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Fodio - Page 2

  • Bonjour l’honneur !

    Titre ironique vu que je m’intéresse plus à mes petites affaires qu’à celle de l’Ukraine et je trouve naturel qu’on me le reproche mais la cause en est que l’Ukraine, comme la France par ailleurs n’existe pas pour de vrai, pour moi. Ce sont des entités trop abstraites, ces nations, et qui plus est vouées aux gémonies par je ne sais combien de prophètes juifs ou chrétiens. Pas oublier le silence des églises, ces prostituées complices de la transformation d’abstraites nations en code répressif, pénal,  tout à fait concret, lui. L’appartenance à une nation, une patrie est un crime contre l’esprit de dieu nous disent les prophètes et l’obligation de passeport pour circuler dans le monde le signe le plus tangible du totalitarisme mondial en phase terminale. Satan semble l’emporter sur tous les fronts, y compris celui de la science qui n’est plus qu’une foire à prix Nobel accueillant des disciplines de plus en plus hasardeuses qui trahissent un charlatanisme consommé, le tout à base calculs informatiques ou statistiques censés maitriser tous les domaines de la technologie. Foutaises diaboliques, la science est tombée dans le piège de la femme, dixit Lapinos, elle en est réduite à concevoir des bagnoles, des machines à laver et des téléphones partoutistes pour bavasser entre commères ou comploter entre marchands d’armes. Aujourd’hui c’est les militaires qui sont à la pointe de la recherche mais demain ce seront leurs mères, les politiciens, les psychologues, les publicistes, les « artistes » en somme les intellectuels de partout et de toujours. La différence entre un militaire et un homme politique c’est que si le premier est bien moins intello que sa mère le second l’est bien plus ce qui revient strictement au même. 

    Les pays seraient comme ces femmes pour lesquelles devaient mourir les chevaliers du moyen-âge ? Et oui, mais en groupe, en bataillon, en masse pour finir ! bonjour les charniers ! Ce monde est sous l’empire du mal alors veuille le ciel qu’il passe, entrainé par la révélation. Si j’arrive à faire voir à un seul militaire le genre de pédéraste qu’il est vraiment je mérite la canonisation sur-le-champ… d’honneur !   je veux bien donner ma vie pour sauver celle d’un pote, d’un voisin, d’une connaissance, voire de Porteur ou de Captain Angry à la grande rigueur, mais pour un passeport et un drapeau je passe mon tour, mais j’irai pas non plus mourir pour n’en pas avoir, ce serait par trop manquer d’auto-charité, mieux vaut en avoir plusieurs en périodes troubles. Cela dit le christ en était probablement dépourvu après sa résurrection, alors…

    Conclusion l’honneur ça pue la mort, qu’on envoie l’Apocalypse et qu’on en finisse avec les gonzesses en treillis ou en costard cravate.

  • Pâques mais pas que!

    Les amoureux de la culture, comme tous les amoureux, aiment surtout à se fondre dans l’objet de leur désir, un peu comme la grenouille de la fable, ils s’imaginent se faire aussi gros que le bœuf en daube, la culture en l’occurrence. Et ça daube évidemment. C’est qu’ils aiment les paradoxes et celui-ci les enthousiasme. Partir de si petit pour devenir si gros. En vérité le seul paradoxe qui vaille est celui qui nous incite à vivre pour mourir, tous les autres palissent à côté. On n’insistera jamais assez sur le rôle néfaste de l’Eglise catholique romaine pour ce qui est des solutions apportées à ce paradoxe, sa soumission à l’anthropologie sous son air de sainte nitouche. Se mettant du côté de la nature quand elle ne devrait se consacrer qu’au surnaturel, du côté du temps alors qu’elle a mission d’être intemporelle, consacrant l’enchainement des causes naturelles qui conduisent les hommes vers l’animalité, la jouissance de chaque instant avec la peur de la mort derrière chaque instant de plaisir. Ce qui fait que même un chrétien se voit réduit à l'asservissement, non pas prisonnier en Christ comme Paul , mais esclave de son boulot ou plus grave de ses fausses croyances des Evangiles, fausses croyances qui répondent surtout à son besoin de social. L’opium du peuple comme disait Marx, c’est ce besoin de grégarité avant tout. Peu importe qu’on nomme sa religion modernisme, athéisme, épicurisme ou christianisme, il s’agit avant tout de pouvoir vivre ensemble OR nulle part le christ ne donne de clé pour ça. La parabole des ouvriers de la première et de la dernière heure est un camouflet à toute prétention de fonder une quelconque doctrine sociale. 

    En ce samedi qui commémore Pâques, les orthodoxes ukrainiens se torchent à la vodka en attendant lundi, férié aussi, de pouvoir téléphoner à leur potes et leur dire que Christ est ressuscité. C’est la tradition, la culture si vous voulez. J’ai toujours envie de leur répondre du tac au tac, y a peu de chance que ça t’arrive, ils ne comprendraient pas hélas! Croient-ils qu’il a vaincu la mort pour que nous puissions vivre comme des porcs ou des fourmis ? La charité, c'est-à-dire l’amour, nous pousse comme Jésus à les dissuader de se faire les esclaves d’une quelconque fonction, de rentrer dans un moule bidon, d’adopter un banal style, de se rendre prisonnier du troupeau, bref de se comporter en mortel. Voilà le sens de la résurrection. Faites comme moi laissez tomber toutes ces conneries humaines et vous vivrez à nouveau, voilà la vérité du message. La seule chose qui retient un chrétien de se suicider c’est d’annoncer cette bonne nouvelle. Seulement voilà, comme ils ne veulent rien entendre, il faut se battre et prendre le risque de se faire haïr, voire persécuter, rien que pour leur dire de ne pas avoir peur PUISQUE Christ est ressuscité. La raison pour laquelle Satan a besoin de fidèles chrétiens c’est pour les réconcilier avec la mort. Des gens qui ont réduit le fils de l’homme à une toute petite hostie ! Leur devise : plutôt l’enfer accompagné que le paradis tout seul. Non, non, non, ne me dites pâques…

     

    Bien sûr cette charité n’a guère les apparences de la douceur maternelle, par exemple, ceci pour les hommes qui voudraient vraiment voir vaincre l’amour. Si ça semble même tout le contraire, c’est que le mensonge est vicieux, et que sous la blancheur de son sein la mère cache une drogue puissante, l’héroïne maternelle, celle qui vous fait paraitre le monde aussi bénin qu’il est malin. Pas étonnant qu’à ce sevrage succèdent toutes les addictions possibles et imaginables, de la musique au cinéma en passant par la photographie, la philatélie, la pornographie, la cuisine, l’architecture ou la littérature. L’art et avec lui la culture, la tradition, est sans doute l’opium le plus puissant. Mais contrairement à toutes les conneries qu’on raconte, l’art n’a jamais délivré personne, les artistes encore moins que les amateurs, bien au contraire mais c’est tellement chic de le croire. La seule chose qui puisse nous délivrer c’est la vérité, celle qui conduit à l’amour. Sans vérité pas d’amour, sans amour pas de vérité. Voilà pourquoi il faut vouloir la liberté que nous offre le Christ, sans conditions et même au prix de sa vie. Ça vaut de toute façon mieux que de la donner pour des amours foireuses. « Y a pas que l’amour dans la vie » est une parole de femme !

  • Intermède politique (suite et fin).


    Mon rôle de conseiller spécial du futur président ukrainien a tourné court hier. Suis allé à Maïdan (la place de l’Indépendance occupée) essayer de le rencontrer pour lui botter le moral et l’inciter à passer à l’action. Mais ces démocrates, la première chose qu’ils commencent à faire dès qu’ils possèdent un peu de pouvoir c’est de se fermer au démos, au peuple. Impossible donc de rencontrer Klitchko, on m’a rit au nez. Ironie du sort je tombe sur une journaliste française. Comme tous les gens de sa caste elle a tout lu, tout bu, tout vu, y compris la nuit du 10 décembre où ça a chauffé sa mère. Ha c’était bien ça ! me confie-t-elle. Deux fois vautour, femme et journaliste, un pléonasme vivant tant la profession de rapporteur convient naturellement à la lâcheté des femmes. Qu’on vienne pas me parler de ces journalistes héros de l’information qui se font tabasser, voire assassiner, à ça je réponds que rapporter comporte des risques, on l’apprend dès la maternelle. Vous pouvez lire son article ici, voilà ce qu’elle a tiré de cette nuit, cette branleuse. Typique de l’esprit de vautour de ces lèche-culs, le type ne se considère pas comme un héros mais pour autant elle en fait le titre de son article. Ça doit être la dernière tendance en journalisme, c’est celui qui le dit pas qui l’est !

     

    Sur ce j’ai chopé deux branleurs qui tenaient une caméra et un micro, des gars de la télé, m’ont écouté puis un jeune journaliste s’est pointé, sourire aux lèvres, et te les a embarqués, sans doute m’a-t-il trouvé pittoresque. Mon propos est pourtant simple et vrai. Le peuple ukrainien à 99% en a marre de son chef et veut le virer. Mais pour ça faut y aller, le prendre par le collet et le descendre dans la rue, l’amener à Maïdan et déclarer des élections anticipées. Autrement dit, il faut agir. Moi du haut de mes soixante kilos tout mouillés, mon anonymat et mon grand âge, je peux même pas l’approcher le cochon géant, tandis que Klitchko il peut lui, et le conduire fermement jusqu’à la mairie occupée par le peuple. Ces deux-là jouent dans la même catégorie des 2mètres pour 100 kg. Alors la question se pose, qui tirerait sur Klitchko ?  tout le monde me répond spontanément « personne ». Sauf naturellement quelques européens en mal de romantisme qui s’imaginent que des costauds encore plus costauds que lui, auraient vite fait de te le mettre à terre, ni une ni deux, et que tout ça est vraiment puéril, la politique c’est sérieux mon vieux Fodio !  les pauvres innocents. Si Klitchko avaient des couilles il aurait fait ce que je dis depuis longtemps, mais c’est un démocrate chrétien, hum, Judas aussi l’était. Mais trêve, la raison pour laquelle personne ne tirera sur Klitchko, quoiqu’il fasse, en fait il y en a plusieurs : d’abord c’est un champion du monde, de boxe qui plus est, pas de patinage artistique, une sorte de héros national, deuzio, il est l’adversaire déclaré du président, et troizio il a un frère ! Et le petit frère c’est pas de la gnognotte non plus, boxeur itou et pas moins bon que son ainé.

    En vérité je n’y ai jamais cru à l’homme providentiel, le peuple ukrainien en revanche, si. Mais voilà, on s’aperçoit à présent que le héros n’est qu’un bavard et que comme président, il vaudra pas mieux que les autres. L’Ukrainien n’est pas foncièrement démocrate, en tous cas pas si on en revient à l’époque des cosaques qui n’étaient pas des mercenaires quoiqu’en disent certains historiens mal renseignés. C’était des types qui se voulaient chrétiens et libres. Comme à cette époque et comme à toutes les époques d’ailleurs, pour être libre il faut sans arrêt se battre contre les jaloux, les possédés, les aliénés, ils se battaient pour se protéger. Pas vraiment chrétiens donc, ou disons pas assez. Ils aimaient un peu trop le monde, leur terre, leur femme, leur mère, la bagarre et la vodka, tout le contraire du Christ en somme. Pour autant c’était des hommes qui se respectaient dans la mesure où ils ne s’imposaient pas de lois inutiles, chacun pouvait vivre comme bon lui semble en s’en remettant au chef, le Hetman qui, quand il se montrait incompétent, se voyait renvoyé dans ses foyers, quitte à se faire couper un bras ou la tête en cas de faute grave. Mais ce monde n’étant pas le royaume de dieu sur la terre ils se sont fait manger par les armées de la tzarine Irène les cosaques, avant de se faire découper en morceaux par l’armé rouge, et Staline s’en est finalement servi pour ses basses œuvres, destin tragique. On en appellerait en vain à l’esprit cosaque désormais. Les Ukrainiens comme tous les peuples de la terre sont amenés à devenir des démocrates et grossir le troupeau mondial qui se rue à fond de ballon ovale ou rond dans la géhenne.

     

    Voilà, je clos donc cette parenthèse politique, Maïdan est en train de devenir un haut lieu romantique de culture de la révolte, un peu comme le journal Libération en France, ils seront demain au pouvoir et boucleront tous les postes à responsabilité pour instaurer le totalitarisme des lâches. Au point qu’on en regrettera la « famille » dans dix ans.

    Serais pas étonné qu’Akhmetov en fasse partie, lui le voleur, le parrain de Yanoukovitch, celui dont la fortune s’élève comme par hasard à 15 milliards de dollars, le mentor du parti des régions, le parti de la famille, le patron du seul journal qui titre aujourd’hui sur un « Maïdan caché », que soit disant certains oligarques seraient en lutte sournoise contre la famille. L’art de se ménager des portes de sortie. En même temps qu’il a l’air de dire avec courage et objectivité une vérité au peuple, il suggère clairement à son président que si le vent tourne il sera du côté des vainqueurs. Ces types-là ont toujours raison, comme les jongleurs, le genre Gallimard par exemple qui possède deux bureaux en temps de guerre, ou ces américains qui font partir trois avions porteurs de bombe atomique sur Hiroshima au cas où. Tout prévoir, avoir un pied dans chaque camp et une multitude de bras dans chaque panier, ces types sont des activistes bouddhistes, zen qu’ils restent dans n’importe quelle situation puisque tout leur rapporte. Le mensonge est légion ils en ont fait leur fond de commerce, et le commerce étant satanique… Bref, la vérité restant une et indivisible, ils brûleront dans les flammes de l’Enfer, c’est-à-dire que leur vie n’est qu’une longue agonie sans aucun répit. Même en repos ils trouvent le moyen de s’agiter, et de cauchemar en mauvais rêves ils parviennent au terme de leur vie avec un immense sentiment d’injustice : quoi ! quoi ! quoi ! coassent-ils, tout ça pour finir entre quatre planches ! c’était bien la peine !

    Oui-da, on appelle ça la justice du Ciel.

    Allez qu’on envoie les trompettes de l’Apocalypse, putain de moine ! et venez pas me parler de Noël ou je vous fous mon poing sur la gueule, que le ciel me le pardonne, les vrais chrétiens me comprendront.

  • Lettre ouverte à Vitali Klitchko, champion du monde.

    Bien fait d’attendre avant de l’ouvrir sur l’Ukraine, le pays qui fait quasi la une mondiale depuis un mois et au sein duquel je vis un exil aussi exotique que passionnant depuis bientôt une décennie, j’aurais manqué vous dire la vérité, que j’ai fini par découvrir grâce à dieu. Je vous la livre toute fraiche, débarrassée de la pourriture journalistique occidentale et russe. On a affaire à deux voleurs d’envergure, Yanoukovitch et Akhmetov. Le butin :  15 milliards de dollars ! 7 chacun c’est la règle des parrains russes, la moitié du magot à celui qui a permis de mettre la main dessus. Couple de voleurs à laquelle on peut adjoindre la paire Poutine et son parrain dont j’ai oublié le nom parce qu’on n’est pas tenu de se rappeler le nom d’un type pareil, le meilleur pote d’Akhmetov (entre mafieux on se tient les coudes), c’est le plus célèbre parrain  russe, lui, il vole une Russie rendue presque consentante à force de viols répétitifs depuis Pierre le Grand jusqu’au kagébiste arriviste du Kremlin. Les peuples sont femmes avait remarqué Marx. On sait depuis Napoléon, Hitler et Staline à quel point c’est vrai. Seulement les Ukrainiens, ma petite dame, c’est des cosaques, pas des moujiks, pas le même esprit scrogneugneu !  Donc voilà ce qui doit se passer et qui se passera si Klitchko m’entend au lieu de se laisser sucer par les boches (ses conseillers politiques). Ces 15 milliards appartiennent à l’Ukraine, il faut les reprendre, arrêter et mettre en examen toute la famille Yanoukovitch et Akhmetov, geler leurs avoirs, y compris dans les banques russes, et les renvoyer en Russie ou au Kazakhstan et cul-nus. Pour ça il faut peut-être provoquer une guerre civile afin que l’armée choisisse son camp. Mais jamais un soldat ukrainien ne tirera sur un autre Ukrainien, et on veillera contre l’infiltration, pas d’officier pro-russes ou on les collera en taule pour 20 piges, ferme et pénible, pire qu’à Kharkov peut-être si c’est possible. Quant à Timoshenko elle sera invitée à rendre son appartement londonien et ses avoirs en millions de dollars ou à s’exiler à Saint Hélène si les anglais n’ont pas peur de se faire voler leur île. Voilà le programme qui incombe au hetman Klitchko ou Tagnibiok  (mais ce dernier doit avant tout vaincre les réticences hypocrites et européennes (pléonasme) pour son passé et présent national socialiste, c’est pas gagné !)

