, ceci pour les célibataires endurcis ou les maris cocus qui se rongeraient les sangs. Il invoque les noces de Christ et de son Eglise spirituelle comme modèle. Qu’un Suédois soit aussi spirituel qu’un français ne laisse pas de me surprendre, mais l’Esprit ne souffle-t-il pas où il veut.

    On voit par-là que l’abruti romantique Chamfort qui affirme que l'amour plaît plus que le mariage, par la raison que les romans sont plus amusants que l'histoire, devait avoir des ascendances marocaines car c’est encore une fois exactement le contraire. Le mariage est un roman, bon ou mauvais, vrai ou faux, et l’amour la source de l’histoire du monde et de l’univers comme la sagesse des Anciens nous le rappellent, eux qui virent en Cupidon l’œuf de la nuit.

    Chez le Grec Homère on retrouve l’opposition de deux personnages, comme deux options offertes à l’homme, Achille et Ulysse. Le premier va se faire une méga colère de cocu, Agamemnon lui ayant soufflé sa Briséis. Comme tous les cocus, pétris d’honneur, toujours assoiffé de gloire, alors même qu’il a récupéré sa femme, ira s’en trouver une autre, Polyxène, que cet amour par trop politique (c’est une troyenne) conduira au suicide. Achille aux pieds agiles mourra (d’une flèche dans le pied, comme une vengeance de Cupidon) dans les bras d’Ulysse en souhaitant être un vulgum pecus vivant plutôt qu’un héros mort, le sombre crétin, cocu jusqu’au bout. Ulysse, quant à lui, connu pour sa mètis, son intelligence rusée, plus résolu et mieux armé contre la prédestination en générale et celle des maris en particulier, laisse en toute confiance sa Pénélope tisser son astuce contre ses prétendants ayant lui-même plus important à faire. Son retour à Cythère/Ithaque, où il trouvera une mort douce et heureuse longtemps après avoir massacré la horde des impétrants, semble être l’intuition préchrétienne d’Homère que liberté et vérité ensemble ne sont rien si elles ne viennent de l’amour et y retournent. Entre temps la vie n’est pas de tout repos, il s’en faut de beaucoup.

    Le dernier mot revient à Shakespeare : "Le mariage est une sottise faite à deux, puis une galère à trois et plus."

    Par Héra, les vrais mariages viennent de commencer, allez viens pépère, on va se ranger des andouillers !

     

    *si quelqu’un mène en captivité il ira en captivité (…). C’est ici la patience et la foi des saints. Apocalypse13-10

  • Chienne de vie.

    Une docte lady gagaïa* s’exprime :

    « Ainsi, lors d’un déséquilibre entre les valeurs féminines et masculines, le patriarcat, qui s’est imposé à travers nos religions, nos systèmes de croyances et nos modes d’organisation, aurait doucement évincé l’archétype essentiel de la Déesse mère. Cet archétype ultra-puissant dans les sociétés dites primitives représente à la fois la générosité de la Terre, l’abondance de la mère protectrice et cette foi inconditionnelle qu’il y a assez pour tous. »

     

    Foi inconditionnelle ? la première condition que posent les déesses mères est de tuer et mourir pour elles. Leur propre survie est à ce prix, celui du sang dont elles ne sont jamais rassasiées..

    Générosité de la Terre (Gaïa)? il n’y a qu’à regarder vivre une meute de hyènes pour constater que quand y en a pas assez pour tous, et ça finit toujours par se produire (la générosité des  déesses mères en termes de reproduction se pose un peu là !), c’est le plus cruel qui bouffe et survit tandis que les autres crèvent. Voilà le sens véritable de la mère souteneur, la maquerelle du plus féroce ; avec elle, la loi du plus fort/intelligent est toujours la meilleure (les lemmings semblent se suicider, leur trop grand nombre provoquant des bousculades mortelles, les invasions barbares ont-elles d'autres mobiles que la multiplication?)

    Le patriarcat (entendre hébreux, chrétiens, mahométistes) n’a nullement évincé les déesses mères dans la douceur, il a dû lutter avec persévérance contre des hommes réduit à l’état de bêtes par le culte belliqueux et expansionniste de ce qui les asservissait. Toute la violence contenue dans le testament juif est là pour le rappeler. Quant à nos modes d’organisation, on peut guère faire plus féminisés, nos sociétés sont de véritables colonies épicènes, des fourmilières ou des ruches asexuées.

    Nous faire croire que la nature est une gentille maman qui donne sans compter, bonne mère ! Les anthropoïdes socialo-écolos qui tiennent l’homme pour un empêcheur de jardiner, qu’ils commencent donc par se sacrifier eux-mêmes, « mourrez donc les premiers, nous vous cédons le pas », comme dit l’autre. Si l’homme est le cancer du monde, si les métastases humaines tumorisent, carcinomisent, sarcomisent, un minimum d’honnêteté implique d’imputer cette responsabilité à qui de facto. Le « croissez multipliez » de la Genèse ne peut pas s’adresser à Adam et Eve puisqu’ils ne sont pas supposés copuler et se reproduire à ce moment-là. C’est la responsabilité des clercs et de leur église institutionnelle (qui se torche avec les Ecritures et n’a rien à voir avec l’épouse de Christ qui est une Eglise de l’Esprit), d’avoir détourné le sens de cette parole divine. Nulle part le Christ n’incite à la reproduction, c’est même carrément le contraire puisqu’il demande à ses apôtres d’abandonner femmes et enfants et bien sûr recommande l’abstinence sexuelle. Si le fils de l’homme fait des miracles de guérison, c’est parce qu’il est aussi fils de dieu et dieu lui-même et ne veut pas la douleur pour lui ni pour ses créatures, parce qu’elle conduit à la peur de la mort et cette peur est issue d’une idée naturelle, celle que la mort est la fin de l’homme, c’est à dire son but. Le christianisme n’est donc pas une religion au sens d’une illusion sociale rassurante, y a qu’à lire l’Apocalypse de Jean pour s’en convaincre. Le christianisme, qui vient perfectionner le judaïsme, ce que le mahométanisme après lui ne fait pas, est eschatologique ou il n’est pas.

    Il faut être aussi bête qu’une femme pour croire qu’on donne la vie à un homme, on lui donne d’abord la mort. Les soi-disant athées, les prétendus agnostiques qui flageolent au seuil du grand départ, comme ils disent romantiquement, ne songent alors guère à remercier leur mère pour le don de la vie, ils la maudiraient plutôt d’avoir à s’en séparer, car c’est toujours et en toutes choses la fin qui est intéressante. Tuer le temps en attendant est une activité morbide de femelle dont le but est un éternel et ignoble recommencement. Saturne est un dieu plombé, froid et taciturne chronique.

    En s'efforçant d’imiter la nature impitoyable, en déployant un zèle imbécile pour entrer dans son plan, on ne fait qu’aiguiser l’appétit de la Faucheuse, la baiser sur les dents. Voilà à quoi la religion laïque, démocrate-chrétienne ou républicaine vautrée dans le cinéma et la sociologie, fait penser : une chorégraphie funèbre de chiennes savantes en chaleur apprêtées pour un immonde holocauste.


    *que j'explique pour les étrangers, allusion à Gaïa, THE déesse mère par excellence et à gaga : dont les facultés intellectuelles sont presque éteintes, qui retombent en enfance, imitation du bredouillement enfantin et proximité avec les mots gâteux, gâtés, comme les fruits pourris ou les enfants mal élevés.




  • D'une chimère l'autre.

    D’une chimère l’autre.

     

    Au risque de  paraitre léger, sachant comme il est dur de lever les yeux au ciel quand tant de dispositions nous incitent à les baisser, quand tant d’idées nous lacèrent l’intelligence comme les chats, nous laissant froids, des idées qui travaillent pour elles-mêmes et dorment le plus clair du temps, cultivant son petit rêve, que chacun sa petite notion derrière la tête, sa petite araignée au plafond, sa représentation en propre de la divinité de sa personne, oui, au risque de paraitre ridicule, j’avoue, je le confesse, j’ai jamais eu beaucoup d’esprit. Comme tout le monde j’ai souhaité en faire montre et secrètement envié les types supérieurs avant de comprendre que l’ignorance est loin d’en être le signe d’un manque ni le savoir son origine.

    Ça rigole pas beaucoup dans la Bible, convenons-en, on y trouve pourtant un trait d’esprit fait par le Christ en personne. Le célèbre jeu de mot sur le nom de l’apôtre Pierre, appelé d’ailleurs Simon et que Jésus « rebaptise » et que sur cette Pierre il bâtira son Eglise (jeu de mot attesté en grec, bien qu’il y ait question sur la langue utilisée par Jésus, tout le monde étant alors plus ou moins polyglotte, tour de Babel oblige !). Il faut donc être un moine un peu borné et lâche ou extrêmement hypocrite visant l’évêché, la pompe, les ors du Vatican, pour ne pas entendre que cette Eglise ne peut être une institution architecturée, concrétisée. Bref, le Christ fait probablement de l’esprit, cette seule saillie, cette boutade, pas par hasard, loin s’en faut. On a beau être bien prévenu par l’Ancien et le Nouveau Testament contre le verbe humain, force est de constater qu’on a difficilement résisté au cours du temps au discours religieux visant à disculper la fondation, l’édification d’Eglises réelles et matérielles aussi spirituelles qu’un pet de nonne après sexte. Force aussi est d’admettre que ceux qui se sont élevés contre ces discours avaient au moins l’esprit de pas se situer à l’intérieur de ces Eglises. Dieu a d’ailleurs mis un point final à ces délires en révélant à Jean sur l’ile de Patmos que les sept Eglises d’orient étaient peu ou prou dans l’erreur et que la romaine était une prostituée, vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles, tenant dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution.  