    C’est assez simple dans son ensemble, comme toujours la politique quand on s’en tient aux faits, mais c’est le seul plan qui donnerait une chance aux Ukrainiens de montrer au monde qu’ils ont des couilles. Tout le reste sera de la diplomatie (hypocrisie) dont le peuple fera les frais en attendant l’occasion de pouvoir se venger d’un chef trop mou après en avoir viré un trop dur. L’Ukraine se doit à elle-même d’avoir un président à l’esprit cosaque, un véritable Hetman ou crever la gueule ouverte en livrant ses filles à la prostitution yanki, comme la RpP, la Russie du pédéraste Poutine.

  • Humanisme contre Bouddhisme.

     

    "On ne triomphe de la nature qu'en s'y soumettant." : cet aphorisme de Bacon, souligné (trop tardivement) par  Simone Weil, résume tout l'humanisme chrétien authentique, contre le bouddhisme chrétien inventé par les curés du moyen âge. Triompher de la nature est en effet un mobile historique et non moral : un païen ne peut pas le comprendre, voire l'admettre (à l'exception de Homère, Aristote et quelques autres, ce qui incline Bacon à soupçonner, pour le dire vite, que Ulysse est un héros "juif").

     "...en s'y soumettant.", car l'opposition de l'âme et du corps est la plus débile et sans fondement. Sur le plan moral, elle a pour conséquence d'engager dans une lutte mystique contre soi-même, la plus exténuante pour l'esprit, et perdue d'avance. L'âme n'offre pas une plus grande résistance à la mort naturelle que le corps.

    Le monde moderne accomplit l'inverse et produit l'effet opposé du conseil de Bacon : il se décrète libre vis-à-vis de la nature en se soumettant à des idéaux judéo-chrétiens truqués (féminisme, égalité, démocratie), ce qui est le meilleur moyen pour demeurer dans son emprise. De fait, si l'on prend le monde moderne pour l'accomplissement de la morale judéo-chrétienne, Nitche a raison : c'est la pire barbarie que l'humanité a jamais engendrée. Le contrat passé par les religions païennes avec la nature est beaucoup plus prudent : il ne promet pas ce qui est intenable, comme ne cessent de le faire les politiciens modernes, et qui est la cause des plus terribles vengeances populaires... "naturelles".

    La position philosophique satanique de Nitche est la plus rationnelle qui soit. Et en même temps elle est parfaitement inaudible et donc inapplicable dans le monde moderne, qui n'a pratiquement pas sur le plan politique d'autre choix que celui du mensonge. Autrement dit : il est impossible de revenir en arrière sur le mode de gouvernement totalitaire selon le vœu de Nitche. Aussi éloigné soit le gouvernement des Etats-Unis de l'action charitable et du christianisme, il ne peut pas se passer de serments sur la bible et d'une constitution officiellement "judéo-chrétienne". Et Shakespeare explique pourquoi. Shakespeare explique pourquoi Nitche n'est qu'un élément de la stratégie de Satan, le plus viril mais pas forcément le plus efficace.

    Essayons d’illustrer, en quelques traits ce que concrètement tout ça veut dire. La nature c’est la loi du plus fort, et le plus fort chez l’homme c’est sa raison, donc la raison du plus fort est toujours la meilleure comme le dit dans un trait fulgurant le poète La Fontaine. Voilà l’arrêt de la nature, c’est sans appel. A prendre comme un formidable avertissement aux gens d’esprit et à leur raison. Si tu le prends au pied de la lettre, de là, vendue est ton âme au diable. Bien sûr le rachat reste toujours possible mais le temps vient à manquer, toujours, parce que la vérité n’attend pas dans ses effets. Ce que tu prends pour une victoire sur le temps est juste une perte de temps, sèche, c’est en fait la pire des capitulations, la pire des humiliations. Quand tu te rends compte ce qu’est vraiment le temps, que tu piges que tu ne peux pas le vaincre, pas, en tous cas, avec ta philosophie à deux balles, psychologie cinématographique, que tu ne peux plus pleurer sans le dolby 5.6 et le plasma géant, alors ceci est pour toi ! car n’oublie jamais : Le plus fort est aussi le plus sentimental !

    La victoire sur le temps c’est bien sûr la victoire sur la mort. Pas un enjeu de pédé sentimental pour faire plaisir à sa maman. Et les gens consciencieux sont priés de patienter avec leur ticket d’idéal. La vérité transcende le temps, elle ne le relativise pas comme l’algèbre.  Pas de lâches au pays de la vérité. Tout chrétien véritable le sait pour peu qu’il veuille bien se passer de gymnastique littéraire ou mathématique cinq minutes. Voilà pourquoi Shakespeare dit que la conscience fait de nous des lâches, il sait lui que c’est une formidable machine à fabriquer des idéaux dont l’hypocrisie ne se révèle que dans la puanteur des charniers. 

  • Ben ouais mais bon hein!

    On voudrait bien tous aller au paradis et dieu n’est pas contre a priori, il a même tout fait pour ça, seulement voilà on a la tête dure, de l’orgueil à revendre, et paresseux, gourmand, luxurieux comme c’est pas permis. Alors faut pas s’étonner si l’enfer est notre lot sur terre. Il existe de par le vaste monde des milliers de gens bien meilleurs que ma pomme, prêts à donner leur vie pour leur prochain, mais quoi, la plupart sont des désespérés, leur vie elle vaut peau de balle. Les gens sont tellement déterminés par leur environnement que les bons comme les mauvais ne le sont qu’en vertu de la situation qui leur échoie. Un tel qui au village est un parangon de charité peut devenir à la ville le pire des égoïstes, tout ça parce que la ville le rendra insensible au prochain, qu'il lui sera pas possible de reconnaitre tous les passants, les zombis qui lui ressemblent et qui défilent dans le métro. Et inversement le robot urbain placé à la campagne ne pourra guère faire autrement que devenir aimable avec son voisin, ne serait-ce que par intérêt. De nature les hommes ne sont ni bons ni mauvais, c’est contre nature qu’ils peuvent le devenir, non pas culturellement, car la culture, la civilisation est aussi naturelle à l’homme qu’aux singes ou aux girafes, mais surnaturellement, c’est-à-dire à travers la parole de dieu, et là encore le piège de la culture s’ouvre devant lui camouflé sous une couche de croyances et de paroles humaines. A commencer par la croyance dans ses propres mots. Croire est aussi foireux qu’un pet de tourista. Dieu n’a pas caché les clefs du paradis, ce sont les hommes qui les ont tellement enduites de leurs délires visqueux qu’elles lui sont devenues impossibles à saisir. A tel point qu’il se fait gloire de transmettre à sa progéniture cet amour du vide en le faisant passer pour du plein. Pour le dire plus clairement l’homme transforme le vin en eau de boudin avec son esprit corrompu et c’est sûrement pas un hasard si le premier miracle du christ a consisté à faire précisément le contraire. Comprenne qui peut ? Dieu nous a fait libres et la première conséquence à en tirer pour quiconque est doté d’un cerveau en état de marche c’est que l’égalité c'est carrément pas possible. Si nous étions tous égaux nous ne serions pas libres et il n’y aurait aucun mérite à faire le bien, ni le mal. Autrement dit le bien et le mal n’existerait pas et nous y serions déjà pour ainsi dire au paradis. Mais c’est pas parce que les choses ont foiré dès le départ, que ce con d’Adam et cette pauvre conne d'Eve ont lamentablement merdé, qu’il faut baisser les bras, bien au contraire, ça devrait être une motivation d’enfer, pas commettre la même erreur, le même crime contre soi-même. parce que bon qu’on ne s’y trompe pas, l’histoire d’Adam et Eve c’est tous les jours à chaque seconde et pour chacun d’entre nous que ça se joue. Quand on a pigé ça on n’a plus besoin de donner sa vie pour rien, son prochain, on peut essayer de faire mieux. Et c’est là que s’entrouvre le chemin de la liberté qui conduit à la vérité, là que les amours mortes en finissent de mourir comme dit la chanson, là que l’amour qui est la véritable nature de l’homme reprend tous ses droits, à savoir le seul qui nous est donné, celui de nous aimer les uns les autres, non pas en nous gavant de rêves, mais au contraire en réduisant nos délires à une peau de chagrin et en faisant de chaque instant, dans la joie et la douleur, un petit coin de paradis pour l'autre. Ce qu’il faut de patience et de persévérance ? pas moins qu’il n’en faut pour devenir damné. Comme disait Robert Marley, on croit être au paradis et on est en enfer, mais Seigneur, qui le sent le sait. Mon frère, arrête de croire au père Noël, c’est une ordure qui existe à grand peine, crois-moi, mieux vaut passer à autre chose, à l’action par exemple. Croire, penser, réfléchir, tout ça fait de nous des lâches, le vrai courage c’est de tendre la joue gauche, de pardonner et de se mettre au turbin, au vrai turbin, celui qui consiste à trouver la raison de notre présence ici-bas, le reste c’est du délire de petit garçon accroché aux jupes de sa mère pour petits garçons accrochés aux jupes de leur mère, c'est le travail de la femme, la raison de notre absence, le délire qui mène tout droit au cimetière, c’est pas pour toi. L’Apocalypse ou la mort, c’est pas une question pour les gonzesses et les pédés, c’est la dernière question d’homme pour homme, pas une pub pour Dégueulis de Lancôme ou Pet gluant de Chanel. L’apocalypse ou la mort c’est le trousseau de clefs ramassé dans le caniveau, te reste plus qu’à trouver les trous de serrure et les portes qui vont avec. C’est sûrement pas une mince affaire mais quoi, t’as mieux à faire ? 

    Putain de moine mais réveille-toi nom de dieu!

    Et il sortit un autre cheval, roux. Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix de la terre, afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres; et une grande épée lui fut donnée.  Apocalypse 6:4

  • Pentecôte pour Tous...

    ... et Liberté pour Quelques-uns

    Par L. & F.

    La Pentecôte, comme le mot français ne l’indique pas trop, n’est ni une pente ni une côte, encore que ! mais vient du grec et signifie cinquante. C’est le cinquantième jour après la résurrection du Christ, moment où il remonte au ciel et où l’Esprit descend sur la terre (d’où l’étrange évocation de côte et de pente en français).

    Pour le profane, le citoyen moderne d’une quelconque rep dem ou dem rep (république démocratique ou démocratie républicaine), il est sans doute difficile d’imaginer la liberté que vient offrir l’esprit de dieu aux derniers hommes de bonne volonté. Profane et suppôt de Satan que l’esclavage historique choque encore, le sien actuel ne lui étant même pas connu et pour cause. Mais plus choquant à nos yeux le fait de dissimuler que l'esclavage est systématique, et qu'il n'y a aucune civilisation qui ne soit pure de cette pratique, et surtout pas la civilisation bourgeoise occidentale dont la domination sur le reste du monde n'a pas d'autre cause. On peut trouver que l'Occident va trop loin dans l'autocritique ; nous constatons que cette "autocritique" ne diminue en rien son esprit de conquête.

    Il ne s'agit pas pour l'historien d'incriminer les blancs plutôt que les noirs, mais de dire qu'au moment où nous parlons c'est l'Occident qui est du côté du fouet. Contrairement à la morale ou la psychanalyse, l'histoire n'a pas de fonction dans les tribunaux.
    Le racisme et l'antisémitisme n'existent pas, d'ailleurs : il n'y a que des prétextes à l'esclavage et à la conquête, prétextes variables selon l'opportunité. N'importe quel historien un peu sérieux sait qu'il n'y aucune différence entre la discrimination raciale et la discrimination religieuse puisque leurs buts sont les mêmes.

    "L'esprit critique de Voltaire s'arrête à la Compagnie des Indes." : le mot est toujours valable, pour tous nos intellectuels humanistes, et bien plus encore dans la mesure où Voltaire ne bénéficiait pas d'une position médiatique inexpugnable.

     

    Malgré leurs efforts, l'art et la culture - l'architecture démoniaque des cathédrales gothiques - et tous les autres monstrueux léviathans sous le prétexte "judéo-chrétien", rien de tout ça ne peut empêcher la fin du monde et l'Esprit de descendre sur ceux qui veulent être des apôtres.

    L’apocalypse ou la mort ?

    A bon entendeur, salut !

  • Du Christianisme

    Le droit, inventé pour protéger les sociétés, est établi sur l’égalité. La société, qui n’est qu’un ensemble de faits, est basée sur l’inégalité. Il existe donc un désaccord entre le fait et le droit. La société doit-elle marcher réprimée ou favorisée par la loi ? En d’autres termes, la loi doit-elle s’opposer au mouvement intérieur social pour maintenir la société, ou doit-elle être faite d’après ce mouvement pour la conduire ? Depuis l’existence des sociétés, aucun législateur n’a osé prendre sur lui de décider cette question. Tous les législateurs se sont contentés d’analyser les faits, d’indiquer ceux blâmables ou criminels, et d’y attacher des punitions ou des récompenses. Telle est la Loi humaine : elle n’a ni les moyens de prévenir les fautes, ni les moyens d’en éviter le retour chez ceux qu’elle a punis. La philanthropie est une sublime erreur, elle tourmente inutilement le corps, elle ne produit pas le baume qui guérit l’âme. Le philanthrope fait des projets, a des idées, en confie l’exécution à l’homme, au silence, au travail, à des consignes, à des choses muettes et sans puissance.

    Le christianisme ignore ces imperfections, car il a étendu la vie au-delà de ce monde. En nous considérant tous comme déchus et dans un état de dégradation, il a ouvert un inépuisable trésor d’indulgence ; nous sommes tous plus ou moins avancés vers notre entière régénération, personne n’est infaillible, le chrétien s’attend aux fautes et même aux crimes. Là où la société voit un criminel à retrancher de son sein, le chrétien voit une âme à sauver. Bien plus !... inspirée de dieu qu’il étudie et contemple, il admet l’inégalité des forces, étudie la disproportion des fardeaux. S’il vous trouve inégaux de cœur, de corps, d’esprit, d’aptitude, de valeur, il vous rend tous égaux par le repentir. Là l’égalité n’est plus un vain mot, car nous pouvons être, nous sommes tous égaux par les sentiments. Depuis le fétichisme informe des sauvages jusqu’aux gracieuses intentions de la Grèce, jusqu’aux profondes et ingénieuses doctrines de l’Égypte et des Indes, traduites par des cultes riants ou terribles, il est une conviction dans l’homme, celle de sa chute, de son péché, d’où vient partout l’idée des sacrifices et du rachat. La mort du Rédempteur, qui a racheté tout le genre humain, est l’image de ce que nous devons faire pour nous-mêmes : rachetons nos fautes ! rachetons nos erreurs ! rachetons nos crimes ! Tout est rachetable, le christianisme est dans cette parole ; de là ses adorables sacrements qui aident au triomphe de la grâce et soutiennent le pécheur. Pleurer, gémir comme la Madeleine dans le désert, n’est que le commencement, agir est la fin. Les monastères pleuraient et agissaient, ils priaient et civilisaient, ils ont été les moyens actifs du christianisme. Ils ont bâti, planté, cultivé l’Europe, tout en sauvant le trésor de nos connaissances et celui de la justice humaine, de la politique et des arts. On reconnaîtra toujours en Europe la place de ces centres radieux. Si vous croyez que dieu ait à vous juger, le chrétien vous dit que tout peut se racheter par les bonnes œuvres du repentir. Les grandes mains de dieu pèsent à la fois le mal qui fut fait, et le trésor des bienfaits accomplis. Soyez à vous seul le temple, vous pouvez en recommencer les miracles.