    Le peuple ignorant, dont je fais partie, est donc loin de manquer d’esprit quand il rejette pape et soupape de sécurité, car c’est bien dans un souci d’ordre social contraire à l’esprit chrétien que cette machine s’est construite. Quant au peuple savant et nanti, il ne fait que protéger ses privilèges de parvenu et tout le sel de ses discours ne sert qu’à en dissimuler la fadeur et l’amertume, voire l’acidité et la puanteur.

    Le docteur Sigmund Fuck aurait eu l’inspiration de prescrire le suicide aux maux de ses patients qu’il les aurait pas mieux guéris de leur folie. Les cures de sommeil de la psychiatrie moderne sont d’ailleurs la traduction littérale de cet esprit assoupi et morbide que dénonce Shakespeare (bien avant le prophète boboche et son inconscient de pacotille) par la bouche d’Hamlet : mourir, dormir, rêver peut-être, là est l’obstacle ! Sommeil et folie sont aussi proches de la mort qu’on peut l’être et les rêves ne font que traduire la veulerie des rêveurs, leur fascination naturelle pour le repos éternel, là où tout est calme, luxe et volupté, le cimetière bien-aimé au sein duquel ils s’imaginent qu’ils n’auront plus à répondre de leur ignominie, leurs turpitudes, leurs défections, leurs désertions. Si les rêves ont une fonction, nous fait savoir Shakespeare en substance, c’est celle de nous prévenir contre la paresse de l’esprit qui nous éloigne de la vérité. Ils sont le miroir tendu à la flaccidité de notre conscience. Hamlet réfléchit pas, il pense et agit. Sa folie réfléchit celle des puissants qui l’entourent et cherchent à le tromper. Molière fait la même chose avec son théâtre où les marionnettes sont des femmes affectées, des bourgeois pondéreux, arides, atrabilaires, mesquins, des aristos cyniques, des cagots hypocrites, des malades imaginaires pris dans les rets de leurs rêves, possédés par leur fonction, leur office, leur ministère.

    Tandis que Pénélope rêve sur son métier, Ulysse s’emploie à trucider du cyclope sur le chemin du retour. Au moins a-t-elle la sagesse de lui rester fidèle et de défaire la nuit ce qu’elle fait le jour. Précisément ce que font les rêves. 

  • Révélation.

    Révélation.

    Entre une cousine envoutée par les pentecôtistes amerloques et un cousin par les gadgets modernes, je peine à dire qui est le plus spirituel. En effet mon cousin pratique l’humour en professionnel, il vend je sais pas trop quoi d’indispensable mais en vérité c’est son humour qu’on lui achète, cash. Tous les deux ont donc vendu leur âme au diable, leur esprit si vous préférez. L’une au nom de la Bible, l’autre au nom de la bourse. L’une croit qu’elle croit, l’autre qu’il ne croit pas, tous les deux ont la foi. L’une espère en une vie éternelle, l’autre a une espérance de vie, l’une veut nous rendre béat, l’autre nous faire rire. Certes l’une croit connaitre sa religion alors que l’autre ignore la sienne, il croit qu’il en a pas. J’avoue me sentir plus proche de ma cousine qui manque totalement de talent, comme moi. Pour autant que je me souvienne, elle est quand même riche d’une paire de nichons qu’a pas dû lui être inutile dans ce monde. Me rappelle même qu’elle avait épousé un beau militaire qui devait trouver là un réconfort à la vie de caserne. Avec le temps elle aura changé de secte, du sabre au goupillon, pas folle la guêpe. Quant à mon cousin qui me faisait rire quand on était mômes il est devenu taciturne, vaguement angoissé, genre bourdon. Il garde ses vannes pour ses clients, ça lui rapporte plus. Sauf quand il s’agit de ma cousine, là il se défoule. On dirait qu’il lui en veut. Mais quoi, elle aurait pu se faire pute (comme lui) et devenir aussi riche. Ils auraient communié ensemble à genoux devant saint Pognon, au nom du BRIC du CAC et du cinq pour cent. Elle aurait même pu lui faire un prix sur les pipes, l’esprit de famille.

    Quant à moi c’est pire que tout, je daube devant mon écran (derrière y a rien), j’ai pas d’humour, pas de nichons et je crois en rien, et c’est la pure vérité. D’ailleurs y a que ça qui m’intéresse la vérité. Je peux pas dire que j’y crois, ce serait con, ou c’est vrai ou c’est une embrouille. On me dira oui mais avec le temps… tout ça… justement j’y crois pas au temps, c’est qu'une illusion. On peut découper ça en petits ou en gros morceaux, ça rend pas le truc plus vrai. Idem pour la mort, j’y crois pas. En revanche l’éternité je sais que ça existe. Comment je le sais ? qu’un type aussi médiocre que moi sans le moindre talent puisse la concevoir, déjà si c’est pas la preuve. L’éternité, je le dis pour les types intelligents qui en douteraient, y a que ça de vrai !

    Ha oui on m’objectera aussi l’espace, le coup du cône vu de dessus qui fait un cercle alors qu’il fait un triangle vu de côté. Et alors, ça reste un cône, non ! Mettez-vous bien dans la tête que la vérité est éternelle. La théorie du big bang, c’est que du vent qui pue. peut-être que dieu ne joue pas aux dès, je peux pas dire, mais une chose est sûre, il pète, et ça, croyez-moi, c’est que les emmerdements sont pas loin.

    Voilà, maintenant allez lire ça, vous aurez pas perdu votre temps.

  • Vains Cons

    Vains Cons.

    Pas su résister aussi bien que mon pote Lapinos à la mystique du bonheur qu’il démonte sans la moindre équivoque dans sa dernière note, ici. Sans doute parce que mon vieux y était entièrement soumis. Jamais trouvé personne pour critiquer ce truc, le bonheur. Mes lectures ne m’ont été d’aucune aide. Ni Platon, Gide, Faulkner, Steinbeck, Zola, Maupassant, Stendhal, Hugo, Flaubert, Hemingway, Mauriac, San Antonio, Astérix, Pif gadget, Mickey, Tintin, bref, rien ni personne pour me dire la vérité avant trente ans. Il y aurait bien eu Balzac, Shakespeare ou Marx mais pour une raison qui m’échappe, je n’ai découvert ces hérauts chrétiens que très tard. Toute mon éducation s’est soldée par ce conseil maternel fatal, cette solution finale : du moment que tu es heureux !

    Dieu merci, aujourd’hui je me fous pas mal de savoir si je suis heureux ou non. Tiens, l’autre jour en feuilletant Psychologies Magazine je tombe sur une enquête portant sur la virilité de nos jours, vue par les hommes eux-mêmes. Après avoir lu en diagonale les révélations attendues, douceur/sensibilité/féminité (y en a même eu un pour dire que son maître en virilité était sa mère !) je tombe sur l’argument ultime qui fait consensus pour tous ces vir : se sentir bien dans sa peau ! être un homme pour toutes ces couilles molles, c’est ça ! Mon premier réflexe a été d’éclater de rire, mais en voyant la mine renfrognée des quelques gonzesses autour de moi j’ai ravalé mon rire.

    Après, c’est toute l’hypocrisie ou la bêtise féminine, elles viennent se plaindre qu’on ne trouve plus de vrais hommes aujourd’hui, alors que c’est elles-mêmes, avec leur morale à la con, qui les ont fait aussi empruntés et postiches tel qu’une prothèse les remplace avantageusement !

    Bien sûr Lapinos va beaucoup plus loin que moi, et je doute qu’une femme puisse entendre les vérités que sa charité lui préconise de divulguer, mais s’il se trouve encore des mecs avec un peu de sang froid, je les encourage vivement à lire et relire cet antidote fatal au poison féminin, ce parfait apocalyptique.

    Hommes de partout et d’ailleurs, gravez-vous dans la cervelle ce conseil du dernier des hérauts : Soulever l’épée de Hamlet et entrez en guerre spirituelle contre la pourriture avant qu’elle ne vous transforme en faux derches, vains culs, vrais cons, etc. !    

  • Pubard!

    Une comptine assez apocalyptique à voir sur Au Trou !? ici.

     

    Adieu !

    Aujourd’hui sera le dernier jour de mon existence

    La dernière fois que je ferme les yeux

    Mon dernier silence

    J’ai longtemps chercher la solution à ces nuisances

    Ça m’apparait maintenant comme une évidence

    Fini d’être une photocopie

    Fini la monotonie

    La lobotomie

    Aujourd’hui je mettrai ni ma chemise ni ma cravate

    J’irai pas jusqu’au travail

    Je donnerai pas la patte

    Adieu les employés de bureau et leur vie bien rangée

    Si tu pouvais rater la tienne ça les arrangerait

    Ça prendrait un peu de place dans leur cerveau étriqué

    Ça les conforterait dans leur médiocrité

    Adieu les représentants grassouillets

    Qui boivent jamais d’eau comme s’ils voulaient pas se mouiller

    Les commerciaux qui sentent l’after-shave et le cassoulet

    Mets de la mayonnaise sur leur malette ils se la boufferaient

    Adieu, adieu les vieux comptables séniles

    Adieu les secrétaires débiles et leurs discussions stériles

    Adieu les jeunes cadres fraichement diplômés

    Qu’empileraient les cadavres pour arriver jusqu’au sommet

    Adieu tous ces grands PDG

    Essaie d’ouvrir ton parachute doré quand tu te fais défenestrer

    Ils font leur beurre sur les salariés désespérés

    Ils jouent les vierges effarouchées quand ils se font séquestrer

    Tous ces fils de quelqu’un ces fils d’une pute noble

    Qui partagent les trois quarts des richesses du globe

    Adieu ces petits patrons ces beaufs embourgeoisés

    Qui grattent les RTT pour payer leur vacances d’été

    Adieu les ouvriers ces produits périmés

    C’est la loi du marché mon pote

    T’es bon qu’à te faire virer

    Ça t’empêchera t’engraisser ta gamine affreuse

    Qui se fera sauter par un pompier qui va finir coiffeuse

    Adieu la campagne et ses familles crasseuses

    Proches du porc au point d’attraper la fièvre aphteuse

    Toutes ces vieilles ces commères qui se bouffent entre elles

    Ces vieux radins et leurs économies de bout de chandelle

    Adieu cette France profonde

    Profondément stupide cupide inutile putride

    C’est fini vous êtes en retard d’un siècle

    Plus personne a besoin de vos bandes d’incestes

    Adieu tous ces gens prétentieux dans la capitale

    Qu’essaient de prouver qu’ils valent mieux que toi

    Chaque fois qu’il te parlent

    Tous ces connards dans la pub dans la finance

    Dans la com dans la télé dans la musique dans la mode

    ces parisiens jamais contents médisant faussement cultivés

    à peine intelligents

    ces répliquants qui pensent avoir le monopole du bon goût

    qui regardent la province d’un œil méprisant

    adieu les sudistes abrutis par leur soleil cuisants

    leur seul but dans la vie c’est la troisième mi-temps

    acceuillants soi-disant

    ils te baisent avec le sourire

    tu peux le voir à leur façon de conduire

    adieu adieu ces nouveaux facistes

    qui justifient leur vie de merde par des idéaux racistes

    devenu néo-nazi parce que t’avais aucune passion

    au lieu de jouer les SS trouve une occupation

    adieu les piranhas dans leur banlieue

    qui voient pas plus loin que le bout de leur haine

    au point qu’ils se bouffent entre eux

    qui deviennent agressifs une fois qu’ils sont à douze

    seuls ils lèverairent pas le petit doigt dans un combat de pouces

    adieu les jeunes moyens les pires de tous

    ces baltringues supportent pas la moindre petite secousse

    adieu les fils de bourge qui possèdent tout mais savent pas quoi en faire

    donne leur l’Eden ils en font un enfer

    adieu tous ces profs dépressifs

    t’as raté ta propre vie comment tu comptes élever mes fils

    adieu les grévistes et leur CGT

    qui passent moins de temps à chercher des solutions que des slogans pétés

    qui fouettent la défaite du survet’ au visage

    qui transforment n’importe quelle manif en fête au village

    adieu les journalistes qui font dire ce qu’ils veulent aux images

    qui vendraient leur propre mère pour écouler quelques tirages

    adieu la ménagère devant son écran

    prête à gober la merde qu’on lui jette entre les dents

    qui pose pas de question tant qu’elle consomme

    qui s’étonne même plus de se faire cogner par son homme

    adieu ces associations bien pensantes

    ces dictateurs de la bonne conscience

    bien contents qu’on leur fasse du tort

    c’est à celui qui condamnera le plus fort

    adieu lesbiennes refoulées surexcitées

    qui cherchent dans leur féminité une raison d’exister

    adieu ceux qui vivent à travers leur sexualité

    danser sur des chariots c’est ça votre fierté ?

    les bisounours et leur pouvoir de l’arc-en-ciel

    qui voudraient me faire croire qu’être hétéro c’est a l’ancienne

    tellement tellement susceptibles

    pour prouver que t’es pas homophobes

    faudra bientôt que tu suces des types

    adieu ma nation tous ces incapables dans les administrations

    ces rois de l’inaction

    avec leurs bâtiments qui donnent envie de vomir

    qui font exprès d’ouvrir à des heures où personne peut venir

    Mêêh tous ces moutons pathétiques

    Tu changes une fonction dans leurs logiciels ils se mettent au chômage technique

    A peu près le même QI que ces saletés de flics

    Qui savent pas construire une phrase en dehors de leur sales répliques

    Adieu les politiques en parler serait perdre mon temps

    Tout le système est complètement incompétent

    Adieu les sectes les religieux

    Ceux qui voudraient m’imposer des règles pour que je vive mieux

    Adieu les poivrots qui rentrent jamais chez eux

    Qui préfèrent se faire enculer par la française des jeux

    Adieu les banquiers véreux le monde leur appartient

    Adieu tous les pigeons qui leur mangent dans la main

    Je comprends que j’ai rien à faire ici quand je branche la 1

    Adieu la France de Joséphine ange gardien

    Adieu les hippies leur naïveté qui changera rien

    Adieu les SM libertins et tous ces gens malsains

    Adieu ces pseudos artistes engagés

    Pleins de banalités démagogues dans la trachée

    Ecouter des chanteurs faire la morale ça me fait chier

    Essaie d’écrire des bonnes paroles avant de la prêcher

    Adieu les petits mongols ki sav ercire qu’en AbréG

    Adieu les sans papiers les clochards tous ces sales déchets

    Je les hais les sportifs les hooligans dans les stades

    Les citadins les bouseux dans leur étable

    Les marginaux les gens respectables les chômeurs

    Les emplois stables les génies les gens passables

    De la plus grande crapule à la médaille du mérite

    De la première dame au dernier trav du pays 

     

    Ces « titis parisiens » comme dit Lapinos, c’est encore ce qu’on fait de plus déluré.

    Est-ce que ces petits veaux vont renverser la vache sacrée ?

     

     

    Les mecs fashion sont plus pédés que la moyenne des phoques

    Les vieux rêvent d’être mort sont nostalgique de la bonne vieille époque

    Les jeunes sont complètement paumés donc ils prennent des drogues

    Les plus jeunes sont cons sont bons qu’à faire des blogs !

    Tu vas rester sur la touche si tu bouges trop lentement

    C’est la course on a tous du mal à suivre le changement

    Pour suivre le mouvement c’est du taf à plein temps

    Je suis en retard tout le temps

    Comme cette salope de lapin blanc !

     

    les rappeurs cainris donnent les mêmes conseils que mes parents fais ce que tu veux dans la vie mais fait de l'argent !

    Bien vu la critique! Ces branleurs essaient de trouver l'équilibre comme ils disent, bonjour la quête de balance! Enfin, sont plus réveillés que le reste du troupeau, pas leur enlever ça.

  • F outrage de gueule

    Le sperme est la dernière tendance culinaire à la mode. A la mode de con ! … La disposition à l’anthropophagie se développe naturellement en physiocratie. La mode est déjà une manie de cannibale, en soi. Bref, les spiteuses (celle qui n’avalent pas) sont d’ors et déjà mises au ban. Vive les avaleuses ! le sperme est un aliment très nutritif et peu calorique : chaque éjaculation contient du fructose, des protéines, des minéraux (magnésium, phosphore, potassium) et des vitamines (B12, C), pour seulement quinze calories. En plus il rendrait heureux : selon une étude de la State University of New York, les femmes qui ont été en contact avec le sperme de leur partenaire sont plus heureuses que les autres. Alors pourquoi se priver ?

    Une ménagère confesse s’en servir pour son café du matin. La journaliste qui mène une enquête sérieuse ( !) sur le goût du sperme n’a pas pu interroger le mari.

    Un type de San Francisco a sorti un bouquin de recettes.

    Des sexologues viennent pour rassurer que c’est un aliment sain, stérile, sans danger.

    Des voix parlent même d’éradiquer la faim dans le monde.

    Les branleurs frénétiques voient se profiler une vie délivrée du labeur, plus besoin de travailler pour se nourrir.

    Voici enfin se lever une aube nouvelle sur une humanité délivrée du péché d’Eve et de l’atroce condition humaine.

    Cependant, comme ça met en danger l’exploitation de l’homme par l’homme, je serais pas surpris qu’une campagne éthique vienne saper cette bonne nouvelle. Reste à trouver l’argument imparable. J’en vois bien un, mais je voudrais pas fournir des armes ni d’un côté ni de l’autre, vu qu’exploiteurs et exploités travaillent dans le même sens, comme tenons et mortaises.

    En substance, il est assez évident que manger du sperme rend con, toutes les chattes vous le diront, c’est dans la nature des choses.

    Le serpent, devenu fine gueule, ne se mord plus la queue, il se la suce pour mieux la déguster.

    Et les jusque-boutistes de conclure qu’il n’y aurait plus de sperme pour la reproduction de l’espèce humaine. C’est les écolos qui seraient content, la terre enfin délivrée du cancer humain. Si j’étais romancier de science fiction, dieu m’en préserve, voilà un scénario de fin du monde on ne peut plus fécond. Je vois même la fin pleine d’espoir, une émission de branlette échappant à la voracité du dernier homme tombant dans les mains d’un humain d’une autre galaxie, des milliards de spermato sauvés… et tout serait à recommencer.

    Fichtre, me demande si on m’aurait pas fait manger du foutre à mon insu.