    Vos prières doivent être des travaux. De votre travail doit découler le bonheur de ceux au-dessus desquels vous ont mis votre fortune, votre esprit, tout, jusqu’à ce talent naturel, image de votre situation sociale.

  • Portrait de Femme

    Elle a aujourd’hui quarante-huit ans, et ne paraît pas avoir moins d’un siècle. Mais elle est plus belle qu’autrefois, et ressemble à une colonne de prières, la dernière colonne d’un temple ruiné par les cataclysmes. Ses cheveux sont devenus entièrement blancs. Ses yeux, brûlés par les larmes qui ont raviné son visage, sont presque éteints. Cependant elle n’a rien perdu de sa force. On ne la voit presque jamais assise. Toujours en chemin d’une église à l’autre, ou d’un cimetière à un cimetière, elle ne s’arrête que pour se mettre à genoux et on dirait qu’elle ne connaît pas d’autre posture. Coiffée seulement de la capuce d’un grand manteau noir qui va jusqu’à terre, et ses invisibles pieds nus dans des sandales, soutenue depuis dix ans par une énergie beaucoup plus qu’humaine, il n’y a ni froid ni tempête qui soit capable de lui faire peur. Son domicile est celui de la pluie qui tombe. Elle ne demande pas l’aumône. Elle se borne à prendre avec un sourire très doux ce qu’on lui offre et le donne en secret à des malheureux. Quand elle rencontre un enfant, elle s’agenouille devant lui, […] et trace avec la petite main pure un signe de croix sur son front. Les chrétiens confortables et bien vêtus qu’incommode le Surnaturel et qui ont dit à la Sagesse « Tu es ma sœur », la jugent dérangée d’esprit, mais on est respectueux pour elle dans le menu peuple et quelques pauvresses d’église la croient une sainte. Silencieuse comme les espaces du ciel, elle a l’air, quand elle parle, de revenir d’un monde bienheureux situé dans un univers inconnu. Cela se sent à sa voix lointaine que l’âge a rendue plus grave sans en altérer la suavité, et cela se sent mieux encore à ses paroles mêmes.

    Tout ce qui arrive est adorable, dit-elle ordinairement, de l’air extatique d’une créature mille fois comblée qui ne trouverait que cette formule pour tous les mouvements de son cœur ou de sa pensée, fût-ce à l’occasion d’une peste universelle, fût-ce au moment d’être dévorée par des animaux féroces. Bien qu’on sache qu’elle est une vagabonde, les gens de police, étonnés eux-mêmes de son ascendant, n’ont jamais cherché à l’inquiéter.

    Après la mort de son mari, […] elle avait tenu à se conformer à celui des Préceptes évangéliques dont l’observation rigoureuse est jugée plus intolérable que le supplice même du feu. Elle avait vendu tout ce qu’elle possédait, en avait donné le prix aux plus pauvres et, du jour au lendemain, était devenue une mendiante. Ce que durent être les premières années de cette existence nouvelle, Dieu le sait ! On a raconté d’elle des merveilles qui ressemblent à celles des Saints, mais ce qui paraît tout à fait probable, c’est que la grâce lui fut accordée de n’avoir jamais besoin de repos. – Vous devez être bien malheureuse, ma pauvre femme, lui disait un prêtre qui l’avait vue tout en larmes devant le Saint Sacrement exposé, et qui par chance, était un vrai prêtre.

    – Je suis parfaitement heureuse, répondit-elle. On n’entre pas dans le Paradis demain, ni après-demain, ni dans dix ans, on y entre aujourd’hui, quand on est pauvre et crucifié.

    - HODIE mecum eris in paradiso, [aujourd’hui même tu seras avec moi au paradis] murmura le prêtre, qui s’en alla bouleversé d’amour.

    [Un des malfaiteurs suspendus à la croix dit à Jésus : « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton royaume. » Et Jésus lui répondit : « En vérité je te le dis, aujourd’hui même tu seras avec moi au paradis.» Luc, XXIII, 39, 42-4]

    À force de souffrir, cette chrétienne vivante et forte a deviné qu’il n’y a, surtout pour la femme, qu’un moyen d’être en contact avec Dieu et que ce moyen, tout à fait unique, c’est la Pauvreté. Non pas cette pauvreté facile, intéressante et complice, qui fait l’aumône à l’hypocrisie du monde, mais la pauvreté difficile, révoltante et scandaleuse, qu’il faut secourir sans aucun espoir de gloire et qui n’a rien à donner en échange.

    Elle a même compris, et cela n’est pas très loin du sublime, que la Femme n’existe vraiment qu’à la condition d’être sans pain, sans gîte, sans amis, sans époux et sans enfants, et que c’est comme cela seulement qu’elle peut forcer à descendre son Sauveur. […] Parfaitement douce et parfaitement implacable. Affiliée à toutes les misères, elle a pu voir en plein l’homicide horreur de la prétendue charité publique, et sa continuelle prière est une torche secouée contre les puissants…

    Il n’y a qu’une tristesse, a-t-elle dit, c’est de N’ÊTRE PAS DES SAINTS…

     

    Extrait de La Femme Pauvre de Léon Bloy

  • L'ordre républicain policier

    Je m'insurge contre l'article d'une gazette en ligne ("Article 11"), dont l'auteur s'efforce d'attribuer la violence de l'ordre républicain aux seuls policiers. Il s'agit là d'une opération de blanchiment de l'institution républicaine, caractéristique des bonnes conscience "de gauche".

    La gauche rend certainement ici à l'institution républicaine un service d'ordre plus utile que celui de l'institution policière elle-même. Un marxiste qualifiera cet office de "religieux". Je ne crois pas me tromper en affirmant que Marx verrait dans la police et ses méthodes brutales, au service de l'ordre républicain, une cause d'aliénation secondaire. L'idéologie de gauche s'efforce "grosso modo" de dissuader les jeunes Français de comprendre la nature de l'oppression moderne, totalitaire, en les amenant à concentrer leur volonté de rébellion contre un ordre globalement inique, dont ils éprouvent d'abord la violence sur le plan moral, sur les seuls aspects physiques de la violence.

     

    A cet égard, le discours féministe de gauche est caractéristique, qui pointe sans arrêt les débordements de  violence physique ou "virile", sans jamais démontrer en quoi l'oppression sociale est principalement masculine. Aucun penseur, décelant dans l'institution familiale elle-même, ou l'institution étatique décalquée sur le modèle familial, une cause d'aliénation et d'oppression, ne décrète que ces organisations découlent d'une volonté masculine. Cela reviendrait à occulter qu'il y a dans l'oppression un problème lié au désir de s'y soumettre. Occultation gravissime, puisqu'elle est certainement caractéristique de l'oppression moderne.

    L'institution républicaine est contraignante à tous les niveaux, et non seulement celui de la police, qui obéit aux ordres de la magistrature. Mais aussi l'Education nationale, monopolistique pour la moins démocratique des raisons, imprime sur les esprits une forte coercition, facteur d'ordre républicain bien plus puissant que la police. Les sociologues qui défendent ce monopole (Luc Ferry), n'hésitent pas à le faire au nom de l'élitisme et de la cohésion nationale. La croissance économique fournit certainement à cette dernière un appui plus sûr que le galimatia kantien de Luc Ferry. Rien de démocratique là-dedans, sauf à faire de la démocratie un consensus mou proche de la démagogie.

    On pourrait dire que l'idéologie de gauche, dont l'influence s'exerce principalement à travers l'Education nationale, ne cesse de pointer du doigt les attributs virils de l'institution républicaine, comme si celle-ci était pure par ailleurs. Et même sur le plan de l'enseignement de l'histoire, c'est le cas d'une éducation civique qui consiste à occulter le passé récent de l'institution républicaine, marqué par une extrême violence ; jusqu'à occulter même la fondation de ces institutions dans la violence. De même, les dernières évolutions économiques sont traduites comme un progrès juridique ou institutionnel, quand la crise économique signale plutôt que ce progès institutionnel reposait seulement sur l'enrichissement du pays. Si je ne m'abuse, les valeurs de gauche, comme celles de droite, sont directement menacées par la crise. Elles ne sont qu'une imposture, distincte de l'humanisme véritable, puisqu'elles ne font que contribuer à la cohésion nationale, et distribuer des points de mauvaise ou de bonne conduite, dans un contexte d'opulence où la pauvreté est le seul péché véritable.

    Il est si vrai que l'Education nationale est d'abord chargée de l'adhésion religieuse à l'ordre républicain, que les tentatives de réformer l'Education nationale, éludant systématiquement les efforts de cette institution pour substituer l'esprit religieux à l'esprit critique, sont nécessairement hypocrites ou voués à l'échec. En réalité ils nient l'oppression subie par les enfants, et ne font que se soucier de la pérennité d'un système - que la tendance de ces réformes soit réactionnaire, ou bien qu'elle soit moderniste. Les réformateurs envisagent à peine la contradiction entre l'éducation et l'esprit critique, celle-ci étant opposée à celle-là, pure méthode, quand l'esprit critique voit plus loin que la méthode. Les réformateurs se placent ainsi dans une configuration où ils sont certains d'échouer sur les deux plans.

    C'est au niveau universitaire que l'échec est le plus flagrant, puisque c'est à ce niveau que l'esprit critique était possible. "Le poisson pourrit par la tête" : l'adage est ainsi confirmé. Il signifie aussi, et ce n'est pas le moindre fait que l'idéologie de gauche s'efforce de dissimuler, que la responsabilité du populisme ou du chaos, incombe toujours aux élites.

    Enfin, il faut souligner à quel point l'idéologie de gauche, répercutée aujourd'hui y compris dans une presse qui se veut indépendante ou impertinente, sert le programme néo-colonialiste du gouvernement français. Il ne s'agit plus d'éduquer les populations du tiers-monde ou des pays émergents au catholicisme ou à l'ordre juridique raciste républicain, mais à des "valeurs de gauche" indéterminées, de justifier des campagnes militaires de cette façon, dont le caractère stratégique et intéressé est aussi facile à repérer qu'il l'est dans les croisades ou l'expansion coloniale au XVIIe siècle.

    Telemax

    Article paru dans "Au Trou!?" le 2 mars 2013

  • Patience.1

    Dans l’attente de deux poèmes de Shakespeare (qu’une jeune ingénue a soumis à ma lecture l’été dernier et dont il m’est parvenu, par l’intermédiaire de Lapinos, qu’il pourrait bien y avoir un lien spirituel ou métaphysique de première importance, les poèmes de Shakespeare étant les seules véritables productions modernes de valeur en ce foireux domaine), je m’en laisse un peu conter par Caïn Marchenoir.

      

    « Vous voudriez savoir quelle est la récompense  ou le salaire des animaux. Si je le savais pour vous l’apprendre, je serais Dieu, car je saurais alors ce que les animaux sont en eux-mêmes et non plus, seulement, par rapport à l’homme. N’avez-vous pas remarqué que nous ne pouvons apercevoir les êtres ou les choses que dans leurs rapports avec d’autres êtres ou d’autres choses, jamais dans leur fond et dans leur essence ? Il n’y a pas sur terre un seul homme ayant le droit de prononcer, en toute assurance, qu’une forme discernable est indélébile et porte en soi le caractère de l’éternité. Nous sommes des « dormants», selon la Parole sainte, et le monde extérieur est dans nos rêves comme « une énigme dans un miroir ». Nous ne comprendrons ce « gémissant univers » que lorsque toutes les choses cachées nous auront été dévoilées, en accomplissement de la promesse de Notre Seigneur Jésus-Christ. Jusque-là, il faut accepter, avec une ignorance de brebis, le spectacle universel des immolations, en se disant que si la douleur n’était pas enveloppée de mystère, elle n’aurait ni force ni beauté pour le recrutement des martyrs et ne mériterait même pas d’être endurée par les animaux. »

     

    Bloy parle d’apercevoir le rapport entre les êtres quand Simone Weil dit que les mots ne devraient servir qu’à décrire le rapport entre les choses. De toute évidence, ces deux chrétiens savent le danger qui réside dans la parole. 

    Cela dit, Bloy confond ici force et beauté (puissance et beauté du diable) avec la force de l’amour, cet œuf de la nuit, comme disent les Anciens, voir les fables d’Orphée et de Cupidon révélés par Bacon. Ça doit tenir à son désir de sauver l’Eglise catholique. Il a dû oublier que cette putain est condamnée depuis L’Apocalypse. La douleur n’est plus un mystère dès lors que le christ a montré qu’elle provenait du péché, épisode qui revient dans les quatre évangiles. Car, lequel est le plus aisé, de dire: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, et marche? Mathieu 9:5, Luc 5:23 Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, prends ton lit, et marche? Marc 2:9 Cependant, Jean, lui, ne relève pas l’allusion au péché. Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche. 5:8.

    Bloy aurait été mieux inspiré de lire Swedenborg comme Balzac, ou Shakespeare comme Céline, plutôt que Joseph de Maistre, cet intello si peu sincère qui a osé écrire L'évangile hors de l'Eglise est uque l'Evangile hors de l'Eglise est un poison (alors que c'est précisément le contraire qui est vrai) et que « Jamais le christianisme, si vous y regardez de près, ne vous paraîtra plus sublime, plus digne de Dieu, et plus fait pour l'homme qu'à la guerre. » l’a dû lire les Ecritures d’une main ce galfâtre (ou alors c’est moi qui n’y regarde pas d’assez près, mais c’est quand même assez pernicieux).

     

     

    Voici ce qu’il est écrit dans le livre de Jean, l’adresse, par « quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme », à Laodicée, qui est l’église de notre temps puisque chacune correspond à un moment de l’Histoire :

    De 3:14 à 3:22 Ecris à l'ange de l'Eglise de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu: Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises!

    J’y reviendrai. En particulier pourquoi, si ce fils d’homme est le christ, se définit-il comme le commencement de la création de dieu, ce qui remet en question le rôle d’Adam et Eve.

     En tous cas on pourra guère pas reprocher à Bloy d’avoir été tiède :

    « Marchenoir, ce perpétuel vaincu de la vie, avait reçu le privilège ironique d’une éloquence de victorieux. »

     

     

     

  • Mur mûr

    Un héros bernanosien me parle :

     « J’ai le souffle un peu court dans les côtes.

    Un sens heureux de ma faiblesse intellectuelle m’a toujours apaisé et fortifié, comme un signe ineffable de la présence de dieu. Jamais rien désiré de plus que je ce que je pouvais atteindre et toujours pourtant, le moment venu, l’effort moins grand que je n’aurais  imaginé, comme si miraculeusement me devançait la céleste compassion. Une pauvreté intellectuelle surnaturelle a brillé sur mon enfance comme un petit astre familier, au point que plusieurs fois perdu en mer j’ai pu m’écrier «  je ne peux me perdre qu’en dieu ! ».

     Si pauvre était mon intelligence, ma raison restait droite, ma conscience claire, le sentiment de la faute ne me tenait pas au cœur. Comment se plaindre de sa pauvreté à un maitre plus riche que tous les rois. 