  • Infernale cinécratie sociale

    Dans son dernier documoqueur en 2009, Michael Moore pose, ou fait semblant de poser la question, de savoir si le capitalisme est un péché et par là-même si Jésus était un capitaliste. Sa conclusion est sans appel, en bon catholique il répond qu’on ne peut être chrétien et capitaliste parce qu’on ne peut aimer à la fois son prochain et son argent. Rendons à césar ce qui appartient à César…

    En bon catholique ? Moore ne semble pas avoir lu le dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse de Jean dans lequel il est explicitement fait allusion à l’aspect satanique du cinéma (13:15 Et il lui fut donné d'animer l'image de la bête, afin que l'image de la bête parlât, et qu'elle fît que tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête fussent tués.).

    Il peut sembler étrange au profane qu’un chrétien s’en prenne à un autre chrétien. C’est qu’il n’y a pas de demi-vérité, ça reviendrait à adorer des demi-dieux. Ce que Moore révèle dans ses films, c’est l’injustice sociale, par où il lui semble lutter pour une justice sociale, alors que c’est toute la société que Jésus condamne, (pas de royaume de dieu sur la terre, celui qui veut gagner sa vie la perdra) et en sauvant un voleur et assassin sur la croix (un antisocial pour le moins). Moore pourrait aussi lire dans l’épitre de Jude, ceci :

    1:17 Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des choses annoncées d'avance par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ.

    1:18 Ils vous disaient qu'au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies;

    Et un peu plus loin,

     1:22 Reprenez les uns, ceux qui contestent;

    1:23 sauvez-en d'autres en les arrachant du feu; et pour d'autres encore, ayez une pitié mêlée de crainte […].

    Au lieu de se faire mousser au festival de Cannes, le dodu Moore (dont le corps reflète l’âme croyant peser sur le plateau de la balance de Saint Michel, l’archange du Jugement) ferait donc bien de se méfier des brûlots qu’il répand (et vend !) au nom du Christ sous l’oriflamme de Satan.

    Je crains un peu pour lui, ainsi va ma pitié.

    Allez, qu’on envoie l’apocalypse et qu’on ne parle plus de chrétiens cinéastes-sociaux, putains de moines !

  • Mort à la gloire

    L’acteur et réalisateur, Terry Jones, membre des Monty Python, nous avertit que le complexe militaro-industriel n’est pas étranger aux campagnes actuelles contre l’Iran, et de nous citer Eisenhower mettant en garde en 1961 contre la conjonction du politique et des militaires, le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime. Quand un militaire met en garde contre des militaires on a quand même un peu l’impression d’assister à un match de rugby féminin quand la mêlée n’en finit plus et que plus personne ne s’intéresse au ballon. Terry Jones enfonce des portes ouvertes en cinéaste qu’il est, un peu comme le musicien grec Theodorakis qui crie au viol de son pays par les marchands d’armes, comme quoi on (boches et françouzes) les aurait forcer à se ruiner les pauvres Grecs en achetant des tanks. Pas fainéant d’ailleurs Théodorakis pour reconnaitre que ses éditeurs sont des allemands, avec qui il s’entend très bien par ailleurs. Et Terry Jones aussi, lui, avec l’industrie du cinéma américain, qui ne vaut pas mieux. La vérité c’est que militaires, cinéastes, musiciens jouent dans la même cour, leurs industries se valent pour ce qu’elles lobotomisent presque tous les enfants du monde. Musique de film de guerre, ça parle ! c’est un business oui ou non ? Le réseau Voltaire sur Internet, ces passionarias de la politique, met en scène tous ces branleurs sous le drapeau de la subversion et pendant ce temps les mômes s’entrainent comme Achille à la gloire militaire, artistique ou financière sur l’ordi de maman. Pendant ce temps un Soral* se croit dangereux parce qu’un Guillon* l’a dit à la télé.

    La vérité papa, voilà ce qui est subversif, et elle est pas relative : c’est l’apocalypse ou la mort ! 

     

    *deux glorieux pédés inoffensifs et tarifés qui se croient importants parce que l’un vend des livres et l’autre du rire.

  • Nippons-la-joie

    Privatiser les bénéfices et nationaliser les pertes, c’est ce que fait Tepco, l’entreprise japonaise désormais mondialement connue depuis la catastrophe de Fukushima. Que les japonais ne pendent pas les actionnaires par les couilles, c’est ce que j’arrive pas à piger. Ce peuple mérite-t-il peut-être de disparaitre, après tout. Cinq pays européens ont quand même décidé de sortir du nucléaire, après ça : Allemagne, Italie, suède, Suisse et Belgique. En France, malgré une réaction antinucléaire importante, le totalitarisme républicain a réussi à désamorcer la bombe. Té ! c’est que c’est le plus gros gâteau nucléaire du monde. Pourtant certaines voix politiques françaises s’élèvent pour demander une sortie en dix ans, génératrice par surcroît de milliers d’emplois, aussi bien pour démonter tout ce fatras que pour en reconstruire un autre un peu moins dangereux (énergies renouvelables).

    Peux pas m’empêcher de penser à Dédale, cet ingénieur de l’antiquité, foutu à la porte de son pays mais qui ne pouvait se retenir de fournir aux autres des solutions toujours plus foireuses aux problèmes issus des machines dont il était le génial inventeur. Ainsi lui doit-on le labyrinthe et le fil d’Ariane pour ne pas s’y perdre. Comme disait le savant Bacon il y a seulement quatre siècles, en parlant des hommes que représente ce Dédale, la science, l’intelligence et l’industrie des mécaniciens, des artistes ou des artisans, mais appliqué à de criminels usages, le mal qu’ils font parfois balance tellement le bien qu’ils peuvent faire que leur utilité semble se réduire à rien.

    Quand on nous aura collés partout des éoliennes, des panneaux solaires, des barrages, des pompes géothermiques et je ne sais quels systèmes « propres », serais pas surpris qu’on découvre que l’électricité est cancérigène.    

  • Myéline et Myosotis

    Me suis trouvé dernièrement invité à diner chez des amis en présence de la grand-mère alzheimerisé. Invité que j’étais pour la première fois, un peu timide, j’ai pas osé lui parler à la babouchka, mais j’ai eu envie de la toucher, de lui prendre la main. Me suis retenu en me justifiant intérieurement. J’aurais donné l’impression de caresser un chien. On aurait pu mal le prendre. Elle était devant la télé, fascinée, elle m’a pas regardé un seul instant. A table on a fini par l’oublier, puis elle a disparue, emmenée par sa fille dans sa chambre.

    Quand on passe sa vie à essayer d’oublier la vérité, il est fort logique qu’elle finisse par nous oublier. L’information n’a rien à voir avec la vérité. On peut être informé de tout et ne rien savoir. C’est le cas de bon nombre de gens pour qui la télé a constitué le seul contact avec le monde ou presque. Ils meurent saturés, d’informations, de données, de mémoire.

    Viennent ensuite tous ceux qui s’imaginent que la mémoire est le principe de l’intelligence, ceux-là aussi meurent idiots. C’est comme si on leur rappelait qu’ils ont été stupide toute leur vie. C’est désormais l’esprit qui déménage en premier, le cœur tient bon. Sont-ils punis de l’avoir économisé ce cœur ! une vraie leçon pour les autres. La gourmandise est un péché et à se gaver d’informations on finit par oublier d’éteindre la télé et j’ose même pas imaginer le nombre de vieux qui doivent clamser en regardant des reportages sur Alzheimer.

    Je regrette quand même de pas lui avoir pris la main à ma babouchka. Je me console assez lâchement en me disant qu’en supposant que par miracle ça lui ait rendu la mémoire, mes amis m’auraient peut-être pas pardonné. Dans les familles, il y a bien souvent pas mal de choses qu’on préfère oublier.

  • Maudite poussière

    «Au nom de quoi faudrait-il ignorer ce que vous représentez? Vous offrez une espérance. Les gens ont besoin d'espérance.»

    S’adressant à des prêtres catholiques qu’il régalait aux frais du peuple, le Dieu des français a parlé. Le Figaro rapporte en bon toutou. Et Sarkozy de déballer que la politique s’est emparée de lui et non l’inverse ; ils en étaient à parler de vocation avec les curés. L’animal trouve le moyen de dire la vérité quand il croit mentir et inversement. Car certes il est possédé par la politique comme il le dit ingénument, au moins autant que Judas l’était. Et comme ce dernier, il est convaincu d’avoir pris en main son destin. Le désir de servir son pays, la France, cette entité qui n’existe que dans l’imagination des niais et des profiteurs.

    Les gens ont, hélas, besoin de beaucoup trop de choses mais certainement pas d’espérance. L’argument ultime d’un esclave quand on parvient à lui faire admettre sa condition peu enviable, c’est toujours le même : raison de plus pour rêver ! et de se jeter dans la musique, le cinéma, des spectacles en veux-tu en voilà, de l’espoir plein les sens, ça rempli, ça rassure. C’est la foire aux rêves en permanence, l’espérance en perfusion. Depuis le temps que les gens votent, devraient piger qu’on se fout de leur gueule. Mais ils rêvent. On leur bassine à longueur de pub qu’ils ont raison de rêver, que l’avenir leur appartient. Ça mange pas de pain. La tête dans le sable, persuadées qu’on trouve pas plus fin, les autruches rêvent qu’elles se font mettre par Superman et qu’elles vont engendrer des autruchons capables de voler. Moi aussi je rêve que je vole, mais dieu merci je me réveille de ce cauchemar et je me secoue les bras pour en faire tomber la crasse onirique.

     

  • Au diable! etc.

    «La période d’inquiétude fait que les Français projettent à l’Elysée ceux qu’ils jugent les plus crédibles. Il y a des temps dans la campagne, des séquences, explique le politologue Stéphane Rozès, président de CAP. Si Hollande et Sarkozy vampirisent l’espace médiatique, c’est aussi parce que leur duel vient d’être lancé, qu’il était attendu et que la bipolarisation est un «phénomène auto entretenu» par les grands médias. Mais cela ne durera pas, assure Gaël Sliman. «Les médias vont construire pleins de scénarios excitants voire saugrenus autour de Marine Le Pen et de François Bayrou pour relancer le suspense car ils n’aiment pas les scénarios écrits d’avance»

    Vouloir voter après avoir lu ça, c’est se tirer une balle dans le pied sans vouloir se regarder dans la glace. D’abord vous êtes vu comme un lâche tremblant se tournant apeuré vers un grand chef. Ensuite on vous soupçonne quand même de savoir et même d’entretenir une distance théâtrale et forcément hasardeuse avec l’élection et sa lutte de candidats. En fin de compte on vous dit que ça se fait automatiquement (auto entretenu) mais que grâce au génie des journalistes/acteurs/romanciers/cinéastes/publicistes, vous allez pas vous ennuyer. Sont cyniques ceux qui veulent voir dans les élections qu’un jeu de scène, seules des femmes ou des enfants peuvent s’arrêter à la dimension comique de la lutte pour le pouvoir. Tout homme qui sachant cela accepte de mettre un bulletin de vote dans l’urne de ce régime est soit un lâche soit un abruti.

    Ce n’est pas parce qu’il est caressé, à la limite du délit publique de fellation, par tous les lécheurs de cul sur papier recyclé, tous ces romanciers/journalistes/politicologues/philologues/égyptologues/marchands-d’idées-moisies, publicistes-escrocs, banquiers-véreux, toute cette clique qui tond la laine de celui qu’on ne peut plus appeler le prolétaire parce qu’il sait écrire des SMS sur son I-je-ne-sais-quoi-dernier-cri et qu’il part en vacances quand il veut où il veut cinq semaines par an, c’est quand même au moment où le maquereau jouit de son instrument de travail que la police le serre. La jeunesse bien pensante républicaine encourage le vote en le décrivant comme une arme politique. Mais les élections sont truquées, la jeunesse ferait-elle semblant de ne pas le savoir ? il vaudrait mieux pour elle militer pour la vérité en approuvant le non vote. Remettre ainsi toute la démocratie républicaine en question et donner à la France le rôle d’une nation vraiment humaniste comme ce pays est en droit de faire. Ni les chrétiens Anglo-américains ou Russes ne peuvent comprendre la différence entre la charité, qui caractérise l’amour entre les hommes, et l’amour de la vérité, celui entre les hommes et dieu. Ils n’ont que le mot amour, pas de charité. Aussi le français est-il moins enclin à confondre ces deux amours. Français qui sont vus par le monde, à plus ou moins juste titre, comme des spécialistes de l’amour courtois, celui qui se parle en long en large et en travers, qui fait répéter à ses bourgeoises frustrées qu’elle ne peuvent jouir que par l’oreille après qu’un pédé comme Proust le leur a suggéré, et qu’un autre pédé comme Freud leur a faussement scientifiquement fait admettre. C’est comme ça que l’homme français sait très bien qu’on ne peut séduire qu’avec des mots. Or le peuple, la masse, est femme. Pour la charité, il sait très bien qu’il faut la faire sans tambour ni trompète sous peine d’en voir les effets annulés. Là où un Russe ou un Américain devra faire savoir à grand renfort de publicité le coût, la valeur de son amour pour les hommes (ou les femmes) qu’il confondra volontiers avec celui de dieu puisqu’il utilise le même mot, ou de l’anti dieu, ça revient au même - démocrates chrétiens ou républicains laïcs sont des libéraux qui s’appuient également sur la même morale, la même foi, les mêmes vertus - un français, lui, saura différencier la discrétion nécessaire à la charité ; qu’il appliquera d’ailleurs aussi à ses amours personnelles ou politique à l’occasion. Son humanisme dès qu’il se fait sentimental n’est plus français, il devient ridicule. Peace and Love chantaient les Beatles, résultat, cinquante ans plus tard la peur règne au moment de choisir entre la peste et le choléra. Belle manœuvre. Reste à savoir qui l’a ordonnée. « JE VOUS AIME» disent les politiciens aux foules, les acteurs dans les drames bourgeois à leur famille et les chanteurs de charme, alors que la charité qu’ils font ne va pas jusqu’à dire toute la vérité que pourtant chacun connait bien et qui est : AIMEZ-MOI!

    Mais aimer une personne est-ce que ça justifie d’en faire ou de se faire son esclave ? pensez-y avant de voter.

  • Turpignolade

    « J’aime profondément l’art ; je suis un vrai rat de musée. Mais c’est justement parce que j’aime l’art que parfois, il m’agace au plus haut point. Il y a tout un aspect sociologique autour du monde de l’art qui me paraît très parasite : on a fait de l’art une forteresse inaccessible aux non-initiés, on a dressé des barrières énormes autour, alors que ça devrait être l’inverse. C’est ce que j’ai essayé de détruire dans L’Art et le sang (son dernier opuscule)

    Un enfonceur de porte ouverte, dont j’ai oublié le blaze, qui s’exprime. Parait qu’il en a le droit. Un véritable artiste sait bien que dans les musées on ne trouve que putréfaction. Avec sa forteresse inaccessible ouverte à tous les vents, il a pas l’air de ce qu’il est le branleur. Ça l’agace, voyez-vous ça, Monsieur Pignouf, ces barrières énormes. Il doit avoir de la merde dans les yeux pour pas voir toutes les pubs vantant l’art et la culture, l’initié de mes deux. C’est un bédéiste faut dire, un auteur de bandes-dessinées. Son goût pour le sang doit tenir à sa passion pour la couleur rouge ou les jupes de sa mère. En vérité c’est un comique qui s’ignore, écoutons-le encore un peu :

    « Hier comme aujourd’hui, l’ambition est restée la même : faire autre chose que ce que propose le courant dominant. Il y a encore des luttes artistiques à mener de nos jours. De la même manière, je fais aussi de la musique, et j’ai fait le choix délibéré de chanter en français alors que je ne fais pas de « chanson française », là où d’autres se sentent obligés de chanter en anglais. Voilà le genre de comportement moutonnier que je trouve indispensable de combattre. »

    Subversion, humour, musique, ça mène pas loin. Le troupeau des artistes iconoclastes (en dehors du courant dominant, comme il dit) croit avancer alors qu’il pédale sur place au-dessus de l’abîme, comme dans les dessins animés. Plus profonde sera la chute !

  • ПИДОРАС! Тебе пизда !

    En russe le mot pédéraste est une putain d’insulte, même homosexuel est moins fort. Il faut appeler les mots par leur nom comme dit mon frérot. En vérité pédéraste, pédophile, homo, gay, inverti, pédé, phoque ou vent arrière, désignent tous la même chose, un homme qui se conduit comme une femme et qui a donc la passion de l’enfance (l’étymologie peut au besoin éclairer les égarés, du grec  paidos “enfant”). Je pense à mes petits neveux, quand votre gonzesse viendra vous tanner avec son désir d’enfant, traitez-la de pédophile, idem quand elle voudra faire du shopping, vouloir posséder tout ce qu’on voit est un truc de môme. Mais avant réfléchissez-bien, vouloir vivre avec une femme, c’est pas vraiment d’un homme.

  • Pan sur le sujet hurlant et pantelant !

    L’a pas pu se retenir, l’éditeur du Fœtus récalcitrant de Jossot, de nous emmerder lui et tous les thuriféraires qui l’accompagnent. Savent pas lire ou quoi ? Jossot le dit pourtant que la pensée se forme à la lecture et que c’est ainsi qu’elle se déforme. Voilà ce que dit pourtant textuellement le promoteur/éditeur/emmerdeur : « Jossot y développe une pensée authentiquement individualiste, puisant aux sources du stoïcisme et du cynisme antique, s’inscrivant dans l’héritage de Nietzsche et Stirner, et alimentée par des contemporains comme Georges Palante, Han Ryner, Lacaze-Duthiers, Manuel Devaldès... » m’est avis que tout éditeur qu’il est, il prendrait le pied de Jossot sur le coccyx, comme il dit. Mais il y a pire, outre qu’on le traite de pamphlétaire (ce qu’il n’est sûrement pas, mais les liseurs d’aujourd’hui voient du pamphlet partout, leur manie !), on le sacralise dans la cathédrale littéraire. Ainsi ce blogueur qui parle « d’en-cage de l’être » en le comparant à Artaud. Encore un aveugle qui se prend pour un borgne. Artaud est un cinglé rendu fou par l’existentialisme, rien à voir avec Jossot. Sans parler de celui qui lui reproche de ne rien comprendre au football (mais si!) et celui-là qui évoque un mysticisme paradoxal. Le mysticisme de Jossot n’a rien de paradoxal. Les mystères de la foi  font peur aujourd’hui, mais on peut être anarchiste et avoir des couilles, voyez Jésus. D’autre part la liberté ne nous vient pas de la nature, comme le note ce chroniqueur un peu vite, bien au contraire, la nature nous enchaine, et comme la culture est naturelle à l’homme, ce qu’avait bien compris Jossot, il la fustige quand elle déforme l’homme au point de le rendre laborieux. C’est pour avoir goûté au fruit de l’arbre de la connaissance que l’homme fut condamner à trimer.

    On pardonnera facilement à Abdul Karim Jossot sa conversion à l’islam qu’il a sans doute pris pour une caricature du christianisme. C’est de bon ton et ça tombe bien en ces temps ou les faux anars font de l’anti-islamisme de salon.