    Aucune épreuve, aucune lecture, ne pouvait mettre en péril l’humble allégresse, la certitude d’être né pour les travaux faciles qui rebutent les grandes âmes, ni cette espèce de clairvoyance malicieuse qui surprenait les moins réfléchis, et dont personne ne savait le secret.

    Puis j’ai pénétré ce secret … à la longue ! Oui car j’ai longtemps crains de m’interroger, redoutant surtout, par une vaine impatience à connaître et à admirer, de me blesser au point le plus sensible, là où se consomme, à l’insu de tous, dans un silence plus pur que l’immense quiétude céleste, l'alliance divine, l'inégalable accord. Peut-être même ai-je pris le risque un temps d’être piégé par ma propre conscience claire et profonde ; moins indifférent que je le croyais au monde, à ses succès véniels, au luxe, au calme, à la volupté. J’aurais dû m’inquiéter plus tôt de ces coquetteries, mais bon… j’ai fini par  apercevoir en moi ce que je cherchais depuis si longtemps à travers le monde bruyant et vide où j’errais en étranger : l’esprit, le rayonnant esprit de confiance et d’abandon. J’étais un peu femme. Pédéraste tu dirais!

    Comment prendre alors en charge cette joie mystérieuse qui pèse son poids de surnaturel ? Suave fontaine de suavité !

    La certitude de ne tenir la paix que d’un admirable caprice de dieu suffit dès lors à m’éviter la moindre complaisance pour cette découverte imprévue dont je connais à présent le péril artificieux.

    Oui, longtemps j’ai pris le soin et la peine de ne rien garder, de dépenser au jour le jour l’aumône tombée du ciel – et pourquoi la peser, qu’importe ? Il me semblait quand même nécessaire de pouvoir en rendre un compte exact. Et puis demeurer, plus impénétrable, dans une extraordinaire douceur, attendre patiemment que la mesure soit comble, et que dieu se révèle de lui-même à un cœur qui déjà débordait de lui, et ne s’en doutait pas. Que je suis donc né prodigue ! il y a trop d’âmes dévotes qui ont besoin d’apprendre à dépenser, qui thésaurisent. Ça gâte un peu le jugement, quelle misère ! Il n’y a rien de pire que mépriser la grâce de dieu, mais il ne faut pas non plus l’épargner sou par sou, non ! notre maître est riche.

    Mais une vie doit s’écrire dans un style très familier dont dieu seul a la clef, s’il y a une clef.

    Qui a le plus à craindre du monde ? vous ou moi ?

     Ce qu’il nous faut ? La chose vient en son temps, parce qu’il y a des saisons pour les âmes. Oui ! il y a des saisons. La gelée viendra, même en mai. Est-ce que ça empêche les arbres de fleurir ? Est-ce que dieu ménage son printemps, mesure le soleil et les averses ? Laissons-lui jeter son bien par les fenêtres. Et puis je sais encore ceci, qu’il importe avant tout de s’écarter le moins possible de ce point précis où il nous laisse, et où il peut nous retrouver dès qu’il lui plaît.

    L’incomparable détresse de notre espèce est son instabilité.

    (J'ai pensé: le diable a la bougeotte.)

    Il faut être aveugle pour croire que le mal ne se montre qu’aux misérables qui s’en laissent peu à peu dévorer. Ils ne connaissent que les aléatoires jouissances, la peine idiote, le ressassement mélancolique et stérile. Effondrement dérisoire, ces hurlements qu’aucun vivant n’entend, comme des messagers d’une nuit sans fin ! Si l’enfer ne répond rien ce n’est pas qu’il refuse de répondre, c’est qu’en vérité l’enfer n’a rien à dire et ne dira jamais rien, éternellement.

    Seule une certaine pureté, une certaine simplicité (l’ignorance des saints ?) prenant le mal en défaut, pénètre dans son épaisseur, dans l’épaisseur du vieux mensonge. Qui cherche la vérité de l’homme doit s’emparer de sa douleur, par un miracle de compassion, et qu’importe d’en connaître ou non la source impure !  Ce que je sais du péché, disait le curé d’Ars, je l’ai appris de la bouche même des pécheurs. Et qu’avait-il entendu le vieil enfant, entre tant de confidences honteuses, de radotages intarissables, sinon le gémissement, le râle du désir exténué, qui crève les poitrines les plus dures ? Quelle expérience du mal l’emporterait sur celle de la douleur ? Qui va plus loin que la pitié ?

    L’amour, cette charité plus humaine, plus charnelle, qui découvre dieu dans l’homme, et les confond l’un et l’autre, par la même compassion surnaturelle. Transformation trop intime, trop profonde de la vie de l’âme, pour qu’en paraissent au-dehors les signes visibles. Ça vient par degrés, insensiblement, ça lève lentement dans le cœur. Ne pas ignorer le mal et ne jamais feindre de l’ignorer, rester sensible et vif pour ne pas se dissimuler à soi-même, comme tant d’ingénus volontaires, certaines méfiances et certains dégoûts, enfin, que la droiture soit la plus forte ! Ce pressentiment du péché, de ses dégradations, de sa misère, peut rester vague, indéterminé, parce qu’il faut la déchirante expérience de l’admiration ou de l’amitié déçue pour nous livrer le secret tragique du mal, mettre à nu son ressort caché, cette hypocrisie fondamentale, non des attitudes, mais des intentions, mensonge qui fait de la vie de beaucoup d’hommes un drame hideux dont ils ont eux-mêmes perdu la clef, un prodige de tromperie et d’artifice, une mort vivante. Mais qui peut décevoir celui qui croit d’avance ne posséder ni mériter rien, n’attendre que de l’indulgence ou de la charité d’autrui ?

    Oui, qui peut décevoir la joie des humbles ?  Ils voient des choses extraordinaires, des choses comme on n’en voit pas dans les livres. Et ils n’ont rien, absolument rien.

    Le plus lourd dans l’homme, c’est le rêve. »

     

    Il chuchotait presque.

    Alors j’ai dis :

    Le rêve, un mur contre la mort… mûr pour l’apocalypse !

  • Au poteau

    Un pote m’envoie sa démission ; il dépose sa fonction de pote assumée vaillamment depuis trente ans. J’ai eu beau lui proposer toute une batterie de compensations amicales, il n’est pas (encore) revenu sur sa décision. Le motif en est, si j’ai bien suivi l’alambique de sa pensée, que je suis devenu par trop rétrograde. Selon lui, je manquerais d’allant dans mes concessions à la modernité. Du coup je regarde mon grille-pain avec mélancolie : la vie est faite de concessions… à perpétuité.

     

    Quand on a une vue de l’Histoire qui focus sur le romantisme du XIXème siècle, on est forcément enclin à trouver rétrograde la renaissance, seule époque pourtant véritablement moderne qui non seulement en mérite la qualification mais a de plus hérité les promesses d’humanisme d’un Rabelais de Molière à Shakespeare. En conséquence, je rétrocède l'inculpation de rétrograde à mon pote dont j’espère qu’il n’attendra pas l’article de la mort pour comprendre qu’il n’a été en cette occasion qu’un néo-barbare pseudo moderne, lui et tout son fatras culturel et technologique.

     

     Il n’y a pas de post modernité, c’est un sophisme historique débile, ni scientifique ni artistique, forgé par une élite cynique pour qualifier une régression infantile dont elle n’est même pas consciente. Il n’y a qu’un retour au paganisme moyenâgeux sous une forme technologique qui en dissimule l’esprit. D’ailleurs il n’y a qu’à regarder une ville comme New-York pour comprendre à quel point l’architecture dite moderne ne consiste en vérité qu’en une prouesse technique, en l’occurrence construire des maisons tout à fait banales pour les étirer en hauteur jusqu’au ridicule. Le mélange béton /acier est le viagra d’un art qui, un pied dans la tombe et l’autre dans un rêve, se recouvre de verre pour cacher une transparence qui ne fait que refléter le vide spirituel de ses créations, rappelant la mer de verre évoquée dans l’Apocalypse de Jean.

     

     La modernité de Molière et de Shakespeare est indépassable, en tout cas indépassée. Et puis l’amitié, entre nous, voilà un sentiment complètement désuet, dévoyé, galvaudé, ravagé, sénile, mort-né, sentiment de vieux fœtus ! mais fi du désespoir car quoi qu’il en soit, ça n’empêche pas de se bien comporter avec les hommes de bonne volonté, à tout le moins de ne pas les mépriser. Mais bon, la poussière, enfin, voyez les Ecritures, on peut quand même pas passer sa vie à essayer de ravauder des lambeaux de guenilles. Mieux vaut comme Aristote préférer la vérité à l’amitié, ça évite bien des erreurs. La plus fatale d’entre elles consistant à ne pouvoir se nourrir de lumière, toutes les autres se valent dans les ténèbres du fanatisme religieux moderne. Si ce dernier use des cautions culturelle et scientifique pour ériger le Lego en art en agitant le squelette de la vieille pute catholique (la grande prostitué de l’Apocalypse), c’est pour mieux dévorer ses propres enfants. Tout fait nourriture à l’ogre moderne qui ne peut que finir raisonnablement par s’engloutir lui-même.

     

    Allez qu’on envoie l’apocalypse et qu’on en finisse avec ces caquets rabattus qu’on ne relèvera plus.

  • Carré d'As

    « L’élève de l’abbé Hugon (La Fille du prêtre marié) était trop chrétienne pour admettre l’irresponsabilité des enfants dans le crime ou la faute des pères, ce premier coup de hache, donné par une philosophie antisociale, dans la plus vivante des articulations de la famille — le lien inextricable qui unit le père aux enfants. »

    J. A. Barbey d’Aurevilly

     

    Dan son « Brelan d’excommuniés » livre peu connu de Léon Bloy dans lequel il rend hommage à trois écrivains maudits par le clergé catholique, je m’étonne de la présence de Verlaine et de l’absence de Barbey.

    En fait c’est bien l’auteur des « Diaboliques » qui vient en tête de ce brelan et non Baudelaire comme je me suis fourvoyé à le croire. Pour ma part j’enlèverais quand même Verlaine pour y mettre Bloy lui-même.

     

    Pendant ce temps, Pénélope lit Bernanos, sa belle main blanche soutenant son front ample comme les plaines de son pays. On pourrait rajouter Bernanos aux excommuniés, et Balzac aussi. Ma paresse vaincue, j’écrirai un carré d’excommuniés sur le même modèle, Balzac Barbey Bernanos Bloy.

    Extrait :

    « Chaque moderne porte en soi une petite Église infaillible dont il est le Christ et le Pontife et la grosse affaire est d'attirer le plus grand nombre possible de paroissiens. Mais, comme il est de l'essence de toute foi de tendre à l'œcuménicité, la momerie se dilate naturellement en raison inverse de l’exigüité du tabernacle. On voit alors cette merveille d'une âme publique se badigeonnant de vertu pour s'absoudre et se communier elle-même et mériter par ce moyen, le Paradis de ses propres complaisances. »

    L. Bloy

  • Sacré bémol

    "Si le chrétien se défie autant de la musique, contrairement à l'antichrist qui s'en réjouit, c'est parce que la musique est l'endroit où se mélangent le sacré et le profane, selon le principe diabolique de l'Eglise romaine. En abolissant les sacrements romains, la réforme protestante les a remplacés par un, qui ne vaut pas mieux : la musique.

    Or le mélange du sacré et du profane se fait toujours au profit des puissants et au détriment des opprimés."

    L'aphorisme est conçu en haine du style et de l'exhibitionnisme littéraire, nous rappelle mon pote Lapinos, ça se trouve ici!


  • De la religion du trou

    La religion de Charb

    Publié par Telemax dans le fanzine Au Trou!?

    - La religion la plus courante et qui engendre le plus de fanatisme est celle qui pousse à remettre son suicide à demain : pourquoi un tel consentement à vivre ?

    - Essentiellement, la religion est un principe vital. Les rituels religieux se concentrent d'ailleurs sur les choses vitales, et ont pour effet de les exalter.

    - Le socialisme, s'il fournit de nombreux moyens de vivre, plus ou moins efficaces, dont le travail pour l'ouvrier, le pouvoir pour ceux qui ont le goût de dominer, ou la culture pour les intellectuels, ne fournit pas de raison de vivre. Le socialisme est donc une religion ; les "lendemains qui chantent" du socialisme ne sont pas moins fantaisistes que les sept vierges promises aux martyrs d'Allah. Le principe d'égale jouissance des hommes est démenti par toute l'histoire, et en outre par le principe de la concurrence économique.

    - La première cause du fanatisme religieux est en soi ; et si ce fanatisme est difficile à vaincre, ce n'est probablement pas, contrairement à ce qu'on peut penser, en raison d'un amour de soi excessif, mais au contraire d'un manque d'amour de soi.

    - La religion de Charb est à peu près ce qu'il est convenu d'appeler cartésianisme. Un mensonge universitaire courant est de faire croire que ce cartésianisme est typiquement français, alors qu'il est typiquement "élitiste" ou universitaire, et que la littérature et l'art français sont parmi les moins élitistes au monde ; le deuxième mensonge est de faire croire que le cartésianisme est irréligieux. C'est occulter que l'université a pour principale fonction, historiquement, non pas la science mais la morale ou l'éthique.

    - Il faut dire que la structure même de l'élitisme, pyramidale, est d'essence religieuse et non scientifique ; par conséquent la logique de récusation de l'élitisme - celle de Karl Marx, par exemple, ou encore de Molière, de Shakespeare la plus radicale, de l'abbé Grégoire, de Georges Orwell - est une logique scientifique.

    Il y a dans l'ordre humain, la nécessité de l'organisation sociale, un risque de préjugé scientifique ou artistique important ; aucun véritable savant n'a omis de le signaler : dans le domaine scientifique, comme dans l'ordre des choses divines, la tentation pour l'homme de prendre son désir pour la réalité est très forte.

    - Karl Marx démontre ainsi que la critique historique et l'idée de civilisation républicaine ou de "modernité" (où le mouvement est souligné, plutôt que l'équilibre) sont incompatibles. L'idéal civilisateur, qui possède une fonction justificatrice, implique le négationnisme de l'histoire (ainsi, actuellement, le fait que l'institution républicaine n'est qu'un décalque de la vieille institution catholique romaine, et que le régime nouveau n'est qu'une adaptation aux circonstances économiques nouvelles, ce fait est largement occulté).

    - Oui, mais René Descartes n'était-il pas chrétien, alors que Charb est athée ?

    En effet, mais le rapport de Descartes avec le monde moderne tient à la mise à l'écart par cet ingénieur chrétien de la métaphysique, pour la raison que celle-ci n'est pas, selon lui, utile dans le domaine de la science technique. L'erreur est de croire que la métaphysique et la religion sont deux notions équivalentes, alors qu'elles s'affrontent le plus souvent. Autrement dit, Descartes contredit radicalement la conception scientifique de Rabelais selon laquelle science et métaphysique ne peuvent pas être scindées sans faire courir un grave danger à l'humanité.

    Ici le qualificatif "d'ingénieur" s'impose doublement : en tant qu'il est caractéristique d'une conception élitiste de la science, d'abord ; secundo, parce qu'il dément concrètement l'idéal égalitaire ou démocratique mis en avant par ailleurs ; l'ingéniérie se résume presque en effet à une science du commandement.

     Le mobile de l'éviction de la métaphysique dans les domaines scientifique ou artistique n'est donc pas scientifique ou expérimental, mais bel et bien technique. Or la science technique est la plus efficace et fonctionnelle, donc la plus religieuse. Le phénomène moderne de spécialisation de la science, ou encore de sa scission avec l'art se trouve légitimité par l'éviction de la métaphysique. Toute l'astuce de la religion moderne est là, qui consiste à faire passer des choses pratiques et fonctionnelles pour "légitimes" ou "pures", notamment aux yeux du peuple.