    Et puis Jossot sait parler de son art :

    «A mon avis, une face tirée, tordue, déformée par la souffrance, la colère, le rire ou la frayeur est mille fois plus « belle » malgré sa laideur, que les têtes insipides et inexpressives qui surmontent tant d'anatomies établies selon les canons des pontifes. Shakespeare devait partager cette opinion quand il écrivit : « Le Beau est laid ; le Laid est beau ». Pour en extraire l'ordure morale, il faut exagérer l'expression des physionomies ; exalter la grimace, cette photographie de l'âme ; déformer les personnages d'un pouce compresseur, leur écrabouiller le nez, leur broyer les maxillaires, leur tordre l'épine dorsale, écarteler leurs membres, décerveler leurs crânes.

    Le caricaturiste est un justicier doublé d'un philosophe : à coups de matraque il fait craquer les masques et martèle, sur l'enclume de la pensée, le sujet hurlant et pantelant. »

     

  • La Bourse et la Vie

    Aussi jeté un œil sur une comédie romantique (!). Molière, ça s’appelle en plus, en toute simplicité. Un truc de pédé où on veut nous faire croire que Jean Baptiste Poquelin, élevé chez les Jésuites, était un fétichiste du théâtre et des mots. Crasse hypocrisie ! Essayer de faire du plus grand théologien français un génie de la république bourgeoise, ça mérite le pal. Le cinéaste tartufe croit aux valeurs de la putain républicaine, mais l’égalité a besoin de génies, la fraternité d’avares et la liberté d’esclaves. Un génie, quelques avares et des millions d’esclaves, après ça on se vante d’être progressiste. La duchesse à l’esprit caustique est une méchante et ce pauvre monsieur Jourdain un héros sentimental dans lequel le spectateur saura se reconnaitre. Tout finit bien puisque Molière sera finalement ce grand homme dont la France s’enorgueillit sans trop savoir pourquoi si ce n’est qu’on y parle sa langue. Alors que Personne ne parle plus comme lui depuis des lustres, mais voilà, le Tartufe demeure, lui, même s’il s’ignore la plupart du temps, il lui reste une chance de se découvrir… dans une autre langue certes mais qu’importe le flacon !
    De l’aveu prétentieux du pédoréalisateur : « ne pas faire une comédie, j’dirais, contemporaine ; faire un film qui ne ressemble pas aux autres. » 

    Cachez donc cette caméra que je ne saurais voir, que je dis, moi !

    Quant à Lucchini en bourgeois gentilhomme, faut bien sûr qu’il fasse semblant de n’être pas dans son rôle, ce tartufe professionnel, cacher cette aise qu’il ne saurait avoir, pensez, un artiste. 

    Enfin deux choses qu’il faut relever : le plus important, dit-on à Molière, est de pouvoir vivre de votre art, chose dont Molière se foutait éperdument, la preuve est qu’il en est mort et criblé de dette en plus. La deuxième, dite par le Molière de cette mauvaise farce, c’est un métier (le théâtre) du sentir et non du paraitre. Or c’est le paraitre que Molière stigmatise et dont il se sert, et non pas en sentant, mais en observant. Ni feeling ni sentiments ni émotion chez le vrai Molière, mais une charité bien ordonnée et un immense appétit pour la vérité. Tous ces artistes précieux et ridicules, ces pseudos misanthropes contemporains, ces cancéreux imaginaires, ces dom Juan républicains, ces Sganarelle subventionnés, qu’ils aillent se faire pendre par la peau des couilles dont par bonheur ils sont dépourvus.

    Molière d’un côté Shakespeare de l’autre, les nations, comme les femmes, ont l’instinct de la vérité, elles savent la reconnaitre au passage. De là à l’aimer, il y a un immense pas qu’elles ne sont pas toujours d’humeur à faire, il y a tant de choses plus importantes.

  • Fatal Coqtail

    Joue le clodo comme personne le fils Depardieu, suis bluffé. Un film plein de vie et d’amour qu’on lit au dos du DVD. On y voit que des zombis pourtant, des crevards. Une misère très esthétique sur fond de guinche à la française. Les cinéastes sont aussi vautours que les journalistes. Presqu’une pub pour la vie au naturel, en plein air loin de la ville et de ses tourments, un film à la Jean Ferrat avec du Zola dedans. Alors c’est l’enfant qui sauvera le débris humain. Une fable bourgeoise de plus, s’il en était besoin. Ironie républicaine, c’est un gardien du musée de Versailles que le gamin va chercher pour sauver le SDF.  Après on voit bien la solidarité familiale, son propre père qui veut pas l’accueillir chez lui mais quand même, à cause du gnard. La mère n’écoute que sa fibre, ouf, la morale est sauve. Suit la quête du clodo pour se faire reconnaitre de la matrice, de la société. Pour offrir à un môme des copains, de l’école et… de la république, comme il dit, et le voilà à trimer sur des chantiers. Courageux de la part d’un acteur qui est né avec un césar en or à la main. C’est quand même à peine de la composition son rôle tant les très riches et les très pauvres se ressemblent dans leur misère. C’est pédophile, incestueux et compagnie ce film. Autant dormir ou mourir que de regarder des trucs pareils. Suis une victime des trois F, un film, une femme et un bon feu, le bonheur bourgeois en trois mots, mortel ! un dimanche par moins trente degrés, j’ai aucune excuse.

  • De l’eau de là qui gèle !

    C’est les sports d’hiver en Ukraine ces temps-ci. On l’écrit du monde entier et des proches s’inquiètent. D’abord que je rassure, suis pas SDF comme le dandy bègue Beiguebeder. Et puis j’aime la vodka uniquement en Bloody Mary. Car la vodka est un antigel puissant, le point-com du gouvernement ukrainien tient à le rappeler à ceux qui osent parler de SDF, surtout les gazettes européennes, que ça n’a pas de sens dans un pays où les églises sont loin d’être désaffectées et où le degré de spiritualité ne descend jamais en dessous de quarante degrés. Jésus a transformé l’eau en vin parce qu’il vivait dans un pays où le douze-degrés suffisait, mais eût-il vécu un anticyclone sibérien de cette amplitude, sûr qu’il faisait de la vodka avec la flotte du Dniepr. On meurt pas de froid en Ukraine mais comme partout ailleurs d’une conjonction de la lune avec un alambique, de la déesse aux cent bouches avec la machine de Dédale, du paganisme avec la chimie, de la civilisation avec l’astrologie. Véritable congestion ! Et si les futures veuves ukrainiennes prennent bien soin de bien charger leur Kolia avant de l’envoyer au magasin, à la guerre comme à la guerre, c’est pour qu’au retour il se finisse de lui-même, sous la lune. Comme c’est poétique ? mais comment le dire ? Par moins trente dans un fossé, même les étoiles ne rigolent plus! Et dans la position du prieur, notez-bien, mais ça, y a qu’un philosophe foireux (pléonasme) pour en rire. Les quarante degrés de la vodka ajoutés aux trente-sept du bonhomme n’ont pas pu lutter contre le moins trente-cinq du thermomètre, Kolia est-il mort de froid ? Hippocrate dit oui, l’archevêque réfléchit, moi je dis allez prouver un crime pareil! Kolia est mort de beaucoup de choses, le froid l’a simplement saisi sur le méfait de complicité.

    Réduire dieu à un point ou l’homme à une nation n’est qu’une vérité mathématique vaguement opérationnelle dont tout le monde s’accorde à penser qu’elle n’a rien à voir avec la réalité. Les mathématiciens comme les juristes défendent leur chapelle, les militaires à leurs ordres. Quant aux journalistes, c’est le compte des morts qui les intéresse et toutes les morts se valent pour eux, plus le nombre est important plus l’argent qu’il représente l’est aussi, c’est ça le charognard rémunéré de qui on répète bêtement les propos. En Ukraine il fait froid l’hiver, tu parles, mais pas un journaliste n’est mort de froid, et ça c’est un scoop.

    Foutaises tout ça, en 2012 il fait froid partout même en plein été austral. L’enfer est un congélateur. Voilà une idée qui fait froid dans le dos ; Satan toujours maitre du feu.

  • Circulez on recycle

    J’ai longtemps hésité. Je ne voulais pas en parler, par pudeur, par discrétion, par simple respect envers certaines morts : les plus humbles et dramatiques, malgré leur indéfectible dignité, et même s’il n’est jamais, en soi, de mort ordinaire, surtout pas les plus invisibles aux yeux du commun, paradoxalement, des mortels.

    Mais c’est cette ultime et magnifique phrase – "le dandy du XXIe siècle est un SDF agenouillé devant une église désaffectée" –, contenue dans la très belle et si juste critique que Frédéric Beigbeder vient de me faire l’honneur de consacrer, dans "Le Figaro Magazine" de ce 23 décembre 2011, à mon dernier livre, "Le Dandysme - La création de soi", qui m’a finalement convaincu d’écrire.

    Daniel Salvatore Schiffer philosophe, in le Figaro

    Edité par Daphnée Leportois   Auteur parrainé par Jean-Marcel Bouguereau

     Suit un interminable article complètement délirant où il croit nous parler de la réalité, le philosophe publiciste. Il n’y a que des morts ordinaires, pauvre pédé ! Sa femme suce le Jésus en confession, ça l’autorise, pensez, le tartufe ! Il juge dieu comme dans un fauteuil. Rien que le titre de son bouquin est à gerber de narcissisme. Quant à l’ultime et magnifique phrase de l’autre paumé mince du genou et large des pattes, qui saurait pas reconnaitre une église de la synagogue de Satan, désaffecté lui-même, dites-le-lui qu’il suffit pas de se créer SDF pour être un dandy, il vous croira pas. Tous ces convaincus d’écrire, sur Mars et que ça saute. Une planète toute rouge qui porte le nom du dieu de la guerre, c’est tout indiqué pour les convaincus de la mort, les cons vaincus par la mort !