    Il ne faut donc pas s'étonner de voir la science technologique, sur laquelle s'appuie la technocratie aujourd'hui, combattue au nom de l'irréligion.

    C'est sous l'angle de l'efficacité et de la fonctionnalité que le cartésianisme est moderne. Mais également sous cet angle que la religion de Charb s'impose sur l'islam, dépassé par la mondialisation.

    L'opposition du monde moderne à la religion mahométane n'a donc rien à voir avec la liberté d'expression : c'est bel et bien à l'intérieur d'un rapport de force religieux qu'elle s'inscrit.

  • In trust

    Dans l’Apocalypse, chaque lettre à une église correspond à un âge du christianisme, celui de Thyatire est le Moyen-âge de l’an 600 à 1500, surnommé aussi l’âge des ténèbres, c’est l’âge du catholicisme roi. On y retrouve le mot qui signifie ”constellation” et le verbe dont le sens dérivé, plus récent, est ”sacrifier”. L’étymologie de ce mot serait donc sacrifié aux étoiles, aux idoles. Vénus ou Astarté. Nom qui se trouve être en parfaite opposition avec la fin de la lettre qui dit au verset 2:28 « Et je lui donnerai l'étoile du matin. »  Le verset 28 doit être relier aux deux versets précédents pour retrouver tout son sens. « A celui qui vaincra, je donnerai autorité sur les nations, ainsi que moi-même j'en ai reçu le pouvoir de mon Père, je lui donnerai l'étoile du matin. »  

     

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    L’étoile du matin est donc l’image de la restauration de l’autorité royale, symbolisé par le soleil pourpre qui se lève tôt le matin juste avant que ne vienne la pleine lumière du jour, et que l’on nomme « L’aurore ». Malachie 4:2 « Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera Le soleil de la justice, Et la guérison sera sous ses ailes; Vous sortirez, et vous sauterez comme les veaux d'une étable. »
    L’étoile pourpre, symbole d’autorité sur les nations est l’apanage du Fils de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ, l’oint de Dieu et Messie d’Israël, lumière du monde et roi des rois.

    Apocalypse 22:16 « Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Eglises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l'étoile brillante du matin. »
    Mais jamais satan n’a été un porteur de lumière, ni jamais satan n’a été prénommé Lucifer dans la bible, ni appelé étoile du matin ou nommé fils de l’aurore. Le seul fait d’avoir créé de toute pièce ce nom est un blasphème à l’encontre de Jésus-Christ. Lucifer est un nom blasphématoire à bannir du vocabulaire des chrétiens, le prononcer ou l’écrire reviendrait en fait à ne plus dire satan, mais « Seigneur satan ».
    Satan n’était que rxS Nb llyh "fils de l’aube", l’aube qui est la lueur pâle et diffuse qui précède l’aurore. Cela signifie que le chérubin est créé juste avant que ne se lève le soleil de justice, qu’il doit servir et protéger.

    L’Eglise Catholique romaine, héritière et conservatrice des traditions babyloniennes, a donc traduit dans l’esprit qui est le sien le propos de Dieu dans un sens qui tord la vérité initiale jusqu’à en donner une définition totalement contraire à l’initiale. « Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l'aurore », devient donc après la traduction catholique, « te voilà comme l’Eternel, porteur de lumière tel l’étoile du matin ». Il va sans dire que ceci est un blasphème contre le nom de Jésus-Christ et l’autorité divine. Mais comme l’idée est maintenant émise elle sera reprise par les Franc-maçons américains qui sont à l’autorité politique ce que l’Eglise Catholique est à l’autorité religieuse dans le monde occidental et ils la graveront dans l’or et l’argent de leur monnaie, le dollar !

     

    666, etats-unis d'amérique, satan, lucifer, diable,

    Au premier étage de la pyramide est inscrite en chiffres romains l'année 1776 (date de la déclaration d’indépendance), MDCCLXXVI, qu'il divise d'abord en trois groupes, "MDC", "CLX" et "XVI", puis en sous groupes, "M.DC", "C.LX" et "X.VI". En regroupant les sous groupes ensemble, il obtient "MCX" et "DCLXVI", ce qui représente 1110 et 666. Mais si on utilise le système sexagésimal - base 60, utilisé anciennement par les babyloniens - au lieu du système décimal - base 10 - 1110 se transforme en 666, c'est-à-dire 1110 multiplié par 100 et divisé par 60. Ainsi DCLXVI donne 666 dans la base décimale et MCX donne 666 aussi mais dans la base sexagésimale babylonienne.

     Les Etats-Unis sont donc une nouvelle Babylone impériale, bâtit par les franc-maçons.

  • Songe un peu beaucoup à la folie

    "Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage."

    Joachim du Bellay  1522-1560

    On ne vit pas selon le même rythme, les femmes et moi, elles se couchent et se lèvent tard et moi l'inverse. Enfin c'est pas nouveau.
    Je résiste à devenir propriétaire, dieu merci je n'aurai pas à répondre de ce dol devant le père éternel, et d'autre part ça me garde libre au souffle de l'Esprit qui m'accompagne de plus en plus volontiers. La vie "spirituelle" s'enrichit de l’inconfort matériel et dieu semble pourvoir à bien des soucis de cet ordre (j'ai de plus en plus d'opportunité de pouvoir faire mon "métier" un seul jour par semaine et gagner de quoi vivre sans m'inquiéter du pain quotidien). J'ai tout ce qu'il faut pour pouvoir bien travailler (ce vrai travail des hommes de bonne volonté qu'est la recherche de la vérité, une et indivisible). J'en reviens au côté existentialiste des femmes, leur goût pour le surréalisme qui ne fait que répéter le même message à savoir qu'il n'y a pas de vérité, qu'il n'y a rien à comprendre ou encore que la vérité est relative, à facette; les yeux de mouche de la femme, qui prend le message du Christ pour une révélation politique, morale, juridique, mathématique, comme Judas qui prend Jésus pour l’homme providentiel venu pour restaurer la puissance d’Israël, spéculation, songe, mensonge, ce message qui devient à son oreille polluée la corde autour de laquelle la femme ira sacrifier son joli cou, ou bien Ophélie qui, à l'élément matriciel (l'eau), donnera sa vie corps et âme, Judas/Ophélie que le Christ ne juge pas mais dont il dit qu'il aurait mieux valu qu'il ne fût pas né, qui répond à la spéculation politique féminine par une virtualité langagière, au subjonctif.
    Une femme (ou un homme efféminé) ne peut pas comprendre l'aspect scientifique de la bible, en particulier la Genèse, parce qu'il/elle elle n'y voit que ce qu'il/elle veut y voir, prend son désir pour la réalité, n'y voit que de la morale, son propre songe, sa chimère, tout comme les pharisiens, parce qu'étant du côté de la puissance que donne la loi, n'y décernant pas la force de l'amour, cette immense pitié de dieu qui est son éternité puisque l'amour est à l'origine de l'univers. L'explication mathématique/juridique du monde est une spéculation, ni vrai ni fausse parce qu'elle est seulement opérationnelle. Elle n'est pas l'entière réalité; les anciens grecs qui donnèrent à Cupidon la jeunesse, la nudité, l'aveuglement et le pouvoir d'agir à distance (son arc) sont aussi proches de la vérité scientifique que l'est Moïse ou celui qui a écrit la genèse. C'est une anti-spéculation qui conduit un Bacon/Shakespeare à rapprocher la pensée homérique de la chrétienne, tout comme un Swedenborg, à savoir qu'il n'y pas de séparation de l'âme et du corps et que la vérité est surnaturelle, et que là réside la beauté. Bacon s'appuie sur l'Aristote qui conteste Platon/Pythagore et compagnie, cette bande de spéculateurs, ces fainéants qui trouvent tant d'adorateurs chez les soi-disant modernes d'aujourd'hui, c 'est-à-dire à peu près le monde scientifique et artistique dans son entier. Aristote choisit la vérité contre l’amitié.
    Je te dis tout ça et bien sûr et vous l'aurez deviné, parce que ça fonde ma résistance au monde, je pourrais citer l'apôtre,

     2:16 car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde. 2:17 Et le monde passe, et sa convoitise aussi; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement
    et donc ma résistance à la femme en qui l'instinct de propriété du monde est si bien ancré que sans celui-ci elle erre à la dérive. De là ce désir fou de possession, de la terre, du sexe, et même du ciel, ce que ce dernier ne permet pas, et ceci non pas parce qu'il donne des droits mais justement parce qu'il n'en cède aucun. Le dieu de Moïse commande, ceux des païens autorisent, créent les passe-droits, l’iniquité même, celle des pharisiens qui demandèrent et obtinrent la mort de Jésus, celle des femmes qui à chaque instant tuent leur fils/père/mari.
    Quand on est passé du côté de la femme on trouvera dans la Bible tout pour se rassurer. Mais l’homme qui reste fermement du côté de la vérité y cherchera les indices et non les preuves de l’Esprit. La femme est comme le chien qui devant le miroir croit y voir un autre chien et aboie. L’homme retourne le miroir ou en brise le tain, cette pellicule argentée qui dissimule la vérité autant qu’elle semble la refléter.

    Voilà pourquoi l’homme qui ne cherche pas la vérité la trouve. 

    "Les voyages sont finis quand les amants se sont rencontrés.
    Tout sage fils de l’homme sait cela."

    Shakespeare

  • Satire Enfin

    Les policiers thérapeutes et les moralistes policés soutiennent volontiers que l’art de la satire tient à son iniquité. Mensonge absurde car du point de vue de la satire c’est la vie et les hommes qui sont iniques. Molière et Balzac sont deux exemples de satiristes dont l’excellence n’a d’égale que la perspicacité. On peut même affirmer sans craindre de se tromper que Balzac, dont le crétin Zola écrivit en 1881 que «Shakespeare seul a enfanté une humanité aussi large et aussi vivante.», que Balzac, donc, s’appuie sur Molière et que ce n’est pas par hasard s’il a choisi, pour nommer son œuvre, ce qui sert de cadre à celle de Molière : la Comédie. Pour Molière on est médecin malgré soi, ce qui fait qu’il se garde bien d’être moraliste et qu’il fait même tout pour l’éviter. Sans doute la force de Balzac vient de ce qu’il est le dernier artiste chrétien français non moraliste d’envergure si on veut bien excepter Léon Bloy, Georges Bernanos et Louis-Ferdinand Céline au vingtième siècle. Le médecin Céline un artiste chrétien ? J’ose dire que oui pour plusieurs raisons qui n’ont pas échappées à G. Bernanos lorsqu’il fit la critique du Voyage au bout de la nuit pour le Figaro en 1932 :

    « M. Céline scandalise. A ceci rien à dire, puisque Dieu l’a visiblement fait pour ça. Car il y a scandale et scandale. Le plus redoutable de tous, celui qui coûte encore le plus de sang et de larmes à notre espèce, c’est de lui masquer sa misère. Jamais cette misère n’a été plus pressante, plus efficace, plus savamment homicide, avec un tel caractère de diabolique nécessité, mais jamais aussi elle ne fut à ce point méconnue. Le grand seigneur d’autrefois pouvait vivre dans une opulence que l’abaissement de nos mœurs nous permet à peine d’imaginer. Il restait, par sa seigneurie, trop près de la terre, du peuple de la terre, de son peuple, pour risquer de montrer l’ignorance imbécile, béate, d’ailleurs repue d’enquêtes et de statistiques, de nos modernes bien-pensants. Nous disons qu’un palatin ou un boyard qui mangeait dans l’or, mais rendait lui-même la justice, et à l’occasion servait les pauvres et touchait les lépreux, en savait infiniment plus long sur la misère qu’un petit bourgeois de notre pays. Nous disons que des millions et des millions d’hommes meurent aujourd’hui sans avoir vu une fois, une seule fois le vrai visage de la Misère, la trogne horrible, le visage sacré de la Misère. En quoi les espèces de contremaîtres qu’une police vigilante filtre à la porte des usines nous renseignent-ils sur le prolétariat ? que diable les pauvres filles terrorisées de Pigalle peuvent-elles nous apprendre ? A lire les tirades ridicules de certains défenseurs de l’ordre, on comprend très bien que leur expérience de la Misère vaut celle qu’une demoiselle de magasin s’imagine avoir du grand monde. Quelle idée peuvent bien se faire de la Révolution ces gens-là ? Demain comme hier elle les trouvera occupés à astiquer soigneusement les buffleteries du gendarme, dans le ferme espoir que nulle révolution ne prévaudra contre un gendarme bien astiqué.

    Pour nous la question n’est pas de savoir si la peinture de M. Céline est atroce, nous demandons si elle est vraie. Elle l’est. Et plus vraie encore que la peinture ce langage inouï, comble du naturel et de l’artifice, inventé, créé de toutes pièces à l’exemple de celui de la tragédie, aussi loin que possible d’une reproduction servile du langage des misérables, mais justement pour exprimer ce que le langage des misérables ne saura jamais exprimer, leur âme puérile et sombre, la sombre enfance des misérables. Oui, telle est la part maudite, la part honteuse, la part réprouvée de notre peuple. Et certes, nous conviendrons volontiers qu’il est des images plus rassurantes de la société moderne, et par exemple l’image militaire : à droite les Bons Pauvres, gratifiés d’un galon de premier soldat, de l’autre côté les Mauvais, qu’on fourre au bloc… Seulement n’importe quel vieux prêtre de la Zone, auquel il arrive de confesser parfois les héros de M. Céline, vous dira que M. Céline a raison. […]

    En sorte que ce voyage au bout de la nuit n’est pas près de finir – mais on en verra sûrement le bout. Le bout de la nuit, c’est la douce pitié de Dieu […] c’est-à-dire la profonde, la profonde, la profonde Eternité. »

     

    Sans doute convient-il distinguer les moralistes du côté de la société et qui peuvent parfois apparaitre comme des anti-moralistes et ceux du côté des Ecritures qui s’érigent de fait contre la société puisqu’il n’est pas de royaume de dieu sur la terre.

    L’exemple type de l’artiste doublé d’un scientifique et qui n’est sans doute pas étranger à la puissance de Molière, c’est Shakespeare alias F. Bacon, grand théologien devant l’Eternel pour qui le plan social est régressif : il ne faut espérer aucun progrès moral ou politique. Rien ne dit qu'il n'y a pas eu, au moins dans le domaine des sciences naturelles et de leur usage, des civilisations plus avancées que la nôtre. Bacon/Shakespeare est d’ailleurs raccord avec un savant qui intéresse de près Balzac, Emanuel Swedenborg. Ce dernier comme Bacon/Shakespeare ne sépare pas le corps de l'âme, ayant compris que cette dissociation est une vue de l'esprit morale ou politique ; par conséquent on ne peut pas tirer de la Genèse, qui explique comment l'homme est devenu mortel, une leçon de morale, comme font beaucoup de juifs ou de chrétiens aujourd'hui. La morale n'est qu'un effet de notre condition de vifs-mortels. D'ailleurs nous ne choisissons pas telle ou telle morale, nous nous y soumettons ; elle nous est plus ou moins imposée par notre forme physique et par l'époque. Bacon et Swedenborg voient bien que le purgatoire, importé du paganisme romain, est une perspective juridique des plus hasardeuses. Il n'y a donc pas de morale chrétienne possible. Swedenborg disqualifie les interprétations morales de l'apocalypse ; la vision de Jean ne décrit pas la lutte du bien contre le mal, mais du mensonge contre la vérité, et ce n'est pas la même chose puisque la vérité n'a pas de caractère moral. La société requiert l'éthique ou la vertu, un point d’équilibre auquel elle ne parvient jamais à rester. "Le règne d'Auguste, avant d'être bénéfique aux citoyens de son Empire, commença par une période de répression cruelle, de sorte qu'Auguste n'aurait jamais dû régner, ou bien régner indéfiniment." dit Bacon pour signifier le mouvement absurde selon la vertu, de montagnes russes à l'infini. L'éthique est la bête de la terre.

    La mort n’est qu’un idéal social ou politique au sens où c'est une abstraction, un point de perspective, dont aucune institution morale ou politique ne peut se passer. Alors même qu'elle se renforce de la peur de la mort, la société ne mène personne nulle part ailleurs qu'à la mort : c'est le sens de la fameuse tirade de Hamlet, qui souligne ainsi l'absurdité de l'idéal social.

    Shakespeare comprend au XVIIe siècle que l'accroissement de la puissance des institutions politiques implique sur le plan collectif une résignation à la mort d'autant plus grande qu'il faut assurer la cohésion d'institutions plus vastes.

    Il comprend que la voie du salut et de la vie éternelle chrétienne va être obstruée par une science anthropologique, autrement dit une "éthique" qui, bien que née au sein de l'Eglise, renverse le cours de la spiritualité chrétienne, dont on peut dire qu'elle est un défi à la mort, celle-ci étant la rançon collective du péché.

     

    "Qui veut gagner sa vie la perdra !" affirme Jésus, ce qui revient bien à indiquer à la vie spirituelle un sens opposé à l'idéal social.

    Bien évidemment, la mort en tant que ressort social essentiel doit rester masquée, comme le tain du miroir est recouvert d'une pellicule brillante : ode à la joie, hymne à la vie, bonheur, avenir, sont autant de bannières mystiques destinées à cacher que la société est un plan incliné vers la mort. Des slogans plus mystérieux aujourd'hui qu'ils ne furent sans doute jamais. La quête désordonnée du plaisir ou du bonheur est un signe de détraquement politique.

     

    Bacon souligne dans un aphorisme le caractère idéologique de la mort, c'est-à-dire quasiment de "personne morale". En montrant qu'elle a moins de réalité physique que la douleur, que les gens du peuple ou les esclaves, qui y sont confrontés tout au long de leur vie, craignent plus que la mort elle-même, qui peut à la limite apparaître comme une douce détente. L'homme ne meurt pas, il s'use petit à petit. De même le corps social n'éclate pas brutalement, mais il se décompose petit à petit. La mort est quasiment une conception juridique faussée d'une réalité physique dans laquelle la subjectivité n'a pas de place. Elle est une conception du processus de vie et de mort épurée de la douleur.

    Lorsqu'il qualifie l'art abstrait de "refuge des lâches", L.-F. Céline est bien dans la suite de Shakespeare, qui a compris avant Karl Marx que la science juridique est un confort intellectuel. La règle est bel et bien un garde-fou macabre.

     

     Le cadavre ou la mort est une amélioration dans le sens où elle peut être prise comme une représentation abstraite plus esthétique du processus de vie et de mort, plus polie. L'art funéraire est ainsi conçu, comme une poétique de la mort. "Poésie" vient du grec "produire", production. La mort est le produit humain le plus raffiné. Si l'on considère la civilisation de manière réaliste comme un vernis ou un brillant, celui-ci est entièrement fait d'une esthétisation de la mort (la pyramide des Egyptiens est sans doute la plus belle formule de ce genre). "Sépulcres blanchis", "Laissez les morts enterrer les morts." : là encore on retrouve de la part de Jésus un dégoût de la mort égal à son dégoût du péché. 

     

    Aristote et Bacon sont tous deux matérialistes, c'est-à-dire qu’ils ne conçoivent les idées ou les concepts humains que comme des produits dérivés des formes ou phénomènes naturels. Le rapport avec la photographie, ou le reflet dans un miroir équivalent, c'est qu'il coïncide avec cette conscience superficielle des choses, au niveau du vernis ou du maquillage (de la mort), imprimée par l'inconscient collectif à tout un chacun, dès lors qu'il s'abstient d'esprit critique.

    Aux yeux d'Aristote, l'art commence avec l'esprit critique, quand il n'y a, au niveau de la production d'objets imités de la nature (qui atteint le niveau de l'abstraction dans la musique), qu'une bête répétition au service de la religion. La mort est une perception subjective, plus abstraite que la douleur. Le miroir est l'outil qui permet le rendu le plus subjectif de la nature ou des phénomènes naturels. Aristote constate en quelque sorte l'adéquation parfaite de la mort et de cet outil de mesure qu'est la réflexion. Tout est virtuel là-dedans, mais n'en est pas moins séduisant.

    Pour les besoins de la justification sociale, l'éthique et l'esthétique étouffent la critique, passant par des arts spéculatifs dont la vocation est de présenter la mort sous un jour favorable.

    Aristote tient les insectes pour les animaux les plus vils, dans l'ordre animal, parce qu'ils sont les plus virtuels ou éphémères. Démocrite dans le même sens prend la ruche et les abeilles pour symbole de la bêtise ou de la folie politique : ça fonctionne très bien, c'est très efficace, mais ça ne mène nulle part, et c'est la bêtise même de chaque élément qui rend l'ensemble efficace.

    C’est à la lumière de la poétique matérialiste d'Aristote et sa reconnaissance très ancienne que la charogne, sur le plan politique ou moral, peut avoir du charme, qu’on peut comprendre pourquoi ni Molière ni Balzac ni Céline et encore moins Shakespeare, et Marx à sa suite, ne sont des moralistes, mais d’authentiques hérauts chrétiens, forcément apocalyptiques. Seule la vérité les concerne et elle ne peut être qu’une et indivisible. L’apocalypse ou la mort, tel est le choix ultime, tout le reste n’est que de la branlette d’ectoplasme.  

  • Божественный мудрость*

    L’homme serait l’œuvre de Prométhée, façonné avec de la terre et des parties de divers animaux. Voulant accroitre le genre humain, ce titan dérobe le feu au char du Soleil à l’aide d’un faisceau de férules qu’il enflamme. Las ! au lieu de lui témoigner de la gratitude, les hommes dénoncent le forfait de Prométhée à Zeus, mais celui-ci s’en réjouit. Il décide en accord avec les autres dieux de faire présent aux hommes de la jeunesse éternelle ; mais ces derniers placent naïvement le précieux cadeau sur le dos d’un âne. Et voilà que l’animal assoiffé tombe sur un serpent près d’une source. Il négocie l’accès à l’eau et c’est ainsi que la faculté de se régénérer est passé bêtement de l’homme aux mains du reptile, si on peut dire.

    Sur ce, Prométhée pas très content décide de ruser avec Zeus en lui offrant un taureau farci d’ossements au lieu de bonne graisse. Comme en outre il essaye de violer Athéna, Zeus décide de lui tendre un piège. Il commande au fameux sculpteur Héphaïstos de fabriquer une femme, Pandora, dotée par chacun des dieux d’un don, le tout placé dans une cruche, le fameux vase de Pandore. Cette dernière a pour mission d’offrir le vase à Prométhée, mais le madré Titan refuse l’offrande et c’est son frère jumeau, le benêt Epiméthée, qui l’accepte. Aussitôt il ouvre le vase laissant s’échapper tous les malheurs et catastrophes enfermés dedans ne parvenant à y conserver que l’espérance placée tout au fond.

    Là-dessus, Zeus condamne Prométhée à être entravé à une colonne sur le mont Caucase. Là, un aigle vient lui dévorer le foie pendant le jour tandis que l’organe repousse pendant la nuit.

    Seul Héraclès parviendra à délivrer Prométhée de cette fâcheuse posture, transperçant l’aigle de ses flèches.    

    « Heureux qui a pu connaitre les causes des choses, foulé à ses pieds toute crainte, le destin inexorable, et le tumulte de l’Achéron avide. » 

     

    La fable de Prométhée est des plus importantes car elle fournit une explication au problème de l’origine de l’homme et de sa condition d’être mortel. Cette fable grecque présente de nombreuses analogies avec celle d’Adam et Eve. Prométhée signifie providence ; le titan agit en effet en démiurge pourvoyant aux besoins de l’homme.

    Non seulement l’homme trouve dans sa prudence un mobile suffisant pour vivre et s’organiser, mais de plus l’homme parait être le centre du monde qui de chaque chose trouve l’usage et récolte les fruits de la nature ; Les révolutions des astres servent à établir les calendriers ; les vents servent à la navigation, les animaux à la nourriture, etc. L’homme paraissant le but de la nature reflète donc Prométhée qui l’a créé. Le mélange de terre et de parties d’animaux rappelle que l’homme est de toutes les espèces de créatures vivantes sur la terre la plus composite et la plus complexe. Aussi l’homme fut-il nommé microcosme dans l’antiquité. Malgré cette place cruciale dans la nature, l’homme n’en serait pas moins démuni et privé de défenses sans le feu. Or le feu est justement « le secours des secours » que le titan Prométhée procure à sa créature par le moyen d’une férule, c’est-à-dire d’une baguette creuse. Cette image traduit l’idée de captation discrète de l’énergie du soleil par le corps humain, en même temps que la force percutante du feu. La dénonciation de Prométhée par les hommes est surprenante. Mais les hommes insatisfaits de leur condition, qui accusent la nature, sont les plus inventifs et artistes en réaction. Cette réaction plait d’ailleurs aux dieux qui de surcroît accordent à l’homme la jeunesse éternelle.

    L’épisode de l’âne indique que les anciens croyait le gain de la jeunesse éternelle possible, bien que difficile car la sagesse expérimentale progresse lentement, comme un âne. Par manque de persévérance elle peut divaguer. L’Art est long et la vie est brève se plaint ainsi Hippocrate.

    La fable énumère aussi les obstacles qui peuvent entraver le progrès et qui tiennent à la condition humaine. La religion est souvent hypocrite qui propose comme la ruse de Prométhée une offrande factice. Épiméthée représente le type d’homme qui cède à la volupté incarnée par Pandore œuvre du forgeron Héphaïstos.  Ce type d’homme parvient mieux à jouir mais son imprévoyance et son ignorance l’exposent à de cruelles désillusions. La volupté est toujours à l’origine des guerres, des bains de sang, de la tyrannie et des divers fléaux humains. Les disciples de Prométhée au contraire sont plus prudents écartant ainsi beaucoup de maux. Cependant ils ressentent plus cruellement les affres de la condition humaine ou du destin, qui les ronge intérieurement. Rares sont les hommes qui réunissent prudence et tranquillité d’esprit. Une telle vertu n’est pas innée chez Prométhée. Le plus grand crime de Prométhée qui lui vaut la lacération des entrailles est l’attentat à la pudeur d’Athéna.

    Souvent les hommes imbus de leurs sciences ou de leurs arts tentent d’assujettir la sagesse divine aux sens ou à la raison humaine.

     

    D’après F. Bacon, Illustré par Zombi ici

     

    * Divine Sagesse

  • Vérité et Honoré

    « Les Bureaux sont la grande fabrique des médiocrités nécessaires aux gouvernements pour maintenir la féodalité de l'argent sur laquelle s'appuie le contrat social actuel. »

     

    « … les boursiers, tous gens qui réservent leur foi pour croire qu'un chiffon de papier, nommé une inscription, vaut un domaine. Le Grand−livre est leur Bible. »

    Balzac

  • Boniment qui mal y pense

    Miroir dis-moi que tu m’aimes même si tu mens !

    C’est évidemment le mensonge qui nous enchaine, fait de nous des esclaves, mensonge sur nous-mêmes, illusions rassurantes qui nous font nous prendre pour mieux ou pire que nous sommes. C’est pourquoi la recherche de la vérité est un acte libérateur. Le mensonge est au fond une chose qu’enfant nous rencontrons très tôt. Personnellement j’ai été confronté il y a longtemps à une enfant d’un an qui  m’a menti effrontément. Après m’avoir frappé plus ou moins involontairement puis voyant qu’elle m’avait fait mal, elle fit semblant, et ce d’une manière trop naïve pour me tromper, de s’être fait mal à la main. On en sourirait. On ment pour sauver sa peau, par instinct de conservation. C’est beaucoup plus tard qu’on peut être amené à comprendre que la peau ne vaut rien en dehors de la vérité. Un exemple me vient à l’instant à l’oreille. Ma Pénélope me raconte qu’un collègue lui a fait une confidence comme quoi elle serait sa motivation, que si il avait eu une femme comme elle, il aurait pu beaucoup. Moi : et alors tu lui as répondu quoi ? elle : que si il attendait après une femme pour pouvoir quoi que ce soit il en serait pour ses frais sa vie durant et pour l’éternité. Moi : c’est assez vrai quoique si c’est le pouvoir qu’il veut, il a pas tort ; mais s’il veut connaitre la vérité et avoir la force de l’affronter alors en effet il ferait bien d’arrêter de rêver. La puissance est du côté du mensonge, du rêve, elle est illusoire, puissance d’argent ou musculaire, politique ou sexuelle. La véritable force est dans la vérité. Il faut retourner le miroir ; ouvrir les yeux de ces femmes, enfants et hommes trop faibles pour résister à leur miroir existentiel. Ces femmes et ces pédérastes qui vont baillant après l’amour comme des carpes après l’eau sur le gazon comme dirait l’efféminé Flaubert, et qui, cherchant en vain à être adorés comme des petits dieux par leur copain/copine sur fond d’électriques synthétiseurs rocheux en guise de violons romantiques, quand ce ne sont pas des gueuloirs artificiels emplis de fausses paroles et de faux serments, sont des êtres aliénés à leur image tel ces narcisses de banlieue qui photographient chaque instant de leur misérable vie d’esclaves comme si l’illusion de pouvoir arrêter le temps était la limite de leur imagination.

    Je crois que plus on est intelligent moins on est patient. Je dis ça parce qu’il m’a fallu longtemps pour lever un peu du voile mensonger dont j’ai été recouvert dès mon plus jeune âge et que je fais preuve en conséquence d’une grande patience envers mon entourage. Face à la vérité l’intelligence n’est d’aucun secours, il y faut la volonté et surtout la patience, celles de retourner ou briser le fatal miroir. Si quelqu'un a des oreilles, qu'il entende! Si quelqu'un mène en captivité, il ira en captivité; si quelqu'un tue par l'épée, il faut qu'il soit tué par l'épée. C'est ici la patience et la foi des saints. Apocalypse 13-10.

  • Vive la mariée!

    Vive la mariée!

    Si le génie demande beaucoup de patience, cette vertu de petit rentier, le mariage en exige des trésors.*

    Dans sa Physiologie du mariage, Balzac énonce trois principes qui doivent selon lui être l’âme de la conduite d’un mari. Le premier est de ne jamais croire à ce que dit sa femme ; le second est de ne jamais s’arrêter à la lettre mais de toujours chercher l’esprit de ses actions ; le troisième, ne pas oublier qu’une femme n’est jamais aussi bavarde que quand elle se tait, et n’agit jamais avec plus d’énergie que quand elle se repose. A partir de là, dit-il malicieusement, vous êtes comme un cavalier sur un cheval sournois que vous devez toujours regarder entre les deux oreilles sous peine d’être désarçonner. Il ajoute charitablement que la connaissance des ces principes n’est rien sans l’art de savoir les appliquer.

    Balzac ne manque pas de répéter dans cet ouvrage qu’il faut quand même être pas mal heurté pour se marier. Lui-même ne s’est d’ailleurs marié qu’à cinquante ans et comme il est mort dans l’année, on peut lui faire un peu crédit. En gros il ressort qu’on peut guère échapper à la minotaurisation féminine (totalitarisme, tyrannisme, etc.) sauf à devenir soi-même aussi sournois et hypocrite qu’une femme. D’ailleurs il n’hésite pas à déclarer que celui qui sait gouverner une femme peut gouverner une nation. A bien y regarder, il est vrai qu’il y a guère que les politiciens à bien savoir tenir leur femme mais c’est en vérité parce que c’est elle qui les tient.