  • Humoristiquement correct

    Et moi, je n'aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille hommes qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des animaux en grand nombre!

    Jonas 4:11

    Alors l’affiche de campagne de l’humoriste à la langue pâteuse Stéphane Guillon ou non dans le Métro… qui sait si dans le ventre de la baleine elle eut été censurée ! Il part en 2012, sans blague ! mais ils sont combien à vouloir partir en 2012, c’est une manie, l’apocalypse est à la mode ? Ha, ça bat campagne ardemment ! le comité d’éthique de chez Decaux, l’afficheur d’abribus, se gondole, mort de rire ! On va être APOCALYPTIQUE coco, Dieudo dans les cordes. Ha les pédés sont bien gardés ! risquent pas de demander le droit à l’avortement ! qu’on les laisse accoucher en paix, bigre bougre!

    Un bon humoriste c’est comme un bon président, c’est un homme mort. C’est pas moi qui le dit, c’est dans toutes les gazettes, dans la rubrique nécro. Desproges, Mythe errant, Devos, chie raque, Bedos, Giscard, Houellebecq, j’en passe et des plus morts. Le bestiaire laïc de la religion républicaine est surtout composé de charognard, décomposé devrais-je dire, si j’étais politiquement incorrect.

  • Au charme! on les aura ...

    Evidemment les citoyens qui soutiennent leur république sont fiers de sa puissance ! regardent pas trop aux dommages collatéraux. S’émouvoir pour quelques crevards en Ethiopie ou au Kosovo quand c’est l’actu, ça passe tout seul , puis racler les fonds de tiroir en pleine crise pour aller lâcher des bombes sur la gueule d’un dictateur pétrolier quand il est en mauvaise posture, ça le dérange pas outre mesure, le citoyen, sauf quand il fait (mal) ses comptes. Le terrorisme ( invention de la révolution française, le mot pas la chose! qui elle, existe depuis une paye)  ça gène pas le citoyen quand il joue en faveur de sa retraite et ses acquis sociaux. Voir on en a coupé des têtes pour ces privilèges, congés payés, assurance maladie, chômage, alors on va pas renoncer à tous ses acquis obtenus dans le sang (bleu) ! Le citoyen est soit très hypocrite soit très con, voire les deux, mais oui pourquoi pas. Ce qui le rend très faible, c’est sa religion, celle de l’argent, celle de César. Le citoyen est avant tout un comptable pas foutu de distinguer dieu de la religion. Pas le choix me direz-vous, chaque bifteck lui est compté, faut raquer ! Après avoir mis son bulletin anonyme dans l’urne symbolique, anonyme et symbolique autant dire virtuel le droit de vote, rien de rien, il est surpris d’avoir à passer à la caisse, le Judas. Mais qu’est-ce qu’il espère, bordel ? un brevet de civisme, de bonne conduite ? des bons points ? pour les images on lui en distribue à qui mieux mieux tous les soirs dans sa télé numérique écran plasma, au cinéma, la radio, sur le net, en veux-tu en voilà de la foi qui se déguise. Le citoyen se pend en 5.1 dolby technicolor numérisé tous les soirs, avec la corde, toute aussi virtuelle, de la parole, la sienne celle des acteurs, des journalistes, des publicistes quoi. Le citoyen est bien obligé de se faire sa propre pub, sur Facebook ou sur sa tombe. Les "images qui parlent" de la bête le fascine, c’est rien de le dire, il est prêt à mourir pour avoir le droit de voir en vrai Dieudonné au Centre d’Action Culturelle de Mâcon (Saône-et-Loire), je le connais bien le citoyen, moi. Oui oui,  mourir de rire, on le sait depuis la Brel, c’est possiblement vrai, Ouioui dit oui au spectacle ! c’est qu’il revendique le droit de pouvoir rire de tout, en attendant Jésus, qui ne revient pas mais qu’est-ce qu’il fout bordel de merde, Jésus reviens! qu’il hurle l’humoriste ! ha ha qu’est-ce qu’on rigole. L’humour est une foutu drogue de pédé, passe encore les gonzesses ou les mômes. Oui bon, c’est plus agréable de vivre avec un humoriste, comme j’ai un oncle, mais ça tourne vite au cynisme avec l’âge. La femme et l’enfant sont cynique de nature, d’où qu’on doit les éduquer un peu, histoire de les tenir en respect, et le rire fonctionne aussi bien que la carotte ou le bâton. Mais avec l’âge mon oncle a profité et son esprit culotté, qui me faisait aimer le voir vivre, a viré à l’estomac. Ça me donne un peu envie de vomir parfois. Quand il me traite de profiteur voir de parasite, je ris jaune. Et quand il me vante l’estomac et la richesse de son fiston qu’a réussi dans les affaires, je lui réponds en rigolant qu’en effet il a bien profité le cousin, c’est génétique, on est profiteur de père en fils ! mais je lui ai tourné le dos sans m’intéresser à son rire. Si je l’ai envié longtemps pour son esprit caustique et drôle, j’envie pas la réussite de son fils, il me jalouse mes femmes (en vérité c’est moi jaloux de la sienne). Diable on peut pas tout réussir !  c’est vrai qu’elle aussi a profité, leur faut quatre sièges pour leurs vacances à Tahiti. J’ai l’air de dauber mais je l’aime bien mon cousin, je le croyais drôle. C’est que je suis pas gros, je pourrais chier tout debout sans me salir les mollets (les mollets de coq sont dans les gènes français, peuple de danseur sur ring s’il en est, la boxe est devenue française par la grâce du mollet projeté).

    la "civilisation", comme la "culture", ont pratiquement été inventées par les régimes républicains afin de dissimuler une réalité barbare, dixit zombi, un briseur de rêve (le seul caricaturiste anar de talent qui enterrera tous les Cabus, Willem, Cardon, ces curés de talent au service de la papesse salope Marianne et ses funiculaires). Citoyens ! Cousins ! voisins !  mes biens chers frères barbares, profitez-en bien, le temps est proche.

    C’est là qu’on envoie les trompettes en 5.1.

    Si c’est pas l’apocalypse, ça, je sais pas comment l’appeler. Vos gueules, ça va commencer ! Merde j’ai encore oublié les popcorns !  ça casse l’ambiance.

    C’était bien on a pleuré, conclura mon oncle, d’une voix chargée d’humanité, le cœur sur la corde vocale, un grand comédien le tonton ! qu’au sein des vignes du Seigneur , Seigneuret tu profite à jamais. Qui c’est qu’a dit que tonton Roger est un pédé ? sûrement pas la mariée qu’était morte de rire. Peut-être le mort, oncle Archibald ! Merde, les vrais enterrements viennent de commencer, les revenants s’en mêlent à leur tour, bravo ! bon allez, rangez-vous des corbillards si vous le voulez, moi je laisse les morts enterrer leur morts, paka.

  • La pub tue!

    Christian Blachas, le vieux beau de Culture Pub, l’émission de télé pour les impuissants de la bite et du cerveau, vient de tituber pour la dernière fois. Suis pas spécialiste en nécros et ce blanc-bec ne mérite guère qu’on s’attarde sur sa charogne mais soyons franc, il l’avait bien cherché. Le numéro deux de la chaîne, Thomas Valentin, salue la mémoire d'un homme qui « a montré combien la pub était le reflet, avec une longueur d'avance, de la société ». On ne saurait mieux dire en parlant d’un macchabée. La pub reflète la pourriture de la société et Blachas faisait de la pub pour la pub, la pourriture l’a rattrapé, in nomine patre

    L’avait pourtant un beau prénom…

  • Mouche à Mierde

    Merkel et Sarkozy, une union "naturelle", titre la gazette Europe n°1. Le métèque Sarkozy, président plus pour longtemps des Français, va chercher du soutien chez les boches pour tenter de se faire réélire ; toute honte bue ! Dans une gazette suisse on comparait les deux pays d’un point de vue économique et franchement c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Pas étonnant que ces deux pays se foutent sur la gueule depuis si longtemps. Notez qu’on pourrait bien envoyer tous les boches en Japonie et mettre des Grecs à leur place, en rien de temps on aurait de nouveau un peuple naïf et belliqueux ni plus ni moins. C’est une question de chimie, pas un hasard si les boches sont les meilleurs dans ce domaine. Quant à Hollande il faudra pas longtemps avant de s’apercevoir que c’est une baudruche gonflée aux formules magique, la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf. On pourrait tout aussi bien tirer la présidence au hasard comme le suggère une blogueuse, ça ne changerait rien à la donne. Si ce n’est que le populo comprendrait peut-être qu’on se fout de sa gueule depuis le début. Combien de fois faudra-t-il lui répéter qu’il n’y a pas de lendemains qui chantent, sauf dans les couloirs de l’industrie du disque, avant qu’il ne se décide à refuser de mettre un bulletin anonyme dans une l’urne funéraire de ses rêves républicains. Reste que l’anarchie n’est pas une doctrine politique, ce serait un contre-sens, une monstruosité. L’anarchiste a autre chose à foutre que de la politique. Son œil d’aigle le voue à la science ou à l’art, science matérialiste évidement, et art contre nature, ça va de soi. L’art abstrait est aussi une monstruosité. Rien de plus naturel que l’abstraction. Contrairement à une idée très répandue dans l’éducation nationale, les mathématiques ou le latin ne rendent pas plus intelligent, bien au contraire. Ils conduisent à l’opiniâtreté, maladie des plus commune dans cette institution. Ce qui est complètement abstrait et très naturel c’est la conception de la vérité sous une forme relative. Les yeux de mouche du citoyen ne voient que la vérité qui l’arrange, comme c’est romantique…et tellement naturel. L’anarchiste est quand même plus exigeant. Et le peu qui viendra de ce dernier à ce premier, c’est sa fiente. La mouche républicaine peu bien se nourrir du cadavre de l’aigle anarchiste fourvoyé en politique, quand il plane au-dessus de la mêlée et qu’il se mêle de ce qui le regarde, alors les mouches du coche se pavanent, mais c’est sur la pourriture qu’elles s’emploient, et ça va finir par se sentir.