    En passant, tout ce qu’il dit vaut pour les concubins d’aujourd’hui, le fait de vivre maritalement, de partager la couche et le frigo vaut bien un serment foireux devant un officier civil ou religieux. Comme l’a si bien dit Brassens, laissons le chant libre à l’oiseau. Le préférable semble encore laisser ouverte la porte de la cage tant la femme aime la liberté à proportion de la terreur qu’elle lui inspire.

    Pour l’Anglais, toujours sarcastique, un optimiste est celui qui croit que le mariage est un pari. Les Américains, cocus de naissance, pensent que là où il y mariage sans amour il y aura amour sans mariage.

    Les Marocains auraient un proverbe affirmant que deux choses ne peuvent être évitées, le mariage et la mort. Les Marocains ne sont pas chrétiens sinon ils sauraient que c’est précisément l’inverse.

    Les Russes, plus fins mais toujours trop fatalistes, disent que le mariage n'est pas une course, on arrive toujours à temps. Ça aura échappé à Balzac que sa femme ukrainienne a proprement crevé sous elle. Sans doute aura-t-il oublié avec l’âge que dans sa jeunesse il se moquait des maris, ces prédestinés.

    C’est à un français qu’on doit qu’au mariage et à la mort le diable fait tous ses efforts.

    Le savant suédois Swedenborg, qu’évoque si souvent Balzac dans sa Comédie Humaine, fait remarquer que Jésus fit son premier miracle aux noces de Cana. Le vrai mariage selon lui a lieu au Ciel, ceci pour les célibataires endurcis ou les maris cocus qui se rongeraient les sangs. Il invoque les noces de Christ et de son Eglise spirituelle comme modèle. Qu’un Suédois soit aussi spirituel qu’un français ne laisse pas de me surprendre, mais l’Esprit ne souffle-t-il pas où il veut.

    On voit par-là que l’abruti romantique Chamfort qui affirme que l'amour plaît plus que le mariage, par la raison que les romans sont plus amusants que l'histoire, devait avoir des ascendances marocaines car c’est encore une fois exactement le contraire. Le mariage est un roman, bon ou mauvais, vrai ou faux, et l’amour la source de l’histoire du monde et de l’univers comme la sagesse des Anciens nous le rappellent, eux qui virent en Cupidon l’œuf de la nuit.

    Chez le Grec Homère on retrouve l’opposition de deux personnages, comme deux options offertes à l’homme, Achille et Ulysse. Le premier va se faire une méga colère de cocu, Agamemnon lui ayant soufflé sa Briséis. Comme tous les cocus, pétris d’honneur, toujours assoiffé de gloire, alors même qu’il a récupéré sa femme, ira s’en trouver une autre, Polyxène, que cet amour par trop politique (c’est une troyenne) conduira au suicide. Achille aux pieds agiles mourra (d’une flèche dans le pied, comme une vengeance de Cupidon) dans les bras d’Ulysse en souhaitant être un vulgum pecus vivant plutôt qu’un héros mort, le sombre crétin, cocu jusqu’au bout. Ulysse, quant à lui, connu pour sa mètis, son intelligence rusée, plus résolu et mieux armé contre la prédestination en générale et celle des maris en particulier, laisse en toute confiance sa Pénélope tisser son astuce contre ses prétendants ayant lui-même plus important à faire. Son retour à Cythère/Ithaque, où il trouvera une mort douce et heureuse longtemps après avoir massacré la horde des impétrants, semble être l’intuition préchrétienne d’Homère que liberté et vérité ensemble ne sont rien si elles ne viennent de l’amour et y retournent. Entre temps la vie n’est pas de tout repos, il s’en faut de beaucoup.

    Le dernier mot revient à Shakespeare : "Le mariage est une sottise faite à deux, puis une galère à trois et plus."

    Par Héra, les vrais mariages viennent de commencer, allez viens pépère, on va se ranger des andouillers !

     

    *si quelqu’un mène en captivité il ira en captivité (…). C’est ici la patience et la foi des saints. Apocalypse13-10

  • Chienne de vie.

    Une docte lady gagaïa* s’exprime :

    « Ainsi, lors d’un déséquilibre entre les valeurs féminines et masculines, le patriarcat, qui s’est imposé à travers nos religions, nos systèmes de croyances et nos modes d’organisation, aurait doucement évincé l’archétype essentiel de la Déesse mère. Cet archétype ultra-puissant dans les sociétés dites primitives représente à la fois la générosité de la Terre, l’abondance de la mère protectrice et cette foi inconditionnelle qu’il y a assez pour tous. »

     

    Foi inconditionnelle ? la première condition que posent les déesses mères est de tuer et mourir pour elles. Leur propre survie est à ce prix, celui du sang dont elles ne sont jamais rassasiées..

    Générosité de la Terre (Gaïa)? il n’y a qu’à regarder vivre une meute de hyènes pour constater que quand y en a pas assez pour tous, et ça finit toujours par se produire (la générosité des  déesses mères en termes de reproduction se pose un peu là !), c’est le plus cruel qui bouffe et survit tandis que les autres crèvent. Voilà le sens véritable de la mère souteneur, la maquerelle du plus féroce ; avec elle, la loi du plus fort/intelligent est toujours la meilleure (les lemmings semblent se suicider, leur trop grand nombre provoquant des bousculades mortelles, les invasions barbares ont-elles d'autres mobiles que la multiplication?)

    Le patriarcat (entendre hébreux, chrétiens, mahométistes) n’a nullement évincé les déesses mères dans la douceur, il a dû lutter avec persévérance contre des hommes réduit à l’état de bêtes par le culte belliqueux et expansionniste de ce qui les asservissait. Toute la violence contenue dans le testament juif est là pour le rappeler. Quant à nos modes d’organisation, on peut guère faire plus féminisés, nos sociétés sont de véritables colonies épicènes, des fourmilières ou des ruches asexuées.

    Nous faire croire que la nature est une gentille maman qui donne sans compter, bonne mère ! Les anthropoïdes socialo-écolos qui tiennent l’homme pour un empêcheur de jardiner, qu’ils commencent donc par se sacrifier eux-mêmes, « mourrez donc les premiers, nous vous cédons le pas », comme dit l’autre. Si l’homme est le cancer du monde, si les métastases humaines tumorisent, carcinomisent, sarcomisent, un minimum d’honnêteté implique d’imputer cette responsabilité à qui de facto. Le « croissez multipliez » de la Genèse ne peut pas s’adresser à Adam et Eve puisqu’ils ne sont pas supposés copuler et se reproduire à ce moment-là. C’est la responsabilité des clercs et de leur église institutionnelle (qui se torche avec les Ecritures et n’a rien à voir avec l’épouse de Christ qui est une Eglise de l’Esprit), d’avoir détourné le sens de cette parole divine. Nulle part le Christ n’incite à la reproduction, c’est même carrément le contraire puisqu’il demande à ses apôtres d’abandonner femmes et enfants et bien sûr recommande l’abstinence sexuelle. Si le fils de l’homme fait des miracles de guérison, c’est parce qu’il est aussi fils de dieu et dieu lui-même et ne veut pas la douleur pour lui ni pour ses créatures, parce qu’elle conduit à la peur de la mort et cette peur est issue d’une idée naturelle, celle que la mort est la fin de l’homme, c’est à dire son but. Le christianisme n’est donc pas une religion au sens d’une illusion sociale rassurante, y a qu’à lire l’Apocalypse de Jean pour s’en convaincre. Le christianisme, qui vient perfectionner le judaïsme, ce que le mahométanisme après lui ne fait pas, est eschatologique ou il n’est pas.

    Il faut être aussi bête qu’une femme pour croire qu’on donne la vie à un homme, on lui donne d’abord la mort. Les soi-disant athées, les prétendus agnostiques qui flageolent au seuil du grand départ, comme ils disent romantiquement, ne songent alors guère à remercier leur mère pour le don de la vie, ils la maudiraient plutôt d’avoir à s’en séparer, car c’est toujours et en toutes choses la fin qui est intéressante. Tuer le temps en attendant est une activité morbide de femelle dont le but est un éternel et ignoble recommencement. Saturne est un dieu plombé, froid et taciturne chronique.

    En s'efforçant d’imiter la nature impitoyable, en déployant un zèle imbécile pour entrer dans son plan, on ne fait qu’aiguiser l’appétit de la Faucheuse, la baiser sur les dents. Voilà à quoi la religion laïque, démocrate-chrétienne ou républicaine vautrée dans le cinéma et la sociologie, fait penser : une chorégraphie funèbre de chiennes savantes en chaleur apprêtées pour un immonde holocauste.


    *que j'explique pour les étrangers, allusion à Gaïa, THE déesse mère par excellence et à gaga : dont les facultés intellectuelles sont presque éteintes, qui retombent en enfance, imitation du bredouillement enfantin et proximité avec les mots gâteux, gâtés, comme les fruits pourris ou les enfants mal élevés.




  • D'une chimère l'autre.

    D’une chimère l’autre.

     

    Au risque de  paraitre léger, sachant comme il est dur de lever les yeux au ciel quand tant de dispositions nous incitent à les baisser, quand tant d’idées nous lacèrent l’intelligence comme les chats, nous laissant froids, des idées qui travaillent pour elles-mêmes et dorment le plus clair du temps, cultivant son petit rêve, que chacun sa petite notion derrière la tête, sa petite araignée au plafond, sa représentation en propre de la divinité de sa personne, oui, au risque de paraitre ridicule, j’avoue, je le confesse, j’ai jamais eu beaucoup d’esprit. Comme tout le monde j’ai souhaité en faire montre et secrètement envié les types supérieurs avant de comprendre que l’ignorance est loin d’en être le signe d’un manque ni le savoir son origine.

    Ça rigole pas beaucoup dans la Bible, convenons-en, on y trouve pourtant un trait d’esprit fait par le Christ en personne. Le célèbre jeu de mot sur le nom de l’apôtre Pierre, appelé d’ailleurs Simon et que Jésus « rebaptise » et que sur cette Pierre il bâtira son Eglise (jeu de mot attesté en grec, bien qu’il y ait question sur la langue utilisée par Jésus, tout le monde étant alors plus ou moins polyglotte, tour de Babel oblige !). Il faut donc être un moine un peu borné et lâche ou extrêmement hypocrite visant l’évêché, la pompe, les ors du Vatican, pour ne pas entendre que cette Eglise ne peut être une institution architecturée, concrétisée. Bref, le Christ fait probablement de l’esprit, cette seule saillie, cette boutade, pas par hasard, loin s’en faut. On a beau être bien prévenu par l’Ancien et le Nouveau Testament contre le verbe humain, force est de constater qu’on a difficilement résisté au cours du temps au discours religieux visant à disculper la fondation, l’édification d’Eglises réelles et matérielles aussi spirituelles qu’un pet de nonne après sexte. Force aussi est d’admettre que ceux qui se sont élevés contre ces discours avaient au moins l’esprit de pas se situer à l’intérieur de ces Eglises. Dieu a d’ailleurs mis un point final à ces délires en révélant à Jean sur l’ile de Patmos que les sept Eglises d’orient étaient peu ou prou dans l’erreur et que la romaine était une prostituée, vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles, tenant dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution.  

    Le peuple ignorant, dont je fais partie, est donc loin de manquer d’esprit quand il rejette pape et soupape de sécurité, car c’est bien dans un souci d’ordre social contraire à l’esprit chrétien que cette machine s’est construite. Quant au peuple savant et nanti, il ne fait que protéger ses privilèges de parvenu et tout le sel de ses discours ne sert qu’à en dissimuler la fadeur et l’amertume, voire l’acidité et la puanteur.

    Le docteur Sigmund Fuck aurait eu l’inspiration de prescrire le suicide aux maux de ses patients qu’il les aurait pas mieux guéris de leur folie. Les cures de sommeil de la psychiatrie moderne sont d’ailleurs la traduction littérale de cet esprit assoupi et morbide que dénonce Shakespeare (bien avant le prophète boboche et son inconscient de pacotille) par la bouche d’Hamlet : mourir, dormir, rêver peut-être, là est l’obstacle ! Sommeil et folie sont aussi proches de la mort qu’on peut l’être et les rêves ne font que traduire la veulerie des rêveurs, leur fascination naturelle pour le repos éternel, là où tout est calme, luxe et volupté, le cimetière bien-aimé au sein duquel ils s’imaginent qu’ils n’auront plus à répondre de leur ignominie, leurs turpitudes, leurs défections, leurs désertions. Si les rêves ont une fonction, nous fait savoir Shakespeare en substance, c’est celle de nous prévenir contre la paresse de l’esprit qui nous éloigne de la vérité. Ils sont le miroir tendu à la flaccidité de notre conscience. Hamlet réfléchit pas, il pense et agit. Sa folie réfléchit celle des puissants qui l’entourent et cherchent à le tromper. Molière fait la même chose avec son théâtre où les marionnettes sont des femmes affectées, des bourgeois pondéreux, arides, atrabilaires, mesquins, des aristos cyniques, des cagots hypocrites, des malades imaginaires pris dans les rets de leurs rêves, possédés par leur fonction, leur office, leur ministère.

    Tandis que Pénélope rêve sur son métier, Ulysse s’emploie à trucider du cyclope sur le chemin du retour. Au moins a-t-elle la sagesse de lui rester fidèle et de défaire la nuit ce qu’elle fait le jour. Précisément ce que font les rêves. 

  • Révélation.

    Révélation.

    Entre une cousine envoutée par les pentecôtistes amerloques et un cousin par les gadgets modernes, je peine à dire qui est le plus spirituel. En effet mon cousin pratique l’humour en professionnel, il vend je sais pas trop quoi d’indispensable mais en vérité c’est son humour qu’on lui achète, cash. Tous les deux ont donc vendu leur âme au diable, leur esprit si vous préférez. L’une au nom de la Bible, l’autre au nom de la bourse. L’une croit qu’elle croit, l’autre qu’il ne croit pas, tous les deux ont la foi. L’une espère en une vie éternelle, l’autre a une espérance de vie, l’une veut nous rendre béat, l’autre nous faire rire. Certes l’une croit connaitre sa religion alors que l’autre ignore la sienne, il croit qu’il en a pas. J’avoue me sentir plus proche de ma cousine qui manque totalement de talent, comme moi. Pour autant que je me souvienne, elle est quand même riche d’une paire de nichons qu’a pas dû lui être inutile dans ce monde. Me rappelle même qu’elle avait épousé un beau militaire qui devait trouver là un réconfort à la vie de caserne. Avec le temps elle aura changé de secte, du sabre au goupillon, pas folle la guêpe. Quant à mon cousin qui me faisait rire quand on était mômes il est devenu taciturne, vaguement angoissé, genre bourdon. Il garde ses vannes pour ses clients, ça lui rapporte plus. Sauf quand il s’agit de ma cousine, là il se défoule. On dirait qu’il lui en veut. Mais quoi, elle aurait pu se faire pute (comme lui) et devenir aussi riche. Ils auraient communié ensemble à genoux devant saint Pognon, au nom du BRIC du CAC et du cinq pour cent. Elle aurait même pu lui faire un prix sur les pipes, l’esprit de famille.

    Quant à moi c’est pire que tout, je daube devant mon écran (derrière y a rien), j’ai pas d’humour, pas de nichons et je crois en rien, et c’est la pure vérité. D’ailleurs y a que ça qui m’intéresse la vérité. Je peux pas dire que j’y crois, ce serait con, ou c’est vrai ou c’est une embrouille. On me dira oui mais avec le temps… tout ça… justement j’y crois pas au temps, c’est qu'une illusion. On peut découper ça en petits ou en gros morceaux, ça rend pas le truc plus vrai. Idem pour la mort, j’y crois pas. En revanche l’éternité je sais que ça existe. Comment je le sais ? qu’un type aussi médiocre que moi sans le moindre talent puisse la concevoir, déjà si c’est pas la preuve. L’éternité, je le dis pour les types intelligents qui en douteraient, y a que ça de vrai !