  • Fondamentalement

    Mon petit frangin se fout gentiment de ma gueule quand j’évoque le diable. Il me dit comme ça : « t'inquiète pas pour le diable je t'ai déja dis quand t'étais petit c'est comme le bon dieu et higelin y on jamais existés c'est des histoires de grand-mère. »

    Un exorcisme à façon, s’il faut appeler les mots par leur nom, comme il dit. Mon petit frangin est un angoissé de première bourre, comme ma mère l’était, qui en est morte. Il ne peut pas rester seul. C’est ainsi que se manifeste assez subtilement le diable. Croire en dieu n’est pas non plus très difficile, plus facile que de croire au diable, mais si peu malaisé que même les femmes y parviennent. En revanche comprendre les Ecritures, même si ça ne nécessite pas une intelligence hors du commun, est une tâche qui rebute nombre de gens. Autrement dit, c’est aimer dieu qui est ardu. Aimer le diable, même en le niant ou en lui donnant d’autres noms, est à la portée de tout un chacun et rare sont ceux qui s’en privent. On sait depuis longtemps que c’est sa ruse ultime, faire croire qu’il n’existe pas ou qu’il est bénin. Mais il est malin. On peut voir l’angoisse comme une sorte de réaction du corps et de l’âme. L’appétit de bonne santé du corps correspond à celui du bien et du vrai pour l’âme. Pas pour rien que dans le christianisme la maladie est associée au péché. D’ailleurs à ce sujet mon frangin est un expert. Pour justifier un adultère, depuis légalisé, il s’est inventé une maladie. Et comme c’est un malin, il a fait en sorte que ce soit une maladie vaguement honteuse. Une douleur au fondement (au cul) dont aucun médecin ne pouvait trouver la cause. Ça lui permettait de voyager sans éveiller les soupçons de sa femme, et comme sa maitresse bossait dans une agence de voyage, vous devinez la suite. Finalement lassé d’une situation pour le moins ambigu ou tanné par sa nouvelle conquête, il a décidé de divorcer et de marier la maitresse en question. Depuis son mal au cul a disparu. Diabolique !

    Ma mère aussi niait diable et dieu mais comme c’était une bonne femme dans le fond, je me demande d’où lui venaient ses angoisses. Peut-être d’avoir à clamser avant mon paternel ?

     

    Outre que ça encourage le commerce d’anxiolytique, cette manifestation de Satan, ça ne favorise pas tellement les relations humaines déjà marquées par le signe du diable, c’est le péché originel n’est-ce-pas. D’ailleurs toutes ces victimes du malin dépensent une énergie considérable en relations sociales et activités ludiques et divertissantes diverses. A tel point que ça en devient fatiguant même pour eux. Et puis c’est en vain car le soir venu il faut affronter cette putain d’angoisse qui vous retire le sommeil réparateur. Quand comprendront-ils que plus ils s’agitent et s’excitent pour trouver l’harmonie comme ils disent, moins ils ont de chance d’y parvenir ? et quand bien même, il leur faudra ensuite affronter une nouvelle vérité : il n’y a pas de confort spirituel. 

  • Pop Pope Codex

    La plèbe est tarée, certes, mais d’où lui viennent ses tares si ce n’est de l’élite politique, religieuse, intellectuelle qui les lui a inculquées, à force de morale, de raisons, de méthode, de mathématique, de droit. Elite complètement tarée elle-même mais avec cette dose massive de cynisme qui donne au propriétaire le droit de vie ou de mort sur sa propriété ou sur quiconque la menace, le cynisme est un antidépresseur puissant. Toutes les guerres advenues ou à venir n’ont qu’une seule cause ; la possession, terrienne, immobilière et/ou sexuelle. Le peuple vit dans la peur, celle de ne pas posséder d’abord puis celle d’être dépossédée du peu qu’il a conquis avec sa sueur et son sang, de se faire posséder, avoir comme on dit. L’enculé toujours près de se faire enculeur, arrosé arroseur, etc. Pas étonnant que fatigué des turpitudes d’une vie de labeur inepte il se venge parfois sur sa progéniture, vengeance sexuelle ou fiduciaire que l’élite est bien obligée de lui concéder sous peine de se mettre en danger.

     

    L’inceste n’est pas l’apanage des petits, les grands de ce monde n’ont aucun scrupule à montrer l’exemple, il serait trop facile de le démontrer (dernièrement le fils Sarkosy rapatrié au frais des contribuables par son papounet pour une vulgaire diarrhée, peut-être une intox à l’extasie, qu’importe, son papa nounou qui rêve de mettre sa progéniture… de la mettre au sommet des ses phantasme érotico-politique, rêve de puissance, par procuration comme tous les rêves). La plèbe est tarée mais elle se tient en respect parce qu’elle y est tenue au sens flicard du terme dans la polis, la cité par une élite aussi tarée qu’elle et de laquelle elle reçoit des leçons de cynisme et de désespoir au quotidien, relayées par des journalistes pétés de thune, comme dit Lulu qui ne bande plus. Notre Président, Député, Maire, Patron, qui êtes bien vu en haut-lieu, Donnez-nous dans six mois nos congés payés, Pardonnez nos saignantes agapes comme nous pardonnons à ceux qui nous ont mangé le cœur, Ne nous soumettez pas à l’augmentation de l’essence et Délivrez-nous du chômage et des embouteillages, Ainsi soit-il. 

     

    Et quand elle se veut rationnelle, la plèbe, elle est aussi nécessaire qu’un banquet culturel en musique. Entre un accordéon et un synthé, la raison du plus fort sonne toujours la meilleure. Descartes n’a jamais fait que déraisonner, ses formules magiques résonnent encore, certes un peu moins fort que celle d’Einstein sauf pour un français pour qui elles sont comme le latin d’église. La messe est dite, la farce est jouée ? Le destin de chacun serait-il désormais de trouver la meilleure musique pour accompagner ses petites lâchetés et ses médiocres renoncements, les funérailles quotidiennes de sa vie de possédé, en syncope comme le jazz, synthétisées comme la pop, métallisées comme le rock, ou lyriques comme le rap ? Nique ta mère, c’est que des mots dans la bouche de prêtre BBB (black blanc beur) fourrés au crack, à la coke ou au cannabis et qui arborent des croix chrétiennes en or massif au bout de lourdes chaines qui scintillent autour de leur cou de Judas ?  des mots dont le symbole est la corde du pendu. Tous les musiciens sont des petits pédés élevés sous la mère, des curés qui s’ignorent mais qui vénèrent leur mère. Des célébrants du culte matriciel, du cul de leur mère, des coqs en toc, de la volaille criarde. Le renard sait bien qu’à la nuit tombée ils rêvent de l’œuf en or énorme qu’ils vont pondre au matin et que les emporter pour les saigner n’est alors qu’un jeu d’enfant. Dans la basse-cour, dès le crépuscule on ne croit pas plus au loup que le peuple ne croit au diable devant le journal télévisé du soir. Le film qui suit peut bien lui révéler sa condition, il n’en ira pas moins se vendre à la société mère dès l’aube venue. Les oiseaux, s’ils font le même office, ont au moins le bon goût de ne pas y ajouter de parole quand ils célèbrent l’œuvre de dieu. De qui le merle se moque-t-il si ce n’est du rossignol ?

    O  mocking bird have you ever heard words that I never heard, chantait robert Marley. Le même qui chantait So much trouble in the world and Redemption song, emancipate yourself from mental slavery,  none but ourselves can free our mind. Enrobé de reggae, le message est passé à la moulinette de l’industrie showbizienne. Le blues des esclaves s’est bien vendu aussi, et la révolte des rappeurs drogués, des punks no future, des gothiques satanistes, des psychadéliques, trans, world, synthétiques, rock, pop, rythm&blues, j’en passe, pour un tel inventaire il faudrait un poète magasinier, genre Prévert. C’est la musique qui est vendue à la source. Les piafs et les serins le savent bien dont le chant n’est qu’un reproche au créateur de les avoir soumis à l’impitoyable loi de la reproduction, de la multiplication. Les musiciens ont tous une âme de comptable, pas par hasard. On peut compter sur eux pour nous accompagner dans cette longue descente aux enfers qu’est la vie moderne, un casque sur les oreilles, des lunettes de cosmonaute sur les yeux, le pif bourré de poudre de perlimpinpin et l’estomac rempli de conservateurs, le corps bariolé de tatouages et des fringues marquées comme celles des esclaves. Psychopompe et Nike ta mère, au nom de la loi!

     

    Allez, qu’on envoie l’Apocalypse et en silence, les bruits des ventres affamés, des balles traçantes et des ambulances devraient suffire à faire une bonne musique de film.