    Ha oui on m’objectera aussi l’espace, le coup du cône vu de dessus qui fait un cercle alors qu’il fait un triangle vu de côté. Et alors, ça reste un cône, non ! Mettez-vous bien dans la tête que la vérité est éternelle. La théorie du big bang, c’est que du vent qui pue. peut-être que dieu ne joue pas aux dès, je peux pas dire, mais une chose est sûre, il pète, et ça, croyez-moi, c’est que les emmerdements sont pas loin.

    Voilà, maintenant allez lire ça, vous aurez pas perdu votre temps.

  • Vains Cons

    Vains Cons.

    Pas su résister aussi bien que mon pote Lapinos à la mystique du bonheur qu’il démonte sans la moindre équivoque dans sa dernière note, ici. Sans doute parce que mon vieux y était entièrement soumis. Jamais trouvé personne pour critiquer ce truc, le bonheur. Mes lectures ne m’ont été d’aucune aide. Ni Platon, Gide, Faulkner, Steinbeck, Zola, Maupassant, Stendhal, Hugo, Flaubert, Hemingway, Mauriac, San Antonio, Astérix, Pif gadget, Mickey, Tintin, bref, rien ni personne pour me dire la vérité avant trente ans. Il y aurait bien eu Balzac, Shakespeare ou Marx mais pour une raison qui m’échappe, je n’ai découvert ces hérauts chrétiens que très tard. Toute mon éducation s’est soldée par ce conseil maternel fatal, cette solution finale : du moment que tu es heureux !

    Dieu merci, aujourd’hui je me fous pas mal de savoir si je suis heureux ou non. Tiens, l’autre jour en feuilletant Psychologies Magazine je tombe sur une enquête portant sur la virilité de nos jours, vue par les hommes eux-mêmes. Après avoir lu en diagonale les révélations attendues, douceur/sensibilité/féminité (y en a même eu un pour dire que son maître en virilité était sa mère !) je tombe sur l’argument ultime qui fait consensus pour tous ces vir : se sentir bien dans sa peau ! être un homme pour toutes ces couilles molles, c’est ça ! Mon premier réflexe a été d’éclater de rire, mais en voyant la mine renfrognée des quelques gonzesses autour de moi j’ai ravalé mon rire.

    Après, c’est toute l’hypocrisie ou la bêtise féminine, elles viennent se plaindre qu’on ne trouve plus de vrais hommes aujourd’hui, alors que c’est elles-mêmes, avec leur morale à la con, qui les ont fait aussi empruntés et postiches tel qu’une prothèse les remplace avantageusement !

    Bien sûr Lapinos va beaucoup plus loin que moi, et je doute qu’une femme puisse entendre les vérités que sa charité lui préconise de divulguer, mais s’il se trouve encore des mecs avec un peu de sang froid, je les encourage vivement à lire et relire cet antidote fatal au poison féminin, ce parfait apocalyptique.

    Hommes de partout et d’ailleurs, gravez-vous dans la cervelle ce conseil du dernier des hérauts : Soulever l’épée de Hamlet et entrez en guerre spirituelle contre la pourriture avant qu’elle ne vous transforme en faux derches, vains culs, vrais cons, etc. !    

  • Pubard!

    Une comptine assez apocalyptique à voir sur Au Trou !? ici.

     

    Adieu !

    Aujourd’hui sera le dernier jour de mon existence

    La dernière fois que je ferme les yeux

    Mon dernier silence

    J’ai longtemps chercher la solution à ces nuisances

    Ça m’apparait maintenant comme une évidence

    Fini d’être une photocopie

    Fini la monotonie

    La lobotomie

    Aujourd’hui je mettrai ni ma chemise ni ma cravate

    J’irai pas jusqu’au travail

    Je donnerai pas la patte

    Adieu les employés de bureau et leur vie bien rangée

    Si tu pouvais rater la tienne ça les arrangerait

    Ça prendrait un peu de place dans leur cerveau étriqué

    Ça les conforterait dans leur médiocrité

    Adieu les représentants grassouillets

    Qui boivent jamais d’eau comme s’ils voulaient pas se mouiller

    Les commerciaux qui sentent l’after-shave et le cassoulet

    Mets de la mayonnaise sur leur malette ils se la boufferaient

    Adieu, adieu les vieux comptables séniles

    Adieu les secrétaires débiles et leurs discussions stériles

    Adieu les jeunes cadres fraichement diplômés

    Qu’empileraient les cadavres pour arriver jusqu’au sommet

    Adieu tous ces grands PDG

    Essaie d’ouvrir ton parachute doré quand tu te fais défenestrer

    Ils font leur beurre sur les salariés désespérés

    Ils jouent les vierges effarouchées quand ils se font séquestrer

    Tous ces fils de quelqu’un ces fils d’une pute noble

    Qui partagent les trois quarts des richesses du globe

    Adieu ces petits patrons ces beaufs embourgeoisés

    Qui grattent les RTT pour payer leur vacances d’été

    Adieu les ouvriers ces produits périmés

    C’est la loi du marché mon pote

    T’es bon qu’à te faire virer

    Ça t’empêchera t’engraisser ta gamine affreuse

    Qui se fera sauter par un pompier qui va finir coiffeuse

    Adieu la campagne et ses familles crasseuses

    Proches du porc au point d’attraper la fièvre aphteuse

    Toutes ces vieilles ces commères qui se bouffent entre elles

    Ces vieux radins et leurs économies de bout de chandelle

    Adieu cette France profonde

    Profondément stupide cupide inutile putride

    C’est fini vous êtes en retard d’un siècle

    Plus personne a besoin de vos bandes d’incestes

    Adieu tous ces gens prétentieux dans la capitale

    Qu’essaient de prouver qu’ils valent mieux que toi

    Chaque fois qu’il te parlent

    Tous ces connards dans la pub dans la finance

    Dans la com dans la télé dans la musique dans la mode

    ces parisiens jamais contents médisant faussement cultivés

    à peine intelligents

    ces répliquants qui pensent avoir le monopole du bon goût

    qui regardent la province d’un œil méprisant

    adieu les sudistes abrutis par leur soleil cuisants

    leur seul but dans la vie c’est la troisième mi-temps

    acceuillants soi-disant

    ils te baisent avec le sourire

    tu peux le voir à leur façon de conduire

    adieu adieu ces nouveaux facistes

    qui justifient leur vie de merde par des idéaux racistes

    devenu néo-nazi parce que t’avais aucune passion

    au lieu de jouer les SS trouve une occupation

    adieu les piranhas dans leur banlieue

    qui voient pas plus loin que le bout de leur haine

    au point qu’ils se bouffent entre eux

    qui deviennent agressifs une fois qu’ils sont à douze

    seuls ils lèverairent pas le petit doigt dans un combat de pouces

    adieu les jeunes moyens les pires de tous

    ces baltringues supportent pas la moindre petite secousse

    adieu les fils de bourge qui possèdent tout mais savent pas quoi en faire

    donne leur l’Eden ils en font un enfer

    adieu tous ces profs dépressifs

    t’as raté ta propre vie comment tu comptes élever mes fils

    adieu les grévistes et leur CGT

    qui passent moins de temps à chercher des solutions que des slogans pétés

    qui fouettent la défaite du survet’ au visage

    qui transforment n’importe quelle manif en fête au village

    adieu les journalistes qui font dire ce qu’ils veulent aux images

    qui vendraient leur propre mère pour écouler quelques tirages

    adieu la ménagère devant son écran

    prête à gober la merde qu’on lui jette entre les dents

    qui pose pas de question tant qu’elle consomme

    qui s’étonne même plus de se faire cogner par son homme

    adieu ces associations bien pensantes

    ces dictateurs de la bonne conscience

    bien contents qu’on leur fasse du tort

    c’est à celui qui condamnera le plus fort

    adieu lesbiennes refoulées surexcitées

    qui cherchent dans leur féminité une raison d’exister

    adieu ceux qui vivent à travers leur sexualité

    danser sur des chariots c’est ça votre fierté ?

    les bisounours et leur pouvoir de l’arc-en-ciel

    qui voudraient me faire croire qu’être hétéro c’est a l’ancienne

    tellement tellement susceptibles

    pour prouver que t’es pas homophobes

    faudra bientôt que tu suces des types

    adieu ma nation tous ces incapables dans les administrations

    ces rois de l’inaction

    avec leurs bâtiments qui donnent envie de vomir

    qui font exprès d’ouvrir à des heures où personne peut venir

    Mêêh tous ces moutons pathétiques

    Tu changes une fonction dans leurs logiciels ils se mettent au chômage technique

    A peu près le même QI que ces saletés de flics

    Qui savent pas construire une phrase en dehors de leur sales répliques

    Adieu les politiques en parler serait perdre mon temps

    Tout le système est complètement incompétent

    Adieu les sectes les religieux

    Ceux qui voudraient m’imposer des règles pour que je vive mieux

    Adieu les poivrots qui rentrent jamais chez eux

    Qui préfèrent se faire enculer par la française des jeux

    Adieu les banquiers véreux le monde leur appartient

    Adieu tous les pigeons qui leur mangent dans la main

    Je comprends que j’ai rien à faire ici quand je branche la 1

    Adieu la France de Joséphine ange gardien

    Adieu les hippies leur naïveté qui changera rien

    Adieu les SM libertins et tous ces gens malsains

    Adieu ces pseudos artistes engagés

    Pleins de banalités démagogues dans la trachée

    Ecouter des chanteurs faire la morale ça me fait chier

    Essaie d’écrire des bonnes paroles avant de la prêcher

    Adieu les petits mongols ki sav ercire qu’en AbréG

    Adieu les sans papiers les clochards tous ces sales déchets

    Je les hais les sportifs les hooligans dans les stades

    Les citadins les bouseux dans leur étable

    Les marginaux les gens respectables les chômeurs

    Les emplois stables les génies les gens passables

    De la plus grande crapule à la médaille du mérite

    De la première dame au dernier trav du pays 

     

    Ces « titis parisiens » comme dit Lapinos, c’est encore ce qu’on fait de plus déluré.

    Est-ce que ces petits veaux vont renverser la vache sacrée ?

     

     

    Les mecs fashion sont plus pédés que la moyenne des phoques

    Les vieux rêvent d’être mort sont nostalgique de la bonne vieille époque

    Les jeunes sont complètement paumés donc ils prennent des drogues

    Les plus jeunes sont cons sont bons qu’à faire des blogs !

    Tu vas rester sur la touche si tu bouges trop lentement

    C’est la course on a tous du mal à suivre le changement

    Pour suivre le mouvement c’est du taf à plein temps

    Je suis en retard tout le temps

    Comme cette salope de lapin blanc !

     

    les rappeurs cainris donnent les mêmes conseils que mes parents fais ce que tu veux dans la vie mais fait de l'argent !

    Bien vu la critique! Ces branleurs essaient de trouver l'équilibre comme ils disent, bonjour la quête de balance! Enfin, sont plus réveillés que le reste du troupeau, pas leur enlever ça.

  • F outrage de gueule

    Le sperme est la dernière tendance culinaire à la mode. A la mode de con ! … La disposition à l’anthropophagie se développe naturellement en physiocratie. La mode est déjà une manie de cannibale, en soi. Bref, les spiteuses (celle qui n’avalent pas) sont d’ors et déjà mises au ban. Vive les avaleuses ! le sperme est un aliment très nutritif et peu calorique : chaque éjaculation contient du fructose, des protéines, des minéraux (magnésium, phosphore, potassium) et des vitamines (B12, C), pour seulement quinze calories. En plus il rendrait heureux : selon une étude de la State University of New York, les femmes qui ont été en contact avec le sperme de leur partenaire sont plus heureuses que les autres. Alors pourquoi se priver ?

    Une ménagère confesse s’en servir pour son café du matin. La journaliste qui mène une enquête sérieuse ( !) sur le goût du sperme n’a pas pu interroger le mari.

    Un type de San Francisco a sorti un bouquin de recettes.

    Des sexologues viennent pour rassurer que c’est un aliment sain, stérile, sans danger.

    Des voix parlent même d’éradiquer la faim dans le monde.

    Les branleurs frénétiques voient se profiler une vie délivrée du labeur, plus besoin de travailler pour se nourrir.

    Voici enfin se lever une aube nouvelle sur une humanité délivrée du péché d’Eve et de l’atroce condition humaine.

    Cependant, comme ça met en danger l’exploitation de l’homme par l’homme, je serais pas surpris qu’une campagne éthique vienne saper cette bonne nouvelle. Reste à trouver l’argument imparable. J’en vois bien un, mais je voudrais pas fournir des armes ni d’un côté ni de l’autre, vu qu’exploiteurs et exploités travaillent dans le même sens, comme tenons et mortaises.

    En substance, il est assez évident que manger du sperme rend con, toutes les chattes vous le diront, c’est dans la nature des choses.

    Le serpent, devenu fine gueule, ne se mord plus la queue, il se la suce pour mieux la déguster.

    Et les jusque-boutistes de conclure qu’il n’y aurait plus de sperme pour la reproduction de l’espèce humaine. C’est les écolos qui seraient content, la terre enfin délivrée du cancer humain. Si j’étais romancier de science fiction, dieu m’en préserve, voilà un scénario de fin du monde on ne peut plus fécond. Je vois même la fin pleine d’espoir, une émission de branlette échappant à la voracité du dernier homme tombant dans les mains d’un humain d’une autre galaxie, des milliards de spermato sauvés… et tout serait à recommencer.

    Fichtre, me demande si on m’aurait pas fait manger du foutre à mon insu.

  • Infernale cinécratie sociale

    Dans son dernier documoqueur en 2009, Michael Moore pose, ou fait semblant de poser la question, de savoir si le capitalisme est un péché et par là-même si Jésus était un capitaliste. Sa conclusion est sans appel, en bon catholique il répond qu’on ne peut être chrétien et capitaliste parce qu’on ne peut aimer à la fois son prochain et son argent. Rendons à césar ce qui appartient à César…

    En bon catholique ? Moore ne semble pas avoir lu le dernier livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse de Jean dans lequel il est explicitement fait allusion à l’aspect satanique du cinéma (13:15 Et il lui fut donné d'animer l'image de la bête, afin que l'image de la bête parlât, et qu'elle fît que tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête fussent tués.).

    Il peut sembler étrange au profane qu’un chrétien s’en prenne à un autre chrétien. C’est qu’il n’y a pas de demi-vérité, ça reviendrait à adorer des demi-dieux. Ce que Moore révèle dans ses films, c’est l’injustice sociale, par où il lui semble lutter pour une justice sociale, alors que c’est toute la société que Jésus condamne, (pas de royaume de dieu sur la terre, celui qui veut gagner sa vie la perdra) et en sauvant un voleur et assassin sur la croix (un antisocial pour le moins). Moore pourrait aussi lire dans l’épitre de Jude, ceci :

    1:17 Mais vous, bien-aimés, souvenez-vous des choses annoncées d'avance par les apôtres de notre Seigneur Jésus-Christ.

    1:18 Ils vous disaient qu'au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies;

    Et un peu plus loin,

     1:22 Reprenez les uns, ceux qui contestent;

    1:23 sauvez-en d'autres en les arrachant du feu; et pour d'autres encore, ayez une pitié mêlée de crainte […].

    Au lieu de se faire mousser au festival de Cannes, le dodu Moore (dont le corps reflète l’âme croyant peser sur le plateau de la balance de Saint Michel, l’archange du Jugement) ferait donc bien de se méfier des brûlots qu’il répand (et vend !) au nom du Christ sous l’oriflamme de Satan.

    Je crains un peu pour lui, ainsi va ma pitié.

    Allez, qu’on envoie l’apocalypse et qu’on ne parle plus de chrétiens cinéastes-sociaux, putains de moines